‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 244 sur 454 · Captif amorrhéen. Temple de Médinet- Abou · texte numérisé non relu

Captif amorrhéen. Temple de Médinet- Abou

venant du palais de Ramsès IIT, à Tell el-Yahudéh, dans la Basse-Egypte. Cf. H. G. Tomkins, Studies on the times of Abraham, Londres, p. 85, et planche vr.

M. Flinders Petrie, dans les fouilles qu’il a commencées en 1890 à Tell el- Hésy, sur la rive gauche de l'ouadi de même nom et au sud-ouest de Beit-Djibrin, a cru retrouver le site de Lachis, ancienne ville amorrhéenne, généralement placée un peu plus loin, à Oum el-Lakis. Il a découvert des murs antiques qui rappellent les vieilles et fortes cités dont parle l'Écriture, Num., ΧΠῚ, 29, et un grand nombre de poteries qui seraient les plus curieux spécimens de l’art amorrhéen. Voir, pour les détails, son ouvrage, Tell el-Hesy (Lachish), in-4, Londres, 1891, et Palestine Exploration Fund, Quarterly statement , 1890, p. 159-170, 219-246 ; 1891, p. 97, 207, 282-298. Voir LACHIS.

La religion des Amorrhéens ne différait pas de celle des Chananéens en général. Cependant, comme nous l'avons fait remarquer, c'est leur nom qui est le plus souvent cité quand il s’agit de l'idolätrie et des iniquités de ces peuples. Cf. Ezech., xv1, 3, 45. Une des résidences du roi Og, Astaroth-Carnaim ou Astarté aux deux cornes, rappelle le nom d'une des principales divinités de ce pays, Astarté, qu'on représente quelquefois avec un croissant d’or au-dessus de la tête. De même Baal entre dans la composition de certains noms de villes, comme Baal- Gad, Baal-Hazor, Baal-Méon, etc.

Les Amorrhéens devaient également parler la même langue que les autres habitants de Chanaan. Un seul mot particulier nous ἃ été conservé : c’est le nom qu'ils donnaient au mont Hermon, Sanir (Sentr), Deut., n1, 9, et qu'on retrouve dans les inscriptions assyriennes sous la forme Sa-ni-ru. Cf. Fried. Delitzsch, Wo lag das Paradies ? Leipzig, 1881, p. 104. A. LEGENDRE.

2. AMORRHÉENS (MONT DES). Moïse, dans le Deuiéronome, 1, 7, appelle ainsi, non pas une montagne particulière, mais le pays montagneux qu'habitaient les

AMORRHÉENS — AMOS

Amorrhéens, avant d’en avoir été chassés par les Israélites, au sud de la Palestine entre Bersabée et Cadesbarné.

AMORT Eusèbe, théologien catholique allemand, né le 15 novembre 1692, à Bibermühle, près de Tülz, en Bavière, mort à Polling, le 5 février 1775. Il entra encore jeune au monastère des chanoines réguliers de Polling, et y devint, en 1717, professeur de philosophie, puis de théologie. Plus tard, le cardinal Lercari se l’attacha comme théologien, et son séjour à Rome lui permit d'acquérir beaucoup de connaissances qu'il utilisa à son retour, en 1735, dans son couvent, qu’il ne quitta plus jusqu’à sa mort, en 1775. Parmi les nombreux ouvrages qui l'ont rendu célèbre comme théologien et canoniste, nous n’avons à citer que sa Demonstratio critica religionis catholicæ, in-fo, Venise, 1744, qui touche à diverses questions scripturaires. Voir À. von Savioli-Corbelli, Ehrendenkmal des Eus. Amort. Gedächtnissrede in einer üffentl. Versammlung der Akademie der Wissenschaften 1777 zu München gehalten ; Baader, Das gelehrte Bayern, Nuremberg, 1804, t. 1, p. 20 ; Wetzer et Welte, Kirchenlexicon, 2e édit., t. 1, col. 704.

4. AMOS (hébreu : D1y, ‘Amôs, « porteur »; Septante : ᾿Αμώς) qu'il ne faut pas confondre avec Amos (hébreu : ΥἹῸΝ; *Âmôs) père d'Isaïe, est le troisième des petits prophètes.

I. Vie d'Amos. — Amos, originaire de Thécué (Am. 1,1), était un pasteur (nôgéd) qui, de plus, cultivait les sycomores, dont il vendait les fruits (Am., vi, 14, bôlés = χνίζων, distringens). Voir THÉCUÉ et SYCOMORE. Il paissait done un troupeau, le sien peut-être, lorsqu'il fut envoyé de Dieu en Israël pour y prophétiser. Il alla à Béthel, où était le sanctuaire national, Am., vu, 13, le centre du culte des veaux d’or, et il y remplit sa mission. Là il rencontra dans la personne d'Amasias, sacrificateur de Béthel, un violent contradicteur. Dénoncé par lui à Jéroboam II et invité à retourner en Juda : « Je suis un simple berger sans culture littéraire, répondit-il, mais enfin pourtant je suis un envoyé de Jéhovah. » Cf. Am., vi, 44-15. Il prédit ensuite à Amasias qu'il mourrait en pays étranger, que les siens subiraient la mort et la honte, et qu'Israël serait emmené en captivité. Am., vi, 10-17. Après cet épisode, on ne sait ce qu'il devint. Pseudo- Épiphane, De vitis prophet., t. xLut, col. 405, et pseudo- Dorothée racontent qu'il fut frappé aux tempes d'une massue (clava ; autre leçon: clavo), qu'il fut porté mourant à Thécué, et qu’il y expira deux jours après ; mais ces détails nous paraissent une légende sans autorité.

IT. Date et caractère de sa prophétie. — Amos prophétisa sous les rois Ozias de Juda et Jéroboam IT d'Israël, Am., 1,1, entre l’an 804 et l'an 779, par conséquent. Il accomplit sa mission très probablement vers la fin du règne de Jéroboam 11, car plusieurs textes supposent les victoires de ce prince. L'indication : € deux ans avant le tremblement de terre, » Am., 1,1, ne dit absolument rien pour nous, puisqu'on ignore la date de ce tremblement de terre, d’ailleurs célèbre. Zach., x1v, 5. Le royaume d'Israël, à cette époque, était puissant et riche. I n'avait plus à craindre les Syriens, ses voisins redoutables, IV Reg., ΧΠΙ, 7. À Joas, heureux déjà dans ses guerres, avait succédé un roi plus brave encore ; Jéroboam IT avait rendu à Israël ses frontières, depuis l'entrée d'Émath jusqu’au torrent du désert, IV Reg., x1v, 20, selon la parole de Jonas. L'Assyrie avait-elle contribué à ce relèvement d'Israël ? Quelques-uns le pensent, et le € sauveur » dont il s’agit IV Reg., ΧΠῚ, 5, serait, selon eux, Rammanirari HI. G. Brunengo, L’impero di Bubilonia et di Ninive, Prato, 1885, t. 1, p. 418 et suiv. Quoi qu'il en soit, le royaume du Nord avait atteint l'apogée de sa gloire. Mais il s’en fallait beaucoup que l'état moral et religieux répondit à ce grand éclat. À cet égard, c'était une vraie décadence : les riches et les grands opprimaient les pauvres par des exactions et

des injustices, par le vol et l'usure ; les marchands faussaient les mesures : ils faisaient l'épha aussi petit et le sicle aussi grand que possible, Am., vi, 5, 6; tous se livraient à l'orgueil, au luxe, à la vie molle et voluptueuse. D'auire part, l'idolätrie dominait partout : on sacrifiait sur les hauts lieux; à Béthel, dans le petit temple élevé par le roi (migdas mélek), on adorait Jéhovah sous la figure d'un jeune taureau d'or; de même à Galgala. Am., 1V, #4. On allait en pélerinage sur les frontières à Bersabée. Am., v, D. On observait les fêtes, on offrait des holocaustes, on payait les dimes, sans doute, mais sans esprit de vérité et de justice. On conçoit que l'habileté et l’activité guerrière de Jéroboam Ii n'aient pu arrêter la décadence. Elle devait se précipiter. La perte était certaine.

Ce fut à cette date et dans ces conditions que parut Amos. Il vint de Juda, trait déjà caractéristique ; il se rendit à Béthel, en plein centre d'idolätrie. Dieu lui avait confié une double mission : reprocher à Israël ses infidélités à la loi, et lui dénoncer un châtiment devenu inévitable, I remplit celte mission comme il convenait. Il parlait durement, sans voiler le crime, sans dissimuler la punition, sans crainte. Ses discours étaient brefs, pleins d'images. 1] les répétait sans doute, Il avait des visions qu'il exposait comme il les avait eues. On s'imagine aisément la profonde impression qu'il dut produire sur Israël. L'épisode d'Amasias rapporté plus haut en est une preuve. Am., vit, 10-21. Son ministère de terreur fut très court, à ce qu'il semble. Il était terminé deux ans avant le tremblement de terre dont il est parlé, Am., 1, 1. Amos était sans doute retourné à Thécué.

M. Renan à dénaturé le caractère et la mission de ce prophète, Amos, selon lui, « fut l'interprète des protestations de la démocratie théocratique contre les nécessiltés d'un monde qui échappait chaque jour aux rêves enfantins. » Ce fut « la première voix de tribun que le monde ait entendue... On peut dire que le premier article de journaliste intransigeant a été écrit 800 ans avant J.-C., et que c'est Amos qui l’a écrit... Il y a beaucoup d'exagération dans le tableau qu'il trace des crimes qui se commettaient dans Samarie. Homme d'opposition à outrance, Amos voit tout en noir... » Histoire du peuple d'Israël, Paris, 1889, t. 11, p. 425, 431; cf. 439, 434, 436. Rien ne justifie ces appréciations. Tout ce que l’on peut savoir d’Amos les contredit. S'il fut l'interprète de protestations, ce fut des protestations de Dieu, comme il le dit lui-même. S'il fut homme d'opposition, c'est sur l'ordre de Dieu, et, à cel égard, il a conquis notre admiration. Quant à l'exagération de ses peintures morales, elle n'existe pas M. Renan sait-il mieux qu'Amos, un contemporain, ce qu'il en était des mœurs et de la société de ce temps ? — Aucun autre rationaliste n'a osé traiter Amos avec celle injustice,

IL. Authenticité de la prophétie d'Amos. — Rentré en Juda, Amos voulut mettre ses prophéties par écrit, Il rédigea donc le livre tel que nous lavons auJourd'hui. À quelle date, on ne le sait pas au juste. Il paraît bien

que ce fut après le tremblement de terre. Am., 1, 1. Qu'il soit l'auteur de ce livre, c'est ce qui est prouvé : 19 par

la tradition tant juive que chrétienne ; 20 par le style du livre lui-même, qui est, par les tournures et les images qui le distinguent, celui d'un berger, comme était Amos ; 90 par l'affirmation explicite qu'il contient, Am., ΝΠ, 1, 4, et vis, 1 (« Jéhovah m'a montré ces choses »); 1, 2, 5,8; vit, 2; 1x, 1. L'emploi du style indirect, Am., 1, 1, 2 (« Paroles d’Amos », etc.); vit, 14 (« Et Amos répondant », etc.) n'infirme pas cette dernière preuve. D'ailleurs les adversaires l’avouent : QI] est incontestable, dit Th. Nôldeke (Schenkel's Bibel-Lexicon, au mot Amos), que l'ouvrage doit être attribué à Arnos. Jamais un doute ne s'élévera à cet égard. » 1] s’en est élevé un cependant, car on lit dans M. Vernes, Les Résultats de l'Exégèse biblique, Paris, 1890, p. 208 : « Quelques lignes d'Amos... peuvent surnager, mais le corps en doit étre sacrifié sans hésita-

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