HUGUES CAPET, CHEF DE LA TROISIÈME RACE
. 987. Hugues Capet, petit-fils de Robert, roi de France, et petit-neveu du roi Eudes, fils de Hugues le Grand, duc de France, comte de Paris et d'Orléans, quatrième duc de Bourgogne, etd'Hatwin ou Hatwige, sœur d'Othon 1‘, roi de Germanie, fut élu roi de France par les seigneurs dans une assemblée tenue à Noyon en 987, et sacré à Reims le 3 juillet de la même aunée. Il mourut le 24 actobre 996, comme le prouve D. Mabillon, dans la dixième année de son règne, et la cinquantième de son âge. Hugues laissa d’'Adelaïde, fille de Guillaume Têted'Etoupes, Robert, qui lui succéda, Hadwige, femme de Régnier, comte de Hainaut, puis de Hugues III, comte de Dasbourg, Adélaïde, et Gisèle, femme de Hugues, comte d’Abbeville. Il eut aussi un fils naturel, nommé Gauzlin, qui fut abbé de Saint- Benoît-sur-Loire (145).
ROBERT
996. Robert, ne vers l’an 970, à Orléans, de Hugues Capet et d’Adélaïde, couronné, 1° à Orléans, le 30 décembre 987; 2° l'an 991, à Reims, après l’emprisonnement de Charles de Lorraine, succéda l’an 996 à son
(145) Dans les diplômes, les années du règne de Hugues Capet se comptent du 3 juillet 789; « mais il ne fut pas reconnu d’abord dans l’Aquitaine et dans le Languedoc. On ne le regardait pas encore comme roi, dans une partie de cette province, en 993, pendaï: qu'on le reconnaissail pour tel dans une autre. Comme il assoeia au trône Robert, son fils, dès l'an 988, La plupart de ses diplômes sont signés et datés de l’un et de l'autre, et leurs règnes concourent quelquefois dans les dates. L'indiction est prise du mois de septembre dans les diplômes de Hugues Capet. Plusieurs portent La date de l'Incarüation. Quelques-uns n’en ont aucune si ce n’est peut-être celle du lieu. » (N. Tr. de Diplom., t. V, pp. 749-750.)
(446) On remarque, dans les diplômes, quatre
commencements du règne de Robert. Le premier
père. L'an 1031, et non 1033, ce prines meurt à Melun le 20 juillet, un mardi. A la piété, Robert joignait le savoir ; il l'avait puisé dans l’école de Gerbert, à Reims. Ce prince composa des hymnes , des répons et des séquences ; mais on lui attribue, mat à propos, la prose Veni sancte Spiritus ; elle est du Pape Innocent III.
Outre Hugues qui mourut, Henri qui lui succéda, et un troisième fils nommé Robert comme lui, le roi Robert eut encore de Constance, morte le 95 juillet 1032, et enterrée à Saint-Denis, Eudes, décédée sans alliance, Adélaïde, mariée à Renaud I‘, comte de Nevers, et Adèle, promise à Richard HI, duc de Normandie, puis mariée à Baudoin V, comte de Flandre (146).
1031. Henri 1°, fils de Robert et de Constance, sacré à Reims le 14 mai 1027, du vivant de son père, lui succéda le 20 juillet 1031. Henri mourut à Vitry, en Brie, le 29 août de l’an 1060, dans la trentième année de son règne depuis la mort de son père. Il avait épousé, l’an 1051,Anne;fille de Jaroslaw, duc de Russie, dont il laissa deux fils, Philippe, qui suit, et Hugues, qui devint comte de Vermandois en 1102, par son mariage avec Adélaïde, fille du comte Herbert (147).
concourt avec celui de 988; le deuxième, et le plus commun, se prend du 24 octobre 996, jour de la mort de Hugues Capet; le troisième est fixé à 989, sans qu’on en sache la raison; le quatrième se rapporte à l'an 991 après l’emprisonnement de Charles de Lorraine. Les années de l’indiction ne sont pas toujours faciles à concilier avec celles de l’Incarnation, dans les chartes du temps de Robert, soit qu'on ait mal compté celles-là, soit qu'on n'ait pas suivi la plus commune des quatre époques qu'on donne à l'indiction. Le roi Robert ne possédait en propre que les duchés de France et de Bourgogne. Le revenu de la couronne consistait dans le produit des terres domaniales, ceux des prévôtés, la gruerie, le cens, les droits d’entrée et de sortie, la monnaie le droit de gite, les taxes des Juifs.
(147) Le règne de Henri I" commence, dans les
1060. Philippe 1", âgé de 8 ans, succéda l'an 1060 au roi Henri, son père, qui l'avait fait sacrer le 23 mai de l’année précédente, à Reims. L'an 1108, Philippe meurt à Melun le 3 août, après #8 ans de règne. Les enfants qu’il laissa de Berthe, qu'il avait épousée en 1071, sont Louis, son successeur, et Constance, mariée, 1° à Hugues, comte de Champagne; à Bohémond, prince d’Antioche. Bertrade, qui se fit religieuse à Fontevrault, après la mort de Philippe, lui donna Philippe, comte de Mantes ; Henri, mort jeune ; Cécile, femme, 1° de Tancrède, neveu de Bohémond; 2 de Pons, comte de Tripoli, et Eustache, mariée à Jean, comte d'Etampes (148).
LOUIS VI, nr LE GROS.
1108. Louis VI, fils de Philippe I" et de la reine Berthe, né l'an 1081, associé à la royauté l'an 1098 ou 1099, succéda, l’an 1108, à son père, et fut sacré à Orléans le 8 août, par Daimbert, archevèque de Sens.
L'an 1137, Louis le Gros mourut à Paris d’une maladie de langueur, le 1° août, dans de grands sentiments de piété. Il était âgé d'environ 56 ans, et en avait régné 29 depuis Ja mort de son père. Il laissa en mourant 6 filsetune fille, d’Alix ou Adélaïde, fille d'Umbert, comte de Maurienne ou de Savoie; Louis, qui lui succéda ; Henri, qui fut moine de Clairvaux, ensuite évêque de Beauvais, et enfin archevêque de Reims; Robert, chef de la branche royale de Dreux; Pierre de Courtenay, qui a eu des descendants mâles jusqu’à notre temps; Philippe, archidiacre de J'Eglise de Paris, qui céda à Pierre Lombard l'évêché de Paris, auquel il avait été nommé ; Hugues, dont l’histoire ne nous apprend rien, et Constance, qui épousa, 1° Eustache, comte de Boulogne ; 2° Raymond V, comte de Toulouse, duc de Narbonne. Quelque temps après la mort de Louis, la reine
chartes, tantôt au 44 mai 1027, tantôt au 20 juillet 1031.
(148) On compte au moins cinq époques du règne de Philippe 1°‘, dans les chartes. La première est fixée au 23 mai 1059 ; la deuxième au 29 août 1060, Jour de la mort du roi Henri; la troisième en l’an 4061 ; la quatrième tombe en 1063; la cinquième se prend de la mort du comte-régent Baudoin, arrivée en septembre 1067. Depuis 1098 ou 1099, on joignait ordinairement aux années de son règne celles du règne de Louis, son fils. I s’en trouve quelquesunes où l’on ne fait mention, du vivant de Philippe, que des années du règne de son fils, ce qui ne veut pas dire que Philippe n'était plus regardécomme roi, parce qu’il était alors excommunié, puisqu'on voit d'autres chartes, du même temps, où les années de son rêgne sont exprimées. Ses diplômes sont quelquefois sans signatures et sans dates. Philippe n'employait qu'une croix pour signature. Ce prince n’est pas le premier, comme on le dit, qui ait fait signer ses diplômes et ses lettres patentes par ses grands officiers. Henri I‘ l'avait fait quelquefois avant lui. Ces grands officiers étaient : le sénéchal, le chambrier, le connétable, le bouteiller, l'échanson, le maréchal, le chancelier, le maître de la chapelle. On comptait encore parmi ces grands ofliciers : le gou-
Adélaïde se remaria à Matthieu de Montmorenci, connétable de France; elle mourut en 115# (149).
LOUIS VIT, pir LE JEUNE.
1137. Louis VIH, dit Le Jeune, fits de Louis le Gros, sacré à Reims le 25 octobre 1131, par le Pape Innocent Il, succéda le 1 auût 1137 à son père, étant âgé d'environ 18 ans.
L'an 1180, Louis meurtà Paris le 18 septembre, âgé de 60 ans, après #3 ans, 1 mois et 18 jours de règne depuis la mort de son père. Il eut d'Eléonore deux filles, comme on l’a dit, Marie, femme de Henri I‘, comte de Champagne, et Alix, mariée à Thibaut le Bon, comte de Blois. Constance, sa deuxième femme, décédée en 1160, lui donna Marguerite, femme, 1° du jeune Henri, dit au Court- Mantel, sacré roi d'Angleterre ; 2° de Béla LI, roi de Hougrie. Louis épousa en troisièmes nôtes, sur la fin de 1460, Alix, fille de Thibaut le Grand, comte de Champagne, morte le kjuin 1206. Cette princesse lui donna Philippe, qui suit, Alix, envoyée l’an 1174 en Angleterre pour épouser le prince Richard, depuis roi, renvoyée en 1195, et ensuite mariée à Guillaume Il, comte de Ponthieu, Aguès, consécutivement femme des empereurs grecs, Alexis le Jeune, et Andronic Comnène , puis mariée en troisièmes noces à Théodore Branas (150).
PHILIPPE II, surnommé AUGUSTE.
1189. Philippe-Auguste, fils de Louis VE et d’Alix, né le 22 août 1165, sacré le 1° novembre 1179 à Reims, couronné une deuxième fois à Saint-Denis avee Isabelle, son épouse, fille de Baudoin V,comte de Hainaut, le 29 mai 1180, succéda le 18 septembre suivant à son père. L'an 1223, le roi Philippe meurt le 1% juillet, dans la cinquante-huitième année de son âge, et la quarante-troisième de son règne. Philippe- Auguste ne laissa de sa première femme
verneur du roi, æquilibrator regis, etson précepteur, ædagogus ou magister regis.
(149) Les années du règne de Louis le Gros sont comptées, dans les chartes, tantôt de l’an 1099 ou de la fin de 1098, tantôt du 3 août 1108. Depuis l'an 4145, il joignait assez souvent, comme on l'a dit,aux années de son règne, celles du règne de sa femme. Il y! ajouta celles de ses deux fils, Philippe et Louis, lorsqu'il les eut fait sacrer.
(150) Le commencement du règne de Louis le Jeune se calcule de trois manières dans les chartes : 1° Il se prend de l'an 1151, époque de son assoeiation au trône; 2° de l'an 1135; on n’en sait point la raison, et celle qu’on en donne, savoir que le roi, son père, se trouvant alors accablé par ses infirmités, se déchargea sur lui des soins de l'Etat, est fausse ; 3° de la mort de son père, 4° août 1137. On voit aussi des diplômes où ce prince date de la naissance de son fils. Îl est remarquable que dans une ordonnance de Louis le Gros, datée de Paris, et dans une autre, donnée par Louis le Jeune, à Bordeaux, sous la même date, les mêmes témoins sont nommés et dans le même ordre. C'est que, comme les actes étäient souvent signés par des absents, ils étaient aussi attestés par des personnes qui n'étaient point sur les lieux où ils étaient passés.
Isabelle, que Louis ; Ingeburge, sa deuxième
femme, mourut à Orléans en 1237, sans en-
fants. Philippe, comte de Boulogne, et Mx-
rie, furent les fruits de son troisième ma-
riage. Le roileur père les fit légitimer avant
sa mort, par le Pape Innocent HI (151).
LOUIS VII, mir LE LION.
1223. Louis VIII, que sa valeur fit surnommer le Lion , né le 5 septembre 1187, de Philippe-Auguste, et d'Isabelle de Hainaut, succéda, le 14 juillet 1223, au roi son père ; meurt le 8 novembre 1226, dans la trente-neuvième année de son âge, après un règne de 3 ans 4 mois moins 6 jours. Louis avait épousé, le 23 mai 1200, Blanche, fille d'Alphonse IX, roi de Castille, dont il laissa cinq fils : Louis, qui suit; Robert, comte d'Artois; Alphonse, comtede Poitou; Charles, comte d'Anjou; Jean, mort peu après son père, et une fille, Isabelle, qui devint célèbre par sa sainteté (152).