‹ Dictionnaire de la Bible (volume 3)Chapitre 329 sur 389 · IV · texte numérisé non relu

IV

PALESTINE

transport, ce qui nous ramène à l’histoire géologique du pays. Nous remontons ainsi jusqu’à l’époque où la chaleur du climat permettait à la llore et à la faune éthiopiennes, plus anciennes comme types que la flore et la faune palœarctiques, d’étendre leur domaine plus loin. Pendant la période glaciaire, seules subsistèrent les formes qui trouvèrent dans la vallée du Jourdain les éléments nécessaires à la lutte pour la vie, et elles ont constitué jusqu’à présent un groupe tropical isolé. Voir Géologie, col. 2018.

Pour la bibliographie de la faune biblique, voir Animaux, t. i, col. 603. Nous ajouterons : Ii. B. Tristram, The Fauna and Flora of Palestine, dans le Survey of Western Palestine, Londres, 1884, p. 1- 204; O. Bôttger, Die Reptilien und Amphihien von Syrien, Palastina und Cypern, in-8°, Francfort-s. -le-M., 1880; Lortet et A. Locard, Études zoologiques sur la faune du lac de Tibériade, t. ni des Archives du Muséum d'histoire naturelle de Lyon, p. 99-293, • avec 17 planches, Lyon, 1883; L. Anderlind, Ackerbau und. Thierzucht in Syrien, insbesondere in Palastina , dans la Zeitschrift des deutschen Palàstina-Vereins, t. ix, 1886, p. 55-73; voir Tibériade (Lac de).

viii. population. — C’est ainsi que Dieu forma et orna la terre qui devait être le théâtre de ses merveilles. Le peuple qu’il appela à en être le témoin et l'objet y fut transplanté, et, après en avoir été violemment arraché, il semble vouloir aujourd’hui y prendre de nouvelles racines. Il fut le seul à donner à ce pays une certaine unité, et cela seulement sous la royauté israélite et les Machabées. En dehors de ces époques, le sol palestinien n’a connu qu’un amalgame de races distinctes, dont la cohésion est venue d’une main étrangère. La même variété existe encore aujourd’hui, plus étrange peut-être qu’autrefois. Turcs, Arabes, Juifs, Syriens, Européens y vivent côte à côte, divisés par le sang, les coutumes, la religion, sans l’union de patrie, de drapeau, n’ayant guère d’autres liens que la langue, c’est-à-dire l’arabe généralement usité, et la puissance ottomane qui les gouverne. Nous n’avons point à décrire ces éléments divers; nous nous bornerons aux deux qui constituent, inégalement d’ailleurs, le fond ethnique de la population : les Syro-arabes ou fellâhîn et les Bédouins ou nomades. La population syro-arabe, qui n’a d’arabe que son dialecte et peutêtre une légère infusion de sang avant l’hégire, descend des anciennes races qui ont successivement occupé la contrée : Chananéens, Israélites, Philistins, Moabites, Araméens, Grecs et Romains. Tous ces éléments s’étaient fondus ensemble lorsque les Arabes, déjà influents avant l’hégire, devinrent les maîtres du pays. Le fellah est méprisé par le Bédouin, surtout à cause de sa prétendue servilité, celui-ci n’estimant que la liberté dont il jouit, et les mariages sont rares entre les deux parties de la population. Celui-là n’en est pas moins d’une race frugale, intelligente, digne d’un sort plus heureux si elle était suffisamment protégée et aidée. Les Arabes nomades habitent surtout à l’est du Jourdain. Pour leur origine, leurs coutumes, etc., voir Arabes, t. i, col. 828. Les Juifs qui occupent aujourd’hui la Terre-Sainte au nombre de près de cent mille, sont venus des différentes parties du monde. Ce n’est donc pas chez eux qu’il faut aller pour voir revivre plus ou moins les usages de la vie ordinaire de leurs ancêtres, mais chez les fellâhin et les Bédouins. Il y a dans les habitudes de ceux-ci une foule de traits qui illustrent singulièrement les récits bibliques, et qu’on trouve indiqués dans le Dictionnaire à propos des sujets qui concernent la vie civile, sociale et religieuse. Il nous suffit de donner ici quelques indications bibliographiques : E. Pierotti, La Palestine actuelle dans ses rapports avec la Palestine ancienne, in-8», Paris, 1865; Thomson, The Land and the Book, Londres, 1860; II. J. van Lennep, Bible

Lands, their modem customs and manners, 2 in-8°, Londres, 1875; C. R. Conder, Tent Work in Palestine, in-8°, Londres, 1889, p. 298-363; E. Le Camus, Notre voyage aux pays bibliques, 3 in-12, Paris, 1890; Mrs. Finn, The Fellaheen of Palestine, dans le Pcdesline Exploration Fund, Quart. St., 1879, p. 33-48, 72-87; Ph. Baldensperger, Peasant Folklore of Palestine, ibid., 1893, p. 203-219; Birth, marriage and death among the Fellâhin of Palestine, ibid., 1894, p. 127- 144; S. Bergheim, Land tenure in Palestine, ibid., 1894. p. 191-199; P. J. Baldensperger, Morals of the Fellâhin, ibid., 1897, p. 123-134; J. Zeller, The Bedawin, ibid., 1901, p. 185-203; Ph. G. Baldensperger, The immovable East, ibid., 1903, p. 65-77, 162-170, p. 33-38, 116-126, 199-205; 1906, p. 13-23, 97-102, 190- 197; 1907, p. 10-21 ; F. A. Klein, Mittheilungen über Leben, Sitten und Gebrauche der Fellachen in Palàstina, dans la Zeitschrift des deutschen Palàstina- Vereins, t. iii, 1880, p. 100-115; t. iv, 1881, p. 57-84; 1. vi, 1883, p. 81-101 ; traduit et reproduit dans le Pal. Expi. Fund, Quart. St., 1881, p. 111-118, 297-304; 1883, p. 40-48; Lydia Einsler, Arabische Sprichwôrter, dans la Zeitschr. des deut. Pal. Ver.,t. xix, 1896, p. 65-101; L. Bauer, Arabische Sprichwôrter, ibid., t. xxi, 1898, p. 129-148; Enno Littmann, Eine amtliche Liste der Beduinenstamme des Ostjordanlandes, ibid., t. xxiv, 1901, p. 26-31; L. Bauer, Kleidung und Schmuck der Araber Palaslinas, ibid., p. 32-38; A. Jaussen, Coutumes arabes aux environs de Mâdaba, dans la Revue biblique, t. x, 1901, p. 592-608; Les tribus arabes à l’est du Jourdain, ibid., t. xi, 1902, p. 87-93, 419-425; Coutumes arabes, ibid., ,t. xn, 1903, p. 93-99, 244-266; L’immolation chez les nomades à l’est de la mer Morte, ibid., 1906, p. 91-114.

La population palestinienne n’a ni industrie, ni commerce qu’il soit utile de mentionner. Les transactions sont devenues et deviendront plus faciles par les lignes de chemin de fer de Jaffa à Jérusalem, de Khaïfa à Damas, de Damas à travers la Transjordane. Mais le pays reste encore trop fermé du côté de la mer. Nous avons montré plus haut ce qu’est aujourd’hui le littoral méditerranéen. Il eut cependant un rôle important dans l’histoire. Les moindres saillies dont la nature l'a orné furent utilisées, et des villes comme Sidon, Tyr, Saint-Jean-d’Acre, Césarée, Jall'a, devinrent de magnifiques centres d'activité en même temps que des portes ouvertes à cette partie du continent asiatique sur le continent européen. Les Hébreux, il est vrai, n’étaient pas destinés à être un peuple marin, et la mer n’a pas été pour eux, comme pour d’autres peuples, un moyen d’expansion, ni une source de richesses. Il y eut néanmoins des temps où la côte palestinienne, avec ses petits ports, présentait animation et vie. Au moyen âge encore, ces ports étaient assez bien aménagés et entretenus pour l’époque. Mais actuellement ils ne sont plus suffisante aux vaisseaux de fort tonnage. Il faudrait donc, de ce côté, remanier et agrandir, comme il faudrait, du côté de l’agriculture, refaire et perfectionner, ponr apporter aux habitants une prospérité qu’ils ne connaissent pas. Pour les routes qui sillonnent la Palestine, voir Galilée, Judée, et les articles concernant les tribus d’Israël.

Nous terminerons en disant que les trois grandes religions qui ont pris naissance au sein des peuples sémites et dont la Palestine peut être regardée comme le berceau, c’est-à-dire le judaïsme, le christianisme et l’islamisme y sont représentées. Et, à côté de la joie que procure au pèlerin la Terre du Christ avec ses impérissables souvenirs, c’est une grande tristesse de la voir livrée aux divisions de l’erreur, du schisme et de l’hérésie. A. Legendre.

Y. Géographie historique de la Palestine. — Lorsque Abraham arriva dans la Palestine, elle était habitée:

PALESTINE

PALIMPSESTES BIBLIQUES

1° par les Chananéens proprement dits ; 2° les Héthéens; 3° les Amorrhéens; 4° les Phérézéens; 5° les Hevéens; 6° les Jébuséens; 7° les Gergésiens. Sur ces diverses tribus et les pays qu’elles habitaient voir les articles qui leur sont consacrés et cf. Chana'néens 1, t. n, col. 539. — Quand Josué lit la conquête de la Palestine la plupart des villes avaient à leur tête un petit roi indépendant. Le successeur de Moïse partagea entre les diverses tribus d’Israël le pays conquis. Pour la géographie des douze tribus, voir les articles et les cartes relatifs à chacune d’elles. — La distinction des douze tribus se conserve jusqu’à la prise de Jérusalem par Titus, mais après avoir été à peu près indépendantes les unes des autres sous les Juges, elles reconnurent une autorité unique sous le règne de Saiil, de David et de Salomon. L’nnité fut brisée dès le règne de Roboam, fils de Salomon, et la Palestine partagée en deux royaumes, celui du nord ou d’Israël et celui du sud ou de Juda. Cet état de choses dura jusqu’à la prise de Samarie par les Assyriens (721 avant J.-C.) voir Juda ( Royaume de) et Israël (Royaume d'), t. ni, col. 1771 et 1000. A la suite de la ruine du royaume d’Israël par Sargon, roi de Ninive, ce prince déporta dans la Palestine centrale pour la repeupler divers peuples qu’il avait vaincus en Babylonie et en Syrie et qui devinrent les Samaritains. IV Reg., iv, 24. A partir de cette époque et jusqu’au temps de Noire-Seigneur et des Apôtres, la Palestine forme trois parties distinctes à l'ouest du Jourdain : la Judée au sud, voir Judée, t. m, col. 1814; la Samarie au centre, voir Samarie 2; la Galilée au nord, voir Galilée, t. ni, col. 87. Le territoire à l’est du Jourdain, au temps de Notre-Seigneur, s’appelait la Pérée, voir Pérée. Sur la géographie de la Palestine au temps des Machabées et des Rérodes et sous la domination romaine, voir Machabées, t. iv, col. 481; Hèrode 5, t. iii, col. 650; Abila et Abilène, t. i, col. 50-52; Batanée (Basan), t. i, col. 1486-1490; Iturée, t. ni, col. 1040; Traciionitibe; Procurateurs romains.

PALESTRE (grec : irodatctpa, latin : palæstra), école de gymnastique. Antiochus Épiphane voulant introduire les coutumes helléniques en Judée, fonda dans la citadelle de Jérusalem un gymnase et une palestre. Les prêtres, violant la loi, montraient peu de zèle pour le temple et prenaient part dans la Palestre aux exercices proscrits. II Mach. iv, 14. Le mot palestre désignait plus particulièrement la partie du Gymnase où se faisaient les concours divers et où siégeaient les juges des divers combats. Voir Gymnase, t. m, col. 369; Athlètes, t. i, col. 1222.

E. Beurlier.

PALEY William, théologien anglican, né à Peterborough en 1743, mort à Bishop-Wearmoutli le 25 mai 1805. Il termina son éducation à l’université de Cambridge et devint un répétiteur de Christ College. Il embrassa l’état écclésiastique, et en 1794 il obtint un canonicat à la cathédrale de Saint-Paul. Bientôt après il renonçait à plusieurs bénéfices pour se retirer dans la petite paroisse de Bishop-Wearmouth où il mourut. Parmi les ouvrages de cet auteur nous ne citerons que : Hors s Paulinæ, or the Truth of Llie Scripture hislory of St. Paul evinced, in-4°, Londres, 1789; ouvrage traduit en français, in-8°, Nîmes, 1809. Le R. Edmond Paley a écrit la vie de son père, W. Paiey, et Ta placée en tête de ses œuvres qu’il publia à Londres en 1848, 4 in- 8°. Voir W. Orme, Bibliolh. biblica, p. 337.

B. Heurtebize.

PALIMPSESTES BIBLIQUES Bien que d’après Tétyrnologie (iïdc).i v, « de nouveau, » et Aâw, « gratter, effacer en grattant ») le mot palimpseste ait dù s’appliquer d’abord aux parchemins qu’on grattait au canif ou qu’on frottait à la pierre ponce dans le but de les récrire, il se disait aussi des tablettes de cire dont on égalisait de

nouveau la surface pour effacer l’ancienne écriture et des papyrus qu’on pouvait faire resservir en les soumettant à un lavage, quand l’encre était encore fraîche ou peu caustique. Catulle, xxii, 4; Cicéron à Trébatius, Epist. ad. famil., vu, 18. Plutarque, le premier auteur grec connu qui emploie ce mot, dit que Platon comparait Denys le Tyran à un palimpseste (oic-nEp (L-oXiov TtaXip.'j/r)(TTov, telle est l’orthographe de Plutarque) sur lequel il est malaisé d’écrire parce que les anciens traits sont difficiles à effacer (6-j<rl/.7tXuToç). Le papyrus gratté n’était guère utilisable; au contraire, ce qui fit préférer d’abord le parchemin, pour les brouillons,, c’était la facilité d’effacer et de remplacer ce qu’on venait d’écrire.

A partir du vne siècle, date de l’occupation de l’Égypte par les Arabes, le papyrus devenant dî plus en plus rare et le parchemin ne suffisant plus à la consommation, on se mit à récrire les anciens manuscrits. La préparation des palimpsestes fut un art très cultivé pendant le moyen âge. Voici une recette donnée par Mone, De tibris palimpseslis, Carlsruhe, 1855, p. 38, d’après un manuscrit de Munich du xie siècle lai. 18628) : Quicumque in semel scripto pargameno necessitate cogente ilerato scribere relit ,accipiat lac imponatque pergamenum per unius noctis spatium. Quod postquam inde sustulerit, farce aspersum , ne ubi siccari incipit in rugas contrahatur, sub pressura castiget quoad exsiccetur. Quod ubi fecerit, piomice cretaque expolitum priorem albedinis suæ nitorem recipiet. Ce fut principalement dans les cloîtres, où la pénurie du parchemin se faisait surtout sentir et où la transcription de nouveaux livres était indispensable, que cet art fut cultivé. On a beaucoup crié contre le vandalisme des moines qui auraient détruit sciemment les chefs-d’œuvre de l’antiquité classique pour copier des oùvrages médiocres de liturgie ou de patrologie. Mais ces déclamations ne soutiennent pas un examen impartial des faits. D’abord il y a proportionnellement autant d’écrits profanes recouvrant un texte biblique que d’écrits bibliques recouvrant un texte profane; ensuite les manuscrits qu’on sacrifiait existaient alors en plusieurs exemplaires et Ton ne pouvait pas soupçonner qu’ils deviendraient un jour Tunique exemplaire d’un auteur; enfin on ne se servait guère que de manuscrits frustes, incomplets, ou hors d’usage, dont il était impossible de prévoir quelle serait la valeur aux yeux de la postérité. C’est ainsi que le fameux codex de Wolfenbültel ( Weissenburg , 64), dont deux cent douze feuillets sur trois cent trente sont palimpsestes, n’a pas absorbé, selon Ivnittel, Ulphilæ versio GoLhica, p. 118, moins de dix-sept débris d’ouvrages et les cent quarantehuit feuillets palimpsestes du Vaticanus, lat. 2061, sont empruntés à six anciens manuscrits. Un des palimpsestes les plus précieux, celui qui fut découvert en 1892, à Sainte-Catherine du Sinaï, par Mmc Lewis, se compose de cent quatre-vingt-deux feuillets, tous récrits. Dans ce nombre cent quarante-deux feuillets sont empruntés à un ancien codex syriaque des Évangiles, quatre à un manuscrit grec du ive siècle, douze à un autre manuscrit grec du vme siècle dont le texte n’a pas élé identifié, et le reste à un recueil syriaque d’apocryphes ( Actes de Thomas et Dormition de Marie). — La pénurie du parchemin dura jusqu’au xie ou xne siècle, époque de la diffusion du papier de chiffons et de coton. Lorsqu’un parchemin a été gratté au canif, la première écriture est d’ordinaire irrémédiablement perdue ; mais lorsqu’il a été simplement frotté à la pierre ponce ou traité par un procédé moins radical, il est encore possible de la déchiffrer, surtout à l’aide de quelque réactif chimique. A vrai dire, la chimie a été souvent appliquée trop indiscrètement. En Italie, on a surtout employé la noix de galle qui brunit le manuscrit et le I noircit même à la longue jusqu’à le rendre illisible et

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