COMTES DE FORCALQUIER
Le comte de Forcalquier, appelé d’abord le comté de Sisteron, parce que le chef-lieu de cette seigneurie est situé dans ce diocèse, avait autrefois beaucoup plus d'étendue qu'il n'en a présentement, Car il renfermait lout ce qui est compris entre la Durance, l'Isère et les Alpes, et par conséquent la plus grande partie de la Haute-Provence. Ce fut en 1054, qu'il fut démembré du comté de Provence, par le conte Geoffroy Ir, comme on l’a dit à l’article de ce prince en faveur de ses neveux, Gnillaume-Bertrand, et Geoffroy, tous deux deuxièmes du nom de leur niaison. Ces deux frères possédèrenten commun €e comté ; mais il paraît qu'ils se distinguaient , Fun par le titre de comte de Nice, et l’autre par celui de comte de Forcalquier. Geoffroy mourut sais postérité l'an 1094. Bertrand, son frère, qui le précéda vraisembla-
Te
blement au tombeau, faissa d'Adélaïde, sa femme, sœur de Gui de Cavenez, premier comte de Vaipergue, une fille, nommée aussi Adélaïde, laquelle épousa Ermengaud IV, comte d'Urgel, qui mourut en 1092; ce qui fit passer le comté de Forcalquier dans la maison de ce dernier, qui laissa un fils qui suit.
GUILLAUME TI: (ou HI). Guillaume I, lui succédèrent en bas âge. 109%. Guillaume 1°, ou HE, fils d'Ermengaud, comte d'Urgel, et d'Adélaïde de Pro- GUILLAUME J (ou 1V,) er BERTRAND II.
vence, succéda, l'an 109%, à son oncle Geof- 1150, au plus tard. Guillaume IF, ou IV, et froy HI. Bertrand 11, fils et successeurs de Bcr- BERTRAND I° er GUIGUES. {rand I.
1129. Bertrand 1% et Guigues, fils de
; CHRONOLOGIE HISTORIQUE DES ROIS D’ANGLETERRE
L'ile que nouûs appelons aujourd'hui Angletérre et Grande-Bretagne, nommée par les anciens Albio et Britanhia, quoique séparée da reste du monde, et moins exposée par sa situation aux incursions des nations étrangères, a été néanmoins plus que toute autre pillée et ravagéc par différents peuples, eë le théâtrs d’une infinité de révolutions dont nous avons vu des exemples jusqu’au dernier siècle. Jules-César fit deux descentes en cette île : Auguste se contenta d’en avoir les peuples pour amis : Caïus, ayant entrepris de les subjuguer, y renonça : Clande en assujettit une partie : Agricola conquit l'ile tout entière sous Domitien, Dans la décadence de Pempire romain, les habitants de la Grande-Bretagne furent attaqués par différents peuples : les Pictes, sortis de Ia Scythie, ou plutôt de la Seandinavie, après un long séjour dans l'Hibernie où d’abord ils avaient débarqué, s’établirent dans là Haute-Bretagne, et s'y soutinrent jusque vers l'an 480, qu'ils furent subjugués par les Ecossais. On ignore le temps de l'invasion des Pictes. Les Scots ou Ecossais, venus pareillement d'Hibernie où ils avaient aussi demeuré longtemps, s'étant emparés de la partie la plus occidentale occupée par les Pictes, donnèrent enfin le nom à tout le nord de l’île, et y formèrent un royaüme qui a subsisté jusqu’à la fin du dernier siècle. Les Romains, sous les empereurs Honorius, Constance et Théodose le feune, envoyèrent du secours aux Bretons pour se soutcenir contre les barbares, et les abandonnèrent ensuite. Alors les Pictes et les Ecossais rentrèrent en foule dans le pays des Bretons et se rendirent maîtres de la muraille de Sévère, qu’ils avaient rétablie pour se mettre à l'abri de leurs incursions. H est certain que les Pictes et les Ecossais, joints ensemble, entrérent dans le pays des Bretons pendant le carême de lan 4350, paisque saint Germain d'Auxerre el saint Loup de Troyes, qui s'y étaient rendus pour combattre l'hérésie de Pélage, firent remporter aux Bretons, qui avaient reçu de baptême à Päijues de cette année, une grande victoire sur ces barbares, après avoir entonné l'Alleluia. L'an 446, les Bretons, pressés par les barbares, s'acressnt à Aëce pour avoir du secours des Romains; mais ils n’ebliennent rien. Se voyant abandonnés, les uns se soumettent aux barbares, les autres, mettant leur confiance en Dieu, prennent les armes et les repoussent. L'an 447, saint Germain d'Auxerre fait un second voyage dans la Grande-Bretagne, pour combattre les pélagiens, et purger l'ile de ceue hérésie. La même année, Vortigerne, roi des Bretons, appelle à son secours les Anglais el les Saxons pour arrêter les incursions des peuples septentrionaux. Le P. Pagi remarque que la plupart des historiens et des critiques se méprennent sur l’époque de l'arrivée des Anglais et des Saxous dans la Grande-Bretagne, et qu'ils accusent mal à propos Bède de se tromper À ce sujet, et de n'être pas d'accord avec lui-meme, L'erreur de ces historiens vient de ce qu’ils ne distinguent point, comme fait Bède, l'année que les Anglais et les Saxons furent invités à venir en Angleterre, et l'année qu'ils s’y rendirent. Ce fut l'an 447 qu'ils y furent invités, et ce fut l'an 449 qu'ils y arrivèrent, Les Saxons, les Angles et les Jutes, tous peuples des côtes de Danemark ou d'Allemagne, viennent avec joie dans la Grande-Bretagne, et combattent les Pictes et les Ecossais qui attaquaient les Bretons. Mais dès l'an 455, ils font un traité avec les Pictes, tournent leurs armes contre les Bretons qui les avaient appelés, et mellent tout à feu ei à sang, depuis une mer jusqu’à l’autre, dans toute la largeur de l'île. Les Bretons, reprenant courage sous la sage conduite d’Ambroise Aurélien, le seul Romain qui fût resté dans l'ile, et ayant imploré le secours du ciel, attaquent les victorieux et lès défont : ils continuent à faire la guerre avec différents succès jusqu'à l'an 491 ou 494, ou enfin 520, selon Ussérius. Les Bretons gagnent, contre les barbares, la célèbre bataille de Bath. Les historiens varient beaucoup sur l’année de cet événement, qui procura aux Bretons la liberte et le repos, dont ils Jouirent environ 44 ans. Depuis la bataille de Bath jusqu’à la conversion des Anglais, sous saint Grégoire le Grand, on ne sait rien de certain sur ce qui se passa dans la Grande-Bretagne, puisque Bède, mieux instruit eu plus habile que tous les autres historiens de ce pays, n’en dit rien. Îl est seulement certain que les Saxons et leurs alliés se rendirent enfin maitres de toute la longueur de l’île jusqu’à l'Ecosse, sans qu'on sache comment, et partagèrent entre eux leurs conquêtes, dont ils formèrent sept royaumes , qui commencèrent, les uns plus tôt, les autres plus tard, Les Saxons en eurent trois, savoir : 4° la Saxe orientale, c'est ce qu’on a appelé depuis le royaume d'Essex, où sont Londres et Colchester; 2° la Saxe méridionale, qui fait le royaume de Sussex, dont la capitale est Chichester ; 3° la Saxe occidentale ; c’est le royaume d'Ouessex, où est Salisbury. Les Anglais eurent aussi trois royaumes dans leur partage, savoir : 1° l’Angleterre orientale; c’est le royaume d'Estanglie, qui comprenait les provinces de Cambridge, de Suflolk et de Norfolk; 2 le royaume de Mercie, composé de tous les comtés de l’intérieur de l'Angleterre; 3° celui de Northumberland, qui est l'Angleterre septentrionale. Les Anglais furent les mieux partagés, et peut-être est-ce pour cela que tous les autres ont été compris sous leur nom. Rapin Thoiras prétend que, dès l'an 585, la partie de la Grande-
Bretagne conquise par les Anglo-Saxons, commença d’être appelée Angleterre, et que c’est à tort que quelques-uns en fixent l'époque au règne d’Egbert. Les Jutes eurent l’île de Vicht et le royaume de Kent, où régnait néanmoins la postérité d’Hengist, qui était Saxon. Les naturels du pays restèrent maîtres du pays
de Galles, comme tous les auteurs en conviennent, et peut-être encore du
ays de Cornouaille. Tel fut
le partage de l'Angleterre, après l'invasion des Saxons et des Angles. C’est là ce qu’on appelle l'Heptarchie, qui a été éteinte par le roi Egbert, vers l'an 827.
ROIS DE NORTIHUMBERLAND.
L'an 547, Idda, capilaine anglais, fils d'Eoppa, arrive dans le nord de la Grande- Bretagne. Il y est couronné roi, et meurt l’an 559. Après sa mort, le royaume de Northumberland est partagé en deux parties, laBernicie et la Déire.
ROIS DE BERNICIE.