‹ Dictionnaire de la Bible (volume 3)Chapitre 59 sur 389 · MOR1AH (TERRE DE · texte numérisé non relu

MOR1AH (TERRE DE

arides autour de Jéricho et sur les bords de la mer Morte. C'est un arbrisseau d’aspect blanchâtre à cause du duvet qui recouvre toutes ses parties. Les rameaux sont chargés d’épines courtes, recourbées, à base élargie et comprimée, d'abord velues, puis glabres. Les feuilles pétiolées ont un limbe ovale, à base obliquement cordiforme, superficiellement ondulé-crénelé. Les fleurs disposées en cymes extra-axillaires ont une corolle bleu-pourprée trois fois plus longue que le calice. Elles demeurent stériles, à l’exception d’une seule à la base de l'inllorescence qui produit une baie globuleuse de la grosseur d'une cerise. Les fleurs du sommet ne portent que des étamines à anthères commentes et s’ouvrant par un pore apicilaire. Linné l'avait appelé Solanum sanction, devenu S. H ierochontinum pour Dunal; c’est encore le 6’. coagidans de Forskal (fig. 353). F. Hy.

II. Exégèse. — Le hédéq se présente deux fois dans la Sainte Écriture, Prov., xv, 19, et Midi., vu, 4. Dans ces deux endroits il est pris comme terme de comparaison :

Le chemin du paresseux est comme une haie de hédéq,

Mais le sentier des hommes droits est aplani.

(Prov., xv, 19.)

Michée, après avoir remarqué que les hommes de bien ont pour ainsi dire disparu du pays de J uda, ajoule, vu, 4 :

Le meilleur d’entre eux est pareil au hédéq,

Le plus droit est pire qu’une haie de ronces.

Le contexte, les versions, les commentaires rabbiniques s entendent à voir dans le hédéq, une épine. Mais quelle espèce particulière? Ni le contexte, ni les versions ne l’indiquent. Si les docteurs juifs sont d’accord pour chercher une espèce particulière d’épine, ils la déterminent de façon très diverse. Plus communément et à juste raison on rapproche le hédéq hébreu du hadaq, arabe. O. Celsius, Hierobotanicon ,

Amsterdam, 1748, t. n, p. 40. C’est une plante épineuse de la famille des Solanées; en Palestine et en Arabie on donne le nom de hadaq au Solanum coagulans de Forskal, le même que le Solanum Sanctum de Linné. On le trouve dans la vallée du Jourdain, et autour de la mer Morte. Ibn El Beithar, Traité des Simples, dans Notices et Extraits des manuscrits de la Bibliothèque nationale, t. xxm, lre partie, 1877, p. 424, applique aussi ce nom de hadaq au Solanum cordatum de Forskal : ;c C’est le nom arabe que l’on donne, à Jérusalem et dans les environs, à une espèce d'aubergine sauvage qui croit à Jéricho et dans toute la vallée du Jourdain. Elle porte des piquants recourbés. Le fruit d’abord vert, passe ensuite au jaune. Son volume est celui d’une noix et sa forme celle d’une aubergine, et il en est de même des feuilles et des branches. Il en est de même dans le Yémen, où cette plante est pareillement connue. Il en est une autre espèce moins grande, très épineuse, à feuilles petites, à rameaux grêles, s’élevant à la hauteur d’une coudée. » Les Arabes lui donnent le nom de chardon du scorpion. — Si les Septante au lieu de traduire par épine dans Michée, vu, 4, ont rendu par cr,; ixTpwYtov, tinea comedens, le mot hébreu, c’est qu’à la place de la leçon actuelle pins, kehédéq, sicut spina, ils ont dû lire ap-im, kehârôqèb , comme l’animal qui ronge (fait tomber en pourriture) les arbres.

E. Levesque.

MORIAH (héb reu : Môriyâli), nom, dans l’hébreu, d’une contrée et d’une montagne de la Palestine. Gen., xxn, 2; II Par., in, I. La Vulgate ne mentionne que la montagne, Moria. II Par., ni, 1.

1. MORIAH (Terre de) (hébreu ’érés ham-Môriyâh; Septante; r, yr, p •j,irl'/.rl; Yulgate : terra visionis), contrée de la Palestine, où se trouvait la montagne sur laquelle Abraham devait immoler Isaac. Gen., xxii, 2. L’embarras des versions pour rendre le rnot n-nb,

Môriyâh, montre combien il est difficile d’en découvrir la véritable étymologie. Les Septante, en le traduisant par ûtkïjXvj, semblent avoir lu Dîna, mârôm, « élevé. »

Certains auteurs prétendent qu’ils l’ont plutôt rattaché à la racine nto, rd'dh, « voir, » dont le participe fémi-

nin hophal nmn, mor’âh, correspondant à « ce qui est

visible de loin », équivaut à « une chose élevée ». Cf. Rosenmiiller, Scholia in Vêtus Teslamentum, Gen., Leipzig, 1821, p. 369. De même Aquila, en mettant xavacpavr], « apparent, évident, » le rapproche de nNl,

« voir, » selon les uns, de biN, 'or, « briller, » selon les autres. On reconnaît la racine rwi, râ'âh, dans le Pen-

taleuque samaritain, rmnnn, que la version samaritaine rend par nnun, « vision; » dans Symmaque : t7|Ç ÔTCTcoriaç; dans la Vulgate : visionis. Le Targum d’Onkelos : Ninb’is ruHN, 'ar'âh fûlliânâh , s terre du

culte » ou « de l’adoration », et la version arabe ^^1 — jïJ \ , 'arcl eV-abàdat, qui a le même sens, supposent la racine yârê', « craindre, honorer. » La version

syriaque : , (< la terre des Amorrhéens, »

a lu nfcNn, hâ-’Émôri, au lieu de rvnan, ham-Môriyydh.

Les Amorrhéens étaient la plus importante des tribus qui occupaient la Palestine avant l’arrivée des Israélites. Il semble que pour l'auteur sacré lui-même, Môriyâh, est un dérivé de raâh, puisqu’il dit au f. 14 : « Abraham appela le nom de ce lieu nxv ~in>, Yehovâh ir'éh,

Jéhovah voit, » c'est-à-dire « pourvoit» ou « pourvoira », allusion à la réponse faite par le patriarche à son li ls, demandant où était la victime, v. 8. La difficulté est d’expliquer grammaticalement la formation de ce mot, qui devrait être, avec le participe hophal, runsnc, Mor’éh

Yâh, çaveptofisiç Kùpioç, et, avec le substantif « vision », ru nsm, Mar'êh Yâh, « vision du Seigneur. » Quelques

auteurs cependant expliquent et admettent cette contraction. Cf. Rosenmüller, Scholia in Genesim, p. 369. Gesenius, Thésaurus, p. 819, suppose que l’étymologie première se rattache plutôt à la racine mn, mdrâh, dont

Môriyyâh serait le participe féminin, avec la signification de « réfractaire, résistant », c’est-à-dire « citadelle, sommet de montagne ». C. J. Bail, The Book of Genesis, Leipzig, 1896, p. 74, conclut ainsi : « En tout cas, ru,

Yâh, ne peut être le nom divin, qui ne se trouva jamais dans les noms de lieu, et comme l’ethnique no, nno, est inconnu, on est tenté de croire avec Bleek que la leçon originale était man yiM, ’eré? ham-Môréh, « la

terre » ou « la chênaie de Môréh » (près de Sichem, Gen., xii, 6; Jud., vu, 1), qui aura été altérée plus tard intentionnellement à cause du Temple samaritain. Mais, en somme, nous préférons la leçon ou conjecture de la version syriaque (terre des Amorrhéens), malgré l’allusion évidente des y. 8 et 14 à l’étymologie de Môriyâh. » On voit que le problème est loin d’être élucidé.

La situation de cette « terre de Moriah » n’est pas plus facile à déterminer. La montagne du sacrifice n’était qu'une des montagnes de ce pays. Le texte sacré n’en donne pas le nom ; il nous dit seulement que « le troisième jour [depuis son départ de Bersabée], Abraham, levant les yeux, aperçut l’endroit au loin ». Gen., xxii, 4. L’indication est trop vague pour qu’on puisse même hasarder des conjectures. La tradition juive a identifié le lieu de l’immolation avec le mont Moria ou la colline du Temple, à Jérusalem. Ce n’est qu’une tradition relativement tardive etqui n’a rien de certain. Voir Moriah 2 On a pensé aussi, comme nous venons de le voir, que | la contrée de Moriah pouvait être celle où se trouvait ! « la chênaie de Moréh », min )ibN ’êlôn Môréh, c’est-à-

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