‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 202 sur 454 · Pour l’affirmative. — 1° On allègue Josèphe, Ant · texte numérisé non relu

Pour l’affirmative. — 1° On allègue Josèphe, Ant

jud., 1,1, 1; mais est-ce une tradition ancienne qu'il

recueille ou une simple conjecture de sa part? Il est difficile de le dire. — 2% On prétend que si dans Gen., XXXVI, nous n'avons pas l’ancêtre des Amalécites, on ne trouverait dès lors nulle part dans la Genèse l’origine d'une nation qui a été si souvent, dans les temps anciens, en contact avec les Hébreux; ce qui est invraisemblable, vu le but et le plan de la Genèse. C'est au fond l'unique argument de ceux qui, comme Hengstenberg, Kurtz, Keil, etc., ont soutenu l’origine iduméenne des Amalécites depuis qu'elle ἃ été contestée. L'argument n’est pas rigoureux : il peut y avoir sur ce point une lacune dans la Genèse. De plus cette lacune n’existerait même pas, si l’on admettait, comme 1. Michaelis, Spicileg. geographiæ heb., 1769, t. 1, p. 170-177, cherche à le prouver, que Chanaan et Amalec désignent le même peuple, le premier nom étant donné à la portion émigrée en Syrie et sur la côté méditerranéenne, le second étant celui de la partie restée en Arabie. Philon, Vita Mosis, τ, 39, t. τν, p. 159, paraît compter les Amalécites qui attaquèrent les Hébreux à Raphidim parmi les Phéniciens (Dotviec), c'est-à-dire les Chananéens qui habitaient la Palestine.

II. Pour la négative. — 19 On remarque qu’au temps d'Abraham, par conséquent bien avant la naissance d'Amalee, petit-fils d'Ésaü, Chodorlahomor, dans sa célèbre campagne, frappa « le pays de l'Amalécite et l'Amorrhéen qui habite Asasonthamar ». Gen., xIV, 7. On dira sans doute que le pays est désigné, par anticipation, comme devant être un Jour celui des Amalécites, l’auteur se servant du nom le plus connu de son temps. Mais ce qui rend ici peu vraisemblable cette explication, c'est que, dans cet antique fragment de la Genèse, l'historien s'est

appliqué à indiquer les doubles noms géographiques pour les localités qui en avaient changé. Cf. ÿ. 2, 3,7, 17. Déjà Origène, In Num., hom. ΧΙΧ, t. ΧΗ, col. 719, se servait de Gen., xiv, 7, pour distinguer les Amalécites battus par Chodorlahomor des Amalécites descendants d'Esaü. Il est vrai qu'il suit, sans la contrôler, la leçon des Septante, qui ne permet pas d'expliquer le passage par une prolepse : « Et ils battirent les princes des Amalécites et les Amorrhéens. » (Par confusion du 1 et du Ἢ, ils ont lu $arê, (princes, » au lieu de $adé, « champ, pays; » la version syriaque suit la même leçon que les Septante.) — 20 Que les Amalécites remontent, en effet, à une époque antérieure à Ésaü, et appartiennent au groupe de populations établies en Chanaan avant la migration d'Abraham, c’est ce qu'on peut conclure non seulement du titre énigmatique donné par Balaam à Amalec dans son oracle : « Amalec, commencement (aîné) des peuples, » Num., XX1V, 20; mais surtout de l'indication rapide de I Reg., XXVII, 8, qui montre Amalec occupant depuis les temps reculés (mé‘ôlam, si le texte n’est pas altéré) la région méridionale avec d’autres peuples chananéens. Avec ces désignations coïncideraient certaines traditions arabes, qui représentent Amalec tantôt comme un fils de Cham et comme le père d’Ad et des Adites, que d’autres rattachent à la ligne de Sem, tantôt comme un frère de Lud et d'Arphaxad. Cf. d'Herbelot, Bibliothèque orient., 1697, au mot Amlik; de Sacy, Excerpta ex Abulfeda,dans Pococke, Specimen hist. arab., p. 464. Mais Nôüldeke, Ueber die Amalekiter und einige and. Nachbarvôlker der Israeliten, Gœttingue, 1864, ἃ montré qu'on ne pouvait faire grand fonds sur ces traditions assez incohérentes, recueillies à une époque bien postérieure à Mahomet et au Coran, ni les regarder comme indépendantes du titre d’ainé des peuples, donné par Balaam. — 30 Il vaut mieux revenir simplement aux données bibliques, et remarquer d'une part que les Amalécites ne sont jamais présentés comme faisant partie de la nation iduméenne, qu'ils en sont plutôt distingués, IT Reg., vin, 12, 143; I Par., xvur, 11; Ps. ΤΧΧΧΙ, 7, 8; si bien que, tandis que les Iduméens, comme les peuples parents d'Israël, doivent être épargnés et leur territoire respecté, Deut., 1, 4-8, 9, 19, Amalec est voué à la mort, Exod., xvir, 4; Deut., xxv, 17-19; I Reg., xv, 2-3, et son pays doit appartenir aux Hébreux. Num., xIv, 24-25. D'autre part, jamais Amalec n’est donné comme frère des Israélites, ni pour éveiller en lui quelque sympathie, ni pour faire ressortir l’odieux de sa conduite et expliquer par cette circonstance aggravante la malédiction qui le frappe. « Il est donc vraisemblable, conclut dom Calmet, Dictionnaire de la Bible, édit, de 1730, que les Amalécites dont il est si souvent parlé dans l'Écriture étaient un peuple descendu de Chanaan et dévoué à l’anathème de même que les autres Amorrhéens, et fort différents des descendants d'Amalec, petit-fils d'Ésaü. » La même conclusion est soutenue par Reland, Palæstina, lib. 1, ch. χιν, édit. de 172%, p. 78; 4. D. Michaelis, ouv. cit. ; Τὸ. K. Rosenmüller, Handbuch der biblischen Alterthumskunde, 1893, τι 111, p. 90-94; Welte, Kirchenlexicon, 1886, t.1, p.673; cf. Iperen, Historia critica Edom et Aimalec, in-4%°, Leovard., 1768. Comme cependant Moïse ne rattache pas les Amalécites à Chanaan, on peut aussi en faire un peuple d’une autre race. — Si un petitfils d'Ésaü et ses descendants portèrent aussi le nom d'Amalec, ce fut peut-être parce que, dans leur situation géographique ou dans leurs relations sociales, ils eurent avec les anciennes populations amalécites un contact plus étroit que les autres tribus iduméennes. 4. THomas.

2, AMALEC. Nom d’une montagne située dans la tribu d'Éphraïm sur laquelle se trouvait la ville de Pharaton, d'où était originaire et où fut enterré un juge d'Israël, Abdon, fils de Hillel, Jud., x17, 14-15. Sur la cause qui fit donner à une localité de la tribu d'Ephraim le nom d'Amalec, voir AMALÉCITE, col. 429, La position de cette

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