NOBÉ (hébreu : Nûbah; Valicanus : Nâêai ; Alexan
drinus : NaëéÔ), ville située à l’est du Jourdain, et mentionnée dans une expédition de Gédéon contre les Madianites. Jud., vin. 11. On peut penser qu’elle est identique à Canath, aujourd’hui Qanauât, au pied du Bjébel-Hauran, appelée aussi Nobé. Num., xxxii, 42. Voir Canath, t. n, col. 121. Cependant, comme ce n’est pas certain, il est possible qu’on doive la chercher dans les montagnes de Galaad, de même que Jegbaa, El-Djubeiliat, avec laquelle elle est citée. Dans ce cas, son emplacement est inconnu. A. Legendre.
3. NOBÉ (hébreu : Nôbéh, I Reg., xxi, 1 ; xxii, 9 ; Nûb, I Reg., xxn, 11, 19 ; Septante : Codex Valicanus: Nopêot, I Reg., xxi, 1 ; xxii, 9, 19 ; Nop.p.â, I Reg., xxii, 11 ; Codex Alexandrinus : Noëâ, I Reg., xxi, 1 ; xxii, 9, 19 ; Noëâô, I Reg., xxii, 11), ville sacerdotale, où David, fuyant Saül, chercha un refuge près du grand-prêtre Achimélech. I Reg., xxi, 1. L’arche d'alliance y résidait alors ; et Achimélech, n’ayant pas d’autre pain à offrir au fugitif abattu, lui donna les pains de proposition, qui venaient d’être retirés du Sanctuaire ; il lui remit aussi l’épée de Goliath. Trahi par Doëg l’Iduméen, et cité devant Saül, il fut par ordre et en présence de ce roi jaloux, mis à mort avec les 85 prêtres qui l’accompagnaient. Nobé elle-même fut détruite, et les habitants furent passés au lil de l’épée. Seul Abiathar, l'un des fils d’Achimélech, échappa au massacre. I Reg., xxn, 9, 11, 19. Où se trouvait cette ville? L’Écriture ne le dit pas et son emplacement ne peut être que l'objet de conjectures. Cependant le nom est le même que celui de Nob, localité mentionnée par Isaïe, x, 32, entre Anathoth ÇAndta) et Jérusalem, et qu’on place sur le Scopus ou dans les environs. Voir Nob, col. 1654. D’autre part, Nobé ne devait pas être loin de Gabaa de Saül (Tell-el- Fûl), qui elle-même n’était pas éloignée de Nôb. David, fuyant de la cour de Saül, et prenant le chemin de Bethléhem, devait passer par Nob. Ces raisons semblent permettre d’identifier Nobé avec Nob. On se demande néanmoins si les prêtres vinrent jamais s’établir si près de la forteresse jébuséenne. — Saint Jérôme, Ep.ad Eustochium, t. xxn, col. 883, parle de Nobé comme étant dans le voisinage de Lydda (Diospolis). Elle correspondrait alors ou à Annabéli (l’ancienne Bethoannaba) au sud-est de Ludd, ou au village moderne de Beit Nuba plus éloigné de Ludd et à peu de distance de Ydlô (Aialon). Voir la carte de Dan, t. n, col. 1232. Le rapport onomastique peut-il à lui seul justifier cette opinion et oblige-t-il de chercher si loin la ville sacerdotale ? Nous ne savons. Cf. E. Robinson, Biblical Researches in Palestine, Londres, 1856, t. n, p. 254 ; t. ni, p. 145; V. Guérin, Judée, l. I, p. 286-290, 314-317; F. Buhl, Géographie des alten Palàstina, Leipzig, 1896, p. 198. Eusèbe et saint Jérôme, Onomastica sacra, Gœttingue, 1870, p. 142, 284, ont confondu cette ville avec une autre de même nom, du moins dans la Vulgate, et
dont il est question dans l’histoire de Gédéon. Jud., viii, 11. Celle-ci s’écrit en hébreu Nùbah avec un heth final, et se trouvait à Test du Jourdain. Voir Nobé 2.
A. Legendre.
NOB1LIBUS (Christophe de), théologien catholique italien, né à Milah, mort vers 1715. Il entra en 1659 dans Tordre des Augustins déchaussés, où il prononça ses vœux Tannée suivante. Homme d’une grande piété et d’une remarquable érudition, il passa sa vie dans l’étude de la philosophie et de la théologie, et en particulier des Livres Saints. Nous avons de lui plusieurs ouvrages, parmi lesquels : Uscula cælestia, s ■ explanatio in Cantica canticorum, in-4. Milan, 1677. — Voy. Philippi Argelati Bibliotheca scriplorum mediolanensium , in-f», Milan, 1745, t. n, col. 994. A. Regnier.
NOBILIUS FLAMINIUS, théologien italien, né vers 1530, mort à Lucques, en 1590, fut membre de la congrégation chargée par Sixte V de la révision de la Vulgate. A la demande du Pape, il recueillit tous les fragments de l’ancienne version Vulgate latine qu’il put trouver dans les Pères, les livres liturgiques, etc., et les publia en notes dans sa traduction des Septante parue in-f°, à Rome, en 1588, sous le titre de Vêtus Testamentum secundum LXX latine editum. Son travail a été depuis complété par Thomasius, Martianay, Bianchi, Sabatier, etc. Voir Latines (Versions), col. 101. Il avait donné un an auparavant, sur Tordre du même Sixte V, une édition des Septante : Vêtus Testamentum juxta LXX, in-f>, Rome, 1587. Ses Annotationes in Veteris Testamenti LXX Interprètes ont été insérées par Walton dans sa Polyglotte, t. vi, n. ix, p. 1-196.
NOCES (hébreu : hâtunnâh; Septante : yàpo:, vup.ipE'ja'i?; Vulgate : nupliæ, desponsatio), célébration solennelle du mariage (fig. 448).
I. Dans l’Ancien Testament. — 1° Chez les Hébreux, l’union des époux commençait par les fiançailles, qui donnaient à l’un et à l’autre tous les droits des époux mais n’étaient suivies de la célébration solennelle du mariage et de la cohabitation qu’au bout d’un an ou de plusieurs mois. Voir Fiançailles, t. ii, col. 2230. Sur la législation et les coutumes qui présidaient à l’union des époux, voir Mariage, col. 758. La célébration du mariage ne comportait aucune cérémonie religieuse. Elle s’accomplissait sous les yeux des parents et de témoins nombreux et était accompagnée de fêtes bruyantes et de festins. — 2° Quand Laban s’engagea à donner Rachel pour femme à Jacob, il réunit tous les gens du lieu et fit un festin. Puis il substitua frauduleusement Lia à Rachel, et Jacob ne s’aperçut de la tromperie que le lendemain matin. Gen., xxix, 21-25. — 3° Lorsque Samson voulut épouser une Philistine de Thammatha, son père l’accompagna dans cette ville pour la célébration des noces. On donna au jeune marié trente compagnons, selon la coutume du pays, et on fit des festins pendant sept jours. Samson proposa une énigme aux convives, et quand ceux-ci eurent obtenu la réponse, grâce à l’indiscrétion de l’épouse, Samson leur paya le prix convenu, mais aux dépens de leurs compatriotes. Jud., xiv, 10-19. On voit ici apparaître les compagnons spécialement désignés pour faire cortège à l’époux pendanl les fêtes nuptiales. On les retrouve à l’époque évangélique sous le nom de «fils de l’époux». Matth., ix, 15; Marc., n, 19. Sur les énigmes proposées aux convives, voir Énigme, t. n, col. 1807. — 4° On doit remarquer la manière dont agirent les Israélites pour empêcher l’extinction totale de la tribu de Benjamin. Comme ils avaient juré de ne pas accorder aux survivants leurs filles en mariage, ils conseillèrent aux Benjaminites de se cacher dans les vignes et de s’emparer eux-mêmes des jeunes filles de Silo, quand elles vien-
NOCES
draient pour danser en un jour de fête. C’est ce qui fut fait et personne ne réclama. Jud., xxi, 15-23. Peut-être faut-il voir dans cet événement l’origine de ce simulacre d'enlèvement de la fiancée, qui faisait parfois partie de la cérémonie des noces hébraïques. — 5° Il n’est rien raconté en détail des noces de Salomon avec la fille du pharaon d’Égypte. III Reg., ni, 1. Dans le Cantique des cantiques, ni, 11, les filles de Sion sont seulement invitées à voir Salomon avec la couronne que sa mère lui a donnée pour le jour de ses noces. Le Psaume xlv (xliv), 14-16, fait aussi allusion à l’entrée de l’épouse dans la maison du roi. Elle lui est amenée, vêtue d’habits brodés, et suivie de jeunes tilles ses compagnes. Des réjouissances les accueillent à leur arrivée. — 6° Pour la célébration du mariage du jeune Tobie avec Sara, fille de Raguel, celui-ci met la main de sa fille dans celle de Tobie et prononce cette bénédiction : « Que le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob soit avec vous, qu’il vous unisse lui-même et qu’il mette pour vous le comble à sa bénédiction. » Tob., vu, 15. C’est peut-être moins l’usage que les conditions particulières dans lesquelles se trouvait Sara, qui inspiraient cette formule de bénédiction. Elle émanait d’ailleurs du
nombre. C’est alors que Jonathas et ses hommes, sortant de leur embuscade, semèrent la mort dans le cortège et changèrent les noces en deuil. I Mach., ix, 36-41. — 9° Les noces du roi Alexandre Bala avec Cléopâtre, fille de Ptolémée Philométor, sont aussi mentionnées comme ayant été célébrées avec une grande magnificence, comme il convenait à la dignité des époux. I Mach., x, 58. — 10° On trouve dans la Sainte- Écriture quelques autres traits qui se rapportent à la célébration des noces. L’épouse se préparait à la cérémonie par un bain. Ruth, m, 3; Ezech., xxm, 40. Elle répandait sur elle des parfums. Cant., ni, 6. Un voile la recouvrait entièrement. Gen., xxiv, 65; xxxvm, 14. Elle s’ornait de bijoux, Is., xux, 18; lxi, 10, et mettait la ceinture que l’époux seul devait délier. .1er., n, 32. Celui-ci portait une couronne. Is., lxi, 10. Les chants et le son des instruments se faisaient entendre pendant la noce. Jer., vu, 34; xvi, 9. Les fiancés se juraient fidélité. Ezech., xvi, 8; Mal., ii, 14. La fête se continuait dans des festins, et le lendemain, si l’époux avait trouvé sa fiancée dans l’état où elle devait être, le mariage était définitif. Deut., xxn, 14-21.
IL Dans le Nouveau Testament. — 1° A Cana,
448. — Mariage grec antique. D’après J. H. Huddilston, Lessons from Greek Pottery, New-York, 1902, fig. 8.
père de famille. Il est ensuite question d’un écrit par lequel on dresse acte du mariage, (T-jyypaç-ij, conscriptio. Tob., vu, 16. D’après le code d’Hammurabi, art. 128, un mariage n’était valide qu’autant que les obligations de la femme avaient été fixées. Cf. Scheil, Textes élamites-sémitiques, Paris, 1902, p. 64. Peut-être quelque condition analogue était-elle en vigueur dans le pays qu’habitait Tobie, et nécessitait-elle un acte écrit. Des festins suivirent, d’abord le jour même, Tob., vu, 17, puis le lendemain, avec plus d’apparat et en compagnie des voisins et des amis. Tob., vu, 21, 22. Raguel fit alors un autre écrit pour assurer à Tobie la moitié de ses biens, quand lui-même et Anne, sa femme, ne seraient plus. Tob., vm, 24. Quinze jours après, leur parent Gabélus arriva; il appela de nouveau la bénédiction divine sur les jeunes époux et prit part à un nouveau festin de noces. Tob., ix, 8-12. — 7» Les noces d’Assuérus avec Esther furent célébrées par un festin offert aux princes et aux officiers et par des présents dignes de la magnificence royale. Esth., n, 18. — 8° Un cortège de noce est décrit à l’occasion d’une vengeance exercée par Jonathas, frère de Judas Machabée, contre les fils de Jambri, qui avaient tué traîtreusement son autre frère, Jean. Jonathas apprit que les fils de Jambri allaient célébrer une grande noce et amener de Médaba une fiancée, qui était la fille d’un des principaux chefs amorrhéens. .Jonathas et ses hommes se cachèrent, au jour dit, dans un repli de la montagne. Tout d’un coup, on entendit grand bruit; c’étaient les deux cortèges qui se rencontraient. L’époux, ses amis et ses frères arrivaient au-devant de la fiancée avec des tambourins, des instruments de musique et des présents en grand
Notre-Seigneur lui-même assiste à des noces. Saint Jean, n, 1-10, ne mentionne que le repas, sanctifié par la présence du divin Maître et honoré par l’accomplissement de son premier miracle. — 2" Plusieurs autres détails, se rapportant à la célébration des noces, sont rappelés dans l’Évangile. Pendant la durée des fiançailles, mais surtout pendant les jours qui précédaient immédiatement les noces, les fiancés ne communiquaient entre eux que par l’intermédiaire d’un ami, qui était en même temps l’organisateur de la fête, et dont le rôle ne se terminait que quand l’épouse était dans la demeure de son époux. Saint Jean-Baptiste se donne comme remplissant ce rôle. Il est l’« ami de l’époux », il l’a fait connaître à la nation sainte, que le Sauveur vient épouser, et il se tient pour satisfait maintenant qu’il entend l’époux parler à son épouse. Joa., ni, 29. Notre-Seigneur lui-même se présente comme époux. Ses Apôtres sont les « fils des noces », les « fils de l’époux », c’est-à-dire ceux qui font cortège à l’époux pendant les fêtes nuptiales. Ils sont de la fête; il ne convient donc pas qu’ils jeûnent et s’attristent. Matth., ix, 15; Marc., ii, 19; Luc., v, 34. Le temps des noces est ici celui pendant lequel Notre-Seigneur demeure au milieu des hommes, pour contracter son union avec eux. Profitant d’une occasion qui lui est offerte, le Sauveur donne en passant un avis utile à ceux qui sont conviés à des festins de noces : c’est de ne pas s’attribuer à eux-mêmes les premières places, mais d’attendre qu’on leur assigne celle qui leur convient. Luc., xiv, 8-10. Ces repas de noces se faisaient la nuit. Il était fort tard quand les conviés rentraient chez eux. C’était parfois à la seconde veille, vers minuit, ou même à la
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