‹ Dictionnaire de la Bible (volume 3)Chapitre 175 sur 389 · NERON · texte numérisé non relu

NERON

NESROCH

vicieux et les plus odieux que nous fasse connaître l’histoire fût le premier des persécuteurs de son Église.

Bientôt il n’épargna plus personne. Les riches furent mis à mort à cause de leurs richesses, les hommes les plus populaires, à cause de leur popularité, les plus honnêtes, à cause de leur vertu. Tacite, Ann., xv, 21. Même le voyage que la vanité et la soif des applaudissements lui fil faire en Grèce, en 66-67, n’interrompit pas les exécutions à Rome. Dion Cassius, lxiii, 12, 17. Saint Pierre et saint Paul furent au nombre des victimes. P. Allard, Histoire des persécutions, t. i, 1885, p. 73-77.

Line première tentative d’insurrection, en 65, contre Néron avait été étouffée dans le sang. Tacite, Ann., xv, 48-70. Quand le mouvement de révolte se propagea dans les provinces, quand Galba se prononça contre lui en Espagne, Néron fut impuissant à le réprimer. Après avoir formé les projets les plus contradictoires, il s’enfuit, déguisé, de Rome pour se réfugier dans la villa d’un de ses affranchis, et là il se donna la mort, sans courage, pour échapper à une fin plus ignominieuse. Suétone, Nero, 40-19. Il avait 31 ans (68). Ainsi périt le premier persécuteur de l’Église, primas omnium persecutus Dei servos, dit Lactance, De mort, pers., 2, t. vii, col. 196.

La terreur qu’il avait inspirée, la crainte que chacun éprouve de devenir sa victime étaient si vives qu’on ne put d’abord croire à une délivrance si désirée et à la réalité de sa mort. On s’imagina qu’elle était feinte, qu’il se cachait en un lieu inconnu ou qu’il s’était échappé chez les Parthes et qu’il allait revenir pour reprendre les rênes de l’empire. Il se trouva de faux Nérons qui tentèrent de profiter de la crédulité publique. Suétone, Nero, 57; Tacite, Hist., i, 2; ir, 8. Ces bruits se répandirent parmi les Juifs et les chrétiens. Orac. Sybill.,iv, 119, 137 sq. (d’origine juive et datés communément de l’an 80); on crut à sa résurrection, cf. ibid., v, 33, 91, 216, 363 (d’origine chrétienne), quand on ne put plus douter de sa mort, et l’on attendit son retour comme Antéchrist. Commodien, Carmen apologeticum, in fine, dans Pitra, Spicilegium Solesmense, 1852; Victorinus, Scholia in Apoc., x ni, 3, cf. 1, 11, t. v, cot. 338; Lactance, loc. cit. Cf. S. Augustin, De Civ. Dei, xx, 19, t. xli , col. 686.

Des critiques modernes prétendent retrouver ces fausses croyances populaires dans I Apocalypse. Ce livre repose d’après eux sur cette erreur de fait que Néron n’était point mort en l’an 68; il prédit un événement qui ne s’est jamais réalisé, car il annonce que Néron va reparaître et reprendre le gouvernement de l’empire. La preuve de ces assertions, c’est, entre autres, que Néron est désigné dans l’Apocalypse d’une façon très transparente. Le fameux nombre de la bête, le nombre 666, Apoc., xm, 18, calculé d’après la valeur des lettres hébraïques, donne icp pna = Nepwv Kcuo-ap = Néron César ou empereur. Voir Renan, L’ Antéchrist, p. 415- 417; N. Mangold, dans Frd. Bleek, Einleitung in das Neue Testament, 3e édit., Berlin, 1875, p. 715. Mais l’Apocalypse a été écrit en grec, non en hébreu, et les lettres doivent être comptées d’après leur valeur en grec; aussi aucun auteur ancien n’a vu Néron dans le chiffre 666. Pour rendre leur explication acceptable, les exégètes qui soutiennent cette opinion, sont obligés de faire composer l’Apocalypse en 69, plusieurs années avant la date que lui assignent les témoignages anciens. F. Vigouroux, Les Livres Saints et la critique rationaliste, 5e édit., t. v, p. 575-584. Voir Apocalypse, t. i, 746-748. Saint Jean dit formellement, Apoc., xvij, 8, que la bête 666 « a été., mais qu’elle n’est plus ». F. Vigouroux.

NERPRUN. Voir Rhamnus et Paliure.

NESIB (hébreu : Nesib; Septante : Na aiê; Alexandrinus : Nscn'ë), ville de la tribu de Juda, dans la Sé-

phélah, mentionnée entre Esna et Céila. On l’identifie généralement avec le Beit-Nasib actuel, au sud de Céilah. Eusèbe, dans YOnomasticon, édit., Larsow et Parthey, 1862, p. 300, place Nesib à neuf milles (que saint Jérôme, ibid., p. 301, corrige en sept milles) d’Éleuthéropolis. « La correction, dit V. Guérin, La Judée, t. m, p. 345, est justifiée par l’intervalle qui s’étend entre Bcit-Djibrin , l’ancienne Éleuthéropolis, et le Khirbet Aeit-Nesib. » Les ruines de Nesib sont sur le sommet d’une colline. On y voit un certain nombre de citernes, des tombeaux antiques, des magasins souterrains, un birkel ou piscine creusée dans le roc et des restes de constructions assez importantes, mais ces dernières postérieures à l’ère chrétienne. Voir Ed. Robinson, Biblical Besearches in Palestine, 1841, t. ii, p. 398; t. ni, p. 12-13; Porter, Handbook for travellers in Syria and Palestine, 1868, p. 265-266.

NESROCH (hébreu : Nisrôk; Septante, ’EaSp ’E(ï6 pcr.y, ’Acrapd/, Nacapcc/, Môaspa/; Josèphe, Ant. jud., édit. Didot, t. I, p. 369, ’Ap amr,), dieu adoré par Sennachérib et dans le temple duquel il fut tué par ses fils Adrammélech et (Nergal)-saréser. IV Reg., xix, 37. Ce nom n’a pas encore été retrouvé dans le panthéon assyrien ou babylonien. Les anciennes transcriptions croyaient pouvoir le placer parmi les douze grands dieux, J. Ménant, Annales des rois d’Assyrie, p. 203, 254, etc., et même le lire dans les inscriptions de Sennachérib, ibid., p. 233, 235; mais c’est une fausse lecture, que rien ne justifie, du nom de É-a, dieu de l’abîme et père de Mardouk. On ne peut donc présenter jusqu’ici que des conjectures. Parmi les noms des douze grands dieux, le dernier de ceux mentionnés par Assurbanipal, The Cuneiform Inscriptions of tlie Western Asia, t. v, pl. 1, lig. 17,43, etc., peut se transcrire Nuzku,

►H'cFIËT , une divinité solaire, devenue plus

tard, par une sorte d’assimilation avec Nabiu-Nébo, le patron des scribes : Sayce, Lectures on tlie origin and groivth of the Religion, p. 118-120, et assimilé d’autres fois à Nergal : P. Jensen, Mythen und Epos, p. 466, dans Eb. Schrader, Keilinscliri fiche Bibliothek, t. vi, part. I. Pour la lecture de l’idéogramme, voir The Cuneif. lnscr., t. n, pl. ii, col. ni, lig. 344. Mais, outre la divergence des formes Nuzku et Nesroch, il faut remarquer que le nom de cette divinité ne se trouve guère dans les textes de Sennachérib, dont les dieux protecteurs sont surtout Assur et Istar, auxquels il joint rarement Sin, Samas, Bel, Nabùet Nergal « ilani tiklia, les dieux à qui je me confie ». Prisme de Taylor, col. v, lignes 50-52; Schrader, Keilinsch. Bibliothek, t. ii, p. 106-107. Le dieu Assur étant la divinité éponyme de l’Assyrie, le protecteur spécial des monarques assyriens et l’instigateur de toutes leurs conquêtes, Eb. Schrader, abandonnant la transcription hébraïque et se déterminant d’après les multiples et variables transcriptions grecques, a cru pouvoir y reconnaître précisément ce nom d’Assur, tel qu’on le retrouve dans le nom même du fils de Sennachérib, Assur-ah-iddin, Asaraddon, mais complété par une désinence aku dont on ne voit pas bien ici le rôle, ’Ao-apjdyJ. — T. G. Pinches y voit, dans llaslings, A Dictionary of the Bible, t. m, p. 555, un composé du nom du dieu Assur et de celui du dieu lunaire Sin, qu’on retrouve comme élément initial du nom de Sennachérib ( Sin-ahi-irba , « que Sin multiplie ses frères») et qu’il faudrait lire en accadien Aku, Asur-Aku. Mais nulle part le dieu Sin n’est identifié au dieu Assur, et l’on ne trouve pas d’exemple d’un pareil composé dans l’onomastique assyrienne. — Aroir F. Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, 6e édit., t. iii, p.577; Schrader-Whithouse, The cuneiform inscriptions and the Üld Testament, 1888, t. ii, p. 13-14.

E. Pannier.

NETHUPH ATI

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