CARREAU
CARTES
pettes de moquette anglaise imprimées ou bouclées de 50 à 90 fr., des carpettes en haute laine de 60 à 150 fr.
CARREAU. — Nous n'avons à parler ici que des carreaux en faïence employés pour pavement et pour revêtement des murs. Les carreaux en faïence de Perse valent de 80 à 100 francs ; ceux en faïence de Delft, des époques Louis XIY et Louis XV, depuis 2 francs jusqu'à 30 francs. Les carreaux de faïence émaillée de la renaissance française ou de la renaissance italienne valent de 3 francs à 70 francs. — On nomme carrelage le pavement ou le revêtement fait avec des carreaux. Notre figure 202 montre un superbe carrelage du grand salon du château de Saint-Roch ( Tarn-et-Garonne) ; c'est une faïence style de la renaissance, divisée en quinze compartiments. La composition du carton est de M. Lechevalier-Chevignard, un de nos plus habiles peintres et décorateurs modernes.
CARRELAGE. — Voy. Carreau.
CARROSSE. — Voy. Voiture.
CARTEL. — Pendule en bronze doré, en bois sculpté et doré, qui se termine en pointe et faite pour être accrochée à un mur, un lambris ou un meuble en bois élevé. Il existe des cartels dans tous les styles, principalement des époques Louis XIV, Louis XV et Louis XVI. En bronze doré, ils valent de 150 à 200 francs, et, si les ciselures sont remarquables, ils atteignent 1,500 francs et davantage. Ainsi, à la vente Double 1881, un beau cartel dont nous donnons plus bas la description a été adjugé à 5,050 francs. Comme les cartels sont toujours adossés ou appliqués contre les murs, on les nomme cartels-appliques ; beaucoup sont portés par des consoles. Vers la fin du xvme siècle le cartel remplace tout à fait la pendule dite religieuse, les pendules en gaine et les coucous.
Vente San Donato. — N° 51. Cartel en bronze doré. Modèle de Delafosse. Il est formé de quatre pilastres cannelés, dont deux en arrière-corps, surmontés des pots à feu (style Louis XVI). Hauteur, Om,85 ; largeur, 0m,43.
5,000 lires. — N° 52. Cartel de Caffieri en bronze doré, formé d'un enlacement de branches de laurier et de larges rinceaux, couronné de fleurs. Cadran signé J. Leroy, à Paris. Hauteur, lm,16; largeur, 0m,58. 10,300 lires. — N° 1597. Cartel de Boule en marqueterie de cuivre sur écaille et ornements en bronze doré, parmi lesquels deux coqs aux angles de la partie supérieure, têtes de béliers et mascarons de figures. Hauteur, 0m,52 ; largeur, 0m,26. 3,550 lires. — N° 1598. Cartel en bronze doré, du temps de la régence, formé de rocailles et guirlandes de fleurs, surmonté d'un épagneul et soutenu par une figure de femme personnifiant l'Afrique. Hauteur, 0m,91 ; largeur, 0m,66. 3,600 lires.
Vente Double. — N° 278. Cartel en bronze ciselé et doré composé d'ornements rocaille et de branches de fleurs, surmonté d'une figurine d'enfant tenant un soleil. Mouvement de Roisin à Paris, à grande sonnerie. Hauteur, 0m,72 ; largeur, 0m,40. 5,050 fr.
CARTES. — Nous ne parlerons ici que des cartes à jouer, dont l'invention a été attribuée aux Chinois et aux Orientaux. On a même prétendu que les cartes avaient été connues des Égyptiens; ce fait est invraisemblable, car aucun livre, aucun monument de l'antiquité (vases peints, mosaïques, sculptures, etc.), ne fournissent aucun détail, aucune représentation de cartes. Tout ce qu'il est permis d'affirmer, c'est que les cartes existaient au xine siècle, puisque le synode de Worcester en 1240 interdit aux clercs de s'en servir. A cette époque les cartes se nommaient tarots, et les dénominations avaient quelque analogie avec celles des échecs ; ainsi il y avait un fou , des cavaliers, des tours, etc. Charles VI, dans sa folie, aimait beaucoup à jouer aux cartes ; les figures de son jeu représentaient Y empereur, le pape, le soleil, la lune, Yennite, le/ou, Yécuyer, lepetidtt, la fortune, la tempérance, la mort, la justice. Notre croquis 203 montre cette dernière figure, tirée du jeu de cartes de Charles VI, dont 17 cartes sont aujourd'hui au cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale de Paris. Ce jeu aurait été fait par Yinviigier Jacquemin Gringonneur. Les tarots ont précédé, dit-on,
CARTES
les cartes à jouer ; ils diffèrent des cartes ordinaires par le nombre et la nature des éléments
dont ils sont composés. En effet, outre les quatre séries à signes variés qu'ils comportent
Fig. 203. — La Justice, figure d'un jeu de cartes de Charles VI.
comme les jeux de cartes ordinaires, les tarots I figures au nombre de vingt-deux. — Il y avait ont une cinquième série qui est une suite de I trois sortes de tarots en Italie, car ceux-ci sont
DICT. DE L'ART
CARTES
originaires de ce pays : le tarot de Lombardie ou tarot vénitien, les minchiaie de Florence, enfin le tarrochino de Bologne. Les plus anciens spécimens de tarots que nous possédions sont du xyï' siècle. Notre figure 204 montre le
Fig. 204. — Kevers d'un tarot italien (xvie siècle).
revers d'un tarot italien de cette époque. Il est difficile de voir des rinceaux d'arabesques plus largement dessinés, ainsi que des lutteurs mieux campés que ceux du centre de notre figure, dont le dessin est tellement symétrique qu'on peut le regarder indifféremment de haut en bas ou de bas en haut. Notre figure 205 montre
le roi de denier, fragment d'un jeu de cartes non colorié du commencement du xvie siècle ; notre figure 206, le valet de carreau d'un jeu de cartes en satin broché du fameux fabricant de Florence Panichi. Disons, en terminant cet article, que ce sont les cartes à jouer qui ont amené l'invention de la gravure sur bois et, par suite, de l'imprimerie , car les premiers livres étaient imprimés avec des caractères de bois. Les plus anciennes fabriques de cartes que l'on puisse mentionner sont celles de Lombardie ou de Venise. Suivant les époques et suivant les pays, les figures des cartes ont singulièrement varié; ainsi, après la révolution française, le grand peintre David ne dédaigna pas de des-
205. — Eoi de denier (jeu de cartes non colorié) (xne siècle).
siner un nouveau jeu. Les reines furent remplacées par la liberté des cidtes, des professions, du mariage et de la presse; les rois, par les quatre philosophes, Voltaire, Rousseau, la Fontaine et Molière ; les quatre valets , par quatre figures personnifiant l'égalité de rang, l'égalité de couleur, l'égalité de devoirs et l'égalité de