NICOLAS
concernant les viandes offertes aux idoles, par la prétention de ses chefs à se dire juifs et apôtres, par ses spéculations aventureuses et incompréhensibles que saint Jean appelle les profondeurs de Satan. Apoc., n, 24. La secte se perpétua assez longtemps après saint Jean, et sur son enseignement compliqué se greffèrent plus tard les absurdités du système ophite. Cf. Duchesne, Histoire ancienne de l'Eglise, Paris, 1906, t. i, p. 76-77-
H. Lesètre.
1. NICOLAS (grec : NixôXaoç, de v(v.ï) et Xaà; « vainqueur du peuple; » Vulgate : Nicolaus), un des sept diacres de la primitive Église, le dernier nommé dans la liste, à qui les Apôtres confièrent le soin des pauvres et des veuves de Jérusalem. Act., vi, 5. C’était un prosélyte d’Antioche, par conséquent d’origine païenne. Dans l’antiquité, plusieurs Pères ont vu en lui le chef de la secte des Nicolaïtes, d’autres au contraire ont fait son éloge. Voir Nicolaïtes. D’après saint Épiphane, Hær., i, 25, 1 , t. xli, col. 320, et le Pseudo-Dorothée, Patr. gr., t. xcii, col. 1062, n» 12, dans le Chronicon pascale. Nicolas était un des soixante-douze disciples. Le Pseudo- Dorothée le fait évêque de Samarie. Sa réputation n’a pas néanmoins été celle d’un saint, et ni l’Église grecque ni l’Église latine n’ont honoré d’un culte sa mémoire comme celle des autres premiers diacres. Les anciens Pères, ceux qui le condamnent comme ceux qui le défendent, sont d’accord pour reconnaître que sa femme fut la cause indirecte des griefs qu’on lui reprocha. Il avait une épouse fort belle, raconte saint Épiphane, Hær., i, 25, t. xli, col. 321, et il la quitta pour vivre dans la perfection, mais il la reprit plus tard et se plongea dans le désordre. L’évêque cypriote est appuyé sur ce point par saint Irénée, Cont. hær., i, 26, 3, t. vu, col. 687; Tertullien, De præscript., xlvi, t. ii, col. 63; l’auteur des Philosophumenæ, vu, 36, t. xvi, col. 3443; saint Hilaire, In Mattli., xxv, t. ix, col. 1053; saint Grégoire de Nysse, In Eunom., xi, t. xlv, col. 880; saint Philastre, De liær., xxxm, t. xii, col. 1148; saint Jérôme, Epist., cxlvii, ad Scibin., 4, t. xxii, col. 1108- 1109; Cassien, Coll, xvm, 16, t. xlix, col. 1120; saint Grégoire le Grand, Hom. xxxvm inEvang., 7, t. lxxvi. col. 1286.
Clément d’Alexandrie, qui est un témoin plus ancien que saint Épiphane, présente les faits sous un autre jour. D’après son récit, Strom., m, 4, t. vin, col. 1129, les Apôtres reprochèrent un jour à Nicolas d’être trop jaloux de sa femme. Pour se justifier, le diacre la fit venir et déclara publiquement qu’il permettait de l’épouser à quiconque la voudrait. Cette parole était inconsidérée et répréhensible, mais néanmoins Nicolas mena une vie chaste et ses fils et ses filles qui vécurent longtemps, gardèrent la virginité perpétuelle. Clément cite aussi une autre parole attribuée à Nicolas et dont les hérétiques firent mauvais usage. Il avait dit qu’il faut maltraiter la chair et en abuser, uapa-/pvjcrûat. Clément, Strom., n, 20, t. vin, col. 1061. Il entendait par là qu’il faut réprimer la concupiscence et mortifier la chair, mais les hérétiques qui usurpèrent son nom l’interprétèrent dans un mauvais sens. La version de Clément d’Alexandrie, favorable quant au fond au diacre Nicolas, a été acceptée par l’historien Eusèbe qui reproduit tout au long, H. E., m, 29, t. xx, col. 276, les paroles du docteur alexandrin, par Théodoret, Hæret. fab., m, 1, t. cxxxiii, col. 401. Cf. Victorin de Pettau, In Apoc., ii, 6, t. v, col. 321. Cf. aussi les épitres inters polées de saint Ignace, Ad Trait. , xi; ad Philad., vi, dans les Patres apostolici, édit. O. de Gebhart, etc., Leipzig, 1876, t. il, p. 192, 238; Cons Lit. apost., vi, 8, t. i, col. 928, et la note de Cotelier, ibid. Il résulte de tous ces témoignages que, d’après l’opinion des plus anciens écrivains ecclésiastiques, si la conduite de Nicolas n’a pas été blâmable, comme l’ont dit plusieurs d’entre eux, son langage avait du moins manqué de