DUCS DE PARME ET DE PLAISANCE
dernes prétendent que Parme et Plaisance furent comprises dans la fameuse donation que Charlemagne fit à l'Eglise romaine en 774, suivant l’opinion commune. Mais pour se convaincre du contraire, il suffit de jeter les yeux sur le partage aue Charlemagne fit de ses états entre ses trois fils, dans la diète tenue à Thionville en 806. On y voit Parme et Plaisance énoncées, avec leurs territoires, dans l’'énumération que ce partage fait des différentes parties du royaume d'Italie. Un capitulaire de Lothaire, roi d'Italie et depuis empereur, publié en 829, pour le règlement des études, prouve la même chose. Parme et Plaisance y sont nommées entre les villes qui doi-
“ veut envoyer leur jeunesse étudier à Crémone. El
serait trop long de raconter en détail les diffé-
rentes révolutions que ces deux villes éprouvè-
rent dans la suite. Il suflirade dire qu'après avoir secoué le joug de l'empire, à la faveur des divisions qui s'’élevèrent entre Frédéric II ef la cour de
Rome, elles se gouvernèrent quelque temps en
forme de République, qu'ensuite, assujetties à dif-
férents seigneurs, qu'elles choisirent on qui les subjuguèrent, elles devinrent en 1315, sous
Matthieu Visconti, parties de l'état de Milan ; mais
qu'à l'instigation du légat Bertrand du Pouget.
elles se révoltèrent, savoir: Plaisance en 1322, et
Parme en 1326, pour se donner au pape Jean
XXII; qu'étant relournées ensuite sous la domi-
nation de l’empire, le pape Jules #4, dans la
grande confédération qu'il fit faire en 4512 contre la France, se les fit céder par l’empereur Maximilien Ir, qui les lui abandonna sauf les droits de l'empire, P, Cardone, vice-roi de Naples, les remit, Jan 4543, sous la puissance du due de Miliu, mais, la même année, Léon X, nouveau pape, eut l'adresse de les retirer des mains de ee prince. L'an 4515, après la conquête du Milanais faite par les Français, Parme et Plaisance passérent sous la dom nation du roi de France. Enfin, l'an 1521, Léon X vint à bout de recouvrer ces deux villes par la vois des armes, avec le secours des impériaux et du duc de Mantoue. Depuis ce temps, le Saint-Siége en jouissait tranquillement, lorsqu'en 4534, Alexandre Farnèse, d’une maison ancienne dans le petit état de Castro en
Toscane, fut élu pape, sous le nom de Paul HE.
Entre les enfants qui lui é‘aieat né: d’un mariage
secret dans sa jeunesse, il avait un fils, Pierre-
Louis Farnèse, seigneur de Néni et de Frescati.
Parvenu au pontificat, Paul lui donna, avec le
consentement du Sacré Collége, les villes de
Parme et de Plaisance, qu'il érigea en duché, et
prit en échange les villes de Népi et de Frescati,
qu'il réunit au Saint Siége pour le dédommager.
Pierre-Louis était déjà en possession, depuis 1548,
du duché de Castro et du comté de Ronciglione,
qui relevaient aussi de l'Eglise romaine.