‹ Dictionnaire de l'art, de la curiosité et du bibelotChapitre 76 sur 325 · CACHET · texte numérisé non relu

CACHET

arquebusiers désignent ainsi une sorte d'étui en cuir qui sert à protéger la platine des fusils et à les mettreà l'abri de la poussière et de l'humidité. Toutes les armes de luxe dont on ne se sert que rarement doivent être pourvues d'un cache-platine.

CACHE-POT. — Vase de faïence, de porcelaine, enveloppe faite de diverses matières qui sert à entourer et cacher un vase de terre grossière ; un pot à fleurs , dans lequel on cultive des plantes et des arbustes pour la décoration des appartements. (Voy. Jardinière.)

Fig. 170. — Cachet en forme de scarabée.

CACHET. — Petit sceau gravé , en métal ou en pierre fine, monté sur un anneau, sur une bague ou simplement emmanché. Les cachets portent un signe , une figure, des lettres, une inscription quelconque; ils servent à marquer leur empreinte sur une lettre qu'on ferme ou sur toute autre pièce.

Historique. — L'origine des cachets est extrêmement ancienne ; les Egyptiens les ont utilisés dès la plus haute antiquité. Les déesses Isis et Nepthys sont représentées sur de très anciens sarcophages imprimant leur cachet sur

Fig. 171. — Profil de la figure 170.

le sol. Connue chez beaucoup d'autres peuples, le cachet de leurs bagues servait aux Egyptiens de signature ; sur un grand nombre de papyrus, on a retrouvé des empreintes sur terre sigiUaire, laquelle remplaçait chez les Egyptiens notre cire à cacheter. Nos figures de

170 à 173 montrent des cachets égyptiens ; l'un (fig. 170) est gravé en forme de scarabée, et sur l'autre (fig. 173), en forme de cartouche, on retrouve également le même coléoptère. Plutarque nous apprend que les anneaux de la caste militaire avaient pour cachet la figure d'un scarabée. — Hérodote nous informe que les Babyloniens portaient au doigt un anneau à cachet ; nous savons aussi que les habitants de Babylone se servaient comme sceaux de cylindres gravés. Le musée assyrien du Louvre renferme un grand nombre de ces cylindres, qui étaient percés dans leur longueur. La

Fig. 172. — Cachet (dessous du scarabée).

Bible nous apprend qu'il existait des cachets du temps même des patriarches, puisque Juda, fils de Jacob, donna à Thamar, connue gage de sa parole, son anneau à cachet. Du reste, chez presque tous les peuples, envoyer à quel-

Fig. 173. — Cartouche-cachet.

qu'un son anneau à sceller, c'était une politesse et une marque de confiance. — Les Hindous et les Chinois ont toujours eu des anneaux à cachet, et cela dès les temps les plus reculés de leur histoire ; les lois de Manou , le Maltâbârata , ainsi que d'autres livres sa-

CACHOLONG. — CADOGAN.

crés, en font mention. Les Mèdes, les Perses, les Grecs, les Étrusques, les Romains, se sont servis de cachets. Pline nous informe même que la maîtresse de la maison était obligée d'imprimer son cachet sur certains objets du ménage ainsi que sur les provisions, pour les soustraire à la rapacité des esclaves. — L'usage des. bagues à cachet se perpétua jusqu'au xvme siècle, puis elles furent délaissées; on portait les cachets en breloques. Aujourd'hui la mode a ramené les bagues à cachet.

Un célèbre cachet, qui a fourni le sujet de longues et savantes dissertations, c'est celui de Michel- Ange, qui fait partie de la collection des pierres gravées que possède le cabi-

Fig. 174. — Cachet de Michel-Ange.

net des médailles de la Bibliothèque nationale de Paris. C'est (fig. 174) une intaille sur cornaline transparente qui, dans un espace de 0m,015 de largeur sur 0m,013 de hauteur, ne renferme pas moins de 15 figures humaines et 3 d'animaux. Cette intaille d'un grand prix a appartenu aux personnages les plus illustres. Michel-Ange l'aurait payée 800 écus romains. Cette pierre gravée représente, comme on peut s'en assurer en jetant les yeux sur notre figure, des vendanges ; ceci paraît incontestable, mais beaucoup d'antiquaires ne pouvaient admettre un fait si simple. Aussi la célèbre cornaline at-elle soulevé des controverses interminables. Bien des antiquaires attribuaient ce travail à un sculpteur grec, Cimon. Du débat, il résulte que c'est une œuvre moderne qui aurait été gravée par Maria di Pescia, ami du grand

sculpteur, et l'aurait signée par le petit pêcheur gravé en exergue. Ce qui est certain aussi, c'est que le grand Michel- Ange n'a pas dédaigné de lui emprunter les deux femmes qu'on voit à droite de notre figure ; elles lui ont fourni le motif principal de sa composition Judith et Holopherne, qu'on admire à la chapelle Sixtine. — Au-dessous du cachet fort agrandi A, nous donnons en B sa véritable grandeur.

CACHOLONG. — Variété opaline de la calcédoine, provenant de la déshydration du quartz résinite ; la cassure en est unie et généralement brillante, cependant quelques variétés ont une cassure terne. Cette pierre se trouve sur les bords du Cach ; les Kalmouks en font de petits vases, de petites gourdes à tabac, des idoles et des ornements.

CADENAS. — Serrure, mobile qu'on accroche à une porte, à une malle, à un bahut, etc. Le cadenas est connu de toute antiquité ; les anciens Égyptiens en possédaient qui avaient la forme de quadrupèdes : c'est la queue de l'animal (lion, cheval, chien, chacal) qui formait l'anneau de fermeture. Cette dernière pièce se détachait, parce que la clef faisait mouvoir le ressort qui maintenait cet anneau de fermeture en place. Au Japon et en Perse, on fait encore usage de ce genre de cadenas. Les beaux cabinets japonais ont tous leurs tiroirs fermés par des cadenas de bronze. A l'époque de Henri III de France, on nommait cadenas un petit coffret, en forme de navire, qui servait à serrer les couverts (cuillers, serviettes, fourchettes, couteaux) et la salière du roi et des princes.

CADEÏSTETTE. — Ancienne coiffure militaire prescrite à l'infanterie française en 1767 ou 1768, et qui s'est maintenue jusqu'au commencement du XIXe siècle dans certains corps de troupes, notamment chez les hussards.

CADOGAN ou CADOGHAN. — Sorte de coiffure, dans laquelle les cheveux sont retroussés et réunis derrière la tête en une

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