‹ Dictionnaire de la Bible (volume 3)Chapitre 288 sur 389 · Ulmus campestris · texte numérisé non relu

Ulmus campestris

Ce sont des arbres faciles à reconnaître aux feuilles simples, en séries distiques, comme les rameaux qui naissent à leur aisselle, avec un limbe irrégulièrement denté en scie, inéquilatéral à la base, et pourvu de stipules caduques. Les ffeurs naissent avant les feuilles en fascicules latéraux presque sessiles : leur calice campanulé à 4 ou 5 dents porte 5 à 8 étamines insérées à la base interne de la coupe, et protège au centre l’ovaire terminé en 2 becs par le prolongement des stigmates. A la maturité, qui suit de très près la floraison, le fruit sec et uniloculaire développe de chaque côté une aile membraneuse qui le transforme en une samare arrondie ou elliptique dans son pourtour et échancrée au sommet. L espèce principale, et la seule qui croisse en Syrie, est Ulnius campestris (fig. 496) dont l’écorce crevasséesubéreuse s’bypertrophie souvent sur les rameaux, en même temps que la taille générale diminue, dans la variété qui a été appelée U. suberosa. Au contraire la variété U. monlana est un grand arbre à feuilles élargies, mais que l'on a pris, à tort aussi, pour une espèce séparée. p jqY

IL Exégèse. — Le tîdliâr n’est mentionné qu’en deux passages de l’Ecriture. Dans le premier, Is., xli, 19, le prophète annonce qu’à l’heure de la délivrance de son

peuple, Dieu fera jaillir des sources sur le sol aride et que le désert se couvrira de frais ombrages.

Je mettrai dans le désert le cèdre,

L’acacia, le myrte et le clialef,

Je placerai dans les steppes le cyprès,

Le tidhâr et le buis tout ensemble.

Plus loin, lx, 13, parlant de la gloire de la nouvelle Jérusalem, il dit :

La gloire du Liban viendra chez toi,

Le cyprès, le tidhâr, et le buis tout ensemble.

Pour embellir le lieu de mon sanctuaire.

Le second texte unit ensemble avec le tidhâr le cyprès et le buis comme dans le premier. Pour découvrir ce bel arbre, une des gloires du Liban, il faut d’abord interroger les versions. Les Septante traduisent tidhâr par TtEÔy.ï] dans Is., lx, 13; quant à xli, 19, il est difficile de reconnaître le terme correspondant à tidhâr, parce qu'ils ont réduit à une seule les deux phrases parallèles du texte hébreu, et n’ont conservé que cinq noms d’arbres sur sept. Plus probablement il faut prendre le dernier nom de leur traduction qui est actuellement Ivr/.-r,, « peuplier, » mis par faute de copiste, pour usôy.v) comme dans Is., lx, 13. Les Septante auraient donc vu dans le tidhâr une espèce de pin. La Vulgate traduit une fois par orme dans Is., xli, 19, et elle aussi une fois par pin dans Is., lx, 13. Théodotion ne fait que transcrire le nom et met 0a6Sâp’; Symmaque rend le mot hébreu par meXaîav, c’est-à-dire meXiav, « orme. » La paraphrase chaldéenne a murneyân qui signifie orme selon les uns, frêne selon d'autres. Il en est sans doute pour ce mot chai, déen murneyân, ce qui est arrivé pour le mot arabe^bjJ,

derdar, qui en Orient, dans la Palestine, signifie orme, tandis que dans l’Afrique occidentale il s’entend du frêne. Ibn-El-Beithar, Traité des simples, dans Notices et extraits des manuscrits de la Bibliothèque nationale, in-8°, 1881, t. xxv, lre partie, p. 83; dardar rappelle le Dadoro syriaque, nom de l’orme. I. Lôw, Aramàische Pflanzennamen, in-8°, Leipzig, 1881, p. 70. La traduction de tidhâr par orme semble donc plus probable. L’orme est un arbre qui croît en Palestine, en particulier sur le Liban ; c’est un des plus beaux arbres et qui donne largement de l’ombrage. Il remplit donc les exigences des textes du Prophète.

E. Levesque.

ORNAN (hébreu : 'Oman, Septante : ’Opvà), Jébusien, propriétaire de l’aire qui fut acquise par David et sur laquelle fut bâti le temple de Jérusalem. I Par., xxi, 15, 18, 20-25, 28; II Par., ni, 1. Voir Aire d’Ornan, t. il, col. 328-329. Dans II Reg., xxiv, 16-23, où le texte hébreu, II Sam., xxiv, 16-24, porte runN, f. 16, 20, 21, 22, 23, 24; et 18, la Vulgate a écrit le nom

Areuna. Josèphe, Ant. jvd., XII, xm, 4, l’appelle ’Opéuva;, et il dit, Ibid., iii, 3, que ce Jébuséen était un homme riche à qui David avait laissé la vie sauve lors de la prise de Jébus, « à cause de sa bienveillance envers les Hébreux. » La Vulgate, II Reg., xxiv, 23, en fait un roi et plusieurs commentateurs ont cru que c’était l’ancien roi de Jébus (voir Kaulen, dans Wetzer et Welte, Kirclienlexicon , 2°édit., t. ix, 1895, col. 1084), mais cette assimilation parait fondée sur une fausse interprétation du texte hébreu que l’on doit traduire :

« Areuna (Oman) dit à David : Que mon seigneur le roi prenne (l’aire), etc. Tout cela, ô roi, Areuna le donne au roi ; » et non, comme l’a fait la Vulgate, interrompant le discours du Jébuséen avant ces derniers mots : « Le roi Areuna donna tout au roi. » Le mot roi, devant le nom d’ Areuna, ne se lit ni dans les Septante ni dans le syriaque, et divers interprètes croient qu’il a été ajouté dans le texte hébreu par une méprise de copiste.

F. Vigouroux.

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