Femme vidant une outre
D'après Rich, Dict. des antiq. rom. et grecques, p. 692.
comme un vin renfermé, comme une outre remplie de vin nouveau qui va éclater » ; littéralement « comme des outres nouvelles », mais par synecdoque, car c’est le vin qui est nouveau et non les outres, autrement elles résisteraient à la pression. Le vin nouveau fermente et dégage des gaz qu’une peau imperméable ne laisse pas échapper. Il faut donc qu’à un moment donné l’outre éclate, si son orifice reste lié. Notre-Seigneur emprunte la comparaison d’Éliu et observe qu’on ne met pas le vin nouveau dans de vieilles outres, incapables de résister à la pression intérieure, mais dans des outres neuves, assez résistantes pour garder le vin. Matth., ix, 17; Marc., n, 22; Luc., xxxvn, 38. Même chez les Grecs et les Romains, on se servait habituellement d’outres pour transporter le vin, et, dans les plus anciens temps, pour Me verser directement dans les coupes, comme le montre une peinture de Pompéi (fig. 507). — 4° L’air. La Sainte Écriture ne parle pas d’outres gonflées d’air. Mais les Israélites, pendant la captivité, virent souvent les outres gonflées servir de moyen de transport sur l’eau. Les monuments montrent des Assyriens gonflant eux-mêmes leurs outres à la bouche, se mettant à cheval dessus pour traverser les cours d’eau, voir Nage, fig. 397, col. 1459; cf. S. Jérôme, Vit. Malchi mon., 8, t. xxm, col. 57, ou en formant le fond de radeaux destinés à porter des pierres à bâtir (fig. 396, col. 1459). Une inscription de Salmanasar II raconte que ce monarque passa l’Euphrate débordé sur des radeaux d’outres gonflées. Cf. Vigouroux,
La Bible et les découvertes modernes, Paris, 1896, t. ni, p. 459. Les Assyriens employaient d’ailleurs aussi les outres au transport des liquides (fig. 508). — 5° Les anciens faisaient des outres avec des peaux de chèvre, de porc, de bœuf, etc., dont on lutait soigneusement les coutures avec de la poix. Cf. Pline, H. N., xxvm, 72; Ovide, Am., iii, 12, 29; César, Bell, civ., i, 48. Les riverains du Tigre et de l’Euphrate se servent encore d’asphalte et de bitume pour imperméabiliser les outres utilisées par la batellerie. Ces minéraux abondent dans les collines miocènes qui bordent es deux fleuves, et
508. — Assyrien portant une outre pleine. D'après Botta, Monument de Ninive, t. i, pl. 38.
déjà on les voit employés par Noé pour rendre son arche étanche, Gen., vi, 14, et par Samas-napistim pour luter les parois de son bateau. Cf. Vigouroux, La Bible et les déc. mod., t. I, p. 313, lig. 66-67; Revue des questions scientifiques, Bruxelles, oct. 1902, p. 580. L’industrie de la fabrication des outres prospère encore aujourd’hui en Palestine, spécialement à Hébron, où « plusieurs grands ateliers fabriquent des outres en cuir destinées aux caravanes. Ces récipients sont faits avec des dépouilles entières de bouc et de chèvre que l’on a retournées jusque sur la nuque; les ouvertures laissées par la queue et les jambes sont ensuite cousues avec soin. Ces peaux, d’abord bourrées pendant un certain temps avec des copeaux et des débris de bois de
OUTRE
OZENSARA
chêne, sont remplies de nouveau avec de l’écorce du quercus Palæstina, qui est très chargée en tannin, jusqu’à ce que les poils restent solidement fixés et que le cuir soit suffisament tanné. Lorsqu’elles ont subi toutes les préparations nécessaires pour les rendre souples et incorruptilbes, elles se vendent de 2 fr. 40 à 6 fr. 40 la pièce. Ces outres sont recherchées dans toutes les contrées arides du Sinaï, de Pétra et de l’Arabie. » Lortet, La Syrie d'aujourd’hui , Paris, 1884, p. 329. En Égypte, on n’a pas cessé de se servir des outres pour le transport de l’eau, soit de celle qu’on vend, soit de celle avec laquelle on arrose.
H. Lesètre.
OUVRIER (grec : èpyàry):; Vulgate : operarius , opifex), celui qui travaille à un métier. Voir Artisans, t. i, col. 1044. — Le mot est quelquefois employé pour désigner ceux qui travaillent à une oeuvre morale ou immorale. Devant Judas Machabée reculent et tremblent les ouvriers d’iniquité, c’est-à-dire les Juifs impies qui adoptaient et propageaient les mœurs païennes. 1 Mach., ni, 6. Notre-Seigneur appelle du même nom ceux qui seront un jour condamnés par le Juge suprême. Luc., xiii, 27. Saint Paul donne le nom d’ouvriers astucieux et mauvais aux prédicateurs judaïsants qui le poursuivent partout. Il Cor., xi, 13; PhiL, ni, 2. — Il recommande à Timothée d’être un ouvrier qui n'ait pas à rougir, II Tim., n, 15, et remarque d'ailleurs que l’ouvrier, c’est-à-dire le prédicateur de l’Évangile, mérite son salaire. I Tim., v, 18. H. Lesètre.
OZA (1 îébreu : 'Uzzàh, « force '>), nom de quatre Israélites.
1. OZA (Septante : ’OÇa), lévite, fils d’Abinadab, dans la maison duquel l’arche demeura pendant vingt ans, sur la colline (Gabaa) de Cariathiarim, lorsqu’elle eut été renvoyée par les Philistins. I Reg., vu, 2. Abinadab avait trois fils, dont l'aîné s’appelait Éléazar, et les deux autres Oza et Ahio. Éléazar avait été chargé de la garde de l'arche pendant le séjour qu’elle fit dans la maison de son père. I Reg., vu, 1. Quand David eut résolu de la faire transporter à Jérusalem, elle fut placée sur un char neuf, et Oza et Ahio conduisirent le char. Ahio précédait l’arche ; Oza se tenait sans doute à son côté. David et ses musiciens lui faisaient cortège en jouant de leurs instruments. Arrivé à faire de Nachon (ou Cliidon; voir ces mots), le char pencha, glissant sans doute sur le sol, <■ Oza étendit la main vers l'arche de Dieu et la saisit, parce que les bœufs s’emportaient. La colère de Jéhovah s’enflamma contre Oza et Dieu le frappa sur place à cause de sa faute, et il mourut là à côté de l’arche de Dieu... Et ce lieu a été appelé jusqu’à ce jour Pérés ’Uzzah (brèche d’Oza). » Il Reg., ,vi, 6- 8. Josèphe, Ant. jud., VII, iv, 2, dit qu’Oza fut frappé, parce qu’il avait porté les mains sur l’arche n’étant pas prêtre. Cf. Num., iv, 15. Il avait sans doute manqué de respect envers elle, comme autrefois les Bethsamites.
I Reg., vi, 19. Le texte original dit, selon la traduction la plus probable, qu’il fut frappé « à cause de sa faute », al lias-sâl (Vulgate : super temeritate). D’après Théodoret, Quæst. in 11 Reg., interr. xix, t. lxxx, col. 011, la faute consista en ce que l’arche était portée sur un char et non sur les épaules des prêtres, comme le prescrivait la loi. Exod., xxv, 14. Cf. Arche d’alliance, iv, t. i, col. 919. Plus tard, le roi David eut soin de ne pas commettre la même illégalité dans la seconde translation. I Par., xv, 11-15. Quand Oza fut frappé, sa mort produisit une telle émotion que le roi renonça à son projet et fit déposer l’arche dans la maison d’Obédédom. Voir ObÉdédom, col. 1719. II Reg,, vi, t. i, 3-8; I Par., xiii, 7-11.
Quelques commentateurs ont cru qu’Oza n’était pas de la tribu de Lévi, mais leur opinion n’est pas admis-
sible. On n’en peut guère douter : c’est parce que son père Abinadab était lévite que l’arche fut déposée dans sa maison à Cariathiarim et ce n’est queparce que son fils Éléazar était lévite qu’il pût être « consacré «(hébreu : qidsû ; Vulgate : sanctijicaverant) pour garder l'arche. I Reg., vu, 1. Si Abinadab est le même qu’Amminadab. I Par,, xv, 10, un des chefs des lévites qui furent chargés du transport de l’arche, de la maison d’Obédédom à Jérusalem, le père d’Oza et ses fils descendaient d’Oziel et étaient par conséquent des Caathites. Cette identification peut se confirmer par les Septante qui écrivent, non Abinadab, mais ’ApavaSaê, 1 Reg., vu, 1, et par Josèphe qui écrit aussi ’Ap.p.i vâoaêo;, Ant. jud., VI, I, 4, et dit qu’il était lévite. On comprend alors facilement pourquoi David chargea Amminadab de présider au transport de l’arche de la maison d’Obédédom à Jérusalem ; ce lévite était de la famille de Caath, dont une des fonctions consistait à porter l’arche, Num., iv, 15, cf. 5, et, s’il est le même qu’Abinadab, il était juste et naturel qu’ayant gardé l’arche pendant vingt ans dans sa maison, il l’accompagnât dans sa nouvelle demeure.
2. OZA (Septante : ’OiJct), probablementle nom de l’ancien propriétaire d’un jardin mentionné IV Reg., xxi, 18, 26, et dans lequel furent ensevelis les rois de Juda Manassé et Amon, son fils. On peut conclure qu’il était situé à Jérusalem du fait qu’il est appelé « le jardin de la maison » du roi Manassé. IV Reg., xxi, 18 ; II Par., xxxiii, 20. Ce n’était pas le lieu ordinaire de la sépulture des rois [de Juda et c’est peut-être Manassé qui Lavait acheté à Oza. Nous ignorons où se trouvait le palais de Manassé.
3. OZA (Septante: ’O'â), lévite, fils de Séméi, de la famille de Mérari. I Par., vi, 29 (hébreu, 14).
4. OZA (Septante : ’AÇcc), de la tribu de Benjamin, fils de Géra. 1 Par., vin, 7. Voir Géra 2, t. ni, col. 197.
OZAN (hébreu: ' Azzàn ; Septante: ’OÇâv), de la tribu d’Issachar, père de Phaltiel. Phaltiel reçut de Moïse, au nom de Dieu, la mission de représenter la tribu d’Issachar dans le partage de la Terre Promise. Num , xxxiv, 26.
OZAZBU (Hébreu: 'Âzazyâhû, « fortifié par Jéhovah »), nom de trois Israélites dans le texte hébreu. La Vulgate écrit le nom du troisième Azarias. II Par., xxxi, 13. Voir Azarias 22, t. i, col. 1301.
1. OZAZIU (Septante : ’OÇtaç), lévite, qui jouait de la harpe (kinnôr) dans les cérémonies sacrées, du temps de David. I Par., xv, 21.
2. ozaziu (Septante : ’OQ'ov). père d’Osée. Son fils fut placé à la tête de la tribu d’Éphraïm, sous le règne de David et de Salomon. I Par., xxvii, 20.
OZENSARA (hébreu : ’Uzzên-Sé’ëràli, « l’oreille » ou « l’ongle de Sara », localité fondée, ainsi que les deux Béthoron, par Sara, fille de Béria, fils d’Éphraïm.
I Par., vu, 24. La traduction des Septante -/.ai vîoï ’OÇâv Esïipi, montre qu’ils ont lu mxû ]ïx >331, au lieu de
niNiff ]WnNi, que porte le texte massorétique. La plupart des versions rendent le passage des manières les plus diverses. Le contexte justifie plutôt les massorètes et ne permet pas de douter qu’il s'agit d’une localité.
Quelques palestinologues ont cru reconnaître le double nom d ’Uzzên-Sé’ërdh, dans ceux de deux villages voisins du district de Naplouse, l'ancienne Sichem : Beit-’Êdeyt, situé à quatre kilomètres et demi à
OZENSAR A
l’ouest-nord-ouest de cette ville, et Serra à trois kilomètres et demi, au sud-ouest du dernier. Cf. Rich. von Riess, Bibel- Atlas, Fribourg-en-Brisgau, 18S7, p. 29, Les noms ne sont pas, il est vrai, sans similitude; mais ces localités distantes d’environ cinquante kilomètres de Béthoron ne saui’aient avoir appartenu au territoire qui forma l’apanage de la fille de Béria, et où il semble qu’il faille chercher la localité bâtie par elle, dans le voisinage des deux autres. A quatre kilomètres à l’ouest légèrement sud de Beit'Our et-tahtd, Béthoron-le-bas, situé lui-même à trois kilomètres au nord-ouest de Beit'Our el-fôqd, Béthoron-le-haut, on trouve, répondant parfaitement à cette condition, une localité connue sous le nom de Beit-Sirâ, dont la seconde partie du composé est évidemment identique à Sé”ërâh, légèrement déformé par la prononciation arabe. Les palestinologues voient aujourd’hui en cet endroit 1 ’Ozensara de la Bible. Cf. Armstrong, Wilson et Conder, Names
de Beit-Sirâ, toute musulmane, est d’environ 200 âmes. Voir V. Guérin, Description à la Judée, t. i, p. 138; The Survey of Western Palestine, Memoirs, t. ni, p. 16.