‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 259 sur 454 · ANAN BEN DAVID — ANANIE, ÉPOUX DE SAPHIRE · texte numérisé non relu

ANAN BEN DAVID — ANANIE, ÉPOUX DE SAPHIRE

5. ANANIE, compagnon de Daniel, qui recut à Babylone le nom chaldéo-assyrien de Sidrach. Dan., 1, 6-7. Voir SIDRACH. Il était de la famille royale de David, comme le montre le choix que fit de lui Asphenez, le chef des eunuques de Nabuchodonosor, pour le faire élever dans l’école du palais avec Daniel, Misaël et Azarias. Dan., 1, 8. Ananie est toujours nommé après Daniel et avant Misaël et Azarias, Dan., 1, 6, 7, 11, 19; 11, 17, etc., sans doute comme étant un personnage moins important que Daniel, mais plus important que ses deux autres compagnons.

C'était l'usage, à Ninive et à Babylone, de faire élever à la cour des enfants apparlenant aux familles principales des peuples vaincus, afin de les attacher ainsi aux vainqueurs et de s’en servir ensuite pour gouverner les nouveaux sujets de l'empire qui étaient de même race. Ananie reçut ainsi, avec Daniel, Misaël et Azarias, une éducation babylonienne, et apprit des maîtres chaldéens tout ce qui constituait la science d'alors. Dan., 1, 4. Avec ses compagnons, pour observer strictement la loi mosaique qui défendait l'usage de viandes impures, il ne se nourrit dans le palais que de légumes, et Dieu bénit cette fidélité. Dan., 1, 12, 16. Après avoir fait les plus grands progrès dans les sciences chaldéennes, Ananie fut investi de fonctions éle= vées à la cour de Nabuchodonosor. Dan., 1, 19-20. Sur la demande de Daniel, lorsque le jeune prophète eut expliqué le premier songe du roi de Babylone, Ananie fut placé, avec Misaël et Azarias, à la tête des affaires ou des travaux publics de la province de Babylone. Une si grande faveur excita contre lui et ses compagnons une vive jalousie. Nabuchodonosor ayant fait élever une statue d’or dans la plaine de Dura, près de Babylone, et ayant ordonné à tous ses officiers de l’adorer, les trois jeunes Hébreux refusèrent d'exécuter un ordre qui blessait leur conscience. Les Chaldéens saisirent aussitôt cette occasion de satisfaire leur haine contre eux, et les dénoncèrent au roi, qui, n'ayant pu les déterminer à commettre un acte d’idolàtrie, les fit jeter dans une fournaise ardente. Dan., 11, 1-23. Dieu récompensa la foi d'Ananie, de Misaël et d’Azarias, en les conservant vivants au milieu des flammes, et ils le remercierent de ce grand miracle par le cantique connu sous le nom de Benedicite, omnia opera Domini, Domino, qui nous ἃ été conservé dans la partie deutérocanonique du livre de Daniel, 11, 52-90, Nabuchodonosor, frappé de ce prodige, maintint Ananie, Misaël et Azarias dans le gouvernement de la province de Babylone. Dan., 111,97 (30). Nous ne savons plus rien de l’histoire d’Ananie; mais son exemple devait être fécond. Plus tard, le vieux Mathathias mourant rappelait à Judas Machabée et à ses frères la fermeté des compagnons de Daniel, pour exhorter ses enfants à être eux-même fidèles à leur Dieu et braver la perséeution d’Antiochus Epiphane. 1 Mach., 11, 59. Les premiers chrétiens les représentaient aussi, souvent, au milieu des flammes de la fournaise, dans les catacombes, afin de s’exciter par leur exemple à confesser sénéreusement leur foi devant les tribunaux romains.

G. ANANIE, époux de Saphire. — Ananie était un chrétien de la communauté primitive de Jérusalem, qui, de concert avec sa femme Saphire, essaya de tromper saint Pierre sur le prix d'un champ qu'il avait vendu. Act., ν, 2. Il aurait pu, ainsi que le lui fait remarquer l’apôtre, ne pas vendre son champ, et même après l'avoir vendu en garder le prix tout entier; mais en feignant d'apporter à la communauté tout le prix de vente, lorsque, au contraire, il en retenait une partie pour son propre usage, il mentait non pas tant aux hommes qu'à Dieu, Α l'audition des reproches de saint Pierre, Ananie tomba et expira. Des jeunes gens (vewtepo:, Ceux qui probablement étaient chargés des besognes matérielles de la communauté par opposition aux πρεσόύτεροι, Chargés des fonctions spirituelles) se levérent, enveloppèrent le corps, et allèrent l’'ensevelir. Trois heures après, le même sort atteignit sa femme Saphire, complice de son crime, et convaincue de

mensonge par saint Pierre. — L’apôtre a-t-il voulu la mort des deux coupables? Cest probable pour celle d'Ananie, et certain pour celle de Saphire.

Le péché d’Ananie et de Saphire a été double. Dans la communauté primitive de Jérusalem les biens étaient communs, Act., IV, 32; tous vendaient ce qu'ils possédaient et en livraient le prix aux Apôtres, puis on distribuait à chacun selon ses besoins. Act., v, 34, 35. Ananie et Saphire voulurent participer aux biens de tous, sans livrer le leur en entier; c'était une injustice. En outre ils essayérent

de tromper les Apôtres, et mentirent ainsi à Dieu, qui |

inspirait ceux-ci.

Quelques rationalistes (Heinrichs, Neander) ont expliqué

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