‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 184 sur 454 · ALLÉGORIE, SENS ALLÉGORIQUE DE L'ÉCRI · texte numérisé non relu

ALLÉGORIE, SENS ALLÉGORIQUE DE L'ÉCRI

TURE. 1° L'allégorie, dans le sens vulgaire du mot (λλο μὲν ἀγορεύει, ἄλλο δὲ vost), esl une figure de rhétorique par laquelle l’orateur dit une chose pour en laisser entendre une autre. € ᾿Αλληγορία, quam inversionem interpretantur, aliud verbis, aliud sensu ostendit, » Quintilien, Inst. orat., VIT, 6. C’est une métaphore développée et continuée. « Quid est ergo allegoria, nisi tropus ubi ex alio aliud intelligitur? » S. Augustin, De Trinitate, XV, 1x, 15, τ, XL, col. 1008. Dans l’allégorie, les mots ne sont pas pris dans leur signification propre et ordinaire, mais dans un sens figuré, qui est le vrai sens voulu par l'écrivain. — Le principe de l’allégorie est essentiel au langage humain. L'allégorie, en effet, « consiste à se servir d’un être de la création, d'un fait de l'histoire ou même d’une fiction de l'imagination, pour frapper plus vivement l'esprit et pour réveiller l'idée d’un objet ou d’un fait avec lesquels les choses ou les événements ont des rapports de similitude ou d'affinité. Le procédé fondamental de l’allégorie est contemporain de la raison et du langage. » Mgr Meignan,

Salomon, 1890, p. 420. L'emploi de l’allégorie, telle que nous venons de la définir, est commun aux écrivains sacrés οἵ aux écrivains profanes. Il est très fréquent dans la Bible. Tout le monde connait la belle allégorie de la vigne, Ps. LxxIx, 9-18; Isaïie, v, 1-6, et celle de l'olivier franc et de l'olivier sauvage. Rom., ΧΙ, 17. Voir LITTÉRAL (SENS).

2% Mais par la volonté de Dieu, son auteur, l'Ecriture Sainte contient une autre sorte d'allégorie, qui lui est exclusivement propre et qui est tout à fait différente de celle dont nous venons de parler. Elle ne résulte pas des mots, comme l'allégorie des rhéteurs, elle ressort des choses exprimées par les mots : € non in verbis, sed in facto.» S. Augustin, De Trinit., XV,1x, 15, t. ΧΙ, col. 1068. Elle n’est dans les mots que moyennant les choses qu'ils signifient. Dieu a préordonné certains faits racontés dans l'Écriture, de telle sorte que, en dehors de leur réalité propre, ils sont encore l'annonce prophétique d'un événement futur. Sous le sens littéral du récit se cache un autre sens, la narration dit autre chose que ce que les termes signifient (S. Thomas, Sun. theol., 1, q. 19, a. 10; Quoulibet , vin, q. 6, a. 16); il y a une allégorie dans l'acception théologique de ce mot. Saint Paul lui ἃ donné ce nom d’allégorie, quand, par catachrèse, remarque saint Chrysostome, In Gal., 1v, 24, n°3, t. LxI, col. 662, il a dit de l’histoire des deux fils d'Abraham : “Ατινά ἐστιν ἀλληγορούμενα, « ces choses sont dites par allégorie. » Gal., τν, 24. Ailleurs, il l'appelle παραδολή. Heb., 1x, 9; x1, 19, image, ombre, Heb., vu, 5; x, 1. Le sens qui résulte de l'allégorie biblique est appelé « sens allégorique de l'Écriture » ; mais comme on emploie souvent cette expression dans la signification restreinte de « sens typique ou prophétique », le sens allégorique, dans la signification large qui vient d'être exposée, est ordinairement désigné sous le nom de « sens spirituel ». Voir SPIRITUEL (SENS).

E. MANGENOT.

ALLELUI!A (Septante : ᾿Αλληλούτα). C’est un composé de deux mots hébreux, *555, halelü, «louez, » seconde personne plurielle de l'impératif du verbe Aillél (forme pihel de hälal), et de m, Yüäh, abréviation du nom sacré de Jéhovah. Il se trouve dans un grand nombre de psaumes, au commencement ou à la fin et quelquefois aux deux endroits, ὍΝ 90. CV, 29. ΟἹ, 1, 28: ὍχΙ, 1; cxIr, 1Ξ9-: CxTIr, 1: ΣΝ; 185 ΟΥΥῚ, 19; CXVIT, 2; ὌΧΧΧΥ͂, 1.5; CXXXVIIL, 21; ὌΧΙ. 1. A0: ἀχίνπις 1, 20: CxLvIr, d, Ἰ Οχαχ, 1 ὃ; cL, 1, 6 (hébreu), et il ἃ été simplement transcrit, sans être traduit, dans les Septante et dans la Vulgate. Il devint de bonne heure une sorte de formule de réjouissance, et on le chanta comme un chant de joie aux jours de fêtes. Les rues de Jérusalem nous sont représentées, dans Tobie, ΧΠῚ, 18 (texte grec), retentissant du cri d’alleluia. Cf. IT Mach., vu, 13, où tout le peuple chante alleluia. Dans l'Apocalypse, xIx, 1, 3, 4, 6, les saints rendent aussi gloire à Dieu dans le ciel en disant : alleluia. L'Église, s’inspirant de ces divers passages des Livres Saints, a fait de l'alleluia l'expression de la joie dans sa liturgie. Il est probable qu'elle n’a fait d'ailleurs en cela que continuer les usages de la synagogue. Les psaumes dans lesquels on rencontre cette expression de louange appartiennent tous au cinquième et dernier livre de la collection, et tout porte à croire qu'ils étaient particulièrement destinés au chant liturgique du temple de Jérusalem. Excepté dans les Psaumes cxxxv, 3 et CXLVII, 1 (hébreu), le mot alleluia ne fait pas partie intégrante du chant sacré, et semble être, par conséquent, comme une sorte d'antienne ajoutée au poème, pour être chantée par tout le chœur des lévites, comme le fait la multitude des saints dans l'Apocalypse, xx, 1-6, où l'on peut voir, comme au chapitre virr, une allusion au service solennel du temple. La Vulgale n’a pas conservé la formule hébraïque et ἃ traduit avec raison : Laudaute Dominum, « louez le Seigneur ; » Ps. cxxx1v, 3; CXLVI, 1 (hébreu : CXxxv, 3; CXLVII, 1), où on lit : alleluia et laudate Dominum.

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