ROIS DE JERUSALEM
Le royaume de Jérusalem tire son origine des croisades, dont il fut l’objet et le fruit. Celles-ci eurent pour auteur un ermite du diocèse d'Amiens, nommé Pierre ou Cucupiètre. Témoin de la triste situation des Chrétiens de Palestine dans un voyage qu'il y fit, Pierre en rapporta au Pape Urbain IH une letire de Siméon, patriarche de Jérusalem, et des autres fidèles, par laquelle ils imploraient le secours des princes d'Occident contre les musulmans qui les opprimaient. Urbain, touché de cette lettre et du récit de l'ermite, publia, dans le concile de Clermonten 4095, une indulgence plénière en faveur de tous ceux qui se dévoueraient à la délivrance de la terre sainte. Cette entreprise fut nommée croisade, parce qu'on mettait une croix d'étoffe sur l'épaule à tous ceux qui voulaient y prendre part. Pierre, après avoir quitté le Pape, parcourt l'Italie, l'Allemagne et la France, pour engager les princes et les peuples à porter la guerre eu Oiient. Ses exhortations ct cclles d'Ürfain firent un merveilleux effet, Près d'un million de personnes,
de tout état, de tout âge, et de l’un et l'autre sexe, prirent la croix. Les principaux chefs de cette milice furent Hugues le Grand, frère du roi de France ; Raymond, comte de Toulouse ; Robert, duc de Normandie ; Godefroi de Bouillon, duc de la basse Lorraine: Gautier, dit Sans-Avoir, etc. Les croisés, s'étant partagés en différents corps et étant partis par différentes routes, se réunirent, au nombre de cent mille cavaliers et de six cent mille hommes de pied, le 44 mai 1097, devant Nicée, qu'ils emportèrent d’assaut, le 20 juin. L'année suivante, le 5 juin, ils se rendirent maîtres d'Antioche. Enfin, le 7 juin 4099, ils arrivèrent devant Jérusalem, n'ayant plus de gens de service que vingt mille hommes de picdet quinze cents chevaux. Ils forment aussitôt le siége de la place, qu'ils forcèrent au bout de cinq semaines, un vendredi, 15 juillet, à trois heures après midi; ce qui fut remarqué, comme étant le jour et heure de
la mort de Jésus-Christ.