‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 246 sur 454 · AMOS · texte numérisé non relu

AMOS

(Vulgate : «les hauts lieux de l’idole »); vir, 14, bôlés, ouvrant, fendant »; ὙΠ, 16, « la maison d'Isaac » ( Vulgate : (la maison de l’idole »). Les images abondent. «€ Nulle part ailleurs chez les prophètes, dit H. Ewald, Die Propheten des alten Bundes, Gœættingue, 1878, t. 1, p. 84, on ne rencontre tant de souvenirs de la vie champêtre, exprimés avec la vérité et l'originalité la plus pure, et aussi avec une inépuisable richesse, » G. Baur a signalé toutes ces images. Indiquons au hasard, 1, 2; 11, 13 ; 111, 12; IV, 13 (Dieu); 1x, 6; v, 16, 17; v, 18, 19, « le jour de Jéhovah »; vi, 4-6 (vie des grands); 1v, 1-3 (grandes dames samaritaines); vin, 8-14 (invasion assyrienne); VIN, 2-8; 1x, 2-5, 13-15 (âge d'or). Jeux de mots : v, 5 (hagilgäl gälôh yigléh, « Galgala sera emmenée captive » ); VII, 2 (gäyis… δὰ haqqëôs); νι, 7 (vesär mirzäh serû- Lim). Il résulte de là un style clair, vif, pressé, original. Le soin que prend Amos de séparer les sujets qu'il traite, Am., IV, 1: v, 1, etc., fait que chaque division est un morceau achevé. On y sent un rythme plein, souvent sonore. On y distingue aussi parfois des strophes régulières. Sa diction ἃ été comparée à celle de Job. Quoi qu'il en soit, Amos écrit comme un grand prophète. Il est savant; sa connaissance du Pentateuque surtout est évidente. Trochon, Les Petits prophètes, p. 137. Il est éloquent, mais de cette éloquence qui ne s’apprend pas aux écoles selon les règles classiques ; c’est une éloquence divine : « Neque enim hæc humana industria composita, sed divina mente sunt fusa et sapienter et eloquenter. » S. Augustin, De Doct. chr., 1V, 7, 21; t. xxxIV, col. 98. C'est en ce sens qu'il faut entendre le mot de saint Jérôme : « imperitus sermone, sed non scientia, » mot appliqué par lui à Amos, et qui ἃ égaré beaucoup d’appréciateurs de son style. Saint Augustin, loc. cit., ἃ fait la critique littéraire d'Amos, vi, 1-6, et sa conclusion est que les écrivains sacrés peuvent être des modèles du bien dire. Les modernes s'accordent à parler comme saint Augustin. R. Lowth, un juge excellent, écrit à cet égard : CEvolvat modo seripta ejus (Amos) æquus judex, de re, non de homine quæsiturus; censebit, credo, potius pastorem nostrum μηδὲν ὑστερηχέναι τῶν ὑπερ λὶαν προφητῶν ut sensuum elatione et magnificentia spiritus prope summis parem, ita etiam dictionis splendore et compositionis elegantia vix quoque inferiorem. » De sacra poesi Hebræorum, Oxford , 1775, 3e édit., t. 1, p. 287. Ce jugement, il faut le reconnaître, est un peu enthousiaste. Ὁ, Schmoller, ouvr. cit., p. 158 et suiv.

VI. Histoire du texte. — Le texte d’Amos nous est parvenu dans toute son intégrité. Les citations qui en sont faites par Osée, Sophonie, Jérémie (A. Kueper, Jeremias librorum sacrorum interpres atque vindex, p. 71-73, 79-892, 98, 99), Zacharie, l’auteur de Tobie et les anciennes versions le prouvent assez. (ἃ. Baur, après avoir soumis ces versions à un examen sérieux, conclut ainsi : « Δ comparer le texte actuel au texte primitif, tel qu'on le rétablit suivant les anciennes versions, nous devons dire que celles-ci portent en faveur de l'antiquité du texte présent un témoignage décisif. Les différences que l’on constate dans la version grecque sont en grande partie, si l’on y regarde de près, l'effet de quelques méprises du traducteur. Les autres versions grecques, comme aussi le Targum, la Peschito, la version hiéronymienne, offrent partout les mêmes leçons que notre hébreu actuel. Si quelqu'une s’en écarte, cet écart est redressé par l'accord des autres avec le texte que nous avons. Un certain nombre de variantes reposent sur une vocalisation difiérente, ce qui ne change en rien le texte, et prouve seulement que les traducteurs l'ont lu ou compris autrement que nous. D’autres variantes sont plus importantes, comme, par exemple, en fait de consonnes, kt'6r au lieu de käye'6r, Am., vu, 8, ete. Ouvr. cit., p. 148, 149. » On pourrait en citer d'autres. Quant aux variantes des manuscrits massorétiques eux-mêmes, elles sont peu importantes (De Rossi, Variæ lectiones, ete., t. 111, p. 186-190; Scholia

critica, ete., Parme, 1798, p. 84-88). G. Bickell regarde Amos, vi, 2, comme une glose ajoutée plus tard; Schrader le croit aussi; mais leurs raisons ne sont pas concluantes. Voir Knabenbauer, ouvr. cit., p. 299. — Un mot de la Vulgate. Aucune autre version ne la vaut. Suivant pas à pas le texte, elle en rend bien le sens. Parfois elle s'attache à la lettre, ce qui la rend un peu obscure. Voici quelques leçons à remarquer : Am., 1, 2 : Speciosa pastorum, pour πο Οὐ härô‘im (ai νομαὶ τῶν ποιμένων) ; Am., 1, 5: de campo idoli, mibbiq'at ᾿ἄυον ; de domo voluptatis, mibbôt ‘édén ; Am., 1, 15: Melchom, malkäm ; Am., ut, 11: tribulabitur, sar (hostis); Am., 111, 12: in Damasci grabato, bidméséq ‘ärés (in serico damasceno lecti) ; Am., 1V, 6 : stuporem dentium, niqyiôn Sinnaim (munditiem dentium) ; Am., v, 26 : tabernaculum Moloch vestro, sikküt malkekém (arcam regis vestri) ; imaginem idolorum vestrorum, sidus dei vestri, kiyyün salmékém (kaivan, idola vestra) ; kokab ’élôhékém (stellam deorum vestrorum), Cf. Knabenbauer, ouvr. cit., p.296. Am., vx, 7: trulla cœmentarii, ‘änäk (stannatio); Am., 1x, 1 : avaγια enim in capite, übsa'am δον ὃ (concide eos in caput), etc. Voir G. Baur, ouvr. cit., p. 127-149.

VII. Prophélie messianique. — La vision d'Amos, 1x, 1 et suiv., est une vision de ruine et de salut. À Israël détruit succédera un nouvel Israël, qui s'étendra partout et vivra toujours heureux. On appelle cette partie de la vision la prophétie du fils des tombés (bar nôflim), par allusion au Messie, fils de la maison tombée de David; c'est une prophétie messianique :

En ce jour, je relèverai la hutte tombée de David,

Je refermerai par un mur ses ouvertures,

Je relèverai ce qui en est tombé :

Je la rétablirai comme aux anciens jours.

115 posséderont ainsi les restes de l’Idumée.

Et toutes les nations sur lesquelles mon nom a été invoqué. — Tel est l’oracle de Jéhovah qui fait cela.

Voici venir des jours, dit Jéhovah,

Et le moissonneur suivra de près celui qui laboure,

Celui qui foule le raisin, le semeur.

Les montagnes ruisselleront de vin,

Et toutes les collines couleront [ d'huile].

Je ramènerai les captifs de mon peuple d'Israël :

115 rebätiront les villes détruites,

Ils replanteront leurs vignobles et en boiront le vin,

115 feront des jardins et en goûteront le fruit.

Je les replanterai sur leur sol,

Je ne les arracherai plus de la terre que je leur ai donnée, Dit Jéhovah, ton Élohim. IX, 11-15.

Quelques-uns ont appliqué cette prédiction au relèvement de la dynastie et du royaume de David après la captivité et l'exil. Mais nous croyons qu'elle s'entend mieux, et mème, selon plusieurs, qu'elle s'entend exclusivement du Messie et de l'Église. À l'Église seule, en effet, à l'Église fondée par le Messie conviennent les traits de cet oracle, cette extension, cette prospérité merveilleuse, cette durée qui ne sera pas interrompue. Ainsi ont pensé les anciens Juifs, les Pères après saint Jacques, Act., XV, 16,17, et aujourd'hui c'est le sentiment des meilleurs interprètes : T. Be de Comment. in Act. Apost., Louvain, 1864, p. 382-387; F.-X. Patrizi, In Act. Apost. comment., Rome, 1867, p. FA etc. L'origine de l'Église, son développement, les grâces répandues sur elle sont l'accomplissement de cette prophétie, accomplissement -qui ne sera achevé que par le jugement dernier au second avénement. « Alors la terre sera un nouveau pays de Chaπάλη, Où Dieu habitera au milieu de son peuple dans un royaume de gloire. » Les dogmes révélés ici sont l'universalité (Y. 12), la sainteté et l'abondance des dons surnaturels qui l'accompagnent (ÿ. 13, 14), et l'indéfectibilité de l'Eglise (ÿ. 15). Voir, sur cette prophétie : L. Reinke, Die messianischen Weissagungen, t. 111, Giessen , 1861, p. 184-208; 1. DE NACEU ouvr. cil., Ὁ. 332 et suiv. F. Keil, ouvr. cit., p. 23% et suiv,; F, Delitzsch, Messianic

AMOS — AMOSA

Prophecies, p. 9; G. Trochon, Introduction générale aux Prophètes, Paris, 1883, p. 74.

Amos est représenté, dans l'art chrétien, avec les attributs de la profession pastorale. Il tient ordinairement une houlette, et un agneau est placé près de lui, pour figurer le troupeau qu'il gardait à Thécué. Amos, 4. Voir Ch. Cahier, Caractéristiques des saints, Paris, 1867, p. 21, 133. Cf. p. 719 le passage d'Amos, 1x, 11, qui accompagne parfois dans un cartouche la représentation du prophète.

ΨΠΠ. Commentateurs. — Auteurs ayant spécialement écrit sur Amos : * E. Schade , Commentarius in Amos prophelam, in-8, Strasbourg, 1588; *J. Gerhard, Adnotaliones posthumæ in prophetas Amos et Jonam, in-#%, Iéna, 1663 et 1070; * C. B. Michaelis, Exercitatio philol.theologica de vaticinio Amos prophetæ, in-%°, Halle, 1736; *J. C. Harenberg, Amos propheta expositus, interpretatione latina instructus, ainplissimo commentario ex theologia ebræa et israelitica, ex linguarum adminiculis, ex riibus antiquis, ex chronologia et geographia illustratus, etc., in-4°, Leyde, 1763; * L. 4. Uhland, Annotationes ad loca quædam Aimosi imprümis hislorica, ἴῃ - 45, Tubingue, 1779-1780 ; 1. C. W. Dahl, Amos neu übersetzt und erlautert, in-8, Gœttingue, 1795 ; *R. W. Justi, Amos ee “übersetzt und erläutert, in-8&0, Leipzig, 1799; ‘JS. Vater, Amos überselzt und erläutert mit Beifu- ΓΝ des hebräüischen Textes und der grieschischen Septuaginta nebst Anmerkungen zu letzterem, in-4°, Halle, 1810; *J. W. 1. Juynboll, De Æmoso, Leyde, 1828; κα, Baur, Der Prophet Amos erklärt, in-8°, Giessen, 1847 [fait autorité]; * O0. Schmoller, Die Propheten Hosea, Joel und Amos, in-8&, Bielefeld und Leipzig, 1872 ; *C. Τὸ Keil, Die zwülf kleinen Propheten, in-8, 2 édit., Leipzig, 1873; [*J. M. Faber], Abweichungen der griechischen Uebersetzung des Amos von hebräischen Texte nach der Waltonischen Polyglotten Bibel, dans le Repertorium für biblische und morgenländische Literatur, in-8v, Leipzig, 1780, p. 208-962; Vergleichung der Londoner Ausgabe der Peschito in Propheten Amos mit dem Texte derselben in Ephren's der Syrers Werken, dans G. Wahls Magazin fir alte besonders morgendländische und biblische Literatur, p. 78-99; * Haze, Stylus Amos Prophetæ ex illius vita erutus, Halle, 1755.

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