‹ Dictionnaire de la Bible (volume 3)Chapitre 148 sur 389 · Scarabée de Néchao II · texte numérisé non relu

Scarabée de Néchao II

in-fol., Paris, 1872, pl. 4, C, et conservé au musée du Caire, fait allusion à ses victoires (fig. 427).

Néchao, en succédant à Psammétique 1er, Hérodote, n> 158, continua l’œuvre de réorganisation militaire et maritime de son père. Sous son règne furent commencés les travaux du canal du Nil à la mer Bouge. Il construisit de nombreux vaisseaux à trois rangs de rames; tant: sur la Méditerranée que sur la mer Rouge. Hérodote, n, 158-159. Par ses ordres, une expédition partit,

sur des vaisseaux phéniciens, et descendit la mer Rouge pour doubler le sud de l’Afrique et revenir par les colonnes d’Hercule. Elle accomplit ce trajet en trois ans. Hérodote, iv, 42. Cependant ce fut par terre que Néchao entreprit sa campagne contre les Assyriens en C08 avant J.-C. Hérodote, n, 159. H voulait atteindre Charcamis sur l’Euphrate. Josias, roi de Juda, vint à sa rencontre pour l’arrêter au passage. Néchao, qui voulait conserver son armée intacte pour sa campagne contre Nabopolassar, envoya des messagers à Josias, pour lui dire que la guerre n’était pas dirigée contre le royaume de Juda et que Dieu le ferait périr s’il combattait contre l’Égypte. Josias n’écouta pas Néchao et lui livra bataille dans la plaine de Mageddo. Blessé par une flèche, Josias fut transporté sur un char à Jérusalem et y mourut, IV (II) Reg., xxm, 29; II Par., xxv, 20-24, Voir Josias, t. ni, col. 1683; Mageddo 1, t. iv, col. 559. Cf. Mageddo 3, col. 560.

Hérodote, n, 159, raconte brièvement cette campagne; il nomme la ville près de laquelle eut lieu la bataille, Magdotos, et mentionne ensuite la prise de Kadytis, ville dont le nom n’a pas encore été identifié. Après sa victoire, Néchao consacra son armure à Apollon Didyrnéen, dans le sanctuaire des Branchides, Néchao continua sa route vers l’Euphrate, IV (II) Reg., xxm, 29, puis revint vers le sud, sans avoir remporté aucun succès décisif en Mésopotamie.

Le roi d’Égypte entra alors à Jérusalem et s’empara de Joachaz, fils de Josias; il le retint prisonnier à Rébla, au pays d’Émath et imposa au royaume de Juda une amende de 100 talents d’argent et d’un talent d’or. II plaça ensuite sur le trône Éliakim, frère de Josias, à qui il donna le nom de Joakim et emmena Joachaz en Égypte. IV (II) Reg., xxm, 33-34; II Par., xxxvi, 3-4. Dans la quatrième année du règne de Joakim, Néchao qui s’était avancé de nouveau jusqu’à Charcamis près de l'Euphrate fut battu par Nabuchodonosor, fils de Nabopolassar, roi deBabylone. .1er., xlvi, 2-26. Nabuchodonosor poursuivit l’ennemi vaincu jusqu’à Peluse et s’empara de tout le pays situé entre l’Euphrate et la frontière d’Égypte où il fut arrêté par la nouvelle de la mort de son père. Néchao ne sortit plus de son royaume. IV (II) Reg., xxiv, 7-14. Voir Charcamis,- t. n, col. 584; Joachaz, 2, t. ni, col. 1549; Joakim 1, col. 155. Il mourut après un règne de seize ans.

Bibliographie. — Fr. Lenormant-E.Babelon, Histoire ancienne de l’Orient, 9e édition, Paris, 1882, t. n, p. 390- 396; G. Maspero, Histoire ancienne des peuples de l’Orient classique, t. ni, Paris, 1899, p. 513-518; F. Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, 0e édit., Paris, 1896, t. iv, p. 133-139; Flinders Petrie, A History of Egypt front the XIX to XXX Dynasty, in-8°, Londres, 1905, p. 335-339. E. Beurlier.

NÉCODA, nom du chef d’une famille nathinéenne et du chef d’une famille dont l’origine israélite ne put être établie.

1. NÉCODA (hébreu: Neqôda'; Septante: Nsxwoâ; Alexandrinus : Nsxtoôâv, dans I Esd., il, 48; NexcoSâ; Sinairicus : NexwSap., dans II Esd., vu, 50), chef d’une famille de Nathinéens qui retournèrent avec Zorobabel de Chaldée en Palestine. I Esd., n, 48; II Esd., i, vii,

2. NÉCODA (hébreu : Neqôda ; Septante: Ne/.coSà), chef éponyme d’une famille qui était revenue de la captivité de Babylone avec Zorobabel, mais qui ne put pas prouver son origine israélite. I Esd., n, 60; II Esd., vu, 62.

NÉCROMANCIE. Voir Évocation des morts, t. ii, col. 2128.

NEERLANDAISES (VERSIONS) DE LA BIBLE

NÉERLANDAISES (VERSIONS) DE LA BIBLE

— D’après une terminologie assez usitée et fondée du reste dans la nature des choses nous comprenons sous ce nom les versions flamandes et hollandaises. Ces deux branches du néerlandais, sorties d’une souche commune, sont restées toujours assez rapprochées l’une de l’autre, et de nos jours, nonobstant les frontières politiques, elles tendent visiblement à se rapprocher davantage; tandis qu’au contraire le bas allemand, qui autrefois se confondait à peu près avec le néerlandais, est lentement mais sûrement absorbé par le haut allemand, déjà nommé communément l’allemand tout court.

L’histoire des versions néerlandaises de la Bible se divise tout naturellement en quatre parties : 1° Il faut dire un mot sur les restes de versions anciennes dans les trois dialectes, dont la fusion a formé le néerlandais du moyen âge. — 2° Il y a l’époque exclusivement catholique, qui se termine à l’apparition de la première Bible protestante en 1523. — 3° L’époque de tâtonnements et de lutte, on pourrait dire : l’époque de confusion, qui aboutit pour les catholiques à la Bible de Moerentorf (1599), pour les protestants à la version officielle, appelée la Bible des États (Généraux), Statenbijbel (1637). — 4° L’époque de la domination de ces deux versions principales, époque qui, malgré bien des travaux postérieurs, ne semble pas encore définitivement terminée.

I. Premières, versions. — On a cru qu’il a existé dès le vme siècle, une version des Psaumes en dialecte frison. C’est que dans la Vita Ludgeri d’Altfrid ( Monumenta Germanise scrvptoruni, t. n, Hanovre. 1821, p. 412) on parle de Bernlef, ménestrel frison, qui après sa conversion chantait à ses compatriotes les Psaumes qu’il avait appris de saint Ludger. Voir W. Moll, Kerkgeschiedenis van Nederland vôôr de liervorming , Arnhem, 1864, t. i, p. 180, 371. Mais d’autres savants ont contesté la valeur historique du récit, et en tout cas, de cette version frisonne, rien n’est conservé. — De même il ne nous reste pas de version proprement dite dans le dialecte saxon. Pour le poème biblique, le Héliand, voir Versions allemandes, t. 1, col. 374. En 1894, le professeur K. Zangemeister a trouvé dans la Bibliothèque du Vatican trois fragments d’un poème du même genre et de la même époque, peutêtre du même auteur, dont le premier contient un dialogue entre Adam et Ève après la chute, le second a trait à Gen., iv, 9-vn, 4, le troisième à la destruction de Sodome. Gen., xviii, 1-xix, 26. Voir K. Zangemeister et W. Braune, Bruchstücke der altsâchsisclien Bibeldichtung , Heidelberg, 1894. — Dans le dialecte bas-franc on connaît des restes d’une version des Psaumes comprenant Ps. i, 1-m, 5; xviii; lui, 7-lxxiii, 9. Elle parait dater du commencement du dixième siècle. L'auteur est inconnu, mais il semble avoir vécu dans le Limbourg hollandais actuel ou dans les environs. Ces fragments ont été publiés par F. H. von der Hagen, Niederdeulsche Psalmen aus der Karolinger Zeit, Breslau, 1816 (Ps. lui, 7-lxxiii, 9); en entier par M. Heyne dans ses Kleinere altniederdeutsche Denkmaler , Paderborn, 1866; 2e édit. 1887. Comp. P. J. Cosijn, De oudnederlandsche Psalmen, dans le Taal- en lelterbode, t. ni. p. 25-48. 110-124, 257-270; t. iv, p. 149- 176, Harlem, 1872, 1873; A. Borgeld, De oudoostnederfrankische Psalmen : klank- en vormleer, Groningue, 1899. Ces fragments n'ont du reste qu'un intérêt philologique, la version comme telle étant très médiocre. 4oir .J. te Winkel, Geschiedenis der Nedcrlandsche letterkunde, Harlem, 1887, p. 49. — Il existe une autre série de fragments de Psaumes, trouvés à Paris par Gédéon Huet, et publiés dans la Bibliothèque de l’École des Charles, t. xlvi, 1885, p. 496-502, sous le titre : Fragments inédits de la traduction des cantiques du Psautier en vieux néerlandais. Mais ce titre n'est pas

exact : le dialecte n’est pas le bas franc mais plutôt le franc moyen ou rhénan. Voir J. II. Gallée, dans le Tÿdschrift van de Maatschappÿ van N ederlandsche Letterkunde, t. v, Leyde, 1885, p. 274-289. Les deux séries de fragments sont traitées par W. van Helten dans Die altostniederfrànkischen Psalmen fragmente, die Lipsius’schen Glossen, und die altsüdmittelfr ânkischen Psalmen fragmente. . . I. Teil, Texte, Glossen und Indices, Groningue, 1902.

IL Versions de 1300-1522. — Les précurseurs des versions proprement dites étaient les bibles historiales. La plus ancienne, la « Bible rimèe », Rijmbÿbel, de Jacob van Maerlant (1271), publiée à Bruxelles par J. David en 1858, n’est guère qu’une imitation assez libre en vers de 1 ’Historia scholastica de Pierre Comestor. Les ouvrages en prose qui l’ont suivie se rapprochent davantage du texte biblique. Le premier, composé en 1358, est l’œuvre d’un auteur inconnu. Certains détails lexicographiques ont fait penser à une origine hollandaise. Voir P. Leendertz dans De Navorscher, 1861, p. 343; S. S. Hoogstra, Proza-bewerkingen van liet leven van Alexander den Groote in het middelnederlandsch, La Haye, 1898, p. xxxm sq. Bette première Bible historiale est conservée dans six manuscrits. VoirC. II. Ebbinge Wubben, Over middelnederlandsche vertalingen van liet Onde Testament, La Haye, 1903, p. 3. Peut-être l’auteur s’est servi de la « Bible rimée », en la corrigeant par endroits d’après VHistoire scolastique, mais sa source principale étaient les Livres Saints eux-mêmes, qu’il traduisait correctement et avec une certaine liberté. Tout en voulant donner une histoire continue, il reproduit en entier ou à peu près le Pentateuque, Josué, les Juges, Ruth, les quatre livres des Rois, Tobie, Daniel, Judith, Esdras, Esther, et les livres desMachabées. Pour compléter son histoire il y introduit quelques récits de source profane. Le petit nombre de manuscrits existants a fait penser que l’ouvrage n’a pas été répandu, ou plutôt qu’il a été supplanté de bonne heure par la seconde Bible historiale, dont nous possédons trente manuscrits complets ou partiels. Ici nous avons plutôt une version avec commentaires. Sous la rubrique texte ou texte de la Bible on donne la traduction des différentes péricopes d’après la Vulgate; sous le titre Scholastica ou Scholastica histôria on ajoute des développements ou des explications. En dehors des livres historiques de l’Ancien Testament il y a les Proverbes, l’Ecclésiaste, le Cantique, la Sagesse, l’Ecclésiastique, le livre de Job, et les parties historiques — « ce qui appartient à l’histoire courante », dit l’auteur — d’Ézéchiel et de Daniel. Dans certains manuscrits on trouve ajoutés soit les péricopes ecclésiastiques tirées de l’Ancien Testament, soit une harmonie des Évangiles et un abrégé des Actes, soit encore des livres bibliques d'une version différente : le Psautier, les Lamentations, le prophète Jonas. La version a le double mérite d’être très fidèle et d’être pleine de force et d’onction. LTn auteur allemand, VV. Walther, Die deutsclie Bibelïtberselntng im Miltelalter, Brunswick, 1889-1892, col. 650 sq., la préfère à tous les travaux contemporains du même genre en langue allemande. II est regrettable qu’on ignore le nom de l’auteur. II doit avoir écrit vers 1360, peut-être dans les environs d’Alost en Flandre. Un détail dans le prologue du Cantique nous fait croire qu’il appartenait au clergé régulier. H y raconte un fait qu’il dit tenir d’un homme de son ordre : enen man ...van onser ordenen. Dans Ebbinge Wubben, p. 88. Quelque temps plus tard, vers 1384, un autre traducteur, également inconnu, traduit en entier les livres d ’lsa'ie, de Jérémie avec les Lamentations, et très probablement celui d’Ézéchiel, quoique ce dernier ne se trouve dans aucun manuscrit connu.

La première Bible néerlandaise imprimée (Delft, 1477) reproduit le texte de la seconde Bible historiale, en

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supprimant les additions de source étrangère, et en ajoutant tous les autres livres de l’Ancien Testament excepté les Psaumes. Dès l'année suivante, elle était utilisée par l’éditeur de la Bible en bas-allemand de Quentel à Cologne. Voir Moll, dans les Verslagen en mededeelingen der koninkbjke Academie van Wetefischappen, II série, t. vu, Amsterdam, 1878, p. 294. Malheureusement la Bible de Délit de 1477 n’a été réimprimée qu’une seule fois, dans l 'Ancien Testament qui parut en 1525 (à Anvers?) chez Hans van Ruremunde. Ici le texte de Délit est revu sur la Vulgate, le Pentateuque est remplacé par une autre version, et les Psaumes sont ajoutés. Mais dans l’entretemps on avait fait un pas en arrière en publiant à Anvers, 1513, 1516, 1518 (deux fois), chez Glaes de Grave et Thomas van derNoot, la Bibel int Carte, « Bible abrégée. » C’était une édition de laseconde Bible historiale, plus ou moins corrigée. Isaac Le Long, Boekzaal der Nederduitsche Bijbels, Amsterdam, 1732, p. 406, la traite de « falsification catholique faite à dessein ». Les Protestants d’aujourd’hui sont plus modérés dans leurs jugements et reconnaissent que l’édition de 1518 était sérieusement corrigée. Mais décidément on avait tort de s’écarter du chemin frayé par les éditeurs de Delft. Voir H. van Druten, Geschiedenis der Nederlandsche Bijbelvertaling, Leyde-Rotterdam, 1895-1905, t. i, p. 322. — Les Psaumes aussi étaient alors traduits depuis longtemps. Une traduction rimée des- Psaumes pénitentiaux et quelques autres fragments, publiés par G. J. Meijer dans les Niemve Werken van de Maatschappÿ van Nederlandsche Letterkunde, t. v, Dordrecht, 1841, p. 187-240 (voir aussi Ebbinge Wubben, p. 204-209), semblent dater du commencement du xive siècle. Une version du Psautier complet a dû suivre bientôt, car ce livre parait avoir été le premier qui soit traduit en néerlandais. Il est même certain qu’il y a eu plusieurs versions indépendantes; mais sous ce rapport les textes dispersés dans une soixantaine de manuscrits sont encore loin d’avoir livré tous leurs secrets. Dans quatre manuscrits le texte est enrichi de gloses. Toutes ces versions suivent la Vulgate, mais un des traducteurs, probablement le premier, parait s’être servi aussi d’une version française. Historiquement on connaît comme traducteurs et glossateurs : Geert Groote, le célèbre fondateur des Frères de la vie commune, -j- 1384, et Jean Scutken, membre éminent de la même confrérie, f 1423. On est porté à leur attribuer la recension, ou plutôt la version la plus remarquable, dont Van Druten ne connut que le seul manuscrit 235 de la Maatschappfj van Nederlandsche Letterkunde à Leyde, mais qui de fait se retrouve dans plus de vingt autres] manuscrits. Voir Ebbinge Wubben, p. 175. Quant à ce Psautier Walther, Die deutsclie Bibelübersetzung..., col. 700, renchérit encore sur les éloges faits à la Bible historiale de 1360. Aussi c’est cette version seule qui a été propagée par la presse. Elle a eu au moins dix éditions entre 1480 et 1509. Voir Van Druten, Geschiedenis, t. i, p. 38-40. — Le Cantique était également très goûté dans les cercles pieux du xive et du xve siècle. Il en existe plusieurs versions, encore trop peu connues, dans environ 45 manuscrits, dont plus de trente ajoutent de longs commentaires.

Quanl au Nouveau Testament, c’est la partie principale historique, la vie de Notre-Seigneur, qui a été la première à se répandre en langue néerlandaise. Après la Bible rimée de Van Maerlant il y en a deux autres de forme poétique : une de Jean Boendale (1325-1330), dans le livre : Der Leken Spiegliel, le miroir des laïques, publiée à Leyde en 1845 par M. de Vries, et une autre, d’un auteur inconnu de la même époque, mais d’une valeur poétique supérieure : Van den lepene ons Heren, publiée par I’. .1. Vermeulen à Utrecht en 1843. Line Vie de Jésus en prose de 1332 a été éditée à Groningue en

1835 par G. J. Meijer; comp. quelques fragments, publiés par J. J.Nieuwenhuysen dans la Dietsche Warande, t. m, Amsterdam. 1857, p. 239-241 ; et l’édition de J. Bergsma dans la BibliotheekvanMiddelnederlandsche letterkunde, Groningue, 1895-1898. Il en existe plusieurs autres en manuscrit, qui sont toutes des imitations des Vies de Notre-Seigneur de saint Bonaventure et de Ludolphe de Saxe. Voir Moll, Johannes Brugman, Amsterdam, 1854, t. U, c. i et Appendices; les registres des sources de J. Verdam, Middelnederlandsch woorclenboek, La Haye, 1885 sq. (encore inachevé); L. D. Petit, Bibliographie van M îddelnederlandsche taal-en letlerkunde, Leyde, 1888. L’usage général qu’on faisait de ces Vies de Jésus-Christ et de certaines harmonies des Évangiles, explique le fait, à première vue assez étrange, que toutes les Épîtres du Nouveau Testament, les Actes des Apôtres et même l’Apocalypse ont été traduits en néerlandais (vers 1360) avant les Évangiles. Néanmoins ceuxci étaient déjà traduits avant l’année 1391. Van Druten connaissait quarante-trois manuscrits complets ou partiels du Nouveau Testament, et la liste est évidemment encore incomplète. Voir C. G. N. de Vooys, Jets over micldeleeuivse Bÿbelvertalingen dans le Theologisch Tÿdsclirift, 1903, p. 113, 114. Mais le Nouveau Testament ne semble pas avoir été répandu par la presse avant le commencement du xvie siècle. Alors parurent les Actes et l’Apocalypse à Leyde chez Jean Severse (1512?), et à Anvers chez Claes de Grave — et le Nouveau Testament en entier en 1518 à Delft et à Kampen. Voir Le Long, Boekzaal, p. 503. Aussi les premières éditions de Jacques van Liesveldt à Anvers, qui publia les Évangiles en 1522, les Épîtres de saint Paul, probablement en 1523, et peu après les Épîtres catholiques, reproduisirent encore la version ancienne avec quelques modifications d’après la Vulgate. — Au contraire. les Epistolaîres et Evangéliaires, collections de toutes les péricopes ecclésiastiques de l’année liturgique, ne sont représentés que par d’assez rares manuscrits. Van Druten n’en cite que quatre, dont un de 1348. De Vooys, p. 148, en connaît cinq (ou sept?) autres. Mais dès le xve siècle, les éditions imprimées étaient nombreuses : on en connaît d’Utrecht (1478), de Délit (1481, 1484), de Cologne (1482), de Harlem (1486), de Zwolle (1487,1488, 1490), de Leyde (1488), de Déventer (1493, 1496), d’Anvers (1496), etc. Une version ancienne de F Apocalypse est publiée par O. Behagel dans la Zeitschrift für deutsclies Alterthum, t. xxn, Berlin, 1877, p. 97-142. Remarquons en terminant cette partie que toutes les versions de cette époque sont évidemment des versions catholiques. C’est à tort que L. Keller, Die Deformation und die àlteren Beforniationsparteien, 1885, p. 256, en défendant sa fausse hypothèse de l’origine vaudoise de la première version allemande du Nouveau Testament, a cru découvrir des « corrections catholiques » dans un manuscrit néerlandais, originaire de Zwolle. Voir Van Druten, Geschiedenis , t. i, p. 224-244. Aussi, jusqu’ici, il n’y a aucune trace d’intervention de la part de l’autorité ecclésiastique ou civile.

III. Troisième époque. — Ici s’ouvre une époque d’activité remarquable, de luttes et de confusion. On y trouve bon nombre de versions, de corrections et d’éditions catholiques et protestantes, et plusieurs autres d’origine hybride ou de tendance douteuse, fruits d’un certain esprit de conciliation, ou plus souvent de spéculation purement mercantile. H est douteux, 'par exemple, de quel côté il faut ranger la traduction du Nouveau Testament, d’après la troisième édition de la version latine d’Erasme (1522), qui parut à Delft en 1524- chez Corneille Heynrickz, et qui semble avoir eu une dizaine d’éditions, en partie revues de nouveau sur la Vulgate. C’est le cas du moins de l’édition donnée en 1527 par Michel Hillen van Hoogstraten à Anvers. Lin travail antérieur, basé sur le texte d’Érasme, l’Évangile

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de saint Matthieu, traduit par Jean Pelt, et imprimé à Amsterdam chez Doen Pietersoen, probablement en 1522, avait été proscrit comme hétérodoxe par un placard de Charles-Quint, daté du 23 mars 1524. Guillaume Vorsterman publia à Anvers six éditions de la Bible complète in-folio (1528, 1532, 1533, 1544, 1545, 1546), six autres du Nouveau Testament (1528, 1529, 1530 deux fois, 1531, 1534) et une de l’Ancien Testament (1543). Il avait pris pour base l’édition de Van Liesveldt (Anvers, 1526), qui suivait la traduction allemande de Luther, pour autant qu’elle avait déjà paru, mais il l’avait fait corriger avec soin par des savants catholiques de Louvain. Néanmoins, plusieurs de ces éditions, soit de la Bible entière soit du Nouveau Testament, ont été frappées de condamnation, parce que les typographes, par incurie ou par mauvais vouloir, avaient négligé les corrections, en suivant de trop près l’édition de Van Liesveldt. Du reste les presses catholiques d’Anvers n’avaient plus de repos. Nous connaissons deux éditions catholiques du Nouveau Testament de Michel Ilillen van Hoogstraten (1530, 1533), trois autres de Matthieu Crom (1538. 1539, 1541), cinq de Henri Peters van Middelburg (1541, 1542, 1544, 1546, 1548), deux de sa veuve (1553, 1556), et deux de Jean van Loe (1546, 1548?). Ajoutons la double édition, in-f° et in-8°, de Corneille Ileynrickz à Delft (1533), celles de Pierre Warneson à Karnpen (1543) et de Jean van Remunde à Zwolle (1546) — les Psaumes de Heynrickz (1534) et la Bible complète in-folio de Henri Peters van Middelburg (1535). Une autre édition du même imprimeur, celle de 1541, a été condamnée : c’était probablement une reproduction d’une desBibles de Vorsterman. Même en pays allemand, à Cologne, se publia en 1548 chez Jasper van Gennep une nouvelle version néerlandaise de la Bible entière, ouvrage d’Alexandre Blanckart, O. C. Les passages qui ailleurs avaient donné lieu à des condamnations étaient soigneusement rendus conformes à l'édition de la Vulgate, que le Père Hentenius, O. P., venait de publier à Louvain (1547). Cependant l’ouvrage n’eut pas de succès. Dans la même année 1548 parut à Louvain chez Barthélemy van Grave une autre traduction de la Vulgate de Hentenius par Nicolas van Winghe. C’est cette version, qui supplanta chez les catholiques des Pays-Bas toutes les versions précédentes. Après au moins dix-sept éditions complètes et une cinquantaine d’éditions du Nouveau Testament, elle fut corrigée sur la Vulgate clémentine, et devint ainsi la célèbre « Bible de Moerentorf ». Depuis que cet imprimeur anversois en donna la première édition, en 1599, elle n’a cessé d’être reproduite en Belgique jusqu’au xixe siècle, avec des corrections purement orthographiques et grammaticales.

C’était encore à Anvers qu’avait paru en 1523, chez Adrien van Bergen, le premier Nouveau Testament protestant, c’est-à-dire dépendant de la version de Luther. Et depuis cette époque jusque vers la moitié du xvie siècle, presque chaque année vit paraître des éditions semblables, soit du Nouveau Testament, soit de la Bible entière. Surtout à Anvers où se publiaient vers le même temps des versions ayant plus ou moins une teinte de luthéranisme, en français, en espagnol, en anglais, en danois. Les éditeurs les plus connus sont Adrien van Bergen, Jean van Ghelen, Hans van Ruremunde, Martin de Iveyser, Christophe van Ruremunde, Govert van der Haghen, et surtout le fougueux Jacques van Liesveldt, qui, en 1545, paya de sa vie ses attaques incessantes contre le catholicisme. A Amsterdam travaillait pour la « Réforme » Doen Pietersoen, à Leyde Pierre Janszoon et Pierre Claessen, à Karnpen Étienne Joessen, à Déventer Dirk van Borne, tandis qu’à l’étranger des textes néerlandais semblables sortaient des presses d'Adam Pétri van Langendorff à Bâle, de Pierre Étienne à Genève, et de Hiero Fuchs à Cologne. H est vrai que dans ces divers textes la dose d’hérésie n’était pas

partout la même. Parfois on ajoutait en marge les variantes de la « Bible de Delft » ou d’autres éditions catholiques; parfois on mêlait au texte même de Luther des corrections de ce genre, tirées du texte d’Érasme ou des versions franchement catholiques, soit pour éviter les rigueurs de la justice, soit pour tromper des lecteurs catholiques, soit plutôt pour de simples raisons pratiques de libraire. Ce qui n’empêcha pas, du reste, que bon nombre de ces éditions ne fussent proscrites par l’autorité compétente, guidée le plus souvent par la Faculté théologique de Louvain. Voir Van Druten, Geschiedenis, t. ii, p. 370-437 ; Chr. Sepp, Verboden lectuur, Leyde, 1889, p. 67-70, 124, 192, 194. En face de cette confusion immense on comprend mieux que partout ailleurs la nécessité des mesures, prises par l’Église au Concile de Trente et depuis, pour assurer aux fidèles un seul texte latin authentique, et pour empêcher la lecture des traductions en langue vulgaire, non approuvées par l’autorité ecclésiastique.

II est vrai que dans la seconde moitié du xvt° siècle, parmi les protestants aussi la confusion allait en diminuant. Les diverses sectes, déjà constituées plus ou moins régulièrement, commençaient à publier des textes officiels pour leurs adeptes. Les luthériens avaient, au moins dès l’année 1558, une version, faite d’après la traduction en bas-allemand de Bugenhagen, et publiée à Embden. Là aussi était imprimée la Bible des Mennonites (1560), qui en somme n’était guère qu’une reproduction de là précédente, avec subdivision des chapitres en versets. L’Église « réformée » (calviniste), qui fut bientôt l’Église dominante en Hollande, avait elle aussi reçu des éditeurs mêmes de la Bible luthérienne sa Bibel in duyts (1556), et d’un autre éditeur (Gellius Ctematius — Gilles van den Erven) le Nouveau Testament de Jean LTtenhove (1556), un autre de Godefroi van Winghen (1559) et l’Ancien Testament du même traducteur (1562). Les Bibles luthérienne et mennonite ont été plusieurs fois revisées et réimprimées en Hollande, la première exclusivement d’après la version allemande de Luther. Une édition mennonite du Nouveau Testament, publiée en 1554 à Amsterdam par Matthieu .Jacobszoon, a pareillement été reproduite plusieurs fois. Les Calvinistes, tout en reconnaissant les défauts de la Bible de G. van Winghen, ne parvinrent, pendant plus d’un demi-siècle de pourparlers stériles, qu’à modifier leurs notes exégétiques. Ce n’est qu’en 1618 que le synode calviniste de Dordrecht résolut de faire élaborer une révision radicale d’après les textes originaux. Le travail ne commença qu’en 1628. Pour fixer la forme grammaticale de leur version, les auteurs composèrent d’abord une espèce de grammaire néerlandaise. Les livres protocanoniques de l’Ancien Testament étaient l’ouvrage de Baudart, Bogerman, Bucer et Thysius, et les livres deutérocanoniques et le Nouveau Testament celui de Hommius, Roland et Walaeus. A la traduction, qui ne manque pas de mérite, ils ajoutaient des introductions, des résumés de chapitres, et des notes marginales. Ainsi le fameux Statenbÿbel s’imprima à Leyde en 1636, mais la publication fut différée jusqu’après l’approbation des Étals-Généraux qui date du 29 juillet 1637. Cette même année vit encore deux autres éditions, à Amsterdam et à Gouda, et depuis elles se succédaient d’année en année. Une liste officielle de corrections j typographiques parut en 1655. Depuis environ un siècle et demi on s’est souvent appliqué à renouveler l’orthographe et les formes grammaticales, d’après les j changements survenus dans la langue, mais sans modi- [ fier le sens. Et après tout la langue retient encore beau- I coup de cette saveur antique qui semble faire les délices et l’édification des pieux calvinistes.

IV. Depuis la fin nu xvie siècle. — Depuis cette I époque, c’est la Bible de Moerentorf (ou Moretus) plusieurs fois réimprimée qui a dû suffire presque seule

NEERLANDAISES (VERSIONS) DE LA BIBLE

aux besoins des catholiques de langue néerlandaise. Le Nouveau Testament, publié en 1614 par F. Coster, S. J., n’est guère qu'une reproduction de ce texte, orthographiquement rajeunie et enrichie de nombreuses notes. Les travaux de Gilles de Witte (Nouveau Testament, 1696, 1697, etc. ; Psaumes, 1697, 1699, etc. ; Proverbes, Écclésiaste, Cantique, Sagesse, Ecclésiastique, 1702; Tobie, Judith, Esther, Job, 1708; Pentateuque, 1709; Bible complète, Utrecht, 1717), d’André van der Schuur (Évangiles, 1689; le reste du Nouveau Testament, 1698; le Nouveau Testament en entier, 1705, 1709, etc.; le Pentateuque, 1715; les livres historiques Josué-Rois, 1717 ; la Bible entière, complétée par II. van Rhijn, 1732), et de Philippe Laurent Yerhulst (Nouveau Testament, 1717, 1721) sont plutôt des versions jansénistes, faites sur la « Vulgate de Mous » et le « Nouveau Testament (français) de Mons ». Voir Van Druten, p. 633-665; M.F.

V. Goethals, Histoire des lettres, des sciences et des arts en Belgique, t. I, Bruxelles, 1840, p. 283, 295 sq.; J. A. van Beek, Lÿst van Boeken en Brochuren, uitgegeven in de Oud-Katholieke Kerk van Nederland, sedert 1700 tôt 1751, Rotterdam, 1893, p. 5, 7, 28, 36, 48, 61, 62, 96;

De Oud-Katholiek, 1895, p. 129-132; 1905, p. 117, 126, 134 sq. — Le Nouveau Testament de De Witte (Candidus) fut sévèrement jugé par H. Bukentop O. F. M. dans son Examen translations flandricæ N. T..., Louvain, 1698. Une version franchement catholique de l’Ancien Testament avec de savants commentaires latins est l’ouvrage des Pères franciscains Guillaume Smits et Pierre van Hove, 21 in-8°, Anvers, 1744-1777. Malheureusement elle est restée incomplète. Il y manque tous les Prophètes et les livres historiques Josué-Paralipomènes avec ceux des Machabées. A partir de ce temps, pendant près d’un siècle entier, nous ne trouvons que des versions des saints Évangiles ou de quelque livre isolé. Mais dès l’année 1859 ont paru simultanément deux versions du Nouveau Testament, avec des introductions et des notes : celles de l’avocat S. P. Lipman, juif converti, Bois-le-Duc, 1859-1866, et du professeur J. Th. Beelen, Louvain, 1859-1866. L’une et l'autre ont de grands mérites ; dans la première les introductions et les notes sont plus développées et contiennent plus d’érudition et de polémique contre l’exégèse protestante, mais elle j n’est pas achevée : les Épitres catholiques et l’Apoca- i lypse font défaut. Comme les deux branches du néer- i landais dans les derniers siècles se sont écartées davan- j tage, il convient de noter que la langue de Lipman est | le hollandais ou néerlandais du nord, tandis que Beelen, j hollandais d’origine, mais professeur à Louvain, a plutôt cherché un juste milieu entre le hollandais et le flamand (ou néerlandais du midi). Beelen donna encore les Psaumes et les livres sapientiaux. Voir Beelen, t. i, col. 1542, où il faudrait ajouter la traduction de la Sagesse (1881) et de l’Ecclésiastique (1882). Quelques années après sa mort plusieurs savants belges se sont réunis pour compléter son œuvre. Le fruit de ce travail est : Het Oude Testament in’t vlaamscli vertaald en uitgeleid door J. Th. Beelen, V. J. Coornaert, J. Corluy,

O. F. Dignant, P. Haghebaert, A. G. Vandeputte, 6 vol., Bruges, 1894-1896. Ici la langue est plutôt le flamand, — mais avec les livres de Beelen, ceux de Corluy, les Grands Prophètes, se rapprochent sensiblement du hollandais. Enfin une dernière traduction catholique de l’Ancien Testament, quoique à peu près achevée, est encore en cours de publication. Êlle parait depuis 1894 à Bois-le-Duc sous le titre : Biblia Sacra Veteris Testament!, dat is : De Ileilige Boeken van het Oude Verbond. Les auteurs sont les savants hollandais : H. J. Th. Brouwer, P. L. Dessens, Mgr. J. H. Drehmanns, Mgr. A. Jansen, J. M. van Oers, .J. Schets, D. A. W. II. Sloet, G. W. J. N. van Zinnicq Bergmann. Tout comme la précédente elle donne le texte de la Vulgate en regard et ajoute des introductions et des notes. Dans

la plupart des livres qui ont paru, les notes, sans être de moindre valeur réelle, sont parfois plus concises et d’une forme plus populaire que celles de la nouvelle version flamande, en évitant par exemple toute citation en langue étrangère. Ce n’est que dans les volumes les plus récents (les Juges de Sloet, les livres de Samuel et l’Ecclésiastique de Jansen) que les notes sont plus développées et de tournure plus savante. Là aussi une large part est faite à la critique textuelle, littéraire et historique. Voir sur ces deux versions récentes Van Rasteren, dans les Studiën op godsdienslig, wetenschappelijk en letterkundig gebied, t. xliii, 1994, p. 276-292; t. xlv, 1895, p. 208-214; t. xlvii, 1896, p. 107-112; t. l, 1898, p. 79-82; dans Biekorf, 1895, p. 95-104; et dans la Revue biblique, t. v, 1896, p. 119, 650; t. vi, 1897, p. 328; t. x, 1901, p. 326; L. d’Heere dans Biekorf, 1895, p. 49-53, 104-111. Sur la dernière : G. Wildeboer dans les Theologische Studiën, 1905, p. 164-172; J. van den Dries, dans De Katholiek, t. cxxvm, 1905, p. 261-275;

H. Coppieters dans la Revue biblique, nouv. série, t. in, 1906, p. 139-144. — Tout récemment enfin (décembre 1905) on vient d’annoncer une nouvelle traduction (avec notes) des Évangiles et des Actes — qui est encore sous presse.

Parmi les protestants néerlandais le Statenbijbel s’est maintenu en usage jusqu’à nos jours. Ce n’est pas à dire toutefois que des traductions plus récentes ont fait défaut. En passant sous silence celles d'un bon nombre de livres isolés, nous devons mentionner le Nouvean Testament de Hartsoeker, de la secte des Remontrants (1681), celui du médecin Rooleeuw, des Collégiants (1694), de Charles Catz (1701), de G. Vissering, pasteur mennonite (1854), de G. J. Vos (1895), et deux versions de la Bible entière, y compris les livres deutérocanoniques ; celle de Y. van Hamelsveldt (1800) et de J. II. van der Palm (1818-1830). La dernière a joui pendant quelque temps d'une grande popularité, due à son style de bon goût plutôt qu’à son exactitude scientifique. Pour le Nouveau Testament, il existe même, depuis 1868, une nouvelle traduction plus ou moins officielle de « l'Église réformée néerlandaise », qui comprend la grande majorité des protestants des Pays-Bas. C’est le a Synode général ■> de cette Église qui en 1848 prit la résolution de faire exécuter une nouvelle version de la Bible complète. Mais le plan n’a réussi que pour le Nouveau Testament, dont la « version synodale » parut vingt ans après. Les traducteurs, W. A. van Hengel, A. Kuenen, J. J. Prins et J. H. Seholten, étaient des critiques assez avancés. Mais pour une raison ou pour une autre ils déclaraient dans la Préface, que leurs introductions et leurs notes « s’abstiennent soigneusement de raisonnements dogmatiques et polémiques, et ne donnent aucune place à des jugements sur des recherches historiques ou critiques ». Néanmoins malgré cette prudente réserve, et malgré le caractère plus ou moins officiel de l’édition, il semble qu'elle est encore loin d’avoir supplanté chez le peuple le vieux Statenbijbel. Quant à l’Ancien Testament, le travail a été repris en mains, indépendamment du Synode, en 1885, par A. Kuenen, J. Hooykaas, W. H. Ivosters et II. Oort. Ils ont fini par publier (1897-1901) en deux forts volumes les seuls livres protocanoniques de l’A. T. avec introductions, notes et tables. En fait de critique textuelle — dont H. Oort a rendu compte dans l’opuscule Textus hebraici emendationes, quibus in V. T. neerlandice vertendo usi sunt A. Kuenen, etc., Leyde, 1900 — le travail n’est pas sans mérite. La version est d’un hollandais pur et correct, souvent même élégant. Les notes exégétiques sont assez sobres et succinctes, mais les j introductions, qui précèdent soit les livres entiers soif | des parties plus ou moins longues, sont en général très développées. 11 s’y étale une critique littéraire et historique d’un radicalisme outré. C’est la vulgarisation des

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hypothèses les plus osées sur l'histoire israélite. Il sera difficile de trouver dans les 2000 pages une seule phrase qui trahisse une main chrétienne. Aussi dans un prospectus l’éditeur a annoncé ce commentaire populaire suivi, « d’après les recherches scientifiques du dernier demi-siècle, » comme un travail « qui n’existe encore dans aucun autre pays ». Voir Van Kasteren, dans les Studiën.... t. lu, 1899, p. 163-167; t. lvi, 1901, p. 72- 75; dans la Revue biblique, t. x, 1901, p. 326-328.

On nous permettra de passer sous silence les quelques tentatives de versions juives, qui ne datent que du xixe siècle, et dont une seule, continuée par diverses mains (1826-1862), a fini par comprendre toute la Cible juive.

V. Bibliographie. — L’ouvrage classique sur les versions néerlandaises, déjà cité plus haut, a le long titre que voici : Boek-zaal der nederduitsche Bÿbels, geopent in een Historische V erliandeling van de Overzettinge der Heilige Schriftuure in de Nederduitsche Taale, sedert dezelve eerst wierdt ondernomen ; beneffens de Veranderingen, ivelke daar omirent door de Gereformeercle, Luthersche, Mennonieten en Roomscligesinde, van Ujd tôt tÿcl tôt nu toe gemaakt zijn. Met een omstanclig bericht, van meer dan Hondert Oucle Handschriften , van Bijbels en Bijbelsche Boeken des Ouden en Nieuwen Testaments, tôt op de Vindinge van de Druk- Konst ; als mede van meer dan duizent diergelÿke exemplaaren van verschillende Drukken, sedert de Vindinge der Druk-Konst tôt nu toe ; aile in de Nederduitsche Taale. Doormengt met Historische, Taalkunchge, Geeslelÿke en Wereldtlÿke Aanmerkingen en met een meenigle van heerlÿke en Egte Bewÿs-slukken gestaaft, daar van veele nooit liet liclit gezien hebben. Met veel naauwkeurigheid , moeite en kosten, sedertveele jaaren verzameld en beschreven, door Isaac Le Long, Amsterdam, 1732; Hoorn, 1764. Notons ensuite : H. Hinlopen, Historié van de Nederlandsche overzelting des Bijbels, Leyde, 1777; IL van Druten, Geschiedenis der Nederlandsche Bÿbelvertaling, Leyde-Rotterdam, 1895-1905. Van Druten voit dans son histoire la preuve « que Dieu a Voulu la Réforme », p. 174. Plus d’une fois cependant il n’hésite pas à ilétrir les préjugés et la partialité de Le Long. Voir sur l’ouvrage de Van Druten : C. G. N. de Vooys, article cité. Theologisch Tÿdsclirift, 1903, p. 111-158. Nous tenons de bonne source que l’auteur prépare une nouvelle édition. — Des détails sur les premières éditions imprimées de la Bible néerlandaise se trouvent dans J. I. Doedes, Geschiedenis van de eerste uitgaven der Schriften des Nieuwen Verbonds in de Nederlandsche taal 1522, 1523 ; Utrecht, 1872 ; P. C. van der Meersch, Recherches sur la vie et les travaux des imprimeurs belges et néerlandais, t. i (seul paru), Gand, 1856; G. Holtrop, Monuments typographiques des Pays-Bas au xve siècle, la Haye, 1868; 51. F. Campbell, Annales de la typographie néerlandaise au xvù siècle, avec quatre suppléments, La Haye, 1874-1800. Voir encore : J. G. de Hoop Scheffer, Geschiedenis der Kerkhervorming in Nederland van haar ontstaan tôt 1531, Amsterdam, 1873, p. 256-282; F. P. Lorreins, Notais over en tôt de geschiedenis der Nederlandsche Bijbelvertaling, dans Dietsclie Warande en Belfort, 1904, n. 7, p. 10-26. J. vax Kasteren.

NEFILIM, NEPH1LIM, dans la Vulgate : gigantes , Gen., vi, 4; monstra, de genere gigcmteo, Num., xm, 34(2 fois). Voir Géants, 1°, t. m, col. 135.

NEGEB, nom hébreu de la partie méridionale de la Palestine. Gen., xii, 9; xm, 1, 3; xxi, 1; xxiv, 62, etc. Il représente une contrée qui a ses limites, son caractère et son histoire.

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