CARLOMAN
768. Carloman, fils de Pépin, né l'an 751, sacré à Saint-Denis par le Pape Etienne BI, le 28 juillet 754, nommé patrice de Rome, succède à Pépin, son père, le 24 septembre 768, avec son frère Charles, et a pour son
artage ce qu'avait possédé son oncle Caroman, savoir l’Austrasie, etc.
L'an 771, Corloman meurt à Simoucy, en
Laonnoïs, e k décembre, âgé d'environ vingt ans, dans la 4° année de son règne, et est enterré à Reims. Gerberge, sa femme, qu’il avait épousée en 768, se réfuvie avec ses enfants, Pépin et Siagre, auprès de Didier, son père, roi des Lombards.
(134) Tant que Charles Martel vécut, malgré l'autorité suprême dont il jouissait, tout se faisait au nom du roi dans les plaids et les assemblées des Français. Nous voyons, par exemple, un privilége accordé au monastère de Saint-Denis, par Thierry IV, à la prière de Charles, maire de son palais. Cette prière, à la vérité, était un ordre par la dépendance où les maires du palais tenaient les rois; mais Pépin et Carloman ne laissèrent pas même à Childéric les droits honorifiques de la royauté. Ils faisaient et réglaient presque tout en leurs propres noms. De là vient qu’on ne trouve nul diplôme original qui porte en tête le nom de Childéric HI. Souvent même, dans les couciles et les actes publics, les notaires omettuent les années du règne de ce prince. On voit, dans Goldast (Rer. Alamann., t.H, n.35),une charte datée : Anno XXX post obitum Dacoberti regis, cest à-dire, de Dagobert IT, mort en 715; une autre (ibid., n. 58) datée du 29 novembre, Regnante Carolomanno duce et Bebone comite.
Sous nos rois de la première race, la petite vérole, maladie originaire de l'Arabie ou de l'Egypte,
était déja connue en France et en Italie. Marius d'Avenche, écrivain du vi‘ siècle, en est un garant hors de soupçon. Dans sa Chronique, à l'an 570, il dit positivement qu'en cette année une maladie violente, qui consistait dans un cours de ventre et la petite vérole, ravagea la Gaule et l'Italie: Hoc anno morts validus cum profluvio ventris et varioLa Italiam Galliamve afflixit. Remarquez que cet auteur est le premier qui ait employé le terme variola pour désigner cette maladie. Paulet (Hist. de la petite vérole) prétend que c’est de cette maladie que mourut Austrigilde, femme de Gontran, ainsi que Dagobert et Chrodobert, deux fils de Chilpéric et de Frédégonde.
(135) On a plusieurs diplômes de Pépin qui datent le commencement de son règne de l'année 752, qui est celle de son élection. Mais il y en a d'autres, comme le prouve Schannat, qui fixent cette époque à la consécration que ce prince reçut des mains du Pape, c'est-à-dire, au 28 juillet 754. Pépin est le premier roi de France qui ait employé dans ses diplômes, la formule par la grâce de Dieu; ce quil
“895 CHARLEMAGNE, seu.
-L'an 772, Charles résle maître de toute la monarchie depuis la mort de Carloman son frère.
L'événement le plus célèbre de l'an #00 et du règne de Charles, est le rétablissement de Ja dignité impériale en Occident. Ce fut dans la personne de ce prince que les Romains la firent revivre. Charles fut proclamé -et couronné empereur à Rome, le 25 décembre. (Voir Emrereurs.) L'an 814, une pleurésie termina les jours de Charlemagne le 28 janvier, à Aix-la-Chapelle, où il est enterré. Ce prince était dans la 14° année de son empire, la #5° de son règne en France, la 72° de son âge. Plusieurs anciens mettent sa mort en 813, parce qu'ils commencent l'année au 25 mars ou à Pâques.
L'Histoire et la Fable ne présentent peutêtre pas de monarque qui ait mieux mérité Je surnom de Grand que Charlemagne. Tout Je cours de son règne fut un enchaînement de victoires et de conquêtes. Il eut pour ennemis tousles peuples quil’environnaient ; il fit face à tous, et il n’y en a presque aucun qu’il n’ait obligé de subir ses lois. &
Charlemagne eut cinq femmes: 1° Himiltrude, qui ne fut que concubine, ou femme du deuxième rang; 2° Désidérate, fille de Didier, roi des Lombards, qu'il épousa lan 710, et répudia l’année suivante; 3° Hildegarde, d'une maison illustre de Souabe, morte le 39 avril 783; 4° Fastrade, fille du comte Rodolphe, décédée l'an 79%; 5° Liutgarde, morte à Tours le & juin 800. Il eut de la première Pépin, dit Le Bossu, relégué, l'an 792, à l'abbaye de Pruym, pour avoir conspiré contre la vie de son père, et mort en 811; de la troisième entr’autres enfants, Charles, né l'an 772, roi de la France orientale, décédé sans lignée en 811; Pépia, roi
fit, soit pour imiter les empereurs d'Orient qui prehaienut le titre de Jesorepeis, couronnés de Dieu, soit pour avoir été élu roi par une grâce de Dieu toute particulière. Cependant lui et Carloman, son deuxième fils, ne s'attachèrent pas constamment à cette formule; mais Charlemagne l'employa communément. Des modernes l'ont regardée, mal à propos, -Comme une marque de souveraineté. Non-seulement des princes, mais des évêques, des abbés et de simples prêtres, s’en sont servis, sans autre dessein que d'exprimer leur reconnaissance envers Dieu. (156) Les diplômes de Charlemagne sont datés de gou règne en France, de son règne en lialie et de <on empire. 1 n’y a aucune difficulté pour la date des années de son empire, si ce n'e:t que le commencement en est placé en 800 par ceux qui con mencent l'année au 1° janvier, éten 801 par ceux qui la commencent à Noël. Mais, par rapport à son règne d'ltalie, il faut en distinguer deux commen- ‘cements, et même un troisième avec D. Bouquet : le premier, au mois de mars ou d'avril 774, avant la prise de Pavie; le deuxième, entre le 25 mai et le 45 juin, après la reddition de Pavie et l'enlèvement -de Didier ; et le troisième au commencement de l'an 774. Enfin, quant au règne de Charlemagne en France, pour lever quelques dificultés qui se rencontrent dans les chartes, on peut lui donner trois et même quatre commercements : le premier, au £4 septembre 768, jour de la mort de Pépin; le
d'Italie, né l’an 776, mort le 8 juillet 810, Louis qui suit, Rotrude, née l'an 775, fiancée, l’an 787, à l’empereur Constantin Porphyrogénète, et morte le 6 janvier 810 sans avoir été mariée; Berthe, femme de saint Angilbert, dont il eut Harnid et l’abbé Nithard, historien de son temps ; la quatrième. femme de Charles lui donna Théodrade et Hiltrude, abbesses. Charlemagne eut encore sept enfants naturels, dont les prineipaux sont Hugues, abbé de Saint-Quentin, etc., tué dans un combat contre les Sarrasins, le 7 juin 844, et Drogon, évêque de Metz en 823, et mort en 855 (136).