DUCS ET ROIS DE BOHÈME
La Bohème, anciennement la forêt Hercinie ou Orcinie, si célèbre dans les auteurs grecs et latins, eut pour premiers habitants connus, les Boïens, dont elle tire le nom. Sortis des Gaules, suus la conduite de Siovèse, vers l’an 164 de la fondation de Rome, ils s’emparèrent de ce pays et lui donnèrent leur nom. (#4 Boïens en furent chassés par les Marcomans, sous le règne de l'empereur Auguste. Dans le vu: siècle, les Sclaves, sous la conduite de Czéchus, vinrent occuper la Bohême, et l'ont conservée depuis, quoique souvent tributaires des rois de France. Leur premier chef ou duc bien reconnu, est Prémislas. Les his toriens les plus exacts, même nationaux, ne s'accordent point sur le temps précis et la durée de ses
successeurs, jusqu'à Borzivoi, premier ducchrétien du temps de l'empereur
primerons pour commencer par ce dernier,
BORZIVOI.
890. Borzivoi succéda, l'an 890, à son père Hostivitus, du temps de l'empereur Arnoul, qui céda à Zuentipold, roi de Moravie, le tribut que la Bohème lui payait; mais Zuentipold s’étant révolté depuis, Arnoul le réduisit par ses armes. Borzivoi, l’an 894, embrassa le christianisme, et fut baptisé par Méthodius , évêque de Moravie, avec sa femme, au mois de juin de la même année.
Quelque temps après, les Bohémiens, en haine du changement de religion, chassèrent leur due, et mirent en sa place Stoymir, duc de Bilin, descendant, par femmes, des anciens ducs; mais, au bout de 10 mois, Borzivoi fut rétabli, et plusieurs Bohémiens reçurent le baptême. Borzivoi construisit des églises à Prague et en plusieurs autreslieux, et établit des écoles pour instruire les peuples. Il se démit du gouvernement 37 ans après son rétablissement, c’est-à-dire, en 902, et non pas en 905, comme le disent des modernes, et se retira au château de Télin, où il mourut en 910. Il avait épousé Ludomille, fille de Slavibor, comte de Mielnick, dont il eut Spitignée, qui suit, Vratislas et Boleslas, mort jeune.
SPITIGNÉE 1‘,
902. Spilignée 1°, fils de Borzivoi, eut le duché de Bohème par la démission de son père en 902,
VRATISLAS 1°,
907. Borzivoi, rappelé au gouvernement après la mort de son fils aîné, ne voulut pas quitter sa retraite, et fit proclamer duc Vratislas, son deuxième fils, encore mineur,