‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 2)Chapitre 432 sur 479 · IS · texte numérisé non relu

IS

qu'il aurait roulu lui voir respecter, Tabaraud renonça momentanément à l'attaque, et s'éleva même avec force contre la persécution dont le clergé était l'objet. Deux lettres qu'il adressa à l'cvéque constitutionnel Gayvernon , vi des observations sur une lettre pastorale du même , attirèrent sur lui la proscription, et il se retira, après les massacres de septembre, en Angleterre , où il demeura dix ans. On croit qu'il avait été un des signataires de la lettre adressée à Pie VI par environ soixante oratoriens , et qu'on trouve insérée dans son Histoire du cardinal de Bérulle. Lorsque Tabaraud quitta la France , il était , depuis quelques années , supérieur dans la maison de l'oratoire de Limoges. Durant son séjour A Londres • il s'occupa de travaux littéraires, historiques -et théologiques. 11 paraît qu'il aida son confrère, le père Mandar, dans la rédaction de la lettre ae condoléance écrite à Pie VI, en 1798, par plusieurs évéques français.

De retour en Franco , en 1802 , Tabaraud fut porté, par une attention de Fouché , son ancien confrère, sur une liste pour l'épiscopat. Mais cette dignité lui aurait d'autant moins convenu qu'il n'exerçait point les fonctions du ministère. Nommé , en 1811 , censeur de la librairie, il profitade sa position pour entraver la publication des livres contraires A ses idées jansénistes. Louis XV11I le nomma , en 181» , censeur honoraire , et l'abbé de Hontesquiou lui fit avoir sa pension de retraite.

Les Principes sur la distinction du contrat et du sacrement de mariage , qu'il publia en 1816 , le jetèrent dans des controverses assez vives avec son évéque et quelques théologiens, et furent réfutés par M. Boyer, de Sainl-Sulpice. L'écrit fut condamné dans on manifeste du 18 février 1818 , donné par l'évéquc de Limoges, dont la décision fut confirmée par le souverain pontife. L'auteur fit paraître plusieurs répliques où l'on rencontre des expressions trop peu respectueuses pour le prélat et pour le saint-siége , une entre autres sous ce litre : De la puissance temporelle sur le mariage , ou Réfutation du décret de monseigneur l'évéque de Limoges, Paris , 1818 , in-8\ En 1825 parut une nouvelle édition du livre des Principes. Le sens des paroles du concile de Trente , qui attribue aux juges ecclésiastiques les causes matrimoniales , ayant été clairement défini par plusieurs brefs des souverains pontifes , il semblait que cette question était dès lors sans objet, l'Eglise seule pouvant opposer des empêchements dirimants au mariage (Voyez empêchements). Du reste, l'attachement de Tabaraud à ses opinions et son zèle à les défendre, ne se démentirent pas un instant dans sa longue carrière. Affligé d'une ; cataracte depuis 181fc , il dictait à un secrétaire les ouvrages qu'il composait. Il recouvra la vuo dans les derniers temps de sa vie, et mourut à Limoges le 9 janvier 1832. Son testament olographe, dicté le 5 janvier 1831, renfermait les paroles suivantes : « Je ronds « grâce à Dieu de m'avoir fait naître dans le

« sein de l'Eglise catholique , apostolique et « romaine ; de m 'avoir inspiré la boaae « croyance de toutes les vérités qu'elle en- « seigne et préservé de toutes les erreurs « qu elle condamne. J'espère de sa dhriae « miséricorde qu'il me conservera dans ces « sentiments jusqu'à ce qu'il lui plaise de « m "appeler à lui. Si, dans les ouvrages qte « j'ai publiés, il se trouvait quelque chose « qui ne fut pas conforme à ces dispositions, « je le soumets*au jugement de ladite Eglise « et je demande pardon à Dieu de tout es « qui, dans mes ouvrages, aurait offeosé la « personnes , etc. » Celte profession de foi catholique n'est guère en harmonie avec les ouvrages de l'auteur. Puisse-t-elle avoir été sincèrel

Outre les productions de Tabaraud , que nous avons déjà indiquées, nous citerons la suivantes : Traité historique et critique et l'élection des évéques y Paris, 1792, S vol. in-fr. L'auteur a pour but de montrer que l'élection des évéques appartenait au e!ergé,et que le peuple n'y prenait part qu'en masifestaul ses vœux. De l'importance d'une rdigion de l'Etat, 1803, in-18; seconde édition, considérablement augmentée , 181* , ia-fr.

L'auteur examine principalement le discours que prononça Portalis , lors de la présentation du concordat (Voyez ce discours sous le mot concordat, tom. 1", col. 660). Des interdits arbitraires de la célébration de la au**. 1809, in 8% réimprimé à Paris, en 1820, are l'appel comme d'abus. Questions sur thakt clérical. Ce petit écrit était dirigé contre aae ordonnance de monseigneur l'evéque de Limoges. Essai historique et critique sur restitution des évéques, 1811 , in-8*. Dans cet écrit, publié à l'époque où Pie VII était prisonnier à Savone, l'auteur essayait de prouver que lorsque le pape refuse des bulles à une grande Eglise , elle avait le droit de revenir à l'ancienne discipline et de faire is« stituer les évéques par les métropolitain [Voyez, sous le mot nominatioh, | % ceqse nous disons de l'institution canoniqoe fo évéques). Observation d'un ancien can^nùit sur la convention du 11 juin 1817, ia-fr, écrit d'un janséniste chagrin qui blâme loti et tout le monde. Examen de ropinien et M. le cardinal de la Luzerne sur la pmblx*tion du concordat, 1821, in-8*. De Cinamsth bilité des pasteurs du second ordre, 1821, n- S 9 . L'auteur plaide en faveur de tons les prêtres qui sont mal avec leurs supérieurs et qw ont été frappés d'interdit (Voyez, sous le sut inamovibilité, ce que nous pensons de celle question). Réflexions sur l'engagement eàp des professeurs de théologie, d*ensei&ur J* doctrine contenue dans la déclaration as M8i Paris, 182*, in-8*. Ces Réflexions sont priaàp* lement dirigées contre M. de Clennonl-Tosnerre, archevêque de Toulouse, qui refssatJ au gouvernement le droit de s'immiscer fcsf l'enseignement des séminaires. Histoire entique de l'assemblée de 1682, 1826. in-8*. Ce* histoire est vide de faits. Essai kistoriq*** critique suri état des jésuites en France, 181 io-8\ Ce» essai parut en même temps f*

i:cs

Page 1