‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 198 sur 454 · ALPHABÉTIQUE (POÈME) — ALPHÉE · texte numérisé non relu

ALPHABÉTIQUE (POÈME) — ALPHÉE

et l’autre dans le dernier distique. — Le Psaume xxxvir (Vulgate, xxxvi: Noli æmulari in malignantibus) renferme vingt-deux strophes alphabétiques d’inégale longueur : la plupart ont quatre vers, quelques-unes n’en ont que trois. La lettre ain manque dans le texte actuel, mais la traduction des Septante et notre Vulgate, qui renferment un vers de plus que l'original, « les méchants seront punis, » ὃ. 28, prouvent que le vers où se lisait le ain initial est perdu dans le texte massorétique, où il manque d'ailleurs un vers pour avoir la strophe régulière de quatre vers; il faut suppléer, comme on lit dans le geri : 150w2 m5, ‘avvälim nismädü, «les impies seront anéantis. » Dans la dernière strophe, ὃ. 39, on doit supprimer le vav initial pour qu'elle commence régulièrement par un thav.— Le Psaume cxLV (Vulgate, CXLIV : Exaltabo te, Deus meu”), le dernier des Psaumes alphabétiques, n’a que vingt et un distiques, parce que la lettre noun est omise. Sauf cette omission, il est d’ailleurs régulier.

Tels sont les poèmes alphabétiques encore subsistants dans la Bible hébraïque. L'auteur de l'Ecclésiastique avait aussi terminé son livre, 11, 18-38, par un poème alphabétique d'action de grâces à Dieu, comme l’a prouvé M. Bickell, qui y a découvert quarante-quatre vers, et a essayé de reconstituer le texte hébreu original, dans la Zeitschrift für katholische Theologie, 1882, p. 326-398.

Les poèmes alphabétiques hébreux ne sont pas seulement intéressants en eux-mêmes à cause de leur forme poétique particulière; ils ont aussi une importance critique réelle. Nous avons vu comment les règles suivies dans leur composition permettent de constater certaines altérations dans le texte et de les rectifier, comme dans le Psaume XxxvII (XXXVI), 99. Ils ne sont pas moins utiles pour l'étude de la versification hébraïque, parce que plusieurs d’entre eux indiquent d'une manière certaine la division des vers. Voir POÉSIE HÉBRAÏQUE. [ls servirent à Lowth de point de départ pour reconnaitre l'existence du parallélisme et ses lois. Voir PARALLÉLISME. Ils n'aidèrent pas moins Koester dans la découverte des strophes. Dans le Psaume xxxvIT (xxXXvI), en effet, chaque lettre de l’alphabet indique le commencement d’une strophe.

F. VIGOUROUX

ALPHÉE, Nouveau Testament : ᾿Αλφαῖος.

1. ALPHÉE, père de Lévi, c’est-à-dire de saint Matthieu, Marc., 1, 14. On ne connaît de lui que son nom.

2. ALPHÉE, père de Jacques. Tout ce que nous savons de certain sur Alphée, c’est qu'il était le père de l'apôtre saint Jacques le Mineur; les quatre listes que nous avons du collège apostolique l’affirment, Matth., x, 3; Marc., 111, 18 ; Luc., vi, 15; Act., 1, 13, et la tradition est unanime sur ce point. Il est donc inutile de se demander si le texte : ᾿Ιάχωδος ὁ τοῦ ᾿Αλφαίου ne signifierait pas : Jacques, frère d’Alphée.

Au moyen de combinaisons de textes, beaucoup d'exégètes admettent comme probable qu'Alphée était frère de saint Joseph ; il aurait épousé une Marie, laquelle était peut-être sœur de la sainte Vierge ; il eut pour fils Jacques, Joseph, Simon et Jude. Hégésippe affirme, au témoignage d'Eusèbe, Hist. eccl., 111, 11, t. xx, col. 248, que Klopas ou Cléophas était frère de saint Joseph et père de saint Siméon, frère de saint Jacques. À moins de supposer que saint Jacques, évêque de Jérusalem, est, comme l'ont soutenu quelques critiques, distinct de saint Jacques, apôtre, ce texte prouve l'identité de Klopas et d'Alphée, question discutée plus loin. Saint Jean, xIX, 25, nous apprend que Cléophas était époux de Marie; saint Matthieu, XxVI1, 56, que Joseph (Ἰωσῆς) était fils de Marie ; d’après Murc, vi, 3; Act., 1, 13; Jude, 1, Jude était frère de Jacques ; enfin sant Matthieu nomme tous ensemble Jacques, Joseph, Simon et Jude, comme frères de Jésus, Donc, si Joseph, Simon et Jude sont frères de Jacques, fils d'Alphée, ils sont probablement aussi fils d'Alphée.

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