‹ Dictionnaire de l'art de vérifier les dates des faits historiques, des charts, des chroniques, et autres anciens monumentsChapitre 1466 sur 1479 · JEANNE J, ANDRÉ DE HONGRIE ET LOUIS DE TARENTE · texte numérisé non relu

JEANNE J, ANDRÉ DE HONGRIE ET LOUIS DE TARENTE

1343. Jeanne, fille de Charles, duc de Calabre, et de Marie de Valois, née l’an 1326, mariée le 26 septembre 1333 avec André, fils puîné de Charobert, roi de Hongrie, est proclamée reine de Naples après les obsèques de Robert, son aïeul. On refuse d’abord

à son époux le titre de roi; mais la reine

Elisabeth, mère d'André, étant venue à Na.

ples, obtient qu'il partage avec Jeanne les honneurs du trône. L'an 1345, le 20 août, selon Dominique Gravina, le 18 septembre, suivant Muratori, André est étranglé.

L'an 1346, le Pape Clément VI, comme

suzerain de Naples, charge Bertrand de Baux,

grand justicier du royaume, de rechercher les assassins d'André. Bientôt la dame de Cabane, sur les dépositions des témoins, est arrêlée avec toute sa famille. On arrête en

même temps six autres personnes de la cour.

Tous sont appliqués à la question, et les uns périssent dans ce tourment, les autres par divers supplices. L'an 1347, la reine épouse, le 20 août, Louis, prince de Tarente, fils de Philippe, frère du roi Robert. Le 8 juin 1347, pressée par les Napolitains de revenir, et se trouvant sans argent, elle vend au Pape pour 80 mille florins (672 mille livres monnaie de France .de nos jours) la ville et la seigneurie d'Avignon.

L'an 1380, Jeanne est déclarée déchue du

royaume de Naples par une bulle du Pape

Urbain VI, datée du 21 avril, parce qu'elle favorisait le parti de son rival Clément VEI. Pour faire exéculer celte sentence, Urbain appelle de Hongrie Charles de Duras, que la reine Jeanne avait, quelques années auparavant, institué son héritier. Charles se rend à l'invitation du Pontife, et ayant ramassé une armée, l’amène en Italie, vou- Jant opposer à Charles un ennemi puissant, la reine adopte Louis, duc d’Anjou, et le déclare son héritier universel par son testament du 23 juin 1380, suivi de lettres patentes du 29 du même mois. L'an 1381, Charles entre dans la ville de Naples le 16 juin, assiége la reine dans le château Neuf, défart Othon, son mari, qui venait à son

Ti

ROIS DE SICILE

par l’évêque de Sarlat. L'an 1377, il meurt à Messine le 27 juillet, laissant de Constance, sa première épouse, fille de Pierre IV, roi d'Aragon, morte en. juillet 1363, une fille unique nommée Marie, qui fut son héritière. Adelzreiter lui donne une autre fille de ce Hit, Elisabeth, femme d’Etienne l’Agrassé, duc de Bavière. Frédéric prit en secondes noces, le 17 janvier 1374, Antoinette, fille de François de Baux, duc d’Avdria, laquelle mourut six jours aprèsson mariage.

MARIE ET MARTIN, mir LE JEUNE. :-

4377. Marie est reconnue héritière du trône de Sicile après la- mort de Frédéric, son père, et commence à régner sous la tutelle et la régence d’Artale d’Allagon. L’an 1379, elle est enlevée’ par Guillaume-Raymond de Moncade, et conduite au château d’Agouste, dans le temps qu’elle se disposait à épouser, contre le vœu de ses sujets, Jean Galéas, comte de Verius, neveu de Bernabo Visconti et co-seigneur @ec lui de Milan. De là elle fut conduite, par ordre de Pierre IV, roi d'Aragon, son aïeul, à Barcelonne, pour y être élevée auprès üe la reine Eléonore, sa tante, fille de Pierre HI, roi de Sicile. L'an 139%, elle épousa, le 29 novembre,;avec dispensedu Pape ClémentVH, Martin son cousin-germain, fils de Martin, duc de Montblanc, depuis roi d'Aragon.

Martin, en se mariant avec Marie, prit le Utre de roi de Sicile. L'an 1392, les deux époux s’élant embarqués pour la Sicile avec un cortége nombreux de seigneurs aragonais, abordent le 25 mars à Trapani. La Sicile avait un grand besoin de la présence de ses maîtres, déchirée comme elle l'était par des ;factions, et tÿrannisée par les principaux seigneurs de l'île. L'arrivée de Marie et. de Martin y rétablit d’abord le calme; mais ce ne fut pas pour longtemps. De nouvelles séditions obligèrent le roi et la reine à quitter le séjour de Palerme et à seretirer à Catane. Martin triompha des rebelles par une victoire qu’il remporta sur eux, et les contraignit à rentrer dans le devoir. L’an 1402, Marie finit ses jours à Lentino le 25 pa suivant son épitaphe, sans laisser d’en ants.

MARTIN LE JEUNE, seul.

1402, Martin règne seul en Sicile après la mort de sa femme, qui Favait institué son héritier. L'an 1403, il épouse Blanche, fille de Charles HE, roi de Navarre. L’an 1409, il fait une expédition dans la Sardaigne, qui s'était révoltée contre le roi, son père, et gagne une grande victoire le 21 juin sur les rebelles, commandés par Guillaume I, vicomte de Narbonne. Peu de lemps après il tombe malade dans cette île, et meurt à l'âge de 35 ans le 25 juillet, à Cagliari, où il est enterré. Il ne laissa que deux bâtards, un fils nommé Frédéric, qui fut légitimé par le Pape Benoît XIH, et mourut de poison le 29 mai 1428 au château de Branzak, en Ara-

Page 1