SÉVÈRE
512. Sévère, i'un des plus granos fléaux de l'Eglise d'Orient, fut substitué à Flavien ans le mois de novembre 512 par ordre de l’empereur Anastase. Il était de Sozople en Pisidie. L'an #75, étant en Egypte, il avait embrassé le parti de Pierre Monge. Le trouvant ensuite trop inodéré, il s'était séparé de lui, et avait formé la secte des acéphales, ou sévériens. Assis sur la chaire d'Antioche, il ne cessa de vexer les catholiques de sa dépendance, tant que l’empereur Anastase vécut. L'an 518, Justin, successeur d’Anastase, le fit déposer dans un concile tenu à Constantinople au mois de juillet. Peu de temps après il le condamne à avoir la langue coupée, en punition des blasphèmes qu’il ne cessait de vomir contre la foi. Sévère évita ce châtiment, par la fuite qu'il prit au mois de septembre de la même année. }] reparut après la mort de Justin, et excita beaucoup de troubles à Constantinople et en Egypte. Sa mort, suivant Abulfarage, arriva l’an des Grecs 850 (de Jésus-Christ 539) ou 3 ans plus tard, (Fan 542), selon Sévère d’Aschmonin, plus ancien qu Abulfarage de trois siècles.
L’expulsion de Sévère n'empêcha pas ses partisans de le reconnaître pour vrai patriarche, tant qu’il vécut. Après sa mort, ils lui donnèrent un successeur; et, depuis ce temps, ces hérétiques, nommés dès lors jacobites, n'ont cessé d'avoir un patriarche de leur secte pour l'Eglise d’Antioche, comme ils en avaient un pour celle d’Alexandrie. Mais celui d’Antioche, sous les empeEreurs grecs, n'eut pas la liberté de résider en cette ville. Sa demeure fut à Diarbéchir (l’ancienne Amide), ou dans le monastère de Saint-Ananie, près de Mélitine en Arménie.