‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 123 sur 454 · Monnaie d’Agrippa · texte numérisé non relu

Monnaie d’Agrippa

Tête d'Agrippa, à gauche. BACIAEQ[C] ΑΓΡΙΠΠΟΥ͂. — À. Une ancre. L. I (An 10, probablement de l’ère de Chalcis, 58 de notre ère).

poussés à bout par la cruauté et les vexations du procurateur Florus, se révoltérent. Agrippa vint à Jérusalem et essaya de calmer les esprits; mais lorsqu'il conseilla de se soumettre à Florus jusqu’à l’arrivée d’un nouveau procurateur, des murmures éclatèrent, et il fut obligé de quitter précipitamment la ville. La lutte engagée, il se rangea du côté des Romains, et Joignit ses troupes aux leurs. Après la prise de Jérusalem, le royaume d’Agrippa fut augmenté, Photius, Bibl., cod. 33, t. cut, col. 65 ; mais les renseignements sur ce point, ainsi que sur la vie subséquente de ce prince, sont rares et incertains. On dit qu'il mourut en lan 100 après J.-C., à l’âge de soixante-treize ans. Est-ce à Rome, où il se serait retiré avec sa sœur Bérénice? Quoiqu'on l'ait dit, c’est peu probable. Les historiens Tacite, Suétone, Dion Cassius, ainsi que le docteur juif Justus de Tibériade, parlent à diverses reprises d'Agrippa Π et de sa sœur Bérénice, comme résidant à Tibériade. Agrippa paraît même avoir été à cette époque en excellentes relations avec les rabbins. On possède d’Agrippa IT des pièces de monnaie de l'an 95. Eckhel, loc. cit., Ὁ. 493.

Agrippa IT aimait les lettres et les arts, et connaissait bien les livres sacrés de sa nation, puisque saint Paul en appelle à son témoignage sur leur contenu, Act., XXvI, 3, 26, 27; il s’intéressait aux problèmes de casuistique rabbinique, et l’on ἃ conservé de lui diverses questions, qu'il avait posées aux docteurs de son temps. Tanchouma, édit. d'Amsterdam, 1733, f. 7 a; Soucca , f. 27 a. Il est vrai que «ces passages, dit J. Derenbourg, Essai sur l'histoire et la géographie de la Palestine, d'après les Talmmuds, 1e part., p. 25%, trahissent une grande légéreté de mœurs, unie à une puérile préoccupation d'observer avec rigueur certaines minuties de la loi ». Comme tous les Hérode, Agrippa IT fut un grand constructeur ; il bâtit de nombreux monuments à Tibériade et à Béryte; il s'entourait de pompe et de magnificence. Act., xxv, 25. II fut Δ ὅση] des Romains et des procurateurs qui se succédèrent

AGRIPPA — AGUR

en Judée durant son règne, en particulier de Festus, auprès duquel il paraît avoir été en grande faveur, Act., XXV, 13, 14; mais il fut détesté des Juifs et surtout de ja caste sacerdotale. Seuls les Pharisiens avaient quelque sympathie pour lui. On lui reprochait d’avoir transformé les nominations de grands prêtres en source de revenus, d’avoir permis aux procurateurs de puiser dans le trésor du temple, d'empiéter sur les droits des prêtres, d’avoir fait élever un palais qui dominait le temple, d'entretenir avec sa sœur Bérénice des rapports incestueux. Surtout on ne lui pardonnait pas sa complaisance pour les Romains ; on l’accusait aussi, sinon de favoriser les chrétiens, du moins de ne prendre aucune mesure répressive contre eux. Le grand prêtre Hanan ayant, à la faveur d’un changement de procurateur, fait condamner et lapider saint Jacques le Mineur, Agrippa le destitua, quoique Hanan ne [ἀΐ en fonction que depuis trois mois.

Il est bien difficile cependant de savoir exactement ce qu'il pensait au sujet de la personne et de l'enseignement de Jésus-Christ. Sa conduite et ses réponses, lors de la célèbre entrevue que le procurateur Festus lui ménagea avec saint Paul, sont assez ambiguës pour permettre toute sorte de conjectures. A-t-il agi par simple curiosité d'esprit, ou désirait-il connaître la vérité? Ses paroles, Act., xxvI, 82, sont-elles ironiques, comme l'ont cru surtout quelques interprètes modernes ? Ou était-il de bonne foi, et fut-il réellement ébranlé par l'argumentation et l'interrogation de l’Apôtre ? Les commentateurs catholiques, en général, seraient de cet avis. En fait, la réponse du roi est assez équivoque ou plutôt difficile à interpréter. On ne sait quel sens exact attribuer à la locution ἐν ὀλίγῳ, in modico. Act., XxxVI, 28. Cependant on ne peut nier qu'Agrippa n'ait été convaincu par la défense de l'Apôtre, puisqu'il affirme au procurateur que saint Paul pourrait être renvoyé, s’il n'en avait appelé à César. C'était, aprés l'audience, l'opinion des trois interlocuteurs, Agrippa, Bérénice et Festus : « Cet homme n'a rien fait qui mérite la mort ou les chaînes. » Quoi qu’il en soit, Agrippa ne changea rien, après cette entrevue avec saint Paul, dans sa ligne de conduite. Josèphe, Antig. jud., XVIII, v, 4; XIX, IX, 2; XX,1x, #; Bell. jud., 11, ΧΙ, 1; XVI, 8; ΧΥΠ, 1, etc.; Dion Cassius, Lx, 8; Tacite, Hist., 11, 81 ; v, 1-13; Ann., XI, 23 ; XII, 7. E. JACQUIER.

AGUR (hébreu : "Âgür, « collectionneur »), fils de Yäqéh. Ce nom se lit en tête du premier des trois appendices qui terminent le livre des Proverbes de Salomon, xxx, 1. La plupart des anciens commentateurs juifs et catholiques ont considéré le nom d’Agur comme symbolique, et c'est en suivant cette opinion que saint Jérôme a traduit dans la Vulgate : Verba Congregantis, fil Vomentis. Il rend les noms propres par des noms communs, parce qu'il suppose que le nom d’Agur, Congreyans, « collectionneur, » ἃ été pris par Salomon comme celui de Kôhélet ou Ecclésiaste, Eccle., 1, 1, et que le nom de Vàqéh, Vomens, « vomissant, » est celui de David. Il faut convenir que ces interprétations sont peu naturelles, et qu’il est plus simple d'admettre qu'il a existé réellement un Israélite, renommé pour sa sagesse, auteur des maximes réunies dans Proverbes, xxx, 1-33, et appelé Agur, fils de Yäqéh. D’après la suite du texte, tel qu'on le lit d'après les Massorètes, il semble avoir eu pour disciples ou pour amis deux autres personnages, Ithiel et Ukal. Notre Vulgate n'a point vu là des noms propres, et elle ἃ traduit: Visio, quam locutus est vir, cum quo est Deus, et qui Deo secum morante confortatus… Un certain nombre de commentateurs modernes sont d'accord avec notre version latine pour couper les mots autrement que ne le fait le texte massorétique, mais ils expliquent ainsi le sens : «Je me suis fatigué, à Dieu, et je suis sans force, » ou « je me suis retiré. » Enfin plusieurs, tels que Bunsen, Bibelwerk, t. 1, p. CLXXVII, croient que le mot ma:sd’, que saint Jérôme a rendu par « vision », et qui, d’après

certains modernes, signifie ici « poème », désigne le pays ou la tribu à laquelle appartenait Agur, du nom de Massa, un des fils d'Ismaël. Gen., xxv, 14. Dans ce dernier cas, Agur aurait été Ismaélite, non Israélite. Toutes ces hypothèses peuvent être soutenues, mais aucune ne peut être prouvée. Voir O. Zückler, The Proverbs of Solomon, trad. Aiïken, p. 247-248; F. Delitzsch, Commentary on the Proverbs of Solomon, trad. Easton, 2 in-8°, Edimbourg, 1874-1875, t. 11, p. 260-272. F. VIGOUROUX.

AHALAB (hébreu : ’AzAlàb ; Septante : Δαλάφ), ville de la tribu d’Aser, dont les Chananéens ne furent pas expulsés. Jud., 1, 31. Omise comme Accho (Saint-Jeand'Acre) dans la liste des villes appartenant à la même tribu, Jos., ΧΙΧ, 25-30, elle n'est mentionnée qu'en ce seul endroit de l'Ecriture. C'est, d’après quelques auteurs, la Gischala de Josèphe, Vita, 10; Bell. jud., 11, xx, 6; IV,u,1,et la Gouch-Halab des rabbins, si renommée pour l'abondance de ses huiles. Nous lisons, en effet, dans le Talmud de Babylone : (On avait une fois besoin d'huile à Laodicée; on envoya à Jérusalem et à Tyr pour en acheter; mais on ne trouva la quantité voulue qu'à Gouch- Halab. Voilà pourquoi il est dit dans la Bible, à propos de la tribu d’Ascher : Il trempe ses pieds dans l'huile. » Menahoth,S5 ὃ; Siphré, Deutéronome, 35 (édit. Friedmann, p. 148 a). De ce passage, M. Neubauer conclut que Gouch-Halab se trouvait dans les possessions d’Aser, et qu'on peut l'identifier avec la ville biblique d'Ahalab. La géographie du Talmud, Paris, 1868, p. 230. En effet, la dernière partie du mot composé, Halab, ἃ la même étymologie et le même sens que hälab, « être gras, » allusion à la fertilité du territoire. Cf. Gesenius, Thesaurus linguæ heb., Ὁ. #74. Cette épithète ayant disparu dans la suite des temps, la première partie, ou le nom proprement dit, Gouch, « motte de terre, » est restée seule, et se retrouve aujourd'hui reproduite exactement dans l'arabe Æl-Djich. C'est donc avec une certaine vraisemblance qu'on place au village de ce nom Ahalab, devenue Gouch-Halab et l'icyxïx, malgré la pointe que projette ainsi la tribu d'Aser sur le territoire de Nephthali. Voir la carte de la tribu d’Aser.

El-Djich se trouve, au nord-ouest de Safed et non loin du Djébel Djarmouk, sur les pentes méridionales d’une colline qui s'élève par étages successifs et par terrasses, que soutiennent de gros blocs offrant pour la plupart une apparence antique. Au-dessus et un peu avant d'atteindre le plateau supérieur, on distingue les vestiges d'un mur d'enceinte construit en pierres de taille très régulières. Ce sont là les traces de la muraille qui environnait jadis l'acropole de l’ancienne Gischala. Le plateau qu'elle couvrait est à 809 mètres au-dessus de la mer; il est actuellement planté de vignes, de figuiers et d’oliviers, et divisé en plusieurs enclos. Les flancs inférieurs de la colline sont percés de nombreuses grottes sépulcrales, qui sont presque toutes détruites en partie ou bouchées. Les morts y étaient déposés dans des fours à cercueil, dans des auges funéraires creusées dans l'épaisseur du roc évidé, ou dans des sarcophages mobiles, dont les cuves et les couvercles mutilés ont été disséminés par les habitants. On remarque également une plate-forme en partie naturelle et en partie artificielle, sur laquelle gisent les débris d'une ancienne synagogue. Cf. V. Guérin, Description de la Palestine, Galilée, t. 11, p. 95-96.

Cette ville eut une certaine importance aux derniers temps de l'histoire juive, et Josèphe nous ἃ rapporté les principaux faits qui la concernent. Iucendiée et rasée par les peuples voisins, les Gadaréniens, les Tyriens, etc., Gischala fut relevée de ses ruines par Jean, fils de Lévi, qui la rendit plus importante qu'auparavant, et l’entoura de remparts, afin d'assurer à l’avenir sa sécurité, Vita Jos., 10; Bell. jud., 11, xx, 6. Plus tard, le même Jean chercha à soulever la population contre les Romains. Vespasien envoya alors Titus, avec une troupe de mille

AGUR — AHER

cavaliers, pour s'emparer de la ville. Le chef de la sédition réussit à s'échapper pendant la nuit, et prit la route de Jérusalem. Les habitants s’'empressèrent aussitôt d'ouvrir leurs portes aux Romains. Bell. jud., IV, 11, 1-5. C’est à tort qu'une tradition, rapportée par saint Jérôme, nous représente les parents de saint Paul, et l'Apôtre luimême, comme originaires de Gischala, transportés ensuite par les Romains à Tarse, en Cilicie. S. Jérôme, Comment. in Ep. ad Philem., v, 23, t. xxvi, col. 617; Liber de viris illustribus, t. Xx1I1, col. 615. Gischala faisant partie de la Galilée, comme nous l’apprend Josèphe, ne pouvait appartenir à la tribu de Benjamin, ni être Çun bourg de Judée », loc. cit.; à moins de supposer, ce qui est fort improbable, que la Judée possédait une seconde ville du même nom. A. LEGENDRE.

AHARA (hébreu : ’Akrah pour ’Ahar'ah, « après le frère [?]; » Septante : ’Aupd), troisième fils de Benjamin, I Par., vur, 1. Il est nommé Ahiram (hébreu : A hiräm, « mon frère est élevé; » Septante : ᾿Ιαχιράν), chef de la famille des Ahiramites, dans les Nombres, XxXvI, 38. Il semble être le même que Echi, Gen., ΧΕΡῚ, 21; mais il n'occupe pas dans ce passage le rang qu'il devrait avoir comme troisième fils de Benjamin. Les Septante, Gen., xLvI, 21, font Échi fils de Bala et seulement petit-fils de Benjamin.

AHARÉHEL (hébreu : ’Aharhél, « derrière le rempart [?]; » Septante : ἀδελφὸς ‘Pny46), fils d'Arum, de la famille de Cos et de la tribu de Juda. 1 Par., 1v, 8.

AHASTHARI (hébreu : h&’-Ahaëtäri, nom d'origine persane, avec l’article, « le muletier; » Septante : τὸν ᾿Αασθήρ), un descendant immédiat d'Assur, de la tribu de Juda, par Naara, sa seconde femme. 1 Par., 1v, 6. C’est peut-être ici le nom d'une famille.

AHAVA (hébreu : ᾽᾿Α μᾶυδ᾽; Septante : "Aout; & Eu), rivière, 1 Esdr., ὙΠ, 21, 31, et pays qu'elle arrose, I Esdr., vin, 15. C'est là que se rassemblèrent les Juifs qui retournérent avec Esdras en Palestine. Ahava n’a pu être encore identifié avec certitude. Leclerc et Mannert ont supposé que c'était Adiaba ; Hävernick, que c'était Abéh ou Avéh ; Rosenmüller, que c'était le grand Zab. D'autres, comme M. Schrader, Riehm's Handwôrterbuch des biblischen Altertums, t. 1, p. 39, croient que l'Ahava coulait en Babylonie. Cette opinion parait de prime abord la plus vraisemblable ; car les Juifs ayant été déportés à Babylone et dans le voisinage, il est naturel que ce soit sur un point de ce pays qu'ils se réunissent pour se mettre en route, et non au nord de la Chaldée. Dans ce cas, l'Ahava aurait été un canal dérivé de l'Euphrate ou du Tigre. Cependant, comme le chemin le plus commode pour aller en Palestine est celui du nord, un certain nombre de critiques pensent aujourd'hui qu'Ahava n'est pas différent de Hit, célèbre gué de l'Euphrate, qui est en droite ligne à l'est de Damas. Le nom talmudique de Hit, « Ihi » ou « [πὶ Dagira », « le puits de bitume, » rappelle le nom d'Ahava. Voir G. Rawlinson, Herodotus, t. 1, p. 316, note.

AHAZ (hébreu: ‘Ahäz, « possesseur, » ou plutôt abréviation de ‘Ahazyäh, « Jéhovah possède; » Septante : Ayät), Benjamite, fils de Micha, de la postérité de Saül par Jonathas. Il fut père de Joada ou Jara. 1 Par., vint, 30-36; 1x, 41-42.

AHAZI (hébreu : Ahzaï, abréviation de ’Ahazyäh, « Jéhovah possède ou soutient; » omis dans les Septante), prêtre, ancêtre de Maasai ou Amassai. IT Esdr., x1, 13. Nommé Jezra, I Par., 1x, 12.

AHER (hébreu: ‘Ahér, « autre, suivant; » Septante! Ι. — 12

‘A6p). de la tribu de Benjamin, père des Hasim. I Par., vil, 12.

AHI, hébreu: *Âhi, « mon frère, » ou plutôt abréviation de Ahiyäh, « Yah, c’est-à-dire Jéhovah, est mon frère, c'est-à-dire ami. »

1. AHI (Septante : Aytp), fils de Somer, de la tribu d'Aser. 1 Par., var, 34.

2, AHt, fils d'Abdiel, de la tribu de Gad, à l'époque de Joathan, roi de Juda. 1 Par., v, 15. Les Septante et la Vulgate n’ont pas reconnu un nom propre dans ce mot, et l'ont traduit par ἀδελφοῦ et par fratres.

AHIA ou AHIAS, hébreu : ’Âhiyäh, ’Ahiyähü, « Jéhovah est mon frère, c'est-à-dire ami; » Septante : ᾿Αχιά. Le même nom a été transerit en plusieurs endroits de la Vulgate sous la forme Achia. Voir ACHIA.

1. AHIA, un des guerriers renommés de l'armée de David. Il était de la ville de Pheloni. 1 Par., xI, 36.

2. AHIA, fils de Sisa et secrétaire du roi Salomon. ΠῚ Reg., 1v, 8.

8. AHIA, père de Baasa, roi d'Israël. Il était de la tribu d'Issachar. III Reg., xv, 27, 33; xx1, 22; IV Reg., 1x, 9.

Ὁ. AHIA, surnommé le Silonite, parce qu'il était originaire de Silo en Éphraim, III Reg., χιν, 2, prophète suscité de Dieu pour notifier ses royales destinées à Jéroboam, son compatriote, qui remplissait alors à la cour de Salomon la fonction de surveillant général des corvées (hébreu : mûs) imposées par le roi à la maison de Joseph, pour l'exécution de plusieurs grands travaux. IIT Reg., ΧΙ, 28. Ahia l'aborda un jour qu'il était sorti sans suite, et le conduisant à l'écart (Septante : ἀπέστησεν αὐτον ἐν τῆς 000, mots ajoutés à l'hébreu) dans un champ, il se dépouilla du manteau neuf qu'il portait (hébreu : $imlah, pièce d'étofle rectangulaire, dans laquelle les anciens s’enveloppaient, comme aujourd'hui les Arabes dans leur kaik), et le coupa sous les yeux de Jéroboam en douze parts, ajoutant ces paroles prophétiques : (Prenez dix parts pour vous, Car voici ce que dit le Seigneur Dieu d'Israël : «Je « déchirerai et diviserai le royaume de Salomon, et je vous «en donnerai dix tribus. » ΠῚ Reg., x1, 31. Il ajouta la raison de ce châtiment à l'égard du fils de David : il devait être ainsi puni de son idolätrie. ΠῚ Reg., xt, 29-33. Cette action symbolique, conforme au génie oriental et usitée dans le ministère prophétique, Is., vit, 1-4; Jer., ΧΙ, 4-11; x1x, 1-10; xxvu, 2-11; Ezech., nr, 1-8; 1v, 1, et les paroles qui l’accompagnaient furent réalisées lorsque, dix tribus s'étant révoltées sous Roboam, Jéroboam, revenu d'Égypte, où Salomon l'avait exilé, accepta de se mettre à leur tête, et de constituer avec elles un royaume indépendant. IT Reg., ΧΙ, 1-33. Le manteau neuf d'Ahia représentait bien le royaume de Salomon, qu'aucune division n'avait encore atteint, et les dix morceaux mis à part figuraient, selon l'interprétation du prophète lui-même, les dix tribus sur lesquelles 1] devait régner. Il faut s'écarter du sens naturel du texte pour y voir avec Rupert les neuf dynasties des rois d'Israël, et la ruine de leur royaume par les Assyriens. Rupert, 7n III Reg., 1. V, c. 1v, & CLXvI, col. 1937.

Sa mission accomplie, Ahia, alors très âgé, s'était retiré à Silo, où il vivait sans bruit, retenu à l'écart du monde et des affaires par une cécité complète, ΠῚ Reg., χιν, 4, aidant de son expérience et de ses conseils ceux qui venaient le consulter, et quelquefois leur déclarant, dans une lumière surnaturelle, la volonté du Seigneur. C'est là qu'un jour vint le trouver une femme vêtue simplement, et accompagnée de quelques serviteurs portant de modesles présents : dix pains, un gâteau et un vase de miel,

AHER — AHIAM

IIT Reg., xIv, 3; voir ABra G. Celle qui se dissimulait sous ces apparences était la reine, dont le fils, Abia, était dangereusement malade. Elle venait consulter le prophète. déroboam, son époux, dans la crainte que ses prévarications n'attirassent une réponse défavorable, avait voulu qu'elle cachât son rang : singulière et inutile précaution, car Ahia était aveugle, et, de plus, s’il pouvait lire dans la lumière de Dieu les destinées de l'enfant, ne pouvait-il pas aussi bien découvrir la reine sous ces vêtements d'emprunt? C'est ce qui arriva; car le prophète, dès qu'il entendit le bruit des pas de celle qui venait à lui, s’écria : « Entrez, femme de Jéroboam ; pourquoi feignez - vous d'être une autre? » ΠῚ Reg., xiv, 6. A cette apostrophe succéda une déclaration sévère des chätiments réservés à Jéroboam, dont l’ingralitude, les crimes, l’idolâtrie surtout, avaient attiré la colère de Jéhovah. Tous les descendants mäles de la maison de Jéroboam seront frappés, qu'ils soient détenus ou libres (hébreu: ‘äsür ve‘äzüh; littéralement : € détenus à la maison ou libres, » probablement dans le sens de non mariés et de mariés, c’està-dire de Jeunes gens qui sont encore dans la maison paternelle et d'hommes qui n’y sont plus, pour signifier l'universalité du châtiment); Jéhovah les balayera comme on balaye les ordures, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de cette maison royale. TI Reg., xiv, 7-10. Le chätiment atteindra même les sujets : il y aura d'innombrables morts subites, et ceux qui seront frappés dans les rues demeureront sans sépuiture ou seront dévorés par les chiens, tandis que dans la campagne les cadavres des morts seront mangés par les oiseaux du ciel. HI Reg., x1v, 11. Quant au fils de Jéroboam, il mourra à l'instant même où sa mère entrera à Thersa, et seul de toute sa maison il recevra les honneurs de la sépulture. ΠῚ Reg., x1v, 12-13. Celui qui sera l'instrument de la vengeance divine n'est pas désigné autrement que par sa qualité de roi d'Israël. Les événements montreront que ce sera Baasa, assassin et successeur de Nadab, fils de Jéroboam. III Reg., xv, 27-28.

Les exégètes rationalistes ont trouvé un prétexte d'attaquer Ahia et sa prophétie dans le passage où il est dit qu'une seule tribu restera à Roboam, ΠΠ Reg., xt, 32, 36, alors qu'il est manifeste que le royaume de Juda comprit toujours les deux tribus de Juda et de Benjamin. Π Reg., x, 21. Cette manière de parler, reproduite plus loin, IV Reg., xvir, 18, se justifie facilement, si l’on considère que le territoire de Benjamin était si restreint, qu’on pouvait le confondre avec celui de Juda, et n'en pas faire une mention spéciale. De plus, une partie de Benjamin appartenait en fait au royaume d'Israël, comme les villes de Béthel, Jéricho, Galgala, avec leur territoire. IIT Reg., ΧΙ, 29; xvI, 34. Aussi voyons-nous Asaph le psalmiste associer le nom de Benjamin à celui des tribus d'Éphraim et de Manassé. Ps. LXXIX, 3.

[l est question, Il Par., 1x, 29, d'un livre des « Prophéties (nebü'at) d'Ahia de Silo », dont on ne saurait exactement déterminer le contenu. C'était sans doute une partie du grand travail historique sur la période des Rois, auquel avaient travaillé à leur tour beaucoup d’autres prophètes. I Par., xxvix, 2%; xx1x, 29; TT Par., 1x, 29; χα, 15; ΧΙ 22; xx, 34; XXIV, 27; xXXVI, 22; ΧΧΧΠΙ, 19. Pierre Natal ἃ inscrit le prophète Ahia dans son catalogue des saints, Catal., x, 51, à la date du 12 novembre, bien qu'il ne soit fait mention de lui ni dans les martyrologes des Latins, ni dans les ménologes des Grecs. P. RENARD.

1. AHIALON (hébreu : "Élôn, « chêne; » Septante : Aou), de la tribu de Zabulon, fut juge d'Israël pendant dix ans. On le compte pour le onzième. Il fut enseveli à Aïalon de Zabulon, sa patrie ou sa résidence, qui probablement lui doit son nom. Jud., x11, 11, 12. Voir AïALON 2.

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