‹ Dictionnaire de la Bible (volume 3)Chapitre 68 sur 389 · IV · texte numérisé non relu

IV

MORTS

2" Leur séjour dan? le pays d’Égypte permit aux Hébreux d’observer la place très considérable que le culte des morts tenait dans la vie des Égyptiens. Chez ces derniers, les tombeaux étaient les véritables demeures de l’homme, des demeures éternelles, àiSioi oi'xot. Diodore de Sicile, i, 51. Les morts, avec leurs corps momifiés, y séjournaient entourés par les représentations des objets et même des serviteurs dont ils avaient besoin pour continuer dans l’autre vie les occupations de la vie présente. L’âme, souvent figuré dans les peintures par un petit être ailé, revenait vers sa momie, et y jouissait du culte que ses proches venaient lui rendre. Un rituel ou Livre des morts déposé dans la tombe indiquait à l’âme ce qu’elle devait savoir et faire pour arriver jusqu’aux dieux Ilorus et Osiris, y subir son jugement, et enfin d’être admise aux jouissances de l’autre vie. Le culte des morts se compliquait de multiples invocations aux dieux, de sacrifices, de festins funèbres et de toutes sortes de pratiques superstitieuses. Cf. Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, Paris, 6e édit., t. ni, p. 524-527 ; Maspero, Histoire ancienne des peuples de l'Orient classique, Paris, t. I, 1895, p. 180-194. Rien n’est plus frappant que la différence qui subsista toujours entre les Égyptiens et les Hébreux, malgré quatre cents ans de voisinage immédiat, dans la manière de concevoir et de pratiquer le culte des morts. Chez les Hébreux, ce culte est réduit à la plus simple expression. Il faut des circonstances exceptionnelles, comme la mort de ■lacob, Gen., l, 1-3, 7-11, ou celle de Joseph, Gen., l, 26, pour que ces derniers empruntent aux Égyptiens quelques-uns des détails matériels de leur culte des morts.

3° Chez les Chaldéens, ancêtres des Hébreux, le culte des morts était beaucoup plus sommaire. On croyait à la survivance de l’âme, sans toutefois regarder son sort comme indissolublement lié à celui du corps. On tenait à ne pas laisser ce dernier à l’abandon, mais on lui donnait une sépulture assez simple, ou même on le brûlait. L’esprit du mort abandonné sans sépulture revenait tourmenter les vivants, jusqu’à ce qu’il eût obtenu la nourriture, les vêtements, les armes dont il était censé avoir besoin dans l’autre monde ; prières, libations, offrandes s’imposaient également à ses enfants et à ses héritiers. En retour de ces dons divers, il les protégeait. Cf. Maspero, LIistoire ancienne, t. i, p. 683-689. Dans un rituel babylonien à l’usage des exorcistes, publié par H. Zirnmern, Beitrâge zur Kenntnis der babylonischen Religion, Leipzig, 1901, n. 52, les morts qui tourmentent les hommes reçoivent des libations et même de la viande, au cours d’un sacrifice aux dieux, mais ils n’apparaissent ni bons et puissants comme les dieux, ni méchants et redoutables comme les démons. Il suffit de les apaiser en les rassasiant; il n’est pas question de les prier ni de leur offrir un sacrifice. Ci. Lagrange, Les prêtres babyloniens, dans la Revue biblique, 1901, p. 401, 402.

4° Moïse dut épurer ces croyances chaldéennes au sujet des morts. Il ordonna aux Hébreux de formuler solennellement cette protestation devant le Seigneur, quand ils prenaient part aux festins qui suivaient l’acquittement des dîmes: « Je n’ai rien mangé de ces choses pendant mon deuil, je n’en ai rien distrait pour un usage impur, je n’en ai rien donné à l’occasion d’un mort. » Deut., xxvi, 14. La pratique chaldéenne de l’offrande d’aliments aux morts était donc interdite. Pour ôter toute idée de culte idolâtrique rendu aux morts, Moïse prit soin de passer presque complètement sous silence la doctrine de l’immortalité de l’âme. Le culte spiritualiste imposé aux Hébreux devait suffire, en effet, pour les détourner du grossier matérialisme et maintenir dans leurs esprits la croyance naturelle à l’autre vie. I)e fait, c’est seulement dans les derniers temps avant Jésus-Christ que les doctrines matérialistes, accueillies de temps en temps

par des esprits superficiels, Is., xxn, 13, eurent des adeptes plus nombreux, Sap., n, 1-11, et prirent corps dans la secte des sadducéens. Enfin, c’est encore pour empêcher toute tentative de culte superstitieux, que Dieu fit ensevelir Aaron au mont Hor, dans la péninsule Sinaïtique, Num., xx, 25-28, et Moïse, dans une vallée du pays de Moab, Deut., xxxiv, 5-6, en un endroit où son sépulcre resta à jamais caché. Moïse avait pris soin d’insérer dans sa législation une prohibition sévère de toutes les pratiques se rattachant à la nécromancie. Voir Évocation DES MORTS, t. Il, col. 2128.

IL Le culte des morts chez les Hébreux. — 1» Le culte des morts obligeait les Hébreux à certains devoirs envers la dépouille de ceux qui n’étaient plus. Voir Embaumement, t. n, col. 1728; Ensevelissement, t. n, col. 1816; Funérailles, t. ii, col. 2421. La privation de sépulture était considérée comme une malédiction des plus graves. .1er., vm, 2; xiv, 16; xvi, 4, 6; xxii, 19; I Mach., vu, 17, etc. Il n’était pas permis de laisser un cadavre humain à la surface du sol. Le mort ainsi abandonné était appelé met misvdh, « mort de précepte, » parce qu’il y avait obligation pour quiconque le rencontrait, fût-il même prêtre, nazaréen ou grand-prêtre, de lui procurer la sépulture. On pouvait l’inhumer là où il se trouvait. Cl. Reland, Palestina illustrata, Utrecht, 1714, t. i, p. 261 ; Antiquitates sacræ, Utrecht, 1741, p. 79; Iken, Antiquitates hebraicæ, Erême, 1741, p. 613. Aux soins matériels envers les morts se joignait l’expression du chagrin. Voir Deuil, t. ii, col. 1396. Les sages recommandaient de ne s’y abandonner qu’avec mesure. Eccli., xxxvm, 16-24; cf. vu, 37; xxn, 10.

2° Mais il y avait dans la législation mosaïque des prescriptions qui mettaient nécessairement obstacle à toute exagération dans le culte des morts. Au contact d’un mort ou de ses restes, tout Israélite contractait une grave impureté qui le séparait pratiquement de la société de ses semblables pendant sept jours entiers et l’obligeait à des purifications importantes. Num., xix, 2-22. Voir Lustration, col. 423. II était difficile à l’Israélite d’éprouver la tentation de rendre des honneurs superstitieux à un cadavre ou à un tombeau qui lui faisaient contracter des impuretés si gênantes. Il devait être porté bien plutôt à s’en éloigner. A l’époque de Notre-Seigneur, les Juifs rebâtissaient les tombeaux des prophètes et les décoraient. Matth., xxm, 29;Luc.,xi, 47. C’est un des rares indices d’un hommage spécial rendu aux morls dans le cours de l’histoire juive. Le Sauveur ne le blâme pas. Il recommande cependant à son disciple de « laisser les morts ensevelir leurs morts ». Matth., vm, 22. Ce conseil paraît vouloir faire entendre que, sous la loi nouvelle, il n’y aura plus à s’embarrasser des longues formalités qui entravent celui qui a perdu l’un des siens, que ces soins et l’impureté prolongée qu’ils entraînent devront être abandonnés aux morts, c’est-à-dire à ceux qui ne sont pas entrés dans la vie évangélique.

3° Dans l’histoire de Tobie, l’ensevelissement des morts apparaît comme une œuvre de pitié digne de louange. Le saint homme vit dans un pays où la privation de sépulture est regardée comme un grand malheur. Il procure donc une dernière demeure aux morts et aux victimes des persécuteurs. Tob., I, 20, 21. Il est momentanément victime de sa charité, Tob., il, 3-5, 10, 11, mais à la fin l’ange Raphaël lui assure que sa conduite a été agréable à Dieu. Tob., xii, 12.

III. La prière pour les morts. — 1° II n’est question de la prière pour les morts que dans l’un des derniers livres de l’Ancien Testament. A la suite d’une victoire, Judas Machabée se mit en devoir de procurer la sépulture à ceux de ses compagnons qui avaient péri dans le combat. Mais on s’aperçut que les morts portaient sous leurs tuniques des ex-voto idolàtriques ramassés à Jamnia. Alors même que ce fait n’impliquait aucune adhésion à l’idolâtrie, il y avait là cependant une souillure

MORTS

MOSÉROTII

et une infraction à la loi mosaïque. On y vit la cause de la mort qui avait frappé ces hommes. Judas Machabée fit alors une collecte dont le produit fut envoyé à Jérusalem, afin que des sacrifices fussent offerts pour les péchés de ces soldats. L’auteur sacré observe ici que cette offrande de sacrifices suppose la foi en la résurrection, et la récompense assurée à ceux qui sont morts dans la piété, mais que ceux-ci toutefois ont besoin d’être délivrés de leurs péchés. II Mach., xii, 39-46. La pratique des sacrifices offerts pour les morts ne se constate dans aucun des livres sacrés antérieurs à cette époque.

2° Dans le Nouveau Testament, il est question de baptême pour les morts, I Cor., xv, 29, baptême que des chrétiens recevaient à la place de personnes mortes sans l’avoir reçu, et auquel ils attribuaient à tort une efficacité. Voir Baptême des morts, t. i, col. 1441. Saint Paul recommande aussi aux chrétiens de ne pas s’affliger, au sujet de leurs morts, comme ceux qui n’ont pas d'espérance. I Thés., iv, 13. Il fait allusion au feu du purgatoire qui doit éprouver la solidité des œuvres de celui qui passe dans l’autre vie. I Cor., m, 13-15. Il ne mentionne pas expressément la prière pour les morts; la pratique de cette prière remonte néanmoins aux origines de l’Église. On trouve le memento des défunts dans les plus anciennes rédactions de la messe romaine ou gallicane. Cf. L. Duchesne, Origines du culte chrétien, Paris, 1889, p. 174, 201. Les Juifs ont aussi introduit cette prière dans leurs usages. Pendant onze mois, le fils récitait une formule spéciale pour Pâme de son père et, chaque sabbat, à la synagogue, on disait une prière pour les morts. Cf. Iken, Antiquilates hebraicæ, p. 615.

IV. Les morts spirituels. — 1° Ce sont ceux qui ont perdu la vie spirituelle de l’âme, celle qui résulte de l’union de l’âme avec Dieu. Dans l’Ancien Testament les morts spirituels sont les pécheurs, qui se détournent du bien pour courir à la mort de l’âme. Prov., vin, 36; Sop., i, 12 ; Eccli., xxxvii, 21 ; Jer., xxi, 8, etc. Dans le Nouveau, ce sont aussi les pécheurs, Col., n, 13, et ceux qui refusent la vie nouvelle apportée par le Sauveur. Joa., m, 36; v, 40; vi, 54; xx, 31; Eph., n, 1, 5, etc. Certains chrétiens s’imaginent avoir cette vie et cependant sont morts. Apoc., ni, 1. Ceux dont la foi n’est pas agissante et ne produit pas de bonnes œuvres ont une foi morte. Jac., il, 17, 20, 26. — 2° Les Apôtres parlent aussi de ceux qui sont morts, non plus à la vie surnaturelle, mais au mal, au péché, Rom., vi, 2, 11; I Pet., ii, 24, en union avec Jésus-Christ, Rom., vi, 8; Col., il, 20, dont ils partagent la vie cachée, dans la mesure où ils sont véritablement morts aux choses mauvaises de ce monde. Col., m, 3. H. Lesêtre.

MOSA, nom dans la Vulgate de trois Israélites. Deux d’entre eux s’appellent en hébreu Môsâ, « issue, sortie, » le nom du troisième est écrit Mêsa dans l’original. Un nom de ville dont l’orthographe diffère à peine de celle des deux premiers noms, Môçâh, et qui a la même signification, est traduit dans la Vulgate par Amosa, t. i, col. 519.

î. MOSA (hébreu : Mô?à’ ; Septante: M oui), de la tribu de Juda, le second des trois fils que Caleb, fils d Hesron (Caleb 2, voir t. n, col. 58) eut d’une de ses femmes de second rang appelée Épha. I Par., n, 46.

2. MOSA (hébreu : Mêsa', « lieu de retraite, solitaire [?J; » Septante : Mnjâ ; Alexandrinus : Mo-zâ), le troisième des sept fils que Saharaïm, de la tribu de Benjamin, engendra, dans le pays de Moab, de sa femme Hodès. I Par., viii, 9.

3. MOSA (hébreu: Môsâ'; Septante: Mxtsx, I Par., Tin, 36, 37 ; .4Ix(7xx, I Par., ix, 42, 43; Lucien : Maxrâ),

descendant du roi Saïil, fils de Zamir et père de Banaa, I Par., vm, 36, 37 ; ix, 42, 43.

MOSEL (hébreu : Me'ûzzâl; Septanle : il ’AirrjX), nom de lieu, dans la Vulgate Ezech., xvn, 19 Saint Jérôme a considéré le Me initial comme faisant partie du nom propre. Les commentateurs s’accordent généralement aujourd'hui à voir, comme les Septante, une préposition dans me, « de, » et ils traduisent : c< de Uzal, » ou « depuis Uzal ». Uzal désigne dans Ézéchiel une localité d’Arabie. Voir Uzal.

MOSER Nonnosus, bénédictin bavarois, né le 13 février 1694, mort le 22 novembre 1756. Il fut abbé du monastère d’Attel et publia : Psalterium Davidis in très partes distributum explanalione litterali ac myslica affectuose ac in niodum meditationum dilucidalum. Accédant Cantica canticorum Salomonis, in-4 ’, Straubingen, 1741. — Voir Ziegelbauer, Historia rei literariæ Ordinis S. Ben., t. iv, p. 35, 39; [D. François], Bibliothèque générale des écrivains de l'Ordre de Saint-Benoit, t. ii, p. 335. B. Heurtebize.

MOSERA (1 îébreu : Môsérdh; Septante : MtaaSxi), station des Israélites dans le désert, où mourut et fut enseveli Aaron. Deut., x, 6. Elle est mentionnée entre Béroth des fils de Jacan (hébreu : Be’êrôt Benê Ya’âqdn) ou simplement Benéjaacan (hébreu : Benê Ya’âqdn), d’après Num., xxxm, 31, 32, et Gadgad. Môsêrdh est ou un nom avec hé local, Môsêr-âh, ou un substantif féminin, dont le pluriel est Môsêrôt. Quoi qu’il en soit, on le regarde généralement comme identique a Mosérolh, dont il est question dans le catalogue des stations du désert. Num., xxxm, 30-31. Mais cette assimilation fait naître une difficulté, une sorte de contradition entre les deux textes. D’après Deut., x, 6, les entants d’Israël allèrent de Béroth-Benéjaacan à Moséra, puis à Gadgad. D’après Num., xxxm, 30-31, ils allèrent au contraire de Moséroth à Benéjaacan et à Gadgad. D’après Deut., x, 6, Aaron mourut à la première station après Benéjaacan, tandis que ce fut à la sixième, d’aprcs Num., xxxm, 31-38. Quelques auteurs ont cherché une solution en imposant aux Israélites des allées et venues assez compliquées et d’ailleurs invraisemblables. La critique littéraire nous fournit probablemenl la meilleure explication. Le j. 6 de Deut., x, fait partie d’un petit bloc erratique, j K 6-9, encastré dans les discours de Moïse. Il est facile de voir, à la simple lecture, que le morceau ne se rattache ni à ce qui précédé ni à ce qui suit. On peut donc, selon toute vraisemblance, pour ne pas dire toute évidence, regarder les f. 6 et 7 comme un fragment de l’itinéraire des Hébreux, correspondant à celui de Num., xxxm, 30-33. On trouve les mêmes noms dans les deux textes : Moséra= Moséroth, Benéjaacan=Béroth-Bénéjaacan, mont Gagdad=Gadgad, Jétébatha. La recension deutéronomique offrirait ainsi une variante rédactionnelle par rapport à l’ordre des stations Moséra et Benéjaacan, à moins qu’on n’aille jusqu’à supposer un aller et retour entre les deux points. Léon de Laborde, Commentaire géographique sur l’Exode et les Nombres, in-f», Paris et Leipzig, 1841, p. 122-123, avait déjà, à la suite de plusieurs exégètes, admis, non sans hésitation, cette interpolation. Elle est aujourd’hui acceptée sans réserve par des auteurs catholiques, comme F. de Hummelauer, Comment, in Deut., Paris, 1901, p. 265. Mais il reste encore à expliquer comment Moséra, qui est identique à Moséroth, peut être le lieu de la mort et de la sépulture d'Aaron, puisque Moséroth est séparé par plusieurs stations du mont Hor. Num., xxxm, 30-37. Voir Mosérotii.

A. Legendre.

MOSÉROTH (hébreu : Môsêrôt; Septante : Vati canus : MaccroupcoCl, Num., xxxm, 30; MaccoupovO, .

MOSÉROTH

MOSOCH

xxxm, 31; Alexandrinus : Maaopo û0, dans les deux endroits), un des campements des Israélites dans le désert. Num., xxxm, 30, 31. Il est cité entre llesmona (hébreu : Hasmônâh) et Benéjaacan (hébreu : Benê Ya’âqân). Môsêrôt est généralement regardé comme le pluriel de Môsêrâh, qui indique, Deut., x, 6, le lieu de la mort et de la sépulture d’Aaron, Or, nous savons par d’autres textes, Num., xx, 25-30; xxxm, 38, qu’Aaron mourut sur le mont Hor. La situation de cette montagne est aujourd’hui discutée. Voir Hor 1, c. m, col. 747. Mais quelle que soit l’opinion qu’on adopte, on doit conclure que Moséra-Moséroth était une station voisine de ce lieu célèbre. Cependant Moséroth, dans le catalogue des campements israélites, est éloigné de Hor. Cf. Num., xxxm, 30-38. Comment résoudre cette difliculté? Par une simple transposition, qui, du reste, est exigée par le contexte lui-même. Si l’on maintient, en effet, l’ordre des stations suivant le texte actuel, les Hébreux sont conduits en une seule étape d’Asiongaber, sur le golfe Elanitique, à Cadés, actuellement Ain Qedéis, loin vers le nord-ouest. L’auteur du catalogue si détaillé ne pouvait ignorer le situation de ces points importants. Il n’a pas dû vouloir non plus s’écarter délibérément de la tradition qui ne conduisait les Israélites à Asiongaber qu’après l’échec de la tentative de Cadés, et pour tourner le territoire iduméen. Pour trouver les stations intermédiaires entre Asiongaber et Cadès, il suffit de transporter les f. 36b-4'la après le jr. 30. De cette façon, Moséroth vient immédiatement après le mont Hor, et l’on explique très bien ainsi comment la tradition pouvait indifféremment désigner le lieu de la mort d’Aaron par Hor ou Moséra=Moséroth. Ct. M. J. Lagrange, L'itinéraire des Israélites du pays de Gessen aux bords du Jourdain, dans la Revue biblique, 1900, p. 273. — On a proposé d’identifier Moséra ou Moséroth avec le Djebel Madera, montagne isolée, située au nord-est d’Aïn Qedéis. Cf. H. Clay Trumbull, Kadesh-Barnea, New- York, 1884, p. 132-139. Cette hypothèse demande confirmation. Cf. H. Guthe, U. Clay Trumbull’s Kadesh Barnea, dans la Zeitschrift des Deutschen Palastina-Vereins, Leipzig, t. vm, 1885, p. 213. A. Legendre.

MOSES BEN NACHMAN. Y’oir Nachmanide.

MOSOBAB (h ébreu : Mesôbdb, « revenu ; » Septante : Mocoêiê), un des chefs de la tribu de Siméon qui, avec plusieurs de ses compatriotes, se trouvant trop à l’étroit dans leur pays, émigrèrent à Gador, du temps du roi Ézéchias. I Par., iv, 34. Voir Gador, t. ni, col. 34.

MOSOCr! (hébreu : Mésék; Septante : Moto y), mentionné dans la table ethnographique de la Genèse, x, 2; ct. I Par., I, 5, comme le sixième des sept descendants de Japhet, entre Thubal et Thiras, éponyme d’un peuple d’Asie Mineure, désigné par Hérodote et Strabon sous le nom de Môt/cu, et souvent mentionné dans les inscriptions assyriennes sous la forme Mu-us-ki ou Mu-us-ki, contrée et peuple. On voit par ces transcriptions grecque et assyriennes que les Septante et la Vulgate ont mieux conservé la prononciation véritable que le texte hébreu. — Quant au Mesek, Mosoch, de I Par., i, 17, c’est une erreur de copiste pour Mas, Mes, Gen., x, 23, descendant de Sem par Aram. Voir MÈs, col. 1013. Celui du Psaume exx, 5, opposé à Cédar dans l’hébreu, est employé au sens métaphorique, pour désigner une population ennemie et barbare du nord le plus lointain, comme Cédar personnifie les pillards nomades du midi; les Septante et la Vulgate l’ont rendu seulement, Ps. exix, 5, par (incolatus meus) prolonyatus est, (un exil) long et lointain.

1° Pris au sens propre, Mosoch est presque toujours accompagné de Thubal, dans la Bible, les inscriptions |

cunéiformes et Hérodote. Josèphe y voyait avec raison une nation de l’Asie Mineure, les Cappadociens, Ant. jud., I, vi, 1, qu’il localisait près des Ibères d’Asie. Cette dernière indication, mal comprise, et appliquée aux Ibères d’Espagne, a donné occasion à beaucoup d’auteurs de transporter Mosoch en Europe. Saint Jérôme, Lib. hebr. quæst. in Gen.,x, 2, t. xxm, col. 950, y voit encore après Josèphe les Cappadociens et leur capitale Mazaca ; mais les Talmuds et le Targum des Paralipomènes y voient la Mœsie Danubienne; Eusèbe, d’après Georges le Syncelle, Chronogr., édit, de Bonn, 1829, 1. 1, p. 91, y voit les Illyriens. Knobel, Die Vôlkertafel, die Genesis, Giessen, 1850, p. 119-123, y voit enfin les Ligures. Bochart a repris la localisation asiatique de Josèphe, en montrant dans Mosoch les Môc/oi d’Hérodote, toujours accompagnés dans son texte par les Tiëapvjvof comme Mosoch dans la Bible par Thubal. Cette identification a été depuis pleinement confirmée par les inscriptions cunéiformes qui placent toujours dans cette région les Muski communément accompagnés des Tabali. Elles nous apprennent que Mosoch était situé dans la Petite-Arménie, au nord-est de la Cappadoce, au nord de la Mélitène, au delà des frontières septentrionales de l’Assyrie, dans la région montagneuse du cours supérieur de l’Euphrate, entre le Khumukh ancien ou Comagène et le Kas-ki ou pays des Cholches.

2° D’après Ézéchiel, xxvii, 13, les habitants de ce pays étaient marchands d’esclaves et d’ustensiles d’airain, et Tyrleur servait d’intermédiaire pour les écouler dans tout le bassin de la Méditerranée. Leur présence dans la table ethnographique de la Genèse montre que c’était une nation puissante. Les inscriptions assyriennes du xii' au viie siècle nous montrent les Muski comme un peuple redoutable, capable par sa vaillance et par sa situation d’accès difficile, de s’opposer à la conquête assyrienne. Théglathphalasar Ie1' (xne siècle) nous dit que les Mosques, qu’aucun roi précédent n’avait jamais soumis, envahirent la Comagène avec une armée de 20 000 hommes conduits par cinq rois; mais il les en chassa et les contraignit à payer tribut. Assur-nasir-habal (883-858) reçut encore leur tribut. Ils ne sont guère plus mentionnés jusqu’à l’époque de Sargon (722-705). Cette fois leur roi Mita s’entendit avec Rousa ou Oursa, roi d’Arménie, pour secouer la domination assyrienne, puis envahit au sud-ouest, la Cilicie, jusqu’à la Méditerranée : les généraux de Sargon les repoussèrent, imposèrent à Mita, avec un tribut, l’abandon de quelques districts que Sargon peupla d’Araméens après en avoir envoyé les habitants enChaldée. Depuis lors les Mosques ne font plus parler d’eux dans les annales assyriennes. Cependant le coup fatal leur fut porté seulement au vne siècle, par les Scythes, qui envahirent tout à la fois l’Arménie, Thubal et Mosoch au temps d’Assurbanipal ou sous ses faibles successeurs, vers l’an 650. Une cinquantaine d’années plus tard, Ézéchiel, xxxn, 26-27, menace l’Égypte d’un sort analogue à celui de « Mosoch et Thubal, et leur multitude..., morts par l’épée pour avoir semé la terreur sur la terre des vivants. » Ils sont descendus dans le sche'ôl comme Assur, Élam, Édom, c’est-à-dire que leur pouvoir a été détruit totalement comme celui de ces derniers royaumes. Plus loin, xxxviii, 2, 3 et xxxix, 1, le même prophète représente le pays de Thubal et celui de Mosoch comme appartenant en effet à Gog, que les annales d’Assurbanipal nous mentionnent comme chef des Scythes, voisin de l’Arménie. Il est vraisemblable que les vaincus se confondirent avec les envahisseurs, qui les entraînèrent dans leurs différentes expéditions vers le sud. Néanmoins une portion des Mosques résistèrent au torrent et se cantonnèrent dans le nord, ainsi que les Tabal= Thoubal=Tiëapr)Voi, jusqu’aux rives orientales du Pont- Euxin, où ils formèrent, au temps de Darius, une grande

MOSOCH

MOSOLLAM

portion de la XIXe satrapie de l’empire perse. Hérodote, iii, 94. D’après le même historien, vu, 78, ils donnèrent leur contingent à l'armée de Xerxès marchant contre laGrèce. Strabon, XI, ii, 14-18, les place un peu plus avant dans l’intérieur des terres, et dit que leur pays a été partagé entre la Colchide, l’Ibérie et l’Arménie. Voir pour les identifications anciennes, Calmet, Commentaire littéral, Genèse, 1715, p. 250, où il ne rejette pas l’opinion de Génébrard, qui voit dans Mosoch le père des Moscovites. — Bochart, Phaleg., iii, 12, édit Leusden, Amsterdam, 1692, col. 179; Schrader-Whitehouse, The Cuneiform Inscriptions and the O. T., t. i, 1885, p. 66 ; Frd. Delitzsch, Wo lag das Paradies ? 1881, p. 250 ; Schrader, Keilinschriften und Geschichtsforschungen, 1878, p. 155-162; Lenormant, Les origines de l’histoire, t. il, part, i, p. 406; part, ii, p. 181 et suiv. Voir aussi pour l’histoire de Mosoch, Maspero, Histoire ancienne, t. il, p. 591, 643; t. iii, p. 3, 16, 56, 239-244, 259; Menant, Les Annales des rois d’Assyrie, p. 36, 72, 165-167, 189; Schrader, Keilinschriflliche Bibliothek,t. I, p. 18- 19, 64-65, 42-43, 74-75. E. Pannier.

2. MOSOCH (hébreu : Mésék; Septante: Mo<r<5y), neuvième et dernier fils de Sem, d’après I Par.,i, 17. D’après la Genèse, x, 23, qui est plus précise, il était le petit-fils et non le fils de Sem, et elle l’appelle Mès. Voir Mes, col. 1013.

MOSOLLAM (héb reu : Mesulldm, « celui que [Dieu] récompense, » nom, dans la V ulgate, de dix-neuf Israélites. Ce nom fut particulièrement en usage après la captivité. Les personnages appelés Mesulldm sont au nombre de vingt dans le texte hébreu, mais notre version latine n’en compte que dix-neuf parce qu’elle a transcrit le nom de l'un d’entre eux Messulam. IV Reg., xxii, 3. Voir Mes- Sülam, col. 1041. Elle a écrit aussi le nom de Mosollam 9, Mesollam, s’il faut réellement identifier ce dernier, II Esd., x, 125, avec le Mosollam de I Esd., vm, 16, et II Esd., xii, 25. La forme complète du nom devait être i Mesélêmyâh. Voir Mesollomia. Cf. les noms analogues ■ Mesollamith, Mesollamoth.

1. MOSOLLAM (Septante: MoffoXXafi.), fils aine de Zorobabel. I Par., iii, 19.

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