‹ Dictionnaire de la Bible (volume 3)Chapitre 181 sur 389 · NICOLAÏTES · texte numérisé non relu

NICOLAÏTES

des sanhédrites : « Serais-tu Galiléen, toi aussi? Scrute les Écritures, et tu verras que de la Galilée il ne sort pas de prophète. » Joa., vu, 52.

Nicodème, le docteur qui, Joa., m, 1, était venu d’abord auprès de Jésus pendant la nuit, réparait dans l’histoire évangélique, Joa., xix, 39, dès que le Christ eut expiré sur la croix; et on le voit s’occuper activement à l’ensevelissement de Jésus en compagnie de Joseph d’Arimathie. Nicodème avait apporté environ cent livres d’une composition de myrrhe et d’aloès pour l’embaumement : et tous les deux réunis prirent le corps de Jésus, et l’enveloppèrent de linceuls, avec les aromates, comme c’est la coutume d’ensevelir chez les Juifs. Joa., xix, 40.

Le reste de sa vie est très incertain. Il joue un rôle particulier dans la première partie d’un ancien écrit apocryphe, les Acta Pilali. Cf. Tischendorf, Evangelia apocrypha, p. 210-332; Conybeare, Studia biblica, t. iv, Oxford, 1896, p. 59-132. La deuxième partie de cet écrit apocryphe contient le récit grec de la descente du Christ aux enfers. Ces deux récits, en réalité indépendants, depuis le xvi° siècle ont été publiés sous le titre d’ Evangelium Nicodemi. Voir Évangiles apocryphes, Ire classe, t. il, col. 2116. Un document légendaire du Ve siècle relate que l’ancien sanhédrite Gamaliel apparut au prêtre Lucien et lui révéla qu’il s’était converti au christianisme avec son fils Abib et avec Nicodème. Celui-ci, en apprenant de la bouche du Sauveur la nécessité de renaître par le baptême, Joa., m, 2, se fit baptiser par les disciples de Jésus. Alors les Juifs lui ôtèrent sa charge de sanhédrite et le chassèrent de Jérusalem, parce qu’il croyait en Jésus-Christ. Ils l’eussent même fait mourir si Gamaliel n'eût intercédé en sa faveur. Gamaliel l’aurait recueilli chez lui jusqu’à la fin de ses jours, et l’aurait fait enterrer à côté de saint Étienne à Caphargamala distante de vingt milles de Jérusalem, où dans l’endroit indiqué par Gamaliel furent retrouvés ses restes mortels. Cf. Epistola Luciani ad omnem Ecclesiam, Patr. Lat., t. xn, col. 807. — On ne connait pas l’époque de sa mort. Le martyrologe romain mentionne l’invention de ses reliques avec celles de saint Étienne, de Gamaliel etd’Abibon au 3 août. Cf. Acta Sanctorum , augusti t. i, p. 199. Les Menologes grecs et le Ménologe de Sirlet au contraire en font mention le 15 septembre. Cf. Acta Sanctorum, septembris t. v, p. 5. — LTne légende chrétienne nous représente Nicodème comme sculpteur. On lui attribue le Volto Santo, très vénéré à Lucques, en Italie. Cf. Dobschütz, Christusbïlder, dans Texte und Untersuchung ., 1899, p. 280 et suiv.

On a aussi essayé d’identifier Nicodème avec Bunai ou Nicodème Ben Gorion dont on parle fréquemment dans le Talmud, et qui vécut jusqu’à la destruction de Jérusalem; mais il n’y a pas de preuves suffisantes de cette identification. Cf. Lightfoot, Horæ Hebraicæ in Joa., m, 1 et suiv., Cambridge, 1658.

A. Molini.

2. NICODÈME < ÉVANGILE DE > ou Actes de Pilate. Voir Évangiles apocryphes, t. ii, col. 2116.

N1COLÂHTES (Grec : N r/.ciÀxïTcd ; Vulgate : Nicolaitæ), hérétiques dont saint Jean signale la présence et l’action à Ephèse et à Pergame. Apoc., h, 6, 15. A Éphèse, il y en a qui se disent apôtres et ne le sont pas ; leur mensonge a été constaté. L’ange de cette église a cela de bon qu'il déteste les actes des Nicolaïtes, odieux à Dieu même. A Pergame, il y a des sectateurs de Balaam, qui apprit aux fils d’Israël à manger les viandes idolâtriques et à commettre la fornication. Il y a aussi dans cette ville des sectateurs des Nicolaïtes. — 1° Il’après saint Irénée, Cont. hæres., i, 26, 3, t. vu, col. 687, le nom de ces hérétiques leur viendrait de Nicolas, l’un des sept diacres ordonnés par les Apôtres.

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