AMAT — AMBASSADE
AMBASSADE, AMBASSADEUR. On appelle au- Jourd'hui ambassadeur le représentant officiel d’un souverain ou d'un État auprès d’un gouvernement étranger. Il réside ordinairement dans le pays où il est accrédité. Les anciens, et en particulier les Hébreux, n’ont pas eu d'ambassadeurs dans ce sens moderne; ils ont eu seulement des envoyés chargés de porter des messages; on n’en donne pas moins assez souvent à ces envoyés le nom d'ambassadeur, et à la mission qu'ils remplissaient le nom d’ambassade. Un verset des Proverbes, ΧΠῚ, 17, nous fuit connaître deux des noms par lesquels on désignait en Israël les personnages à qui étaient confiées ces fonctions importantes :
Le méchant messager (mal’4k) tombera dans le mal, Mais l’envoyé (sir) fidèle est le salut.
Le mot mal'äk, qui signifie un messager quelconque, Job, 1, 14, etc., et spécialement un envoyé de Dieu, un ange, Gen., xLvInT, 16, etc., désigne plusieurs fois dans l'Ecriture un messager public, politique. Jud., xr1, 12, 17, 19; I Sam., xvi, 19; χιχ, 11, 14, 20; I (11) Reg., xIX, 2, II Par., xxxv, 21; Is., xxx, 4; ΧΧΧΠΙ, 7; Ezech., XVII, 15, etc. La Vulgate, dans ce dernier sens, traduit mal’ äk par nuntius. Le mot sir, comme nom d'agent, signifie toujours un homme chargé de porter un message. Prov., x, 17; xxv, 18; Is., ΧΥΠῚ, 2; LVI, 9; Jer., xLIx, 14; Abd., 1. Notre Vulgate le rend par le substantif legatus, qui est le mot consacré en latin pour exprimer un ambassadeur. Au second livre des Paralipomènes, ΧΧΧΙΙ, 31, les ambassadeurs de Babylone sont appelés melisim (Vulgate : in legatione), c'est-à-dire « interprètes ». Souvent du reste, quand les écrivains sacrés racontent des ambassades, ils ne donnent aucun titre spécial à ceux qui les remplissent.
Ceux qui étaient chargés d’un message à l'étranger étaient naturellement des hommes importants, par exemple, des officiers de la cour, quand ils étaient envoyés par le roi. Voir II Reg., x, 1-5; IV Reg., xvir, 17; etc. Ils étaient considérés comme des personnes sacrées et en quelque sorte inviolables, si nous en jugeons par la guerre qui fut la conséquence des outrages faits par les Ammonites aux envoyés de David. II Reg., x.
La mission la plus ordinaire des ambassadeurs consistait à demander la paix, l'alliance avec un peuple étranger ou certaines faveurs, comme dans les premiers exemples que nous connaissons, où Moïse envoie, mais sans succés, des messagers aux Iduméens et aux Amorrhéens, Num., xx, 14-21; xx1, 21-93; Jud., x1, 17-21, pour obtenir le libre passage sur leurs terres. Les Gabaonites vont trouver Josué pour faire alliance avec lui. Jos., 1x, 3-16. Jephté envoie inutilement des ambassadeurs aux Ammonites afin qu'ils cessent de piller les tribus transjordaniennes. Jud., x1, 12-28. Les tribus d'Israël réunies à Maspha font demander par des envoyés à la tribu de Benjamin de leur livrer les coupables qui avaient outragé la femme du lévite d'Éphraïm ; ils ne l’obtiennent point. Jud., xx, 12-13. Benadad, roi de Syrie, exige d'Achab, par une double ambassade, qu'il lui livre tout ce qu'il possède. III Reg., xx, 1-6. Amasias, roi de Juda, sollicite une entrevue et une alliance matrimoniale de Joas, roi d'Israël, et ses envoyés lui rapportent une réponse outrageante. IV Reg., xIv, 8-9. Achaz, roi de Juda, se reconnaît tributaire de Téglathphalasar, roi d’Assyrie, pour obtenir de lui des secours. IV Reg., xvi, 7. Ézéchias, fils et successeur d'Achaz, fait demander la paix à Sennachérib, roi d’Assyrie, qui ἃ envahi ses États, IV Reg., xvint, 14, et Sennachérib, après avoir accepté son tribut, le fait sommer néanmoins à deux reprises, par plusieurs de ses grands officiers, de se soumettre complètement à lui. IV Reg., xvinr, 17-34; xIX, 9-14; Is., xXxxXvVI, 1-90; xxxvIr, 9-14. Mérodach- Baladan, roi de Babylone, envoie à Ézéchias une ambassade avec des lettres et des présents, pour le féliciter sur sa guérison miraculeuse, IV Reg., xx, 12; II Par., ΧΧΧΠ, 81;
15., ΧΧΧΙΧ, À, et noue avec lui une alliance contre le roi d’Assyrie. Une des plus célèbres ambassades racontées dans les Saints Livres est celle que Judas Machabée envoya aux Romains pour conclure avec eux une alliance qui le mit en état de résister aux forces supérieures des rois de Syrie. 1 Mach., vur, 17-30. Voir ALLIANCE 1.
Les ambassadeurs étaient chargés parfois simplement de porter les tributs, Jud., 111, 15; d'aller féliciter un roi sur son avènement au trône, II Reg., vin, 10; IT Reg., v, 1, ou de lui apporter des compliments de condoléance sur la mort de son prédécesseur, IT Reg., x, 2.
Dans le Nouveau Testament, saint Paul considère métaphoriquement les ministres de l'Évangile comme des ambassadeurs de Dieu auprès des hommes, des legati envoyés par leur maitre pour tenir sa place, de même que le πρεσθευτής, le legatus tenait la place de l’'empereur romain dans la province de Syrie où l’Apôtre était né. C'est dans ce sens qu'il emploie le verbe πρεσόδεύειν. Il Cor., v, 20; Eph., vi, 20. F. VIGOUROUX.
AMBRE. On distingue deux espèces d’ambres, qui n'ont guère de commun que le nom: l’ambre gris, qui provient de certains cachalots,— il n’en est certainement pas question dans l’Écriture, — et l'ambre jaune, appelé aussi succin, qui serat mentionné dans Ézéchiel, 1, 4, 27; VII, 2, d’après une interprétation des anciennes versions.
Voir J. Oppert, L’ambre jaune chez les Assyriens, dans le Recueil des travaux relatifs à la philologie et à l’archéologie égyptienne et assyrienne, t. Il, 1880, p. 46-47. L'ambre jaune est une substance minérale solide, couleur jaune paille, transparente, et susceptible de recevoir un beau poli (fig. 113). C’est une espèce de résine fossile qui se présente en masses arrondies, offrant les formes qu’affecte la résine en coulant. Il brüle avec flamme et fumée, en répandant une odeur aromatique particulière. Il fond à la température élevée où le verre devient mou. Avant d'être fossile, il était à l'état fluide, comme le montrent les insectes et les débris de végétaux qui y sont quelquefois enfermés (fig. 114). Quand on le frotte avec de la laine ou de la peau, il développe facilement de l'électricité négative, et c'est à cause de cette propriété, depuis longtemps connue, qu'on a tiré de son nom grec, ἤλεχτρον, le nom même de l'électricité. On le trouve dans plusieurs parties de l'Europe, et principalement sur les bords de la Baltique, de Mesnel à Dantzig. Mais il est à remarquer qu'il ne se rencontre pas en Orient. «On n’a pas encore trouvé d'ambre en Mésopotamie, Cette substance, dont les riverains de la Méditerranée faisaient déjà un grand usage dès le x° siècle avant notre êre, ne parait pas avoir été portée par le commerce dans l'intérieur de l'Asie... Ce qui est certain, c’est que ni au Louvre ni au Musée britannique, parmi les objets de tout genre qui ont été recueillis dans les ruines de la Chaldée et de J'Assyrie par les explorateurs dont le butin est venu se classer dans ces deux grands dépôts, on ne saurait montrer la moindre parcelle d'ambre. Si les Assyriens avaient connu l'ambre, où celui-ci aurait-il mieux trouvé sa place que dans ces colliers où l'on réunissait, à l’aide d'un fil, toutes les pierres que l’on avait sous la main, le verre et la terre émaillée? Or, parmi les milliers d'éléments qui les composaient, on n’a pas signalé la plus petite