‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 108 sur 454 · AGAG. Nom d’une province de la Médie. Esth · texte numérisé non relu

AGAG. Nom d’une province de la Médie. Esth

1, 10; 1x, 24. Voir AGAGITE.

AGAGITE (hébreu : ’Agägi), Esth., vin, 8; 1x, 6; cf. πι, 1, 10; 1x, 24. Les Septante transerivent : Βουγαῖος et Μακχεδῶν. Qualification ethnique donnée à Aman, l'ennemi des Juifs. La plupart des commentateurs, à la suite de Josèphe, Ant. jud., XI, vi, 5; cf. Targuin Esther, in loc., ont cru que le mot « Agagite » signifiait qu'Aman était de la race du roi Agag, et par conséquent Amalécite; mais les inscriptions cunéiformes nous ont révélé l'existence d'un pays d'Agag, d'où Aman devait être originaire. (On a longtemps cru, dit M. Oppert, Commentaire philologique et historique du livre d’'Esther, 1864, p. 19, qu'Aman, fils d'Amadathi, était Amalécite.. Et puisque: déjà dans l'antiquité les noms d'Ésaü, d'Amalec, étaient pris comme les désignations des païens d'Europe, les Septante traduisent l'hébreu ’Agägi par Μαχεδῶν, «le Macé- «donien. » Néanmoins le nom d'Aman, ainsi que celui de son père, trahit une origine médo-perse. Nous savons maintenant, par les inscriptions de Khorsabad, que le pays d'Agag composait réellement une partie de la Médie. » Voir AMAN, BUGÉE, MACÉDONIEN.

AGAPES (du grec ἀγάπη; (amour, charité ») désigne les repas communs que faisaient les chrétiens : à l’origine, en union avec la célébration de l'Eucharistie; plus tard, en certaines circonstances seulement, suivant des usages qui ont varié avec les temps et avec les pays. Ces repas servaient à la fois à exprimer et à entretenir la charité: chrétienne; de là leur nom. Qu'ils remontent à l’époque: des Apôtres, et qu'ils aient alors accompagné la célébration de l'Eucharistie, c’est ce qui ressort des instructions que

donne saint Paul. I Cor., xt, 20-99. Le repas qui faisait partie de «la Cène du Seigneur », Κυριαχὸν δεῖπνον, était devenu, dans l'Église de Corinthe, l’occasion d'abus graves, une cause de divisions, au lieu d’être un principe d'union et de charité. L'Apôtre réprouve les abus, mais ne supprime pas le repas, ÿ. 33, tout en faisant bien ressortir que le rite religieux où se donnent le corps et le sang de Notre-Seigneur est l’objet principal de la réunion. Grâce à ces instructions si précises, qui furent écrites par saint Paul à l’occasion des désordres de Corinthe, nous pouvons comprendre les allusions et les indications rapides qui nous montrent le même usage dès l’origine dans l'Église de Jérusalem, Act., 11, 46, ou en d’autres Églises, à Philippes, par exemple, lors du passage de saint Paul, Act., xx, 7, 11, où la réunion ἃ lieu le dimanche.

De plus, nous voyons qu'aux temps apostoliques le nom d'agapes était déjà donné à ces repas; qu'il était devenu familier aux communautés chrétiennes, au point que saint Jude dans son Épitre, ÿ. 12, signalait aux fidèles certains hérétiques comme « des récifs dans vos agapes »', οἱ ἐν ταῖς ἀγάπχις ὑμῶν σπιλάδες. (Dans la Vulgate : hi sunt in epulis suis maculæ; au lieu de ὑμῶν, elle suit la leçon αὐτῶν de certains manuscrits, lecon moins bien garantie, et elle ne rend pas exactement le sens du mot rare σπιλάδες: l’allusion est perdue.) On trouve une allusion du même genre dans Il Petr., 11, 15, si l’on s'en tient au texte d'anciens manuscrits (B, etc.), qu'a suivi ici le traducteur latin. Saint Pierre parle aussi d'hérétiques dangereux, qui se mélent aux assemblées chrétiennes : ἐν ταῖς ἀγάπαις αὐτῶν συνευωχούμενοι ὑμῖν, « dans leurs agapes, prenant repas avec vous. » (La Vulgate traduit : in conviviis suis luxuriantes [?] vobiscum; mais elle ἃ bien lu ἐν ταῖς ἀγάπαις, et non ἐν ταῖς ἀπάταις que porte le texte grec reçu.)

Au sortir de l’âge apostolique, au début du 1r siècle, dans les Eglises d'Asie, la célébration de l'Eucharistie reste encore si bien liée avec l’agape, que celle-ci sert à la désigner ; on le voit dans la lettre de saint Ignace, Ad Smyrn.,8, t. v, col. 713: « Il n'est permis, sans l'évêque, dit-il, ni de baptiser, ni de faire l’agape. » Il n’est pas douteux qu'il parle de l'Eucharistie, surtout quand, au n° 7, il dit en parlant de ceux qui s'en abstiennent: QIl leur importait de faire l’agape, pour qu'ils eussent part à la résurrection, »

Vers la même époque, la fameuse lettre de Pline, Epist., 1. x, n. 97, édit. Didot, 1881, p. 713-714, nous montre aussi que les fidèles de Bithynie célébraient ces repas communs ; de plus, elle nous permet, je crois, de saisir une des causes qui amenérent à séparer l'Eucharistie du repas. Le légat impérial rapporte que les chrétiens se réunissaient auparavant, à Jour fixe, une première fois de très bonne heure, stato die ante lucem, dans un but uniquement religieux, pour dire un chant au Christ, comme s'il eùt été Dieu, carmenque Christo, quasi Deo, dicere secum invicem ; puis de nouveau, le soir sans doute, pour faire un repas; mais il constate que, pour obéir à son édit, les chrétiens ont renoncé à ce repas. Quod ipsum facere desisse post edictum meum quo secundum mandata tua hetærias esse vetueram. Soit que la réunion du matin, ne tombant pas sous les interdictions relatives aux hétairies, restât permise, ou soit qu'elle püt plus facilement échapper à la surveillance, on y transporta le rite essentiellement religieux, l'Eucharistie, dont le repas n'était que l’accompagnement accessoire. Au milieu du 11° siècle, la première apologie de saint Justin, n°s 65-67, t. vr, col. 498 et suiv., suppose que la séparation est achevée ; elle décrit le service religieux du dimanche, dans lequel l'Eucharistie occupe la place principale, et il n'est plus question du repas.

Au delà de cette époque, l'histoire des agapes ne fournit rien qui puisse éclairer les choses de la Bible. Il nous suffit d'avoir constaté que les agapes ne furent pas, chez les premiers chrétiens, une simple imitation des repas communs, trés fréquents chez les païens; mais qu’on se proposa surtout au début de représenter aussi comple-

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