NOIR
NOM
Voir Cilice, Deuil, t. n, col. 760, 1396. — Pour le surnom de Simon le Noir, voir Niger. H. Lesètre.
NOIX. — 1° Fruit du noyer (hébreu : ’ëgôz; Septante : yâpuov; Vulgate : nux). Voir Noyer. — 2° La Vulgate traduit aussi par nux, « noix, » Exod., xxv, 33, 31; xxxvn, 19, 20, le mot hébreu niesuqqâdim, qui signifie « fait en forme d’amandes » et se dit de l’ornement en forme de calice du chandelier d'or (Septante : xparîjp sç tv.zsTUTioq.vioi y.apoiVy.o'j; ; Vulgate : scyphi quasi in nucis modum). Voir Amande, t. i, col. 437, et Chandelier d’or, t. ii, col. 544.
NOM (hébreu; Sêm: chaldéen : sum; Septante : ovoga; Vulgate : nomen), mot qui sert à désigner une personne, un être ou un objet quelconque.
I. Noms divins. — 1° Les noms de Dieu. — Dieu, qui est désigné en hébreu par le nom général d’Elohim (voir t. ii, col. 1701), révéla à Moïse son nom particulier de Jéhovah ou Yahvéh. Exod., ni, 6-16 (voir t. iii, col. 1227). Il est appelé de différents autres noms, Adonaï (voir t. i, col. 223), El (voir t. ii, col. 1627) ; saddai, TCavToy.pâTwp, omnipotens, le Tout-Puissant, Gen., xvii, 1 ; Job, v, 17, etc. ; ’elyôn, ülucrcoç, altissimus, le Très- Haut, Gen., xiv, 18; Ps. vii, 18, etc. ; Dieu sebâ’ôt, Svvâpswv, virtutum ou exercituum, des armées, Ps. lxxx (lxxix), 15; Jer., v, 14, etc. ; qedôs Isrâ'êl, âytoç ’hyparf)., sanctus Israël, le Saint d’Israël, Is. , xlvii, 4; go'ëlênû, pü<7sa T|p.âç, redemptor noster, notre Rédempteur, Is., lxiii,16; ’Êl hag-gâdùl hag-gibbàr, 0so; ô giya; à i oyup 6;, fortissime, magne et potens, Dieu grand et fort. Jer., xxxii, 18, etc. — Le Fils de Dieu incarné est appelé Emmanuel, Is., vu, 14 (voir Emmanuel, t. n, col. 1732), Conseiller admirable, Dieu fort, Père éternel, Prince de la paix, Is.,ix, 6; Jésus, Matth., i, 21 ; Luc., i, 31 (voir t. iii, col. 1423); Messie, Verbe, etc. Voir t. iii, col. 1424-1427.
2° Le nom pris pour la personne. — Chez les Hébreux, le nom, étant toujours significatif, s’identifiait en quelque sorte avec celui qu’il désignait et s’employait comme synonyme. Dans un assez grand nombre de passages, le nom de Dieu est pris pour la personne même de Dieu. « J’envoie mon ange devant toi,... mon nom est en lui. » Exod., xxiii, 21. Jéhovah choisit une tribu pour y faire habiter son nom. Deut., xn, 5, 11, 21 ; xvi, 2, 6, 11. Le Temple est une demeure bâtie à son nom. II Reg., vii, 13; III Reg., v, 5; vin, 18, 19. « Là sera mon nom, » dit le Seigneur en parlant de cette demeure. III Reg., vin, 29; ix, 3. « C’est dans Jérusalem que je placerai mon nom. » IV Reg., xxi, 4, 7; II Esd., i, 9. « Que le nom du Dieu de Jacob te protège. » Ps. xx (xix), 2. « Le nom de Jéhovah vient de loin. » Is., xxx, 27, etc. Les Hébreux, d’ailleurs dociles aux prescriptions formelles de la loi, Exod., xx, 7 ; xxiii, 13; Deut., v, 11, avaient pour le nom de Dieu le même respect que pour sa personne. Pour ne pas manquer de révérence envers le nom de Jéhovah, ils le remplaçaient par celui d’Adonaï dans toutes les lectures publiques ou privées, sauf dans la bénédiction solennelle ,que le prêtre donnait dans le Temple. Voir Adonaï, t. i, col. 223; Sota, 7; Joma, 6; Iken, Antiquitales hebraicæ, Rrèrne, 1741, p. 280, 290; Schürer, Geschiclite des Judischen Volkes in Zeit.J.-C., Leipzig, t. il, 1898, p. 297, 458. Les Samaritains professaient le même respect pour le nom sacré, et il est possible que le mot Asimah, dont on a fait le nom d'une idole d’Érnath (voir t. i, col. 1097), ne représente autre chose que l’hébreu has-sêm, « le nom, » c’est-à-dire Jéhovah lui-même, honoré d’ailleurs avec d’autres dieux par les habitants importés dans la Samarie. IV Reg., xvii, 30-33. Voir Samaritains. Les livres des rabbins emploient souvent le mot « nom » au lieu de dire « Dieu ». Cf. Sanhédrin, 56 a; Scliebuot, 36 a; Drach, Harmonie entre l’Église et la. Synagogue, Paris, 1884,
t. i, p. 408-410. Ils attribuaient à Dieu trois autres noms mystérieux, un de douze lettres, un de quarante-deux et un de soixante-douze. Cf. Kidduschïn, 91 a; Vayikra Rabba, 23 ; Debarim Rabba, 1. Abenezra a composé un Séfer has-èêm , « livre du nom, «sur le nom de Jéhovah. Voir t, i, col. 35.
3° Perfections du nom de Dieu. — Le nom de Dieu est saint, Ps. cxi (ex), 9, grand et terrible, Mal., i, 11, 14, incommunicable, c’est-à-dire ne pouvant convenir qu’à Dieu lui-même. Sap., xiv, 21. Le nom de Dieu est puissant. C’est au nom de Dieu, c’est-à-dire avec l’autorité et la puissance de Dieu, que parlent et agissent ceux que Dieu envoie aux autres hommes. Deut., xvm, 19; Jos., ix, 9; I Reg., xvii, 45; Eccli., xxxvi, 17; xli, 14; Matth., vu, 22; Luc., xxiv, 47. Notre-Seigneur luimême ne vient et ne parle qu’au nom de son Père. Joa., v, 43; x, 25. Aussi, « béni celui qui vient au nom de Dieu. » Ps. cxviii (cxvii), 26 ; Matth., xxi, 9; xxiii, 39; Marc., xi. 10; Luc., xix, 38; Joa.,xn, 13.
4° Le nom de Jésus. — Le nom du Sauveur, « Jéhovah sauve, » participe à la sainteté et à la puissance du nom de Jéhovah. 11 est supérieur à tous les autres noms, Phil., n, 9, 10 ; Hébr., i, 4, et, par excellence, le nom qui procure le salut. Act., iv, 12; Rom., x, 13. Ce nom est prêché et manifesté. Marc., vi, 14. Croire au nom de Jésus, c’est adhérer à sa doctrine. Joa., i, 12; n, 23 ; m, 18; I Joa., ni, 23; v, 13. Pour obtenir la grâce, les disciples de Jésus s’assemblent en son nom, Matth., xvm, 20, et en son nom s’adressent au Père. Joa., xiv, 13; xv, 16; xvi, 23-26. Au nom de Jésus, les Apôtres et les ministres de l’Église agissent et prêchent, Act., iii, 16; iv,
10, 17; v, 18; opèrent des miracles, Marc., ix, 37, 38; xvi, 17; Luc., ix, 49; x, 17; Act., iii, 6; iv, 30; xvi, 18; baptisent, Act., n, 38; vin, 12, 16; x, 48; xix, 5; remettent les péchés, Act., x, 43; xxn, 16; I Cor., vi, 11; I Joa., n, 12, et administrent l’extrême-onction. Jacob., v, 14. H est nécessaire, méritoire et heureux de souffrir pour le nom de Jésus. Matth., xxiv, 9; Marc., xiii, 13; Luc., xxi, 17 ; Joa., xv, 21 ; Act., v, 41 ; ix, 16; I Pet., iv, 14.
5° Devoirs envers le nom de Dieu. — II faut jurer par le nom de Dieu, Deut., vi, 13; Jos., ix, 19, et non par celui des faux dieux, Exod., xxiii, 13; Jos., xxiii, 7; ne pas prendre ce saint nom en vain, Exod., xx, 7 ; Deut., v, 11 ; ne pas le souiller, Lev., xvm, 21; xix, 12; xx, 2; xxi, 6; xxii, 32; xxiv, 16. Voir Blasphème, t. i, col. 1806. Notre-Seigneur ordonne de demander que ce nom soit sanctifié, c’est-à-dire honoré et traité saintement par tous ceux qui le profèrent et se disent les enfants du Père qui est dans les deux. Matth., vi, 9; Luc., xi, 2. Le nom divin appelle le respect, Lev., xvm, 21; l’amour, Ps. v, 12; la louange, Exod., ix, 16; Ps. lxvi (lxv), 2; l’invocation, Gen., xiii, 4; xxi, 33; xxvi, 25; III Reg., xvm, 24; Judith, xvi, 2, etc.; la bénédiction, Tob., m, 13, 23; Job, i, 21 ; Ps. lxxii (lxxi), 17; xevi (xcv), 2; cxiii (cxn), 2; Eccli., xxxix, 41; Dan.,
11, 20, etc. L’expression de ces divers sentiments revient continuellement dans les Psaumes ; il est question du nom de Dieu jusqu’à cent cinq fois dans soixante-quatre Psaumes.
6° Protection qu’assure le nom de Dieu. — Dire que le nom du Seigneur est invoqué sur quelqu’un, Num., vi, 27; Deut., xxviii, 10; 11 Reg., VI, 2; 11 Par., VII, 14; Eccli., xxxvi, 14; Jer., xiv, 9; Bar., n, 15; Dan.,ix, 18; Am., ix, 12 ; Jacob., n, 7, etc., c’est dire que ce quelqu’un appartient à Dieu par un titre spécial, qu’il a par conséquent droit d’en recevoir aide et protection, comme l’épouse, par exemple, appartient à l’époux et doit être protégée par lui. Is., iv, 1. Cette situation privilégiée a été autrefois celle du peuple d’Israël, et est maintenant celle du peuple chrétien. « Nous avons le nom d'enfants de Dieu et nous le sommes. » 1 Joa., m, 1.