‹ Dictionnaire de la Bible (volume 3)Chapitre 291 sur 389 · L. IIeidet · texte numérisé non relu

L. IIeidet

OROR1 (héb reu : ha-Hârârî; Septante : ô ’ApwSiTr,?; certains manuscrits portent : ô ’Apwpcx/j;), patrie de Semma, un des braves de David, d’après la traduction de la Yulgate. II Reg., xxm, 33. L'orthographe véritable de ce mot est douteuse. Voir Arari, t. i, col. 882; Élica, t. ir, col. 1670; IIarodi, t. iit, col. 435; Semma.

OROSHO (Alphonse de), théologien espagnol, né en 1500 à Oropesa dans le diocèse d’Avila, mort en odeur de sainteté le 19 septembre 1591. De l’ordre de saint Augustin, il fut le prédicateur des empereurs Charles- Quint et Philippe II. Nous avons de cet auteur : Conimentaria quærtam in cantica canlicorum et doctorum dictis congesta : accessere annolationes xliv in eadern cantica Deipciræ Virginis festivitatibus accommodalæ, in-4°, Bruges, 1581; Annolationes in canlicum Bealæ Virginis Magnificat, in-4°, Bruges, 1581. — Voir N. Antonio, Bibliotheca Hispana nova, t. i (1783), p. 29.

B. Heurtebize.

ORPHA (héb reu: Orpdh, peut-être, par métathèse, le même mot que 'ofràh, «gazelle; » Septante : ’Opçd), femme moabite qui épousa Chélion, fils d’Élimélech et de Noémi, et fut ainsi la belle-sœur de Ruth. Quand Noémi, ayant perdu son mari et ses deux fils, retourne du pays de Moab à Bethléhem de Juda, d’où elle était venue, Ruth refusa de quitter sa belle-mère, mais Orpha resta dans sa patrie. Ruth, r, 3-14.

ORPHELIN (hébreu : ydtôni; Septante : opsavoç ; Yulgate : orphanus, pupillus), l’enfant qui n’a plus ni père ni mère, et parfois celui auquel manque seulement son père, Job, xxiv, 9; Lam., v, 2, par conséquent son protecteur le plus autorisé et le plus fort.

1° Son infortune. — Quand un enfant avait le malheur de perdre à la fois son père et sa mère, il trouvait sans doute un abri et une protection auprès de ses autres parents. Mais ces derniers avaient déjà à prendre soin de leurs propres enfants, et, l’adoption juridique n’existant pas chez les Hébreux, voir t. i, col. 229, c’est uniquement par charité qu’ils s’occupaient de l’orphelin. La manière dont les auteurs sacrés interviennent en faveur de celui-ci prouve que son sort était loin d’être toujours enviable. L’orphelin de parents pauvres ne vivait que grâce à la bienveillance des autres parents ou des voisins. L'orphelin dont les parents possédaient quelques biens en héritait. Voir Héritage, t. ni, col. 611. Mais il était par lui-même incapable de les utiliser et de les défendre. Chez les nomades, Job, vi, 27, se compare lui-même à un orphelin sur lequel

on jette le filet comme sur une proie. Éliphaz lui reproche, par simple supposition, d’avoir renvoyé les orphelins les liras brisés, c’est-à-dire de les avoir durement maltraités et ensuite abandonnés à leur triste sort. Job, xxii, 9. Lui-même parle des hommes violents et injustes, qui poussent devant eux l’âne de l’orphelin, après le lui avoir pris, et qui vont jusqu’à arracher l’orphelin à la mamelle. Job, xxiv, 3, 9. En Israël, il y avait des méchants qui faisaient périr l’orphelin. Ps. xciv (xcm), 6. Au temps d’Isaïe, on foulait aux pieds ses droits, Is., i, 21, et les juges, qui auraient dû les défendre, faisaient au contraire leur butin des biens de l’orphelin. Is., x, 2. Jérémie, v, 28; vu, 6, reproche également à ses contemporains l'oppression des orphelins. Ézéchiel, xxn, 7, parle dans le même sens. Même après la captivité, il faut encore que Malachie, m, 5, revienne sur ce sujet. — Aussi, pour maudire un traître, souhaite-t-on que ses enfants soient orphelins et que nul n’ait pitié d’eux. Ps. cix (cvm), 9, 12. Dieu même déclare qu’il n’aura pas compassion des orphelins de son peuple prévaricateur. Is. , ix, 17. De fait, ce peuple en est réduit à l’abandon comme un orphelin. Lam., v, 3.

2° La protection divine. — Dieu maintient le droit de l’orphelin et de la veuve, ces deux faiblesses habituellement associées dans la Sainte Écriture, Deut., x, 18, et il maudit ceux qui violent ce droit. Deut., xxvn, 19. Dieu est le père de l’orphelin, Ps. lxviii (lxvii), 6; il le fait vivre, Jer., xlix, 1 1 ; il est son soutien, Ps. xi (x), 14; cxlvi (cxlv), 9; il écoute sa supplication, Eccli., xxxv, 17, a compassion de lui, Ose., xiv, 4, ne veut pas qu’on le maltraite, Jer., xxn, 3; Zach., vu, 10, lui rend justice, Ps. xi (x), 18, et ordonne aux juges de faire de même. Ps. lxxxii (lxxxi), 3. Les vaines idoles ne peuvent rien pour l’orphelin. Bar., vi, 37. Saint Jacques, i, 27, dit que, pour avoir une religion pure et sans tache aux yeux de Dieu, il faut prendre soin des orphelins. — Avant de mourir, Notre-Seigneur assure à ses Apôtres qu’il ne les laissera pas orphelins. Joa., xiv, 18.

3° Les prescriptions de la loi. — La loi naturelle commande à tout homme d’avoir égard au malheur de l’orphelin. Job fut particulièrement fidèle à l’observation de ce devoir : il venait en aide à l’orphelin dénué de tout secours, lui donnait de son pain et se gardait bien de lever la main contre lui. Job, xxix, 12; xxxi, 17, 21. — La loi mosaïque précisa les obligations de l’hébreu à l’égard de l’orphelin. Elle défendit d’abord de le contrister, sous peine, pour ceux qui se rendraient coupables en cet égard, d’être châtiés par Dieu et de devenir eux-mêmes orphelins et malheureux. Exod., xxn, 22, 24. Il y avait à se préoccuper de l’entretien des orphelins pauvres. La loi prescrivit de leur donner part au produit des dîmes, Deut., xvi, 29; xxvi, 12, 13, de les associer aux réjouissances et aux festins qui avaient lieu à l’occasion des grandes fêtes religieuses, Deut., xvi, 11, 14, de leur laisser de quoi glaner et grapiller, et de ne pas violer leurs droits. Deut.,xxiv, 17-21. Les livres sapientiaux renouvellent la recommandation de ne pas entrer dans le champ de l’orphelin, c’est-à-dire de respecter sa propriété, Prov., xxm, 10, et d’être un père pour lui. Eccli., iv, 10. — A l’époque des Machabées, on destinait aux veuves et aux orphelins une part du butin. II Maeh., vm, 28, 30. Les sommes qui leur appartenaient étaient gardées dans le trésor même du Temple, II Mach., ni, 10, ce qui les mettait à l’abri de toutes les rapacités. 11. Lesètre.

ORTEIL (hébreu : bôh en régél, « pouce du pied ; » Septante : cr/.pov to-j nooàç ; A’ulgate : pollex pedis), gros doigt du pied. Dans le rite de la consécration sacerdotale d’Aaron et de ses fils, Dieu ordonna de leur mettre du sang d’un bélier offert en sacrifice sous le lobe de l’oreille droite, sur le pouce de la main droite

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