‹ Dictionnaire de la Bible (volume 3)Chapitre 112 sur 389 · NACHOR · texte numérisé non relu

NACHOR

NAGE

de Jacob et d’Ésaü. Gen. XXiv 10-61 . Jacob à son tour prit, à Haran, ses deux femmes Lia et Rachel dans la descendance de Bathuel et de Laban, frère de Rébecca. Gcn., xxix, 1-30. — Après le récit de ces événements, Nachor n'est plus nommé que deux fois dans l’Écriture. Lorsque, après la fuite de Jacob de Mésopotamie, Laban, qui s’était mis à sa poursuite, l’atteint dans le pays de Galaad et fait enfin alliance avec lui, il place solennellement cette alliance sous la garde « du Dieu d’Abraham et du Dieu de Nachor ». Gen., xxxi, 53. — Josué, dans son dernier discours à Israël, lui rappelle que ses ancêtres et « Tharé, père d’Abraham et de Nachor », avaient servi les faux dieux au delà, c'est-à-dire à Ur, à l’est de l’Euphrate. Jos., xxiv, 2. Divers commentateurs modernes veulent trouver une preuve de cet idolâtrie des descendants de Tharé dans les paroles de Laban, Gen., xxxi, 53. Ils les traduisent: « Que le Dieu d’Abraham, le Dieu de Nachor et le Dieu de leurs pères soient juges entre vous, » et concluent de là que Laban et Jacob adoraient un Dieu différent. Le texte hébreu porte, en effet, le pluriel, ispetù, « qu’ils soient juges, » comme s'il s’agissait de plusieurs dieux, mais le texte samaritain, les Septante et la Vulgate, ont tous le verbe au singulier, judicet, « soit juge, » et ne voient qu’un seul et même Dieu dans celui qui était l’objet du culte d’Abraham et de Nachor. Le pluriel du verbe s’explique dans le texte massorétique par la forme plurielle du nom de Dieu, ’Elôhim, qui s’emploie si fréquemment pour désigner le vrai Dieu, au singulier.

NACLANT Jacques, NACCHSANTE, théologien italien, de l'ordre des Frères-Prêcheurs, né à Florence, mort le 24 avril 1569. Il enseigna la théologie et la philosophie dans les couvents de son ordre. Paul III, en 1544, le nomma évêque de Chioggia dans l'état de Venise et en cette qualité il assista au concile de Trente. Parmi ses nombreux écrits, nous avons à mentionner : Enarrationes piæ,doctæ et catholicæ inEpistolam D. Pauli apostoli ad Ephesios, in quibtis juxta Sacram Scripturam et orthodoxam fidem sunt explicatæ omnes fere difficultates pietatis christianæ, in-8°, Venise, 1554; Enarrationes piæ, doctæ et catholicæ in Epistolam JD. Pauli apostoli ad Romanos, in-8°, Venise, 1554; Sacræ Scripturæ medulla, vel arcanorum Cliristi, quitus singulæ mundi sunt locupletalæ ætates pia, docta ac Clara deteclio, necnon perexacla discussio, in-4°, Venise, 1561. Les œuvres de J. Naclant ont été réunies en 2 vol. in-f°, Venise, 1657. — Voir Échard, Scriptores Ord. Prædicatorum, t. ii, p. 202.

B. Heurtebize.

NADAB (hébreu : Nâddh, « libéral; » Septante : Na- Sâë), nom de quatre Israélites.

1. nadas, fils aîné d’Aaron et d’Élisabeth, Exod., vi, 23; I Par., vi, 3; xxiv, 1, 2. — Avec son père Aaron, son j frère Abiu et soixante-dix anciens, Nadab fut appelé à monter sur le Sinaï, à la suite de Moïse, et, sans approcher de Jéhovah, à voir Dieu de loin. Exod., xxiv, 1, 2, 9-11. Il lut choisi pour être prêtre de Jéhovah avec son père et ses frères, Exod., xxxm, 1, et reçut la consécration sacerdotale. Lev., vin, 2-36. Une coupable négligence fut bientôt la cause de sa mort tragique et de celle de son frère AJnu. Tous deux avaient à olfrir les parfums dans leur encensoir. Or, un feu perpétuel devait brûler sur l’autel sans jamais s’éteindre, Lev., vi, 12, 13, et Jéhovah venait lui-même de joindre un feu miraculeux à celui qui consumait les holocaustes. Lev., IX, 24. C’est à ce feu sacré que Nadab et Abiu devaient alimenter leurs encensoirs. Au lieu de le faire, ils prirent du feu étranger, contrairement aux ordres donnés. Le châtiment les frappa aussitôt ; un feu sorti de Jéhovah, c’est-àdire de l’Arche, les dévora. Lev.,x, 1-5; Num., iii, 2-4, xxvi, 60-61. Il importait que, dès le début, les fonctions sacerdotales fussent exécutées ponctuellement et d’une

manière rigoureusement conforme à la volonté de Dieu. Ainsi l’exigeait la nécessité de taire pénétrer profondément dans l’esprit du peuple l’idée de la majesté divine. Les prêtres avaient aussi à retenir que rien de profane ne peut servir au culte du Seigneur. Voir Abiu, t. i, col. 61. Il est possible que les deux 1 .‘ères aient craint d'approcher du feu miraculeux envoyé sur l’autel par Jéhovah. Il est beaucoup moins probable qu’ils aient agi par ignorance. A la suite des rabbins, plusieurs pensent qu’à ce moment Nadab et Abiu, après les réjouissances qui avaient dû célébrer leur entrée en fonction, n’étaient pas très maîtres d’eux-mêmes. On le conclut de cette recommandation qui suit immédiatement le récit de leur punition : « Jéhovah parla à Aaron et dit : Tu ne boiras ni vin, ni boisson enivrante, toi et tes fils avec toi, lorque vous entrerez dans la tente de réunion, afin que vous ne mourriez pas. » Lev., x, 8, 9. Le coup fut dur pour Aaron et sa famille. Lui-même et ses deux autres lils n’eurent pas le droit de prendre part au deuil général. Ils se devaient tout entiers et exclusivement au Seigneur. Lev., x, 6, 7. Aaron eut probablement à expier ainsi la part qu’il avait prise à la fabrication du veau d’or. Exod., xxxii, 4. IL Lesëtre.

2. NADAB, roi d’Israël, fils et successeur de Jéroboam Ier. III Reg., xiv, 20. Il commença à régner la seconde année d’Asa, roi de Juda, et il occupa le trône deux ans à peine (954-953 ou 915-914). 111 Reg., xv, 25.

II marcha dans la voie impie et schismatique de son pcre; il entretint Israël dans le péché, en le tenant éloigné du culte de Jéhovah, tel que Moïse l’avait réglé et tel qu’il se pratiquait à Jérusalem. Il entreprit le siège de Gebbéthon, « ville des Philistins, » appartenant en réalité à la tribu de Dan, mais que les deux peuples se disputaient à raison de sa situation. Voir Gebbéthon, t. ii, col. 142. Pendant que Nadab, accompagné de tous les guerriers d’Israël, cherchait à reprendre la ville aux Philistins, l’un des officiers de son armée, Baasa, le mit à mort et devint roi à sa place. III Reg., xv, 26-28. Ainsi s’accomplit une prophétie faite par Allias à Jéroboam.

III Reg., xiv, 10. H. Lesètp.e.

3. nadab, fils aîné de Séméi, de la tribu de Juda. Il eut pour fils Saled et Apphaïm. I Par., n, 28, 30.

4. NADAB, de la tribu de Benjamin, cinquième fils d’Abigabaon ou Jéhiel. I Par., vin, 30: ix, 36. Voir Abigabaon. t. i, col. 47; Jéhiel 2, t. iii, col. 1219.

N ADÂBS A (hébreu : Nedabydh ; Septante : NaSaStaç), le huitième fils de Jéchomias, roi de Juda. I Par., iii, 18. Certains critiques soutiennent cependant que, dans ce passage, l’auteur des Paralipomènes n’indique pas la filiation naturelle, mais l’ordre de succession, et que Nadabia et ses frères étaient réellement lils de Néri. Voir Néri.

NAGE, NATATION (hébreu : sahù), procédé pour se soutenir et avancer sur l’eau par le seul mouvement du corps. — Les Hébreux, en dehors sans doute des habitants des rives de la Méditerranée et du lac de Tibériade, ne se sont guère exercés à la natation, leur seul ileuve profond, le Jourdain, étant généralement trop rapide pour qu'on puisse s’y aventurer en dehors des gués. Il est raconté cependant qu’après un avantage remporté sur le général syrien Bacchides, Jonathas, qui ne se sentait pas en force, se jeta dans le Jourdain, avec ses compagnons, et ils le traversèrent à la nage. I Mach., ix, 48. Il est encore question de natation dans deux prophètes. Isaïe, xxv, 11, représente Moab plongé dans une mare, et « étendant ses mains comme le nageur (haésohch, nalans) les étend pour nager ( sâhâh , nature ) ». 11 n’est pas question des pieds parce qu’on ne les aperçoit

NAGE

pas, surtout dans une mare. Ézéchiel, xlvii, 5, parle | gneur :« J’arroserai de sang le pays où tu nages (?dfâ, (ù» d’un torrent dont l’eau était si profonde que, pour le tra- j par allusion aux inondations du Nil qui font que les

verser, il fallait aller à la nage (sahû). Le prophète I terres semblent nager sur les eaux. — Elisée fit surnasonge probablement au procédé employé par les Assy- ger (?ûf) le fer d’une hache qui était tombé dans l’eau, riens, qui, pour traverser des cours d’eau, se servaient I IV Reg., vi, 6. — Dans saint Jean, ix, 7, 11, la piscine

397. — Assyrien nageant A gauche, deux hommes préparent l'outre sur laquelle ils vont traverser la rivière. D’après Layard, Monuments of Nineveh, t. i, pl. 15.

d’outres remplies d’air (fig. 396) et se dirigeaient avec les mains (fig. 397). Au figuré, Ézéchiel, xxxii, 6, s’adressant au roi d’Égypte, lui dit de la part du Sei-

de Siloé est appelée xo),u(j.êr|9pa, « piscine, bain, » et dans la Vulgate natatoria, « lieu où l’on nage. » Cette piscine a 16 mètres de long, 6 de large et 6 de profondeur. On

NAGE

NAHUM

aurait donc pu y nager. Mais aucun texte ne parle de [ natation dans cette piscine. De nos jours, les habitants de Jérusalem se baignent dans la Fontaine de la Vierge qui alimente la piscine de Siloé. Voir Giiion, t. ni, col. 240. — Saint Pierre « se jette à la mer » de Tibé- j riade, lorsqu'il reconnaît Jésus ressuscité. Joa., xxi, 7. j — Quand le navire qui porte saint Paul arrive à Malte, à la suite d’une longue tempête, et s’échoue sur la plage, c’est à la nage que beaucoup de passagers gagnent la terre. Act., xxvii, 43. H. Lesètre.

NAGEL Paul, astrologue allemand, mort en 1621.

Il fut professeur à Leipzig, puis recteur de l’école de Torgau. Livré à l’astrologie, il voulut expliquer l’Apocalypse, renouvelant les erreurs des Millénaires et fixant le commencement d’un âge d’or imaginaire vers l’année 1624. Son ouvrage a pour titre : Prodromus astronomiæ apocalypticæ de motibus tam stellati firmamenti quam ecclesiastici, in-4°, Dantzig. 1620. B. Heurtebize.

NAGGE (grec : Nayya!), un des ancêtres de Notre- Seigneur, dans la généalogie de saint Luc, ni, 25. Il vivait probablementvers l’époque du pontificat d’Onias Ier, au commencement du règne des Séleucides. Quelques manuscrits grecs écrivent son nom Naycu. Or, Nayai est dans les Septante, I Par., ni, 7, la transcription du nom hébreu de Nôggah, « splendeur, » Vulgate : Noge, qui était fils de David. Voir Nogé.

NAHABI (hébreu : Nahbi; Septante : Naa:; Alexandrinus : Naêâ), fils de Vapsi, de la tribu de Nephthali, l’un des douze explorateurs qui furent envoyés par Moïse du désert de Pharan dans la terre de Chanaan. Num., xm, 15 (hébreu, 14).

NAHAL1EL (hébreu : Nahâlî’êl, « torrent » ou « vallée de Dieu ; » Septante : Codex Vaticanus : MavaïjX; Codex Alexandrinus : NaaXif)X), station des Israélites se rendant d’Égypte en Palestine. Num., xxi, 19. Elle n’est mentionnée qu’en cet endroit de l’Écriture, entre Matthana et Bamoth. Son emplacement est inconnu, mais nous savons qu’elle se trouvait dans le pays de Moab, au nord de l’Arnon, ouadi Modjib. Num., xxi, 13. Eusèbe et saint Jérôme, Onomastica sacra, Gœttingue, 1870, p. 141, 282, nous la montrent près de ce torrent, mais il s’agit sans doute ici de la contrée arrosée par ses affluents supérieurs, comme Y ouadi U ale h, par exemple. D’autres ont plutôt pensé à Youadi Zerqa Ma'în, situé plus au nord. Voir la carte de Moab, col. 1145. Cf. G. Armstrong, W. Wilson et Conder, Names and places in the Old and New Testament, Londres, 1889, p. 134;

G. A. Smith, The historical Geography of the Holy Land, Londres, 1894, p. 561. Nahaliel ne se rencontre pas dans l’itinéraire de Num., xxxm.

A. Legendre.

NAHAM, nom dans la Vulgate, de deux Israélites qui sont appelés en hébreu Na'am et Naham.

1. NAHAM (hébreu : Na'am; Septante : Noép), troisième fils de Caleb, fils de Jéphoné, de la tribu de Juda.

I Par., iv, 15.

2. NAHAM (hébreu : Naham; Septante : Nayaï(j.), frère d’Odaïa, femme de Méred. Il eut pour fils Céila, de la tribu de Juda. I Par., iv, 19.

NAHAMANI (h ébreu : Nahâmânî ; Septante : Nas- |j.av! ; Alexandrinus : Naau.pavei), un des chefs qui revinrent de Babylone en Palestine avec Zorobabel.

II Esd., vu, 7. Son nom est omis dans la liste parallèle de 1 Esd., v, 8.

NAHARA9 (hébreu : Nalierai; Septante : Naytâp; Alexandrinus : Naapat), écuyer de Joab. Il était originaire deBérothet l’un des plus braves soldats de David. II Reg., xxiii, 37; I Par., xi, 39.

N AHASSON (hébreu : Nahsôn; Septante: Noctitwv), fils d’Aminadab et chef de la tribu de Juda, lors du premier dénombrement des tribus fait dans le désert. Num., i, 7; ii, 3; vii, 12; x, 14; 1 Par., n, 10-11. La femme d’Aaaron, Élisabeth, était une sœur de Nahasson. Exod., vi, 23. Son fils Salmon épousa Rahab de Jéricho. Ruth, iv, 20. C’était un des principaux personnages qui vécurent à l’époque de l’Exode. Num., n, 3; vu, 12; x, 14. Il mourut dans le désert, d’après Num., xxvi, 64-65. Nahasson fut un des ancêtres de David, Ruth, iv, 18-20; I Par., ii, 10, 12, et de Notre-Seigneur, et il est mentionné à ce titre, sous le nom Naasson, dans les deux généalogies de saint Matthieu, i, 4, et de saint Luc, ni, 32.

NAHATH (hébreu : Nahat), nom d’un Iduméen et de deux lévites.

1. NAHATH (Septante : Nayôô ; Alexandrinus : Naydp ; dans Gen., xxxvi, 13; Naytü0; Alexandrinus : NayoO,. dans Gen., xxxvi, 17; N dye;; Alex. : Noryéû, dans I Par., i, 37), un des ’allûf (chef d’Édom). Il était fils de Rahuël et petit-fils d’Ésaü. Gen., xxxvi, 13, 17;

I Par., i, 37.

2. NAHATH (Septante : KaivaâS ; Alexandrinus: KvâO; Lucien : Naâ0), lévite de la descendance de Caath, second fils de Sophaï. I Par.,vi, 26 (hébreu, 11).

II fut un des ancêtres du prophète Samuel et d’Hémanet il figure, d après certains critiques, dans la généalogie de Samuel sous la forme défigurée de Thohu. I Reg., i, 1. Cf. I Par., vi, 33 ou 34.

3. NAHATH (Septante : Naéô), lévite qui vivait du temps d’Ézéchias. Il était chargé, avec quelque autres lévites, sous les ordres de Chonénias et de Séméi, de recevoir les dîmes, les prémices et tout ce qui était voué en l’honneur de Dieu. II Par., xxxi, 13.

NAHUM, nom, dans la Vulgate, de trois Israélites. Ce nom existe aussi dans l’onomastique phénicienne. Gesenius, Monum. Phæn., p. 134; Bœchh, Inscript, græc., t. ii, 25, 26; Corp. inscript, seniit., t. i, 123a3-b3.

1. nahum (hébreu : Rehûm; Septante : ’Kaoôp), un des principaux Juifs qui revinrent de la captivité de Babylone en Palestine, du tempsdeZorobabel.il Esd., vu, 7. Dans la liste parallèle, I Esd., ii, 2, il est appelé Rehum par la Vulgate. L’hébreu lui donne le nom de Reliûm dans les deux passages.

2. NAHUM (hébreu : Nahûm, « riche en consolation, » et aussi « consolator », comme traduit saint Jérôme; à la forme intensive, de même que râhûni, « riche en pitié, » hannûn, « riche en grâce; » Septante : Nao-jp), le septième des douze petits prophètes, entre Michée et Habacuc.

I. La patrie de Nahum. — Outre son nom et son livre, nous ne connaissons, en ce qui le concerne, qu’une seule circonstance certaine, celle que marque l’épithète Dii'phMn, hâ-ElqôSi (Septante : tou ’EXxe<xaiou ; Vulgate:

Elcesæi), ajoutée à son nom dans le sous-titre de sa prophétie, i, 1. Encore est-elle l’objet d’une grande discussion. C’est à tort qu’on a parfois donné à ce nom, surtout dans l’antiquité, un caractère patronymique et qu’on lui a fait désigner le père de Nahum. Voir S. Jérôme, Proœm. in Nah., t. xxv, col. 1290; Pseudo-Épiphane, De vit. prophetarum, c. xvn, t. xliii, col. 409; S. Cyrille d’Alexandrie, t. lxxi, col. 780; déjà le Tar-

NAHUM

gum traduisait ce surnom par nrrp n*so, mibbet Qôsi, , « de la maison, c’est-à-dire de la famille, de Qôsi. » Il désigne, cela n’est pas douteux, le lieu d’origine ou d’habitation du prophète, et signifie : originaire ou habitant t V’ElqôS . Cf. les surnoms analogues de hâ- Annetoti (Vulgate : Anathothites ) et de ham Morasti (Vulgate : Moras tîntes), donnés à Jérémie et à Michée, parce qu’ils étaient, le premier d’Anathoth, le secon d de MoréSet Gat. Cf. Jer., xxix, 27; Mich., 1,14. Voir aussi IIIReg.,xi, 29; xvit, J; Jer., xxrx, 23, etc. Sur le site d "Elqôs, voir Elcési, t. ii, col. 1617.

Nous ne savons rien de la vie de Nahum. Il n’est mentionné nulle part ailleurs dans la Bible. La légende elle-même raconte peu de chose sur son compte, et dit seulement qu’il avait prophétisé que Ninive périrait par l’eau et le feu, et qu’il mourut et fut enseveli à Begabar. Voir Pseudo-Épipliane, De vit. proph., 17, t. xliii, col. 409; Huet. Demonstrat. evangel., iv, § 5; Carpzow, Introduclio ad libr. canon. Bibliorum Vet. Test., t. ni, p. 386 sq. Nahum est mentionné en passant dans le second livre apocryphe d’Esdras, I, 40, et par l’historien Josèphe, Ant. jud., IX, xi, 3. Sur l’époque à laquelle il vivait, voir plus bas, col. 1466.

II. Authenticité et intégrité du livre de Nahum, sa canonicité. — 1° Jusqu’à ces dernières années, personne n’avait attaqué l’authenticité de la prophétie de Nahum; les critiques contemporains les plus hardis, Kuenen, Wellhausen, Cornill, etc. (voir col. 1468), l’admettaient eux-mêmes sans hésiter, pour l’écrit tout entier. Si quelques rares interprètes avaient rejeté, comme des gloses apocryphes, la première partie du titre, Omis Ninive, « prophétie contre Ninive, » ou encore la description de la ruine de Thèbes, Nah., ni, 8-10, on avait laissé tomber leurs objections, qui n’avaient rien de scientifique; d’ailleurs, pour ce qui est de l’oracle relatif à Thèbes, les documents assyriens sont le meilleur garant de son authenticité comme de sa véracité. En effet, les détails historiques que donne l’écrivain sacré sont pleinement confirmés par les Annales d’Assurbanipal. Elles nous disent que le roi d’Egypte, Ourdaman, apprenant que le conquérant égyptien «avait franchi les frontières de l’Égypte,... abandonna Memphis et, pour sauver sa vie, s’enfuit à Thèbes ». L’inscription ajoute : «Je suivis la route qu’avait prise Ourdaman ; j’allai à Thèbes, la ville forte. Il vit l’approche de ma puissante armée, et abandonna Thèbes... Cette ville tout entière, au service d’Assur et d’Istar, mes armées la prirent... Un butin grand et innombrable, je l’emportai de la ville de Thèbes. » On lit dans une autre inscription : « Ils (les Assyriens) s’emparèrent en entier de la ville et la détruisirent comme une inondation. » Voir F. Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, 6e édit., t. iv, p. 80- 86; Eb. Schrader, Keilinschriftliche Bibliothek, t. n, p. 166-169.

Une objection plus grave et toute récente porte sur le passage i, 2-ii, 3, dont on prétend enlever la paternité à Nahum. Voici les faits. Dans la troisième édition de son Commentar über die Psalmen, 1873, p. 117, Frz. Delitzsch attira brièvement l’attention de ses lecteurs sur une remarque du pasteur wurtembergeois G. Frohmeyer, d’après lequel il y aurait des traces d’un arrangement alphabétique dans Nah., i, 3-7. Partant de là, un savant catholique, le Dr Bickell, qui a consacré une partie considérable de ses travaux à la recherche du mètre poétique hébreu, a fait, entre les années 1880 et 1894, plusieurs tentatives pour reconstruire le texte primitif du chap. Ier de Nahum. D’après lui, le poème alphabétique n’aurait pas seulement occupé les versets 2-7, mais les versets 2-10, et ce poème aurait été composé cxquisito artificio, d’une manière à peu près régulière pour les lettres N à n, dont chacune commence un vers ou une parlie de vers, mais irrégulièrement pour les autres lettres. Voir son article dans le Zeitschrift der deut-

schen morgenland. Gesellschaft, 1880, t. xxxiv, p. 559 et suiv. ; ses Carmina Veteris Testam. metrice, 1882, p. 211-213; ses Dichtungen der Hebrâer, 1882, 1. 1, p. 72; un autre article, intitulé Beitràge zur semit. Metrik, das alphabeth. Lied in Nah., i, 2-ii, 3, dans les Sitzungsberichte de l’Académie impériale des Sciences de Vienne 1894, Abhandl. v. Le D1' Gunkel, qui appartient au rationalisme le plus avancé, a fait aussi un essai de reconstruction du prétendu cantique; mais, à part le résultat général, ses conclusions dillèrent notablement de celles de M. Bickell, qu’il déclare inadmissibles. Selon lui, l’acrostiche en question s’étend de Nah., i, 2, à Nah., n, 3 : les lettres N à 8 sont représentées dans la première moitié de ce passage, i, 2-8, et les lettres d à n dans la seconde moitié, i, 9-if , 3. 11 y aurait eu à l’origine 22 distiques, dont chacun commençait par une lettre différente de l’alphabet hébreu ; mais le texte a tellement souffert entre les mains des copistes, que la construction alphabétique a presque entièrement disparu en certains endroits, surtout dans la deuxième partie. Voir la Zeitschrift fïir alttestamentliche Wissenschaft, 1894, t. xn, p. 223-244, et aussi, du même auteur, l’ouvrage Schôpfung und Chaos, 1895, p. 102 sq. C’est M. Gunkel qui, de cette hypothèse, a tiré le premier la conclusion que tout ce passage du livre de Nahum ne lui appartenait pas à l’origine, qu’il est l’œuvre d'un poète juif d’après l’exil, et que le rédacteur l’a placé en tête de la prophétie proprement dite, relative au jugement de Ninive, pour lui servir d’introduction. Plusieurs néo-critiques ont accepté cette opinion. Voir W. Nowack, die kleinen Propheten übersetzt und erklàrt, Gœttingue, 1897, p. 227 et 231 ; G. Buchanan Gray, dans The Expositor, sept. 1898; K. Marti, Dodekapropheton erklàrt, Tubingue, 1904, p. 308, etc. Néanmoins, des interprètes aux principes assez larges, tels que MM. A. D. Davidson, Nahum, Habakkuk and Zephaniah, Londres, 1896, p. 18-208, et Driver, Expositonj Times, déc. 1897, t. ix, p. 19, se refusent à y souscrire, la regardant très justement comme une simple conjecture, dont la vérité n’a pas été démontrée. Non seulement la théorie de M. Gunkel diffère de celle du Dr Bickell, mais ce dernier a dù transformer la sienne jusqu’à trois fois, et leurs imitateurs sont loin d’être d’accord avec eux sur tous les points. Et quelle violence ne faut-il pas inlliger au texte hébreu, « pour faire entrer ce morceau dans le vêtement étroit d’une forme alphabétique!» Davidson, Nahum, p. 19. On supprime tels et tels mots gênants ; on en ajoute d’autres, requis pour les besoins de la cause. On îuit des substitutions, des transpositions, etc., toutes choses « qui nous paraissent intrinsèquement invraisemblables». Driver, Le. Si l’on trouve çà et là des traces d’un arrangement alphabétique (voiries versets 5-7, où les lettres n, i, n etio se suivent en tète des propositions), ce fait paraît être purement accidentel. Enfin, alors même que l’hypothèse de MM. Bickell, Gunkel, etc., serait vraie, on se demande pourquoi le prophète Nahum aurait été incapable de composer un tel poème. On a prétendu sans raison que les écrivains bibliques les plus récents furent les premiers et les seuls à goûter ce genre de littérature. Sur cette question, voyez encore O. Happel, Der Psalm Nahum kritisch untersucht, 1900, et W. R. Arnold, The Composition of Nah., i-ii, 3, dans la Zeitschrift der alttestam. Wissenschaft, 1901, p. 225-265.

2° La Synagogue et l’Église chrétienne ont tour à tour admis sans hésitation l’oracle de Nahum parmi les livres canoniques; sous ce rapport, il a joui sans cesse d’une autorité incontestée. Voir J. Fürst, dur Kanon des A. Test, nach den Ueberlieferungcn in Talmud u. Midrasch, 1868, p. 28 sq.; F. Kaulen, Einleitung in die heilige Schrift, 1876, §§ 25-37; F. Vigouroux, Manuel biblique, 12e édit., t. i, n. 27 sq.; L. Wogue, grand rabbin, Histoire de la Bible et de l'exégèse biblique, 1881, p. 12 sq.

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