OPHTALMIE
OPx
20. Les ophtalmies étaient fréquentes en Palestine par suite de la vivacité de la lumière, de la sécheresse du climat qui développait des poussières nuisibles, des mouches qui se posaient fréquemment autour des yeux et souvent du manque d’hygiène. Voir Aveugle, t. î, col. 1289; Mouche, t. iv, col. 1325. — Les animaux eux-mêmes sont atteints. Les yeux des onagres s’éteignent quand la sécheresse détruit la verdure. Jer., xiv, 6. — 3° D'autres ophtalmies sont attribuées à des causes morales, comme le chagrin, Job, xvn, 7 ; Ps. xxxi (xxx), 10; xxxvm (xxxvii), 11 ; lxxxviii (lxxxvii), 10; Lam., ji, 11, ou l’attente prolongée d’un bien qui ne vient pas. Ps. lxix, (lxviii), 4; cxix (cxvm), 82, 123; Is. , xxxvm, 14; Lam., iv, 17. — Sur les moyens de guérison de l’ophthalmie, voir Collvre, t. ii, col. 842.
H. Lesètre.
OPPROBRE (hébreu : hérpâh, ‘ érvâh , qâlôn; Septante : à.ay-i][i.ouiwYi, oveiSoç, ôvetSujp.ôç; Vulgate : opprobrium, turpitudo), ce qui cause une grave honte à quelqu’un. L’opprobre peut provenir de différentes causes.
1° L'indécence. — L’opprobre qui en résulte est caractérisé surtout par les mots ‘érvâh, “<JXYltt0<T'^Vïl, turpitudo. Gen., ix, 22,23; Exod., xx, 26; xxvm, 42; Lev., xviii, 6-18; xx, 17-21 ; Is., xlvii, 2, 3; Ezech., xvi, 37; I Reg., xx, 30; Apoc., xvi, 15; Rom., i, 27.
2° La stérilité. — A la naissance de son (ils Joseph, Rachel constate que Dieu lui a ôté son opprobre. Gen., xxx, 23. Elisabeth, mère de Jean-Raptiste, parle de même. Luc., I, 25. A l’époque du châtiment divin, sept femmes diront à un homme : Laisse-nous porter ton nom, ôte notre opprobre. Is., iv, 1.
3° L’humiliation. — A propos de la circoncision, Dieu dit à .Tosué qu’il a ôté à son peuple l'opprobre de l’Égypte. Jos., v, 9. Voir Circoncision, t. n, col. 776. Le défi de Goliath est un opprobre pour les Hébreux,
I Reg., xv:i, 26; David le fera disparaître. Eccli., xlvii, 4. Thamar est couverte d’opprobre par l’attentat de son frère Amnon. II Reg., xm, 13, Le Messie, pendant sa passion, sera l’opprobre des hommes et le rebut du peuple. Ps. xxii (xxi), 7. Saint Paul veut qu’un évêque soit considéré au dehors, afin de ne pas tomber dans l’opprobre. I Tim., m, 7.
4° La dé faite. — Naas l’Ammonite, croyant qu’il sera vainqueur, veut inlliger l’opprobre atout Israël. I Reg.,
xi, 2. Le roi de Dabylone emmènera les Égyptiens captifs pour leur honte. Is., xx, 4. Les Israélites qui veulent se réfugier en Égypte seront couverts d’opprobre. Jer., xlii, 18. Les Édornites de Bosra seront un jour un objet d’opprobre. Jer., xlix, 13.
5° Les vices. — L’opprobre est le châtiment de l’insensé, Prov., m, 35; du corrupteur, I’rov., vi, 33; de l’indocile, Prov., xm, 18; de celui qui fréquente les méchants, Prov., xviii, 3; xxii, 10; du menteur, Eccli., xx, 26; de la race des impies, Eccli., xli, 9, 10; du père qui ne surveille pas sa fille, Eccli., xlii, 11; du fabricant d’idoles. Bar., vi, 47, etc. Les méchants seront confondus dans un opprobre éternel. Jer., xxm, 40. Les morts se réveilleront un jour, les uns pour la vie éternelle, les autres pour l’opprobre éternel. Dan.,
xii, 2.
6° L'infidélité à Dieu. — Israël infidèle à Dieu, deviendra l’opprobre des nations. Jer., xxiv, 9; xxix, 18; xliv, 8; Ezech., v, 14, 15; xxii, 4; Mich., vi, 16; Soph., ni, 18; Judith, v, 18; vii, 16. Lesauteurs sacrés demandent la délivrance de cet opprobre qui les avilit aux yeux des nations. Ps. xliv (xijii), 14; lxxix (lxxviii), 4; Judith, iv, 10; Lam., v, 1; Jo., n, 17 19. Dieu exauce cette prière. Is., xxv, 8; liv, 4; Jer., xxxi, 19; Ezech., xxxiv, 29; xxxvi, 15, 30. Dieu a inlligé autrefois aux ennemis d’Israël une honte éternelle. Ps. lxxviii (lxxvii) , 86.
7» La fidélité à Dieu. — Elle attire l’opprobre surles bons de la part des méchants. Les amis de Job invoquent son opprobre pour le convaincre de crime. Job, xix, 5. Assez souvent, les Israélites fidèles subissent l’opprobre à cause de leur attachement à Dieu. Ps. lxix (lxviii), 8, 10; Jer., xv, 15; xx, 8; cf. vi, 10; Dan., m, 33; ix, 16; II Esd., 1, 3; 11, 17. Au temps des Machabées, les ennemis changent le sabbat en opprobre et souillent honteusement l’autel des holocaustes.
I Mach., 1, 41; IV, 45. Les premiers chrétiens furent aussi soumis à l’opprobre à cause de leur foi. Ileb., x, 33.
8° La méchanceté individuelle. — David subit l’opprobre de la part de Nabal. 1 Reg., xxv, 39. Le juste la souffre de la part de l'insensé. Ps. xxxix (xxxvm), 9; cix (cvm), 25; cxix (cxvm), 39. Il ne doit pas s’en effrayer, car il n’en sera pas toujours ainsi. Is., Li, 7; Lam., m, 30. Sobna a été l'opprobre de la maison de son maître. Is., xxii, 18. L’homme de bien ne jette pas l’opprobre sur son prochain. Ps. xv (xiv), 3.
H. Lesètre.
OR (Hébreu : zàhâb, harûs, kétém ; chaldéen : dehab; Septante : -/pucuov, xpvtrôç; Vulgate : aurum), métal précieux, d’une brillante couleur jaune, très ductile, inaltérale à l’air, et n’entrant en fusion qu’à une température de 1200°, supérieure à la température de fusion de l’argent et du cuivre. La Sainte Écriture mentionne l’or très souvent, à différents points de vue.
1. Origine et traitement de l’or. — 1° Les auteurs, sacrés assignent à l’or plusieurs lieux d’origine : Hevilath, Gen., 11, 11, voir t. m, col. 689; Ophir, III Reg., ix, 26-28; II Par., vm, 17, 18; III Reg., xxii, 49, voir col. 1829; Ophaz, Jer., x, 9, probablement identique à Ophir, voir col. 1827; Tharsis, Is., lx,9: Jer., x, 9, voir Tharsis; Parvaïm, II Par., m, 6, voir Parvaim ; l’Espagne, déjà désignée vraisemblablement par le nom de Tharsis, I Mach., vin, 3, voir Argent, t. 1, col. 945, 946; Espagne, t. 11, col. 1951. Dans Job, xxxvii, 22, il est dit que « l’or vient du septentrion ». Telle était, en effet, l’opinion des anciens. Cf. Hérodote, m, 116; Pline, H. N., vi, 11 ; xxxm, 4 ; Frd. Delitzsch, XVo lag das Paradies, Leipzig, 1881, p. 118. Les monts Altaï, « montagne d’or » en turc, dans l’Asie septentrionale, sur les limites de la Sibérie et de la Mongolie, passaient pour la région aurifère par excellence. Les mines de l’Altaï ont toujours été célèbres ; l’or y abonde dans les torrents qui se jettent dans l’Obi et le Jénisséï. « Veuxtu devenir riche, tourne-toi vers le nord, » disaient les; Talmudistes, Bathra, 25 b. Cf. Frz. Delitzsch, Das Buch lob, Leipzig, 1876, p. 489. L’or se trouve aussi assez abondamment dans l’Oural, qui, par rapport à la région palestinienne, est dans le nord.
2° L’or se présente sous trois aspects différents. —
1. Dans les gîtes particuliers, il apparaît en grains ou en cristaux au sein d’une gangue de quartz dont il faut le dégager par le broiement et ensuite la fonte. —
2. Dans les dépôts métallifères, il est disséminé sous forme de menus cristaux ou de parcelles infimes au milieu des filons d’argent, de cuivre ou de fer pyriteux. — 3. Enfin, dans les terrains d’alluvion et les sables de transport, qui fournissent la plus grande partie de l’or utilisé, le métal affecte la forme de paillettes, de grains ou même de masses plus volumineuses appelées pépites. Cf. de Montessus, L'industrie de l’or, dans la Revue des questions scientifiques, Bruxelles, janv. 1906, p. 73-114. L’or arrivait aux Hébreux dans un état de pureté plus ou moins défectueux. Il fallait l’épurer par coupellation, au moyen du creuset. Voir Creuset, t. 11, col. 1116. Cf. Job, xxvm, 1, 6. Cette opération devait être très usitée ; car les écrivains bibliques font de fréquentes allusions à l’épreuve du feu subie par l'or, comme symbole des épreuves imposées au juste par la Providence afin de le perfectionner. Job, xxiii,.
OR
10 ; Prov., xvn, 3 ; xxvn, 21 ; Sap., ni, 6 ; Eccli., ii, 5 ; Zach., xiii, 9; Mal., ni, 3; I Pet., i, 7.
3° L’oi' prenait différents noms, qui avaient été primitivement des qualificatifs, suivant l’état dans lequel il se présentait. Le zdhâb sâgûr, ou simplement le segôr, Job, xxvni, 15, est l’or pur, sans alliage, par opposition avec l’or à l’état vulgaire ou mélangé. Les versions traduisent ce mot par ypv'nov <7'JYXsx).EOTtA£vov, <t'jyx).eiotôv, v.aBapôv, aurum purissimum, purum, III Reg., vi, 20, 21 ; vu, 49, 50 ; x, 21 ; II Par., iv, 20, 22 ; ix, 20 ; et dans Job, xxvni, 15, par <TUYx^t<T[i.dv, «enfermé, » et obrizum. Les participes grecs empruntés au verbe «ruy xXsieiv,
« enfermer, » traduisent littéralement sâgûr , participe du verbe sâgar, « enfermer. » L’or serait par excellence la chose qu’on enferme, la chose précieuse, quand il est pur. Quant au mot obrizum, dans le Targum ’ôbrîzîn,
11 désigne en latin l’or qui a subi l’obrussa ou oëpuÇov, c’est-à-dire l’épuration. Cf. Pline, H. N., xxxm, 3, 9; Suétone, Ner., 44. — Le paz est l’or pur, et le zdhâb mûfaz l’or épuré, Soxtp.ov, fulvum nimis,mundissimum. III Reg., x, 18 ; II Par., ix, 17. Il est à remarquer que trois fois paz est rendu par zomxÇio v, topazus, Ps. cxix (cxvni), 127, ou par XtOoç -îp.ioç, lapis pretiosus, Ps. xx (xix), 11; Prov., vin, 19, à cause de la similitude des mots. — Le zâliàb sdhût, de sdhat, v frapper, » est l’or martelé, èXa-cv, « ductile, » purissimum, probatum. III Reg., x, 16, 17 ; II Par., ix, 15, 16.
4° L’or n’abondait pas en Chanaan à l’époque d’Abraham. Il n’est pas mentionné parmi les biens du patriarche. Quand celui-ci veut acquérir la caverne de Makpelah, il en donne le prix en argent. Gen., xxm, 15, 16. En Égypte, les descendants de Jacob se familiarisèrent avec la vue et aussi, à l’occasion, avec la manipulation industrielle de l’or. Les Égyptiens recevaient primitivement le précieux métal, dont le nom nub, se retrouve constamment sur leurs monuments, de l’Éthiopie septentrionale, appelée pour cette raison pays de Nub, c’est-à-dire de l’or, ou Nubie. Il y avait des fonctionnaires qui rapportaient de là le « minerai d’or », et qui portaient les titres de « surveillant de la maison de l’or » et d’ « intendant des pays de l’or ». Ce pays en effet renfermait les gisements aurifères les plus riches que l’Égypte ait connus. « L’or s’y trouve en pépites, dans des poches perdues au milieu du quartz blanc; il y est mêlé à des oxydes de fer et de titane dont les anciens n’ont point tiré parti. L’exploitation, commencée de temps immémorial par les Ouaouaiou qui habitaient la région, était des plus simples : on en rencontre partout la trace au liane des ravins. Les galeries s’enfoncent à cinquante ou soixante mètres de profondeur en suivant la direction naturelle des filons. Le quartz détaché, on en jetait les débris dans des mortiers de granit, on les pilait, on pulvérisait ensuite les débris sur des meules analogues à celles qu’on employait pour broyer le grain, on triait les résidus sur des tables en pierre, puis on lavait le reste dans des sébiles en bois de sycomore, jusqu’à ce que les paillettes se fussent déposées. » Maspero, Histoire ancienne des peuples de l’Orient classique, Paris, 1895, t. i, p. 480. Cf. Agatharchide, dans Miiller-Didot, Geographi Græci minores, 1. 1, p. 123-129; Diodore de Sicile, m, 12-11. Les Égyptiens n’avaient pas de colonies permanentes dans le pays de l’or ; mais, presque chaque année, un détachement de troupes allait chercher le mêlai recueilli depuis le voyage précédent. D’autres expéditions se rendaient au Pouanit, sur la côte sud-ouest de la mer Rouge. Là, « les indigènes récoltaient l'or dans les terrains d’alluvion que le Tacazzé, le Nil Bleu et ses aflluents arrosent. Leurs femmes s’occupaient à recueillir les pépites, qui sont souvent assez grosses ; elles les serraient dans de petits sachets en cuir, les échangeaient aux marchands contre les produits de l’industrie égyptienne, ou les livraient aux orfèvres pour en façonner des boucles d’oreilles,
des anneaux de nez, des bagues, des bracelets d’une facture assez fine. L’or se trouve associé à plusieurs autres métaux, dont on ne savait pas le séparer; le plus pur avait une teinte jaune clair qu’on estimait pardessus tout ; mais l’or allié à l’argent, dans la proportion de 80 p. 100, l’électrum, était encore recherché, et les ors grisâtres mêlés de platine servaient à fabriquer des bijoux communs. » Maspero, Histoire ancienne, t. i, p. 492; cf. Cailliaud, Voyage à Méroé, t. m, p. 16-19. Les rois d’Égypte employaient cet or pour le culte des dieux et pour la dotation de leurs serviteurs dévoués. Il n’est pas étonnant qu’après son voyage en Égypte, Abraham soit devenu riche en or. Gen., xm, 2. Les princes de la XIIe dynastie, ses contemporains, exploitaient depuis longtemps la Nubie et le Pouanit. L’exploitation avait d’ailleurs commencé dès la Ve et la VIe dynasties. Sous la XIXe, il y eut une recrudescence d’activité dans les mines voisines de la mer Rouge. Séti Ier envoya des ingénieurs pour renouveler l’exploitation. On lit dans une inscription d’un temple de la région, celui du bourg de Radésiéh : « Désormais nous pouvons cheminer en paix et atteindre vivants notre but ; maintenant que les sentiers difficiles sont ouverts et que la route est devenue bonne, on peut amener l’or, comme notre seigneur et maître nous l’a ordonné. » Cf. Chabas, Les inscriptions des mines d’or, in-4°, Chalon-sur-Saône, 1862, p. 5-6. Des plans reproduisaient l’état des mines. Sur l’un d’eux, qui constitue la plus ancienne carte qui nous soit parvenue (fig. 488), les terrains sont peints en rouge vif, les montagnes en ocre sombre, les chemins marqués de pas indiquant la direction, tandis que des légendes font connaître les noms locaux. Cf. Chabas, Les inscriptions des mines d’or, p. 30-32; Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, 6e édit., t.i, p. 472- 474; t. ii, p. 551-557.
5° Les Égyptiens surent de bonne heure traiter l’or par des procédés variés. On ne recourait directement à la fusion que quand les objets à obtenir n’avaient qu’un faible volume. Par le martelage, on exécutait les reliefs désirés et l’on fabriquait les plaques destinées à recouvrir différents ouvrages de bois. L’or se prête aisément à ces transformations, grâce à sa très grande ductilité et à sa faible dureté, inférieure à celles de l’argent et du cuivre. La nature des travaux importants exécutés au désert prouve que les ouvriers hébreux s’étaient initiés en Égypte à l’art de traiter l’or. « L’idée d’appliquer l’or et les métaux nobles sur le bronze, sur la pierre ou sur le bois, était déjà ancienne en Égypte, au temps de Khéops... Ils recouvraient d’or les portes des temples, le soubassement des murs, les bas-reliefs, les pyramidions d’obélisque, les obélisques entiers... C’étaient des lames forgées à grands coups de marteau sur l’enclume. Pour les objets de petite dimension, on se servait de pellicules, battues entre deux morceaux de parchemin. Le musée du Louvre possède un véritable livret de doreur, et les feuilles qu’il renferme sont aussi fines que celles des orfèvres allemands au siècle passé. On les fixait sur le bronze au moyen d’un mordant ammoniacal. S’il s’agissait de quelque statuette en bois, on commençait par coller une toile line ou par déposer une mince couche de plâtre, et l’on appliquait l’or ou l'argent par-dessus ce premier enduit... Le bronze et le bois doré ne suffisaient pas Joujours aux dieux : c’était de l’or massif qu’il leur fallait et on leur en donnait le plus possible... La quantité de métal ainsi consacrée au service de la divinité était considérable. Si on y trouvait beaucoup de figures hautes de quelques centimètres à peine, on en trouvait beaucoup aussi qui mesuraient trois coudées et plus. Il y en avait d’un seul métal, or ou argent; il y en avait qui étaient partie en or, partie en argent; il y en avait enfin qui se rapprochaient de la statuaire chryséléphanlinc des Grecs, et où l’or se combinait avec l’ivoire sculpté, avec l’ébène, avec les
OR
pierres précieuses. » Maspero, L'archéologie égyptienne, Paris, 1887, p. 296-299. En Egypte, on ne frappait ni monnaies ni médailles. L'or pris en butin était donc fondu en lingots ou employé à fabriquer de la vaisselle et des bijoux. Voir t. il, fig. 887, col. 1075, la coupe d’or donnée par Thothmès III à l’un de ses officiers, Arnenhotep III, avait reçu d’un gouverneur d’Ethiopie un surtout en or (fig. 489), en partie reproduit, t. ji, fig. 34, col. 91, et représentant la cueillette des dattes dans un bois de palmiers, avec des hommes conduisant deux girafes, d’autres qui implorent la pitié des soldats égyptiens et des prisonniers nègres. « La passion des métaux pré-
Exod., xxxii. 4. Il est probable que les deux termes sont intervertis et qu’il faut traduire : « Aaron façonna l'or au burin après avoir fait un veau à la fonte. » Les Septante traduisent : « Il les façonna au burin, ypaçioi, et en lit un veau fondu. » La Vulgate rend dilléremment le texte : « Il le façonna par un travail du fusion, opéré fusorio, et leur fit un veau de fonte, conflatilem. » Les versions syriaque et chaldaïque rendent le mot liérét, qui ne se retrouve plus que dans Isaïe, vin, 1, avec le sens de « stylet », par des mots qui signifient « forme », c'est-à-dire moule dans lequel on coule le métal en fusion. C’est le sens reproduit équivalemment
488. — Carte égyptienne des pays aurifères. D'après Chabas, Inscriptions des mines d'or, pl. n.
cieux était poussée si loin sous les Ramessides, qu’on ne se contenta plus de les employer au service de la table. Ramsès II et Ramsès III avaient des trônes en or, non point plaqués sur bois, mais massifs et garnis de pierreries. » Maspero. L’ archéologie égyptienne, p. 304.
6" Dès l’époque du désert, on voit les Hébreux utiliser l’or en plaque, zâhâh miq'sâh, « l’or tourné, » xope-jTÔv, ductile, pour la fabrication des chérubins de l’Arche, Lxod., xxv, 18; xxxvii, 7, et du candélabre d’or. Exod., xxv, 31, 36; xxxvii, 17, 22; Num., vin, 4. 11 est question de placages d’or à propos de l’Arche, Exod., xxv, 1 1 , 12; de la table des pains de proposition, Exod., xxv, 24, 28; des colonnes soutenant le rideau du Tabernacle, Exod., xxxvi, 38; des statues idolatriques. Is . , xxx, 22; XL, 19; Bar., vi, 23; 1 1 a b . , n, 19, etc. — Le premier travail exécuté par les ouvriers hébreux fut le veau d’or, pour la fabrication duquel les femmes et les enfants israélites sacrifièrent leurs boucles d’oreilles. On le façonna bahérét, « au burin, » et on fit un veau masséhdh, « fondu. »
par la Vulgate. Plus loin, Exod., xxxii, 20, il est dit que Moïse brûla le veau d’or, le broya pour le réduire en poudre et fit boire par les Israélites cette poudre mélangée à l’eau. C’était faire comprendre aux coupables que leur idole n’avait pas plus de valeur que le veau vivant qui sert de nourriture à l’homme. Pour expliquer que le veau d'or ait pu être réduit en poudre, plusieurs auteurs ont supposé qu’il était de bois plaqué d’or. Cf. Rosernmüller, In Exod., Leipzig, 1795, p. 627. Mais le texte se prête peu à cette explication, et d'ailleurs la difficulté se réduit à une question de plus ou de moins, puisqu’il fallut pulvériser le placage d'or de même façon que la figure entière. Cf. Deut., ix, 21. Il ne peut être ici question de calcination, ou traitement du métal par le feu au contact de l’air, ayant pour effet de l’oxyder et de le réduire en poudre; l’or est un des rares métaux qui résistent à cette opération. Guénée, Lettres de quelques Juifs, Paris, 1821, 11e édit., t. I, p. 304, oppose à Voltaire un procédé pour rendre l'or
18 il
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potable. Si on fait fondre dans un creuset trois parties de sel de tartre et deux parties de soufre, une partie -d’or se fond parfaitement dans ce mélange. Le composé ainsi obtenu peut être ensuite pulvérisé et dilué dans une eau qui devient rougeâtre, a mauvais goût, mais peut se boire. Le sel de tartre est un dépôt produit par le vin. Il est de toute évidence que ce procédé n’a pu être employé par Moïse au désert. Encore moins pouvait-il connaître l’eau régale, composée d’acide sulfurique et d’acide chlorhydrique et dissolvant l’or. Ces moyens chimiques étaient alors totalement inconnus. Il ne peut donc s’agir que d’une pulvérisation mécanique, ainsi que l’indique le verbe ’ ékot , « broyer » ■comme dans un mortier. Deut., ix, 21. Chacun sait que, par un battage suffisant, l’or peut être réduit en feuilles minces facilement réductibles en poussière. Au désert, ni les pierres dures, ni les bras, ni le temps ne manquaient pour amener à l’état de poussière le veau
c'est le Temple qui sanctifie l'or et, par conséquent, lui est supérieur. Matt.h., xxm, 16, 17. Isaïe, n, 7; lx, 17, avait prédit qu’à l’époque de la restauration, le pays serait rempli d’or et d’argent, ce qui doit s’entendre dans le sens spirituel. — 2° A la guerre, l’or constituait un butin que le vainqueur s'appropriait avec soin. La loi mosaïque avait prévu le cas; l’or, ainsi que les autres métaux pris à la guerre, devaient être passés par le feu pour pouvoir être gardés légitimement par les Israélites. Num., xxxi, 22, 26. Exception était faite pour l’or provenant, des idoles; il n’était pas permis de le conserver. Deut., vu, 25. L’or pris à Jéricho dut être consacré à Jéhovah, Jos., vi, 19, 24, sans doute comme prémices de la conquête du pays de Chanaan, et Achan paya de sa vie le détournement d’un lingot d’or qui l'avait tenté dans le butin. Jos., vu, 21. Après sa victoire sur les Madianites, Gédéon réclama pour sa part de butin les anneaux d'or pris sur l’ennemi, et il y en
489. — Surtout en or. Tombeau de Houi. D après Lepsius, üankmaler , Abth. III, Blatt. 118.
d’or, quel qu’ait été son volume. — Sur la valeur relative de l’or, voir Argent, t. i, col. 946.
IL L’or objet de possession et de conquête. — 1® L’or, que ses qualités rendent si précieux, a toujours été regardé par les hommes comme un élément de richesse, à raison de la possibilité qu’il ménage de pouvoir se procurer par l’échange toutes sortes d’objets utiles. Il est parlé de la richesse en or d’Abraham, Gen., xiii, 2; xxiv, 65; de Joseph, Gen., xliv, 8; des Israélites, s’ils restent fidèles à Dieu, Deut., viii, 13; Jos., xxii, 8; des princes en général, Job, ni, 15; des rois d’Israël, auxquels il est recommandé de n’avoir pas trop d’or, Deut., xvii, 17; de Salomon, Eccle., ii, 8, qui a amassé l’or comme l’étain, Eccli., xlvii, 20; d’Ezéchias, qui mit une vaine complaisance à montrer ses trésors, IV Reg., XX, 13; II Par., xxxii, 27; Is., x.xxix, 2; des rois de Tyr, Ezech., xxvm, 4, ville dans laquelle l’or est commun comme la boue des rues, Zach., ix, 3; cf. Is., xiii, 12; de Ptolémée, fils d’Abobus. I Mach., xvi, 11, etc. Il y avait beaucoup d’or dans le temple d’Élymaïde, I Mach., vi 1, et surtout dans le Temple de Jérusalem. II Mach., ni, 11. Les Juifs avaient tant d’estime pour cet or de leur sanctuaire que, d’après eux, le serment fait par cet or liait, tandis que le serment fait par le Temple lui-même ne comptait pas. Xotre-Seigneur leur fit honte en leur rappelant que
eut un poids de dix sept cents sicles. Gédéon employa cet or à se faire un éphod. Jud., vin, 24-27. A Rabbath, David s’empara de la couronne d’or du roi des Ammonites; elle pesait un talent. II Reg., xn, 30. Benadad, roi de Syrie, se promettait de mettre la main sur l’or et l’argent d’Achab, roi d’Israël; mais il fut vaincu par ce dernier. III Reg., xx, 3, 7. L’or se trouvait dans le butin laissé par les Syriens devant Samarie, IV Reg., vu, 8; dans le pillage que Joas, roi d’Israël, exerça à Jérusalem, IV Reg., xiv, 14; II Par., xxv, 24; dans le butin de Judith sur Holoferne, Judith, xv, 14; dans le pillage des idoles par les voleurs, Bar., vi, 57. Les prophètes annoncent que l’or sera pris ou convoité par Gog, Ezech., xxxvni, 13; par les ennemis de l’Égypte, Dan., xi, 8, 43; les Phéniciens et les Philistins, Jo., ni, 5; les conquérants de Ninive, Nah., ii, 9, et les Israélites triomphants de leurs voisins. Zach., xiv, 14. Antiochus s’empara de tout ce qu’il y avait d’or à Jérusalem. 1 Mach., t, 24. Judas enleva beaucoup d’or et d’argent aux troupes de Gorgias. I Mach., iv, 23. Lysimaque et Ménélas pillaient les vases d’or de Jérusalem. II Mach., iv, 69. — 3° D’autres fois, il fallait donner de l’or aux ennemis pour se débarrasser d’eux. Asa, roi de Juda, livre à Rénadad, roi de Syrie, tout ce qu’il y a d’or dans son palais et dans le Temple. III Reg., xv, 18, 19; II Par., xvi, 2, 3. Achaz agit de même pour se
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ménager les bonnes grâces de Téglathphalasar, roi d’Assyrie. IV Reg., xvi, 8. Ézéchias livre à Sennachérib une partie de son or et de celui du Temple. IV Reg., xvm, 14, 16. Joachaz est obligé de payer à Néchao, roi d’Égypte, une forte contribution d’or. IV Reg., xxm, 33, 35; II Par., xxxvi, 3. — 4° Une préoccupation contraire se manifeste en quelques rares circonstances. Les Gabaonites, au temps de David, assurent qu’ils ne disputent pas pour de l’or ou de l’argent, II Reg., xxi, 4; Isaïe, xiii, 17, dit que les Mèdes ne font pas cas de l'argent et ne convoitent pas l’or, pour signifier que Babylone, menacée par eux, ne pourra les éloigner en leur payant une rançon. — 5° Notre-Seigneur recommande à ses apôtres de ne prendre avec eux ni or ni argent, M.atth., x, 9, pour marquer que les richesses ne doivent pas compter parmi leurs moyens d’action. Saint Pierre n’avait ni or ni argent, Act., ht, 6, et saint Paul ne convoitait l’or de personne. Act., xx, 33.
III. L’or employé dans le culte mosaïque. — 1° « A moi est l'argent, à moi est l'or, dit Jéhovah des armées. » Agg., il, 9. 11 était donc naturel que l’or fût employé à son service, pour donner aux Hébreux une haute idée de son culte et leur montrer que la majesté de Jéhovah ne le cédait en rien à celle des dieux de l’Égypte et de la Chaldée. Suivant les prescriptions de Dieu même, Exod., xxv-xxx, l’or fut largement utilisé dans le mobilier sacré du Tabernacle. Les Israélites furent d’abord invités à en apporter dans ce but. Exod., xxxv, 5, 22. Béséléel fut rempli de l’esprit de Dieu pour le travailler, Exod., xxxv, 32, et les offrandes furent si abondantes qu’on fut obligé de les arrêter. Exod., xxxvi, 6. On lit en or le placage des planches et des traverses du Tabernacle et les anneaux des barres, Exod., xxxvi, 34, 36, 38; le revêtement intérieur et extérieur de l’Arche, toute sa garniture, le propitiatoire et les chérubins, le revêtement de la table des pains et tousses accessoires, le chandelier et ses ornements, le revêtement de l’autel des parfums et ses accessoires. Exod., xxxvii, 2-28. L’or employé à ces différents ouvrages se monta à vingtneuf talents et sept cent trente sicles. Exod., xxxvm, 24. Cette quantité représente, d’après une appréciation probable, 1243 kilogrammes 823 grammes d’or, qui vaudraient aujourd’hui 4284304 francs. D’après de Hummelauer, In Exod., Paris, 1897, p. 348, la valeur ne serait que de 3855 733 francs. L’or fut encore employé pour l’éphod du grand-prêtre, la ceinture, le pectoral et leurs accessoires, ainsi que la lame ou diadème. Exod., xxxix, 2-30. — Dans les temples idolâtriques de l’époque, l’or était employé avec une prodigalité bien plus grande encore. 11 est accumulé aujourd’hui dans les temples dé l’Inde, sous toutes sortes de formes, dans des proportions qui défient l’évaluation. Cf. P. Loti, L’Inde, Paris, s. d., p. 204-208, 430-432. Par son éclat et ses autres qualités, l’or symbolisait chez les Hébreux la lumière divine avec sa pureté et sa majesté; il était comme une image visible des attributs de Jéhovah. Cf. Bahr, Symbolik des mosaischen Quitus, Heidelberg, 1837, t. i, p. 256-261, 281-283. — 2° Dans le Temple de Salomon, des placages d’or à profusion ornaient la construction elle-même et son mobilier. III Reg., vi, 20-35. Iliram fabriqua en or l’autel des parfums, la table des pains, les chandeliers, les bassins et la plus grande partie des ustensiles. III Reg., vu, 48-50. David avait préparé les modèles de tous ces objets et laissé l’or nécessaire à leur fabrication. 1 Par., xxii, 14; xxvm, 14-18. 11 avait amassé dans ce but 100 000 talents d’or, somme qui représenterait aujourd’hui plus de 14 milliards. I Par., xxn, 14. Le chiffre a évidemment souffert dans les transcriptions. Une pareille quantité d’or est sans proportion avec les autres évaluations mentionnées à celte époque. Ainsi, sur son propre trésor, David avait donné pour le Temple 3 000 talents d’or, et les princes d’Israël 5 000 talents. I Par., xxix, 4, 7. La llolte
de Salomon ne rapporta d’Ophir la première fois que 420 talents d’or, et les autres années 666 talents. III Reg., ix, 28; x, 14. Plus tard, il est vrai, à en croire les historiens, Alexandre aurait trouvé à Ecbatane 120000 quintaux (12000000 de livres) d’or, à Persépolis 120000 talents d’or, 50000 à Suse, etc. Cf. Diodore de Sicile, xvi, 57; Quinte Curce, 5,6, 9; Pline,//. N., xxvn,
3. Mais il s’agissait là de cités appartenant à des empires qui avaient fait de nombreuses guerres de conquêtes. D’ailleurs, la valeur du talent d’or n’est pas déterminée avec une suffisante précision. II n’en est pas moins certain que le Temple de Salomon était extraordinairement riche en ustensiles, en meubles et en ornements d’or. — 3° Au retour de la captivité, les Israélites rapportèrent avec eux pour le temple 5400 objets d’or et d’argent. I Esd., I, 4. Les chefs de familles offrirent pour la construction 61 000 dariques d’or, soit plus de 1 800000 francs. I Esd., il, 69. Artaxerxès et les grands de Babylone firent d’autres olfrandes d’orpourleTemple. I Esd., vu, 15-18. Esdras put remettre ainsi 100 talents d’or et vingt coupes d’or valant mille dariques. I Esd., vm, 26, 27, 32-34. Des offrandes volontaires montèrent encore à 41000 dariques d’or. II Esd., vu, 70-72. — 4° Le Temple d’Hérode avait neuf portes toutes plaquées d’or et d’argent. Josèphe, Bell.jud., V,v,3. A l’intérieur, tout était éclatant d’or, la porte du parvis, ses lambris, et la vigne d’or qui la surmontait. Ibid.,
4. La toiture était faite de pesantes lames d’or, qui tranchaient sur la blancheur du marbre et brillaient au soleil. Des tiges d’or empêchaient les oiseaux de se poser sur cette toiture. Ibid., 6. Après la prise de Jérusalem, on vit paraître à Rome, pour le triomphe de Vespasien et de Titus, la table d’or, qui pesait plusieurs talents, et le chandelier d’or. Ibid., VII, v, 5.
IV. L’or employé dans les cultes idolâtriques. — 1° Chez les Hébreux, la Loi défendait expressément de faire des dieux d’argent et d’or. Exod., xx, 23. Cette loi n’était pas encore promulguée quand Aaron fabriqua le veau d’or, pour satisfaire les désirs du peuple. Exod., xxxii, 4, 24, 31. Plus tard, Jéroboam fit deux veaux d’or qu’il plaça l’un à Béthel, l’autre à Dan, aux deux extrémités de son royaume schismatique, pour détourner les Israélites de se rendre à Jérusalem. III Reg., xii, 28; Tob., i, 5. — 2° Les idolâtres offraient de l’or à leurs dieux, Dan., xi, 38; Ose., il, 8, et se fabriquaient des idoles d’or et d’argent dont les écrivains sacrés font fréquemment mention avec moquerie. Deut,, xxix, 17; Ps. cxiv (cxm), 4; cxxxv (cxxxiv), 15; Sap., xm, 10; Is., il, 20; xxxi, 7; xlvi,6; Jer., x, 4,9; Bar., vi, 3, 8, 9; Ezech., xvi, 17; Ose., vm, 4; Act., xvii, 29, etc. En renvoyant l’Arche, les Philistins offrirent en ex-voto au Dieu d’Israël cinq tumeurs d’or et cinq souris d’or. I Reg., vi, 5. Dans leur pensée, ces présents ne s’adressaient qu’au Dieu d’Israël, qui n’était pas pour eux le vrai Dieu, mais simplement un dieu particulier protégeant le peuple qui l’invoquait. — 3° Il faut encore ranger parmi les œuvres idolâtriques la statue d’or, que le roi Nabuchodonosor fit dresser dans la plaine de Doura et qu’il commanda à ses sujets d’adorer. Dan., ni, 1-6. La statue avait soixante coudées (environ trente mètres) de haut et six (trois mètres) de large. Il est de toute évidence qu’en appelant ce colosse « statue d’or », Daniel ne songe pas à une statue d’or massif. Hérodote, i, 183, mentionne, dans le grand temple de Babylone, une statue d’or représentant le dieu assis, et près d’elle une table, un trône et un marchepied en or, le tout valant 800 talents d’or (environ 60588000 francs d’aujourd’hui, d’après la valeur du talent euboïque employé par l’historien). Il parleensuite d’un autel d’or, puis d’une statue d’or massif de douze coudées de haut. Mais rien n’oblige à admettre que la statue de soixante coudées ressemblât à cette dernière. Les écrivains sacrés, se conformant d’ailleurs en cela au langage courant, appel-
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lent objets d'or des objets qui ne sont que plaqués d’or. Ainsi l’autel des parfums, qui est en bois couvert de lames d’or, est appelé « autel d’or ». Exod., xxxvn, 25; xl, 5, 26. Il est donc légitime de penser que la statue de Nabuchodonosor n’était qu'une statue d'argile étayée avec du bois et plaquée d’or, comme celles dont parle Isaïe, xl, 19, 20. Mais, même en cet état, elle représentait encore une valeur énorme. « Ces statues colossales d’or étaient tout à fait dans les usages babyloniens. Diodore de Sicile, n, 9, décrit, avec des détails d’une précision qui ne peut s’expliquer que provenant d’un document réel, et en conformité avec les règles de la représentation des divinités chaldéo-babyloniennes, les trois statues qui, jusqu’au pillage de Xerxès, couronnaient la pyramide de Babylone, Ë-saggadhou, et qui, avec les autels placés devant et les autres accessoires, formaient une masse d’or de 5850 talents, 143559 kilogrammes, c'est-à-dire en poids 430 millions 677 000 francs de notre monnaie... Sous Nabuchodonosor, la masse de métaux précieux que le pillage d’une grande partie de l’Asie antérieure avait fait aflluer à Babylone, Pt que lé roi, d'après le témoignage de Bérose, Fragm., 14, employa pour la décoration des édifices sacrés, dépasse l’imagination, d’après les documents les plus authentiques. Prenons, par exemple, la grande inscription de la Compagnie des Indes, où ce monarque a raconté une partie de ses travaux dans sa capitale. II. Rawlinson, Cun. Insc. W. A., t. i, pl. 53-58. Nous y voyons qu’il a fait plaquer « en or pur d’un poids immense » un autel monumental transporté par ses soins devant la pyramide de Babylone, et revêtir intérieurement « d’or battu au marteau, brillant comme le levant et le couchant »,tout le sanctuaire supérieur de la pyramide de Borsippa. C’est dans ce sanctuaire qu’Hérodote vit lui-même les objets d’or dont il parle plus haut. « L’érection de la statue d’or, au chapitre m de Daniel, devient un fait parfaitement vraisemblable au milieu de tous ces autres faits. 11 a pleinement le cachet de l’époque. » Fr. Lenormant, La divination et la science des présages chez les Chaldéens, Paris, 1875, p. 192— 196. Cf. Fabre d’Envieu, Le livre du prophète Daniel, Paris, 1890, t. it, lre part., p. 215-222; Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, 6e édit., t. iv, p.297- 304. Il n’est pas impossible que l’or emporté de Jérusalem ait contribué à l’érection de la statue. Les Talmudistes prétendent même que, en accomplissement d’une prophétie d’Ézéchiel, vu, 19, l’or provenant du Temple fut placé tout à fait à la base. Mais c’est là une allégation fantaisiste.
Y. L’or donné en présent ou en paiement. — L'or est souvent olfert en hommage à quelqu’un que l'on révère, que l’on craint ou dont on attend quelque avantage. II Par., ix, 24; Ps. lxxii (lxxi), 15; 1s., lx, 6; I Mach., x, 60; xi, 24; xv, 26, etc. C’est l’un des trois présents des mages à Notre-Seigneur. Matth., u, 11. — 2° On l’offre ou on le donne à quelqu’un pour qu’il accomplisse une chose que l'on désire, Num., xxii, 18; xxiv, 13; pour le doter, Il Par., xxi, 3; pour payer un achat. I Par., xxi, 25; Ezech., xxvii, 22; I Mach., in, 41, etc. A leur sortie d’Egypte, les Hébreux emportèrent avec eux des objets d'or et d'argent mis entre leurs rnains par les Égyptiens. Exod., m, 22; xi, 2; xii, 35; Ps. cv (civ), 37. Ces objets constituaient une légitime rémunération des travaux exécutés par eux au bénéfice de leurs oppresseurs. Voir Emprunt, t. n, col. 1765. — 3° L’or ne peut pourtant racheter de la colère de Dieu. Ezech., vu, 19; Soph., i, 18. Ce n’est pas par l’or, mais par le sang de Jésus-Christ que les fidèles ont été rachetés. I Pet., i, 18. — Sur l’or employé dans les monnaies, voir Monnaie, col. 1234.
VI. L'or dans l’usage domestique. — 1° Salomon le premier, parmi les Israélites, employa l'or en grande quantité dans l’ameublement de ses palais. De son temps,
est-il dit hyperboliquement, « l’or était'commun comme les pierres à Jérusalem. » II Par., i, 15. Il se fit faire un trône d’ivoire couvert d'or pur avec un marchepied d’or, III Reg., x, 18; II Par., ix, 17, 18; cinq cents boucliers d’or, dont deux cents grands et trois cents petits, III Reg., x, 16,17; II Par., ix, 15, 16, et toute une vaisselle d'or pour la maison du Bois-Liban. III Reg., x, 21; II Par., ix, 20. Les boucliers furent bientôt après pillés par Sésac, roi d’Egypte, 111 Reg., xiv, 26; II Par., xii, 9, et plus tard, tout ce qui restait de l'or accumulé par Salomon dans ses palais et dans le Temple devint la proie de Nabuchodonosor et des Chaldéens. IV Reg., xxiv, 13; xxv, 15. — 2° Les auteurs sacrés mentionnent encore un grand nombre d’objets servant au luxe, à la parure, à différents usages, et dans la confection ou la composition desquels entre l’or : des anneaux, Jud., viii, 24, 26; Prov., xi, 22; des couronnes, II Reg., xii, 30; Esth., viii, 15; I Mach., x, 20; Apoc., xiv, 14; des colliers, Gen., xli, 42; des boucles d’oreilles, Gen., xxiv, 22; Exod., xxxn, 2; Job, xlii, 11; des bijoux, Gen., xxiv, 53; Prov., xxv, 11; Ezech., xvi, 13; I Mach., n, 18; des ceintures, Dan., x, 5; Apoc., xv, 16; des vêtements tissés d’or, Esth., xv, 9; Il Mach., v, 2; de la vaisselle, I Mach., xv, 32; des coupes, Esth., i, 7; I Mach., xi, 58; des lits, Esth., î, 6; des pavillons tissus d’or et de pourpre, Judith, x, 19; des sceptres, Esth., îv, 11 ; des chandeliers, Apoc., i, 12, 13; des encensoirs. Heb., ix, 4; Apoc., viii, 3, etc. — 3° Daniel, n, 32, 35, 45, parle d’une statue à tète d’or vue en songe par Nabuchodonosor. Zacharie, IV, 12, voit dans une vision un entonnoir d’or d’où l’or découle, etc. — 4° Saint Paul ne veut pas que l’or figure dans la parure des chrétiens. I Tim., ii, 9. Saint Pierre fait la même recommandation. I Pet., m, 3.
ATI. L’or au point de vue moral. — 1° Malgré la valeur de l’or, il y a des biens d'un ordre très supérieur : la loi de Dieu, Ps. xix (xvm), 11 ; cxix (cxvm), 72, 127 ; la sagesse, Job, xxvm, 15; Prov., vin, 10, 19; xvi, 16; xx, 15; xxii, 1; Sap., vu, 9; Eccli, xl, 25; Bar., ni, 30; l’aumône, Tob., xii, 8; l’assistance du prochain, Eccli., xxix, 14; l’épouse vertueuse, Eccli., vii, 21 ; l’ami, Eccli., vu, 20; et même la santé. Eccli., xxx, 15. — 2° On compare aussi à l’or la sagesse, Prov., m, 14; l’instruction, Eecli., xxi, 24; la musique dans un festin, Eccli., xxxn,
7, 8; la tête du bien-aimé, Gant., v, 11 ; le grand-prêtre Simon. Eccli., l, 10. Les fils de Jérusalem pris parles Chaldéens sont assimilés à l’or, mais à l’or terni. Lam., iv, 1, 2. Il faut garder ses paroles comme on garde son or, c’est-à-dire les surveiller de très près. Eccli., xxvm, 29. L’or avec lequel on bâtit l’édifice spirituel au-dessus du fondement, qui est Jésus-Christ, représente les œuvres les plus excellentes de la vie chrétienne. I Cor., m, 12. — 3° L’or exerce une fascination dont le serviteur de Dieu doit se défier. Il perd beaucoup de personnes et même des rois. Eccli., viii, 3. Celui qui l’aime se défend difficilement du péché. Eccli., xxxi, 5-8. Il en est qui mettent leur confiance dans l’or. Bar., ni, 18. Job, xxxi, 24, agissait tout autrement. Cf. Eccli, xxxi,