‹ Dictionnaire de la Bible (volume 3)Chapitre 36 sur 389 · Moissonneurs égyptiens. Musée du Louvre · texte numérisé non relu

Moissonneurs égyptiens. Musée du Louvre

Paris, 1866, t. r, col. 1249-1251 ; G. Brunet, Dictionnaire des apocryphes deMigne, Paris, 1858, t. n, col. 631-634.

E. Mangenot.

2. MOÏSE (APOCALYPSE DE), livre apocryphe. Voir Apocalypses apocryphes, t. i, col. 764-765.

3. MOÏSE (ASSOMPTION DE), livre apocryphe. Voir Apocalypses apocryphes, t. i, col. 759.

MOISSON (hébreu : qâsîr ; Septante ; ôepto-pA;; Vulgate : messis), récolle des céréales (fig. 304). Voir t. i, fig. 45, col. 277-278. TJour celle des fruits, voir Récolte, Vendange.

I. Au sens propre. — 1° Son époque. — En Palestine, la moisson de l’orge se faisait en avril et s’ouvrait légalement le second jour de la fête de la Pâque; celle du blé pouvait tarder jusqu’en mai. Sur les plateaux, les moissons mûrissaient moins vite. Un peu après la Pâque, les apôtres trouvent déjà du blé mûr et le mangent. Matth., xii, 1 ; Luc., vi, 1. On comptait sur la pluie de l’arrièresaison ou du printemps pour rendre la moisson abondante. Deut., xi, 14; Jer., ni, 3; v, 24. Si elle faisait défaut,

nir très forte, Is. , xvm, 4, le Jourdain, grossi par la fonte des neiges du Liban, débordait, Jos., m, 15, et la neige fournissait un rafraîchissement apprécié. Prov., xxv, 13. Les semailles se faisaient depuis la seconde quinzaine d’octobre jusqu'en décembre, quelquefois même jusque soixante-dix jours avant la Pâque. Cf. Babyl. Berachoth, f. 18, 2; Menachoth, f. 85, 1. C’est donc entre novembre et janvier que Notre-Seigneur pouvait dire à ses apôtres : « Encore quatre mois, stl Tîrpàp-pvoç âori (sous-entendu xpôvoç), encore (un temps) de quatre mois, et c’est la moisson. » Joa., iv, 35. La présence du mot Sri, « encore, » ne semble pas indiquer que la phrase de Notre-Seigneur soit un proverbe pouvant se dire en tout temps. 11 n’en est pas moins possible pourtant de la prendre en ce sens; car, en Palestine, les moissons mettent à peu près régulièrement quatre mois à mûrir; elles sont plus ou moins tardives selon que les semailles elles-mêmes l’ont été. Cf. Le Camus, La vie de N. -S. J.-C., Paris, 1901, p. 339.

2» Ses conditions. - On coupait le blé ou l’orge à la faucille, Is., xvii, 5, ordinairement assez près de l’épi, Job, xxiv, 24, de manière à n’avoir pas trop à se courber

MOISSON

pour moissonner. C’est ainsi que procédaient les moisson- ' semblait en tas, Rutli, m, 7, pour les transporter ensuite ncurs égyptiens (fig. 30 i) . Voir aussi t. i, fig. 45, col. 277; | à dos d’animaux ou sur des chariots, Am., n, 13, soit dans

t. il, fig. 629, 670, col. 2181, 2183. De la main gauche, on | des greniers, Matth., xiii, 30, soit plus ordinairement saisissait une poignée d’épis et on la coupait de la droite. I jusqu’à l’aire où l’on battait le grain. Voir Aire, t. i, On faisait des gerbes, Ps. cxxix (cxxvm), 7, qu’on ras- i col. 324. La moisson était accompagnée de réjouissances.

MOISSON

Is., ix, 3. Sur le second registre supérieur cle la figure 305 qui reproduit une scène de moisson, on voit à gauche un joueur de ilùte et en face de lui un autre Égyptien qui bat des mains en cadence et chante probablement, pour entrainer les moissonneurs à la besogne. Les gais propos et les rafraîchissements achevaient d’entretenir les courages. Cf. Maspero, Histoire ancienne des peuples de l’Orient, t. i, p. 342; kl., Mudes égyptiennes , La culture et les bestiaux dans les tableaux de l’Ancien Empire, in-8°, Paris, 1888. C’était une honte de dormir à l'heure où il fallait moissonner. Prov., x, 5. — Après le déluge, Dieu avait promis à Noé que désormais les moissons se succéderaient régulièrement. Gen., vm, 22. Mais divers accidents pouvaient empêcher le maître

sommer sur place. Dent., xxm, 25. Le droit de glanage était aussi consacré par la loi. Lev., xtx, 9; Deut., xxiv, 19. Voir Glanage, t. ni, col. 249. Cf. Is., xvii, 5. On ne pouvait moissonner ni l’année sabbatique ni l’année jubilaire. Lev., xxv, 5, 11. Quelquefois une année sabbatique et une année jubilaire, en se suivant immédiatement, empêchaient deux moissons consécutives. IV P.eg., xix, 29; Is., xxxvii, 30. Voir Jubilaire (Année), t. iii, col. 1750. A la fête de la Pâque, on présentait au sanctuaire les prémices de la moisson de l’orge, qui mûrissait avant le blé. Exod., xxxiv, 22, et, à la Pentecôte, celles de la moisson du blé. Lev., xxm, 10. Cette dernière fête, qui terminait la période de la moisson, s’appelait hag haq-qàsîr, « fête de la moisson. » Exod., xxm, 16.

306. — La moisson dans la Palestine actuelle (dans la plaine au

du champ de moissonner : la sécheresse, qui ne per- 1 mettait pas au grain de germer et engendrait la fa- > mine, Gen., xlv, 6; le pillage de la moisson par les affamés, quand le maître ne veillait pas, Job, v, 5; l'incendie de la moisson encore sur pied, Jud., xv, 5; Judith, il, 17; les ravages des sauterelles. Joël, i, 11, elc. Le paresseux et le contemplateur de nuages ne devaient pas s'attendre à recueillir une moisson. Prov., xx, 4; Eccle., xi, 4; II Cor., ix, 6. — Les moissons de Palestine étaient assez abondantes pour fournir les marchés d’exportation de Tyr. Ezecli., xxvii, 17 ; cf. Is., xxxvi, 17. — Les oiseaux du ciel sont nourris par la Providence sans avoir besoin de semer ni de moissonner. Matth., vi, 26; Luc., xii, 24.

3° Dispositions législatives. — L’observation du sabbat était rigoureusement prescrite, môme en temps de labourage ou de moisson. Exod., xxxiv, 21. En moissonnant, on devait laisser un coin du champ pour le pauvre. Lev., xix, 9; xxm, 22. En dehors de ce cas, personne ne pouvait moissonner dans le champ d’autrui; mais le passant avait le droit d’y cueillir des épis pour les con-

i sud de Jérusalem). D’après une photographie de M. L. Ileidet.

! 4° Coutumes juives. — Voici comment les Juifs s’ac-

quittaient de ces dernières prescriptions. Le soir de la Pâque, dès le début de la nuit qui commençait le 16 du mois de nisan. des délégués du sanhédrin partaient solennellement de Jérusalem avec une corbeille et une faucille, traversaient le Cédron, et, dans un champ voisin, coupaient une certaine quantité d’orge, acheté aux frais du trésor. Ils l’apportaient aux prêtres dans les parvis du Temple. Ceux-ci en tiraient un dixième d’éphi de tleur de farine, qu’ils mélangeaient d’huile et d’encens, pour faire les gâteaux qui devaient être offerts, puis mangés par les prêtres. Josèphe, Ant. jud., III, x, 5, dit que l’on croyait juste de faire honneur à Dieu des prémices de l'orge, pour le remercier des biens reçus de sa munificence. Tant que cette offrande de prémices n’était pas faite, personne n’avait le droit de mettre la faucille au blé, à l’orge, à l’épeautre, à l’avoine ou au seigle. Cf. Sukka. ni, 12; Gem., Rosch Hascliana, 7,, 2; Cltalla, i, 1; Menachoth, x, 3; vi, 6; Schekahm, iv, 1. Quand les Apôtres prirent des épis dans un champ et les frois sèrent, la Pâque était donc certainement passée; car,

MOISSON

Page 1