Antiochus VII Sidètes
Tête diadémée d’Antiochus VII. — ἢ, ANTIOXOY ΒΑΣΙΛΈΩΣ, :
Aigle aux ailes ployées avec une palme.
avant d’avoir débarqué sur la côte de Phénicie, à Simon Machabée pour lui confirmer tous les privilèges qui lui avaient été déjà accordés, et pour lui conférer de plus le droit de battre monnaie. 1 Mach., xv, 1-9. C’est donc de cette époque que datent les premiers sicles hébreux. Simon, pour reconnaitre ses bienfaits, lui envoya deux mille hommes; mais, avant qu'ils fussent arrivés, Antiochus VII était devenu maitre de la situation. Il avait épousé sa belle-sœur Cléopâtre, qui lui avait par ce mariage assuré le trône. La plupart des soldats de Tryphon l'avaient abandonné, et il avait été réduit à s'enfuir à Dor, sur la côte de Phénicie, où il ne tarda pas à être assiégé par son vainqueur, 1 Mach., xv, 10-14. Il réussit cependant à s'échapper de cette place, et se retira en premier lieu à Ptolémaide (Charax, dans Müller, Histor. græc. fragm., t 11, p. 644, n. 40), puis à Orthosiade, au nord de Tripoli en Phénicie, I Mach., xv, 37, et enfin à Apamée, où il fut encore assiégé et où il périt. Josèphe, Ant. jud., XII, vu, 2; cf. Appien, Syr., 68; Strabon, χιν, 5, 2.
Les succès d'Antiochus VII l'avaient rendu moins conciliant pour les Juifs. Lorsque les troupes envoyées par Simon étaient arrivées à Dor avec les présents du prince asmonéen , il avait refusé de les recevoir, retiré les concessions qu'il avait faites, et demandé par Athénobius, un de ses officiers , que les places fortes occupées par les Juifs en dehors de la Judée lui fussent rendues, ou qu’on lui payät mille talents. I Mach., xv, 26-31. Simon Machabée revendiqua les droits de son peuple auprès d'Athénobius ; il offrit cependant cent talents pour Joppé et Gadara. Antiochus VII ne les accepta pas, et, pour soumettre les Juifs à ses volontés, il fit marcher contre eux un de ses généraux, Cendébée, qui s'établit dans une forte position à Cédron ou Gédor, dans les environs de Jamnia, et ravagea de là tout le pays environnant. 1 Mach., xv, 32-41. Simon était trop avancé en âge pour aller combattre en personne Cendébée ; il envoya à sa place ses deux fils Judas et Jean, qui remportérent contre les Syriens une victoire complète.
C'est le dernier événement de l'histoire d’Antiochus VII et des guerres des Syriens avec les Juifs que rapportent les auteurs sacrés. 1 Mach., xvr, 1-10. Nous savons par Josèphe, Ant. jud., XIII, νπι, 23, et par Eusébe, Chron. arm., 11, 1. ΧΙΧ, col. 511, qu'Antiochus VIT tenta plus tard de venger lui-même la défaite de Cendébée, après la mort de Simon, lorsque le fils de ce dernier, Jean Hyrcan, fut devenu grand prêtre, en 135 -13% avant J.-C. Simon avait péri, près de Jéricho, assassiné par Ptolémée, son gendre, et l'assassin avait demandé du secours à Antiochus VIT. I Mach., xvi, 11-16. Le roi syrien envahit la Judée, ravagea tout sur son passage, et enfin mit le siège devant Jéru- Salem. 1] fut sur le point de l'emporter d'assaut; mais
ANTIOCHUS VII SIDÈTES — ANTIPATRIS
enfin, sans doute par crainte des Romains, il fit avec Hyrean une paix dont les conditions ne furent pas trop onéreuses pour les Juifs. Antiochus VIT entreprit ensuite une guerre contre les Parthes (129 avant J.-C.). Jean Hyrean fut obligé de l'y accompagner. Le roi de Syrie remporta d'abord quelques avantages ; il fut finalement défait par Phraorte IT (Arsace VIT), et succomba sur le champ de bataille. Josèphe, Ant. jud., ΧΠῚ, vint, 4; Justin, ΧΧΧΥΠΙ, 10; χχχιχ, 1; Diodore de Sicile, xxxIv, 15-17; Tite Live, Epit., 59; Appien, Syr., 68 (198 avant J.-C.). On voit, par ce dernier trait, qu'on ne saurait admettre l'opinion des commentaleurs qui pensent que l'Antiochus dont parle la lettre des Juifs insérée dans IT Mach., 1, 12-16, est Antiochus Sidètes. Ce dernier périt dans un combat, tandis que celui dont la lettre des Juifs nous fait connaître la fin tragique fut massacré dans un temple qu'il voulait piller. Voir ANTIOCHUS IT. — Les historiens anciens ont reproché à Antiochus VII de s'être adonné avec excès, comme la plupart de ses prédécesseurs, aux plaisirs de la table, Athénée, v, 210; x, 439; x11, 540; cf Justin, xxxvIn, 10; mais ils louent sa bravoure et son courage. — Voir J. F. Tochon, Dissertation sur l’époque de la mort d'Antiochus Evergète Sidètes, roi de Syrie, sur deux médailles de ce prince et sur un passage du 118 livre des Machabées, in-4°, Paris, 1816, F, VIGOUROUX.
7. ANTIOCHUS (Septante : ᾿Αντίοχος), père de Numénius, qui fut un des ambassadeurs envoyés par Jonathas aux Romains et aux Lacédémoniens. 1 Mach., χα, 16; XIV, 22.
8. ANTIOCHUS (vire siècle), moine grec, du couvent de Saint-Sabas, voisin de Jérusalem, appartient à la première moitié du vire siècle, car il est contemporain, luimême en témoigne, de la prise de Jérusalem par Chosroës (614). C'est à peu près tout ce que l'on sait de sa vie. On ἃ de lui un ouvrage exégétique considérable, intitulé Pandectes Sacræ Scripturæ, plusieurs fois imprimé depuis le xvre siècle, et dernièrement par Migne, Patr. Gr., t. LxxxIX, col. 1415-1855 : traité de morale d’après la Sainte Écriture, et divisé en cent trente homélies, dont chacune a un sujet distinct : Qu'il ne faut pas aimer le monde ; — Qu'il ne faut pointse chercher soi-même ; — Du rire ; — De Ja psalmodie ; — De la délectation en Dieu; — De la vocation de Dieu, etc. etc. Voir une excellente notice sur cet écrivain dans Fabricius, Bibliotheca greca, édit. Harless, t. x, p. 499-50%. P. BATIFFOL,
ANTIPAS. ᾿Αντίπας, contraction d’’Avriratpoc, Antipater. Cf. Joséphe, Ant. jud., XIV, 1, 3.
4. ANTIPAS, fils d'Hérode le Grand et de Malthace la Samaritaine, qui fit décapiter saint Jean-Baptiste. Il n'est désigné dans les Évangiles que sous le nom d'Hérode, Voir HÉRODE 3.
2. ANTIPAS (’Avr'ra:), Chrétien appelé par saint Jean, dans l’Apocalypse, 11, 13, « le témoin ou martyr fidèle. »
* Le contexte semble indiquer qu'il avait été évêque de Per-
game avant l'époque où saint Jean écrivait sa prophétie. La tradition ecclésiastique le fait en effet évêque de cette ville. ΠΠ consomma son martyre, disent les martyrologes, sous Domitien, dans les flancs d’un taureau embrasé., On célébre sa fête le TT avril. Voir Acta Sanclorum, aprilis t. II, p. 3-5. E. JACQUIER.
ANTIPATER (Septante : ᾿Αντίπατρος), fils de Jason, et l'un des ambassadeurs que Jonathas envoya aux Romains et aux Lacédémoniens pour renouveler l'alliance avec eux. I Mach., x, 16; x1v, 22.
ANTIPATRIS (Αντιπατρίς), ville de Judée, Saint
Paul, menacé de mort par les Juifs, fut conduit, pendant
la nuit, de Jérusalem à Antipatris. Act., xx111, 91. Le jour suivant, les soldats revinrent à leur camp de Jérusalem, laissant aller avec l’Apôtre les cavaliers qui le conduisirent à Césarée au procurateur Félix.
Josèphe nous apprend qu'Antipatris était située dans la fertile plaine de Saron, Bell. jud., 1, xx1, 9; qu'elle était bien arrosée d'eau, entourée d'arbres, Ant. jud., XVI, v, 2, et placée dans le voisinage de la montagne. Bell. jud., 1, 1v, 7. Elle avait été bâtie par Hérode le Grand sur l'emplacement de Kapharsaba ou Chabarzaba, et avait été appelée Antipatris en souvenir d'Antipater, père d'Hérode. Ant. jud., XIIT, xv, 1; xv1, v, 2. Elle était à quarante-deux milles romains de Jérusalem et à seize de Césarée.
Robinson et d’autres archéologues ont identifié Antipatris avec Kefr-Saba, village de huit cents habitants, situé sur une colline peu élevée, sur la route de Jaffa à Naplouse. On y retrouve quelques débris antiques. Le nom arabe de Kefr-Saba reproduit exactement la forme chananéenne ou hébraïque, Kapharsaba, du bourg ou village sur lequel avait été bâtie Antipatris. Il y a cependant à cette identification quelques difficultés que M. Guérin a relevées, Description géographique, historique et archéologique de la Palestine, Samarie, t. 11, p. 307-367, et qui l'ont engagé à placer Antipatris à Medjdel-Yäba.
1° Comment les fantassins de l’escorte de saint Paul auraient-ils pu, entre neuf heures du soir et le lendemain à la nuit tombante, aller et revenir de Jérusalem à Antipatris, si on place cette ville à Kefr-Saba°? Par la route la plus courte qui passait par Djifnéh (l'ancienne Gofna), Aboud et Medjdel-Yäba, il y a douze heures de marche très pénible, surtout à la sortie de Jérusalem, où l'on doit traverser un massif montagneux. Medjdel-Vàba, étant plus près de Jérusalem, permettrait de répondre à cette observation, qui déjà ἃ été présentée par quelques exégètes contre la véracité des Actes. Mais il ne semble pas que celte marche soil exagérée pour des soldats romains, habitués aux fatigues. — 2 L’Itinéraire de Bordeaux marque entre Lydda et Antipatris un intervalle de dix milles, tandis que Kefr-Saba est à dix-sept milles; à dix milles de Lydda, on trouve Medjdel-Yäba. — 3° Josèphe dit que le territoire de Kapharsaba est bien arrosé ; or aucune rivière ne coule aux environs de Kefr-Saba, tandis qu'à trois kilomètres de Medjdel-Yàba se trouvent des sources abondantes, qui forment un petit fleuve, arrosant le pays. — ἀο Eusèbe et saint Jérôme placent à six milles au nord d’Antipatris un village appelé Galgoulis. Cest Djeldjouliéh, à six milles et demi de Medjdel-Yäba. Kalkiliéh, avec lequel on pourrait identifier Galgoulis, n’est qu'à un mille et demi de Kefr-Saba. — 5° Alexandre Jannée, pour arrêter la marche des Syriens sur la Judée, avait fait construire un retranchement, qui s’étendait des montagnes qui dominent Kapharsaba, à la mer de Joppé, sur une longueur de cent cinquante stades. Or, de Kefr-Saba à la mer, il n'y ἃ que quatre-vingts stades. Il est vrai que le fossé ἃ pu rejoindre, au sud de Kefr-Saba, le cours sinueux du Nahr el-Aoudjéh, et se diriger ensuite à l'ouest vers la mer, On retrouverait ainsi les cent cinquante stades de Josèphe.
La nouvelle carte de Palestine, au 1/168,960 publiée par le Palestine Exploration Fund, 1890, ainsi que celle de Hans Fisher au 1/700,000, 1890, Zeitschrift des deutschen Palästina-Vereins, ΧΙΠ. 1, placent Antipatris à Külät Ràs el-'Ain, localité à cinq ou six kilomètres de Medidel-Yäba. Mais M. Guérin rejette cette identification. Les sources qui jaillissent du sol y sont tellement abondantes, qu’elles forment un marais, où l’on n'aurait pu bâtir une ville. Quant à la colline de Külàt Ràs el-’Ain, elle est trop peu étendue pour servir d’assiette à une ville. En définitive, des fouilles faites sur ces divers emplacements permettront seules de localiser Antipatris avec certilude.