‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 2)Chapitre 344 sur 479 · TRADITION · texte numérisé non relu

TRADITION

On entend par tradition la parole de Dieu émanée ou de la bouche de Jésus-Christ même, ou recueillie par les apôtres inspirés du Saint-Esprit, ou transmise de vive voix par les premiers fidèles à leurs successeurs; elle est comme consignée dans les conciles, dans les écrits des Pères, et dans l'uniformité de croyance de toutes les Eglises.

La tradition divine est ce que Dieu nous a révélé, ou par Jésus-Christ, ou par ses apôtres inspirés du S.iint-Esprit. Ou ne met au nombre des traditions apostoliques, suivant la règle de saint Augustin (L. 5, de Bapt.

contra Donat. c. 23), que ce qui est généralement enseigné et pratiqué par toutel Eglise, sansqu'on en sache le commencement [C.Ecciesiasticarum, can. 7, 8 et 9, dist. 11).

Le concile de Trente, session IV, dit touchant les traditions de l'Eglise : « Le saint concile, suivant l'exemple des Pères orthodoxes, reçoit tous les livres, tant de l'Ancien que du NouveauTestnrncnt, puisque le même Dieu est auteur de l'un et Je l'autre, aussi bien que les traditions , soit qu'elles regardent la foi ou les mœurs, comme dictées de la bouche même de Jésus-Christ ou par le Saint-Esprit, et conservées dans l'Eglise catholique par une succession continue, et les embrasse avec un pareil respect et une égale piété. »

La tradition a pour objet les dogmes de foi et les règles des mœurs. Car les règles des

mœurs font partie de la fui, aussi bien que les dogmes : ainsi c'est un article de foi que les fornicateurs, les impudiques, les avares, les parjures, etc., n'auront point de part dans le royaume de Dieu, et ainsi des autres vérités de l'Evangile. La tradition humaine lire sa force de l'autorité de l'Eglise: elle regarde la discipline, le culte extérieur ou les pratiques de religion.

Il y a des règles pour discerner la tradition divine de la tradition humaine : I e la tradition n'est pas divine, lorsqu'on trouve son commencement dans les conciles, ou dans quelques règlements humains, ou bien lorsdue c'est une croyance particulière à une Eglise; cette tradition s'appelle aussi ecclésiastique; au lieu qu'un dogme embrassé Sar toute l'Eglise, doit être regardé comme tant de tradition divine. Ainsi le consentement unanime des Pères sur un dogme est un témoignage sûr que le dogme est de tradi- • tion divine. Le concile de Trente défend même qu'on donne à l'Ecriture une interprétation contraire au sentiment unanime des Pères.

On ne met au nombre des traditions apostoliques que ce qui est généralement enseigné et pratiqué par toute l'Eglise, sans au'on en sache le commencement. C'est la règle que donne saint Augustin (/. 5. de Baptis. contr* Donat. c. 23} et Vincent de Lérins (1 avertis, c. 3).

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