‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 133 sur 454 · AIGLE — AIGUILLE · texte numérisé non relu

AIGLE — AIGUILLE

corps de sa victime, lorsque celle-ci est trop lourde pour qu'il puisse l'enlever dans les airs.

On trouve le pygargue dans toute l'Europe et dans la plus grande partie de l'Asie. En chasse toute la journée sur les côtes ou les bords des fleuves, il passe la nuit dans les forêts, sur les rochers, ou dans de petites îles. Son aire est composée à sa base de morceaux de bois de un mètre trente à un mètre soixante de longueur, et de la grosseur du bras; au-dessus sont des branches plus minces, formant un nid, tapissé de rameaux fins et de duvet. Les petits, au nombre de deux, trois ou quatre, sont nourris chaque jour de poissons, de lapins, d’écureuils, et même d’agneaux. — La loi mosaique traite le ‘ozniyäh comme tous les autres oiseaux de proie en le rangeant parmi les animaux impurs. Εἰ, VIGOUROUX.

AIGUILLE, Vulgate : acus. Le mot latin acus désignait soit une « épingle » pour attacher, soit une « aiguille » pour coudre ; il est employé dans les deux sens par Cicéron, Pro Milone, 24; Celsus, vin, 16; Ovide, Métam., VI, 23. 19 Saint Jérôme s’en est servi dans le sens d’épingle pour les cheveux, dans la traduction d'isaïe, 111, 22, où le prophète énumère les objets de toilette des femmes juives de

59, — Épingle à cheveux égyptienne. Bronze. Musée de Ghizéh.

son époque (fig. 59). Le mot rendu par acus dans la Vulgate est, en hébreu, härîtim. Comme le singulier héret signifie un style, c'est-à-dire l'instrument pointu et aigu dont se servaient les anciens pour graver des lettres sur la pierre ou sur le bois, Is., vu, À, instrument dont la ressemblance avec une épingle est frappante, on peut soutenir l'exactitude de la traduction de saint Jérôme, comme l’a fait Bochart, Hieroz., t. 1, p. 33%. Le plus grand nombre des commentateurs modernes interprètent cependant Lürilün dans le sens de « bourse » où l’on mettait l'argent, parce que ce mot ἃ incontestablement ce sens dans IT (IV) Reg., v, 23 (ligavit duo talenta argenti in duobus saccis, traduit saint Jérôme). Voir Rosenmüller, Jesajæ vaticinia, 3 édit., Leipzig, 1829, t. 1, p. 427-198 ; Gesenius, Thesaurus linguæ hebrææ, p. 519.

2% Acus est employé dans le sens d’ Qaiguille » dans le Nouveau Testament, dans la célèbre comparaison de Jésus- Christ: « ΤΠ est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille (foramen acus) qu'à un riche d'entrer dans le royaume des cieux. » Matth., xix, 24; Marc., x, 25; Luc., ΧΥΠΠ, 20. Le texte original, dans ces trois passages, porte : διὰ τρυπήματος ῤῥχφίδος, Matth., χιχ, 25; διὰ [τῆς] τρυμαλιᾶς [τῆς] ῥαφίδος, Marc., x, 25; Luc., ΧΥΠῚ, 20. Les aiguilles des anciens devaient ressembler à peu près aux

00, — Aiguilles égyptiennes en bronze.

nôtres. Nous en donnons ici deux qui ont été trouvées en Égypte (fig. 60). Elles sont reproduites d'après Wilkinson, Popular account of the ancient Egyptians, t. 11, p. 345. Leur longueur est de six à sept centimêtres. On ἃ contesté l'exactitude de la traduction du proverbe rapporté par le divin Maitre. On ἃ soutenu que χάμηλος (qu'on devrait lire χάμιλος, daprès quelques-uns) veut dire «càble, grosse corde », et non pas chameau, et surtout que «trou de l'aiguille » désigne, non pas le trou de ce petit instrument à coudre, mais une petite porte latérale, placée à côté des grandes portes des villes, qu’on appelait «trou de l'aiguille », et par laquelle pouvreient entrer les

907 AIGUILLE piétons, mais où il était impossible ou au moins très difficile aux chameaux de passer. Ces interprétations sont inadmissibles. Le proverbe est exprimé sans doute avec l’emphase de l'hyperbole orientale, mais l'exagération s'explique plus naturellement qu'ailleurs dans un proverbe. Ce qui confirme incontestablement la version ordinaire, c’est qu'on lit une: sentence analogue dans le Talmud, Berach., 55 ὃ, avec celte seule différence que le chameau est remplacé par un éléphant. Dans le Koran, ch. var, 38, nous trouvons aussi le proverbe évangélique : « Ils n’entreront pas dans le paradis tant qu'un chameau ne passera pas par le trou d'une aiguille. » Cf. Matth., ΧΧΠΙ, 24, l'expression également hyperbolique : (avaler un chameau. » Notre-Seigneur indique par ces paroles la difficulté très grande qu’éprouvent les riches à se détacher des biens de ce monde. Cf. Matth., xIX, 21-93.

L’aiguille n’est pas nommée expressément dans l’Ancien Testament; mais, d’après plusieurs commentateurs, il en est question indirectement, parce que, d’après eux, le partüicipe présent rôgéêm, Exod., xxvI, 36; XX VII, 16; XXVIN, 39; XXXVI, 97; XXXVIIL, 18, signifie un ouvrier qui brode à l’aiguille, et le substantif rigmäh, Jud., v, 30; Ps. xLv (Vulg. XLIV), 15; Ezech., xvi, 10, 13, 18; xxvi, 16; xxvir, 16, une broderie faite à l'aiguille. Il est certain que la broderie à l'aiguille était connue des Égyptiens, et devait l'être aussi par conséquent des Hébreux. Les Septante ont ainsi compris les passages cités, car ils traduisent : τῇ ποιχιλία τοῦ ραφιδευτοῦ, Exod., xXvVIT, 16; ΧΧΧΥΠΙ, 23. Cf. Gesenius, Thesaurus linquæ hebrææ, Ρ. 1310. Cette explication paraît préférable à celle de Josèphe, qui dit que la variété des couleurs dans les rideaux du tabernacle était produite au moyen d'un métier à tisser. πε. jud., I, vi, 4. Voir BRo- DERIE. L’Ancien Testament parle aussi de la couture, ce qui suppose également l'usage des aiguilles. Voir COUTURE.

F. VIGOUROUX

AIGUILLON désigne : I. Le long et solide bâton muni d’une pointe à son extrémité, dont on se sert en certeins pays, plutôt que du fouet, pour conduire et exciter les bœufs surtout en labourant. La Palestine était autrefois

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