‹ Dictionnaire de la Bible (volume 3)Chapitre 22 sur 389 · MIROIR · texte numérisé non relu

MIROIR

MBROBR (h ébreu : mar'âh et re’i, de râ'âh, « voir, » gillâyôn; Septante : -/.àTotrrpov, opa<T.ç, in oirvpov ; Vulgate : spéculum), surface métallique suffisamment polie pour reproduire une image qu’on place vis-à-vis d’elle (lig. 293). — Dès le séjour des Hébreux au désert, il est

293. — Image se réfléchissant dans un miroir. Vase grec. D’après Ed. Gerhard, Antike Bildwerke, Stuttgart, 1827-1839, pl. uni.

question de miroirs. « Il fit la mer d’airain avec sa base au moyen des miroirs des femmes qui veillaient à la porte du Tabernacle. » Exod., xxxvm, 8. Cette veillée se faisait par dévotion. Cf. I Reg., n, 22. Il y avait là un usage que saint Cyrille d’Alexandrie, De adorai, in spir., ix, t. lxviii, col. 629, signale comme en vigueur chez les Égyptiens : « C’était une coutume, surtout chez les femmes égyptiennes, de se rendre aux temples vêtues de tuniques de lin, en portant, avec une attitude religieuse, un miroir à la main gauche et un sistre à la droite. » Les monuments égyptiens représentent fréquemment des miroirs métalliques. Cf. t. n, fig. 640, col. 2192; Wilkinson, Manners and customs of the ancient Egyptians, Londres, 1837, t. iii, p. 384; Erman, Aegypten und agyptisches Leben in Aller Ilium, Tubingue, 1885, p. 316, 399. On en a retrouvé un bon nombre, et spécialement, dans le sarcophage de la reine Hatespou, de la XVIIIe dynastie, vers le xve siècle avant J.-C., un miroir de bronze doré, à poignée en ébène garnie d’un lotus d’or ciselé (voir 1. 1, ilg. 623, col. 1944). Cf. Maspero, Histoire ancienne des peuples de l’Orient classique, Paris, t. il, 1897, p. 96. Ces miroirs étaient ordinairement ronds ou légèrement elliptiques (t. i, fig. 294). On ne les destinait pas à être fixés à une muraille ou à un meuble ; tous sont des miroirs à main, pourvus d’un manche sculpté de diverses façons ou orné de figurines. Les anciens n’ont connu que les miroirs en métal, en cuivre

(fig. 295), quelquefois doré, en alliage de cuivre et d’étain, ce qui donnait les meilleurs résultats, ou même en argent. Cf. Pline, H. N., xxxm, 45; xxxiv, 48. Les femmes

israélites avaient emporté des miroirs d’Égypte. Elles en firent le sacrifice pour fournir le cuivre nécessaire à la

295. — Miroir punique, en cuivre, trouvé dans un tombeau de Carthage, le 2 novembre 1904. Une partie du miroir n’ayant pas été oxydée, il réfléchit encore l’image placée devant lui. D'après un dessin de M. d’Anselme.

fabrication de la mer d’airain. — L’auteur du livre de Job, xxxvii, 18, dit que le ciel est comme re'i mûçâq, « un miroir fondu, » opauiç h tt^ûceooç, « vision de ce

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