Ruines de Fik
auprès d'Hippos de la Décapole, Onomasticon, Gœttingue, 1870, p. 219; 5. Jérôme, Liber de silu et nominibus locorum heb., τ, xxx, col. 870. Visité par quelques voyageurs modernes, U. J. Seetzen, Reisen durch Syrien, Püulästina, etc., # in-8, Berlin, 1854-1859, t. 1, p. 352-354, Burckhardt, Travels in Syria and the Holy Land, in-w, Londres, 1822, p. 279, 980, il ἃ été récemment exploré et décrit par G. Schumacher, Der Dscholan, dans la Zeitschrift des deutschen Palästina-Vereins, Leipzig, 1880, tx, p.319-395 ; traduction anglaise, The Jaulän, Londres, 1888, p. 136-146.
Situé à peu de distance, à moins d’une heure de marche du lac de Tibériade, le village de Fik s'élève à l'endroit où commencent l'ouadi et le ruisseau du même nom. Du rocher autour duquel il est bâti, la vue s'étend agréablement, du côté de l’ouest, sur la vallée et ses plants d'oli- , sur Qala'at el-Hosn et sur la mer de Galilée. Vers le sud est une colline couverte de ruines : chapiteaux et futs de colonnes basaltiques, vieux linteaux de porte avec inscriptions coufiques effacées (fig. 182). Voir Schumacher, ouvr. cité. Tout cela prouve que cette localité est une ancienne place d'une grande importance : par sa situation, ses sources d'eau vive et les arbres qui l’environnent, elle offrait aux caravanes et aux armées un lieu de campement des plus avantageux.
viCrs
devant Achab, qui le renvoie après avoir conclu avec lui un traité d'alliance désapprouvé de Dieu. ΠῚ Reg., xx, 31-42. ᾿ A. LEGENDRE.
1. APHÉCA (hébreu : ’Aféqäh; Septante : ’Agéx), ville située à la frontière septentrionale de la Terre Sainte, au delà de Sidon. Jos., ΧΠῚ, 4 L'Ecriture en détermine bien la position en la citant entre « Maara des Sidoniens », d'un côté, et, de l’autre, «les confins de l'Amorrhéen et le pays de Gébal. » Maara, « la caverne » est, d'après certains auteurs, le village actuel de Mogheiriyéh, au nordest de Sidon, ou, suivant d’autres, Moughr-Djezzin, « les cavernes de Djezzin, » plus bas, à l’est, sur les pentes du Liban, Voir Maara. Les Amorrhéens dont il est ici question sont ceux du nord, la tribu qui avait poussé jusque dans la vallée de l'Oronte. Voir AMORRHÉENS. Enfin Gébal est l’ancienne Byblos, aujourd'hui Djébail, au nord de Beyrouth. 11 faut, en effet, remarquer que le texte hébreu porte ici, ἡ. ὃ, hd'ärés haggibli, « la terre ou le pays des Giblites, » ce que la Vulgate, lisant gebülô, ἃ traduit par «ses frontières ». Aphéca correspond donc bien au village de même nom, Afka, au nord-est de Beyrouth et au sudest de Djébail, sur le flanc occidental du Djébel Moneitirah, dans la chaine du Liban. C'est l’’Apaxa des Grecs, si célèbre par son temple de Vénus; cf. Zosime, Hist., 1,58, édit. gr. lat., Ciza (Zeitz), 1679, p. 94.
Afka est un des sites les plus merveilleux que l'on guisse rencontrer. « Un cirque iinmense, aussi beau que les plus sauvages des Alpes ou des Pyrénées, déroule à nos yeux des escarpements à pic, rendus verdoyants çà et là par des pins et des chênes qui ont pris racine sur les corniches suspendues au-dessus de l'abime... Dans la paroi de l’est s'ouvre une grotte immense, dont l'ouverture, à peu près quadrangulaire, a soixante mètres dans tous les sens; une eau limpide et claire comme le cristal jaillit avec force du fond de cette caverne, s'échappe
a ar τα
183, — Cascades du Nahr Ibrahim (fleuve Adonis).
ensuite au milieu des gros blocs éboulés, et donne naissance à un large torrent qui tombe par une série de chutes écumantes jusqu'au pont antique d'une seule arche sur lequel passe le sentier (fig. 183). Au-dessous du pont, trois nouvelles cascades superbes forment sur les replats du rocher des bassins si réguliers, qu'on les a crus taillés par la main des hommes... L'ouverture de la caverne est à 4205 mètres d'altitude, et le pont romain à 1150. Tout à l'entour poussent des arbrisseaux qui laissent pendre jusque dans le torrent des grappes blanches odorantes; c'est le Sorbus trilobata, dont la fleur gracieuse ἃ dù être consacrée dans l'antiquité, ainsi que celles des rosiers sauvages, qui forment ici des toufles admirables. » Lortet, La Syrie d'uujourd'hui, dans le Tour du monde, τ. XLIV, p. 406.
La rivière qui s'échappe de la grotte d'Afka pour se Jeter dans la Méditerranée à six kilomètres au sud de Djébail est l'Adonis des Phéniciens et des Grecs, devenu le Nahr Ibrahin pour les mahométans et les Juifs, qui ont voulu substituer à la tradition païenne le souvenir du patriarche
APHÉCA
Abraham. Le nom d’Adonis rappelle les mystères licencieux qui se célébraient dans cet endroit, où la fraicheur des eaux, la douceur de l'air, tous les enivrements de la nature, semblaient inviter l’homme à donner libre cours à tous ses rêves, à toutes ses passions. Cf. Nicéphore Calliste, H. E., vi, 80, t. cxLvI, col. 117. On voit encore, vis-à-vis de la source, un peu au sud, les ruines du temple de Vénus Aphaca, dont les soubassements seuls sont restés à peu près intacts. Des pans de murs entiers, bâtis avec des pierres de taille de moyennes dimensions, mais régulières; d’élégants fragments de sculpture gisent sur le sol. Au milieu des ruines, on aperçoit un petit autel et des tronçons de colonnes de syénite d'Égypte. Ce temple a évidemment subi une destruction violente. Il fut, en effet, renversé par Constantin, à cause des infamies qui s'y commettaient. Eusèbe, De Vita Constantini, in, 55,t. xx, col. 1120.
À quelques centaines de mètres du temple, vers l’ouest se trouve le petit village d'Afka, enseveli sous les noyers et les térébinthes. Il consiste en un amas de maisons assez mal bâties, et dont la moitié sont renversées. Au centre d’un cercle de pierres, servant de lieu de prières pour les habitants, qui sont Métoualis, on remarque une jolie colonne en granit rose, qui provient sans doute de l'antique temple de Vénus. La ville descendait autrefois plus bas et se rapprochait davantage de son sanctuaire, qu'environnaient des bosquets sacrés. CF. V. Guérin, La Terre Sainte, t. 11, p. 99-42; Robinson, Biblical Researches in Palestine, Londres, 1856, t. 111, p. 603-GO8 ; E. Renan, Mission de Phénicie, Paris, 186%, p. 295-301. Faut-il voir dans Aphéca l'Aphec de la tribu d'Aser, Jos., χιχ, 30? Ce n'est pas certain. Voir APHEC 2.
" À. LEGENDRE
2. APHÉCA (hébreu : ’Aféqäh ; Septante : Φαχουά), ville de la tribu de Juda. Jos., xv, 53. Comprise dans le second groupe des villes de la montagne, elle est mentionnée entre Bethtaphua et Athmatha. Cette dernière est inconnue, mais la première est généralement identifiée avec Tefouah où Tüffüh, village situé à l’ouest et non loin d'Hébron. Or plus haut, vers le nord, à l'ouest de Bethléhem , on rencontre l'ouadi Foukin, dont le nom,
ETS rappelle assez bien Aphec. La carte anglaise,
Londres, 1890, feuille 14, ne signale que l'ouadi ; mais M. Guérin a visité le village du même nom, qui, à moitié ruiné, ne compte maintenant qu'un fort petit nombre d'habitants. Il Ça dû cependant succéder à une localité antique, car, le long des flancs du monticule au bas duquel il est bâti, on observe plusieurs anciens tombeaux creusés dans le roc. » Description de la Palestine, Judée, t. 1, p. 321. M. Maspero admet volontiers qu'il répond
à Apouken, | d Β ἃ Æ ,n°66 des listes de Karnak. ΓΔΑ
Il pourrait en être, selon lui, d'Apoukn[i] comme de Loudn{i}, où le sm , γι, final parait être l’ethnique. « Ici pourtant, ajoute-t-il, je pense que le ammm, n, exista réellement dans le nom même de la bourgade, car on trouve sur la carte moderne un village de Foukin, qui répond à Apouken de la même manière que Fik répond à Aphec.» Sur les noms géographiques de la Liste de Thoutimos III qu'on peut rapporter à la Judée; extrait des Transactions of the Victoria Instilute, or philosophical Society of Great Britain, 1888, p. 4. À la convenance du nom se joint celle de la position. Apouken se trouve, sur le monument égyptien, entre Aunau (Ono) et Saula (Socho); et Foukin est à quelque distance à l’est de Khirbet ech- Choueikéh, regardé comme le représentant de l’ancienne Socho. Voir la carte de la tribu de JUpaA.
Marielte avait bien, dès le début, rapproché le mot hiéroglyphique d'une des Aphec de Juda, mais sans savoir à laquelle il se rapportait au juste. € Il est bien plus probable, dit-il, que le n° Οὐ est la ville d'Aphec dont le roi fut tué par Josué, Jos., x11, 18, et qui fut plus tard
attribuée aux fils de Juda. L'emplacement d’Aphec est jusqu’à présent inconnu. » Les listes géographiques des pylônes de Karnak, Leipzig, 1875, p. 33. Nous avons déjà distingué la cité chananéenne de Jos., ΧΙ, 18, située « dans la plaine », de l’'Aphéca située « dans la montagne », dont nous parlons ici. Voir APHEG 1. Nous ne voyons aucune difficulté à identifier cette dernière avec Foukin et Apouken. Faut-il y reconnaitre celle qui est mentionnée 1 Reg., 1vV, 1? Nous ne le croyons pas. Voir APHEC ὃ. À. LEGENDRE.
APHIA (hébreu : ’Afiah, cranimé ; » Septante: ᾿Αφέχ), Benjamite, ancêtre du roi Saül. EF Reg., 1x, 1.
APHONITE (hébreu : Haë$ifmi, article avec un nom de lieu. 1 Par., xxvI1, 27), habitant de Sifmôt (Vulgate : Séphamot), dans le sud, cf. I Reg., xxx, 28, ou de Sefam, (Vulgate : Séphama), au nord de la Palestine. Cf. Num., XXXIV, 10. :
APHRA (hébreu : Bét le‘afräh ; Vulgate : domus pulveris, « maison de la poussière »), ville mentionnée dans un passage remarquable de Michée, 1, 10. Après avoir, au début de ses oracles, 1, 1-8, annoncé et pleuré la ruine de Samarie, le prophète montre le châtiment divin s'étendant jusqu'à Juda et Jérusalem, ὃ. 9-16. Empruntant à l'élégie de David sur la mort de Saül, I Reg., 1, 20, ces paroles : « Ne l’annoncez pas dans Geth, » ÿ. 10, il engage les Israélites à cacher leurs désastres aux Philistins, dont la haine séculaire en concevrait trop de joie, à ne pas porter le spectacle de leur détresse même chez des étrangers comme les Chananéens d'Accho (Saint-Jean d’Acre). Puis, pour mieux faire sentir l'effrayante réalité des maux qu'il prédit, il prend dix villes de Juda, au nom desquelles, par une élégante et saisissante paronomase, il rattache les calamités futures ou les divers accents de sa douleur. Ce ne sont pas là de futiles jeux de mots, mais la promulgation la plus efficace d'un oracle extrémement grave, un tableau animé où chaque nom représente un malheur particulier, une terreur spéciale.
Les versions ont différemment rendu ce passage, et, en plus d'un endroit, ont mis le nom commun au lieu du nom propre. C’est ainsi que la Vulgate, au verset qui nous occupe, ἃ traduit ῥα πὸ ’al tibkù par lacrymis ne ploretis, Une pleurez pas avec des sanglots, » c’est-à-dire pleurez en silence pour ne pas réjouir vos ennemis par vos cris douloureux. Nous avons montré, à l’article ACCHO, qu'il vaut mieux, avec bon nombre d'auteurs, voir dans bäkô une contraction pour be'‘akkô, et traduire ainsi : € Dans Accho ne pleurez pas. » Voir aussi ACHAZIB 2. Nous reconnaissons de même une ville dans ΒΥ le‘afräh. La Vulgate ne considérant, comme dans la phrase précédente, que le nom commun, ‘äfàr, «poussière, » rend celle-ci de la manière suivante : in domo pulveris pulvere vos conspergite, & dans une maison (réduite) en poussière (le lamed hébreu indiquant alors ou une simple redondance ou le génitif) couvrez-vous de poussière, » c'est-à-dire, avec la poussière ou la cendre de vos maisons détruites ou brülées formez-vous un vêtement de deuil. La traduction des Septante s'éloigne bien plus de l'hébreu et s'explique difficilement. Pour nous en tenir au seul mot Bôt le‘afräh, 115 l'ont rendu par ἐξ οἴχου χατὰ γέλωτα, (de la maison [tombée] en dérision. » Hs ont lu différemment le texte original, ou bien, suivant une conjecture de J. F. Schleusner, Novus thesaurus philologicocriticus sive Lexicon in LXX, Londres, 1829, t. 1, p. 487, ils auraient d'abord transerit le nom propre l'épwpa (le 1" représentant le >, aën hébreu, comme dans Γάζα, Gaza, hébreu : ‘Azzäh), qui, plus tard, par une faute de copiste plus où moins admissible, serait devenu ἸΠέλωτα. La version arabe a suivi les Septante. La Peschito donne le nom propre, Ophra, et nous croyons que le contexte et le parallélisme lexigent. Il suffit, en effet, de mettre en
APHÉCA — APHRAATE
regard les trois parties du Ÿ. 10, pour faire ressortir la pensée du prophète avec toute son énergie et la consonance qu’il a recherchée dans les mots :
Begat ’al-taggidi
ρα κὸ ’al-tibküû
bebôt le‘afräh ‘âfàr hitpallaëi (Qeri)
«€ Dans Geth ne l’annoncez pas,
«Dans Accho ne pleurez pas,
« Dans Beth-Afrah roule-toi dans la poussière. »
Ces jeux de mots sont intraduisibles dans notre langue. La ville dont parle Michée est ainsi celle que mentionne Eusèbe, Onomasticon, Gættingue, 1870, p. 222 : ᾿Αφρά, χλήρου Βενιαμίν, καὶ νῦν ἐστὶ χώμη ᾿Αφρὴλ ἀπὸ...) Ce que saint Jérôme traduit, en comblant la lacune qui existe dans le texte : « Aphra, dans la tribu de Benjamin; c’est encore aujourd'hui le village d’'Effrem, à cinq milles de Béthel, vers lorient, » Liber de situ et nominibus locorum heb., t. xx, col. 872. C'est l'Ophéra de Jos., ΧΥΠΙ, 23, l'Aphæréma de 1 Mach., x1, 34, le village actuel de Thayebéh, dont la situation à l’est-nord-est de Beitin (Béthel) et la distance répondent exactement aux indications de saint Jérôme. Voir APHARÉMA, col. 721. Elle est distincte d'Aphara, aujourd'hui Ahirbet Tell el-Färah, dans la même tribu. Voir APHARA.
Par sa position et quelques débris antiques, Thayebéh doit avoir été autrefois une ville importante. Du sommet de la montagne dont elle couvre les pentes, on jouit d'un coup d'œil imposant. Le regard plonge, à l'est, dans la profonde vallée du Jourdain, et, au delà, il découvre les chaines de l'antique pays de Galaad, embrassant ainsi une partie du bassin septentrional de la mer Morte et des montagnes de Moab. À l'ouest, au nord et au sud, l'horizon, quoique moins grandiose, est encore très remarquable. Sur le point culminant de la hauteur, on observe les restes d'une belle forteresse, construite en magnifiques blocs, la plupart taillés en bossage. Au centre s'élève une petite tour, qui semble accuser un travail musulman, mais qui ἃ été bâtie avec des matériaux antiques. Cette forteresse était elle-même environnée d’une enceinte beaucoup plus étendue, dont une partie est encore debout. Très épaisse et construite en talus incliné et non point par ressauts successifs en retraite les uns sur les autres, celle-ci est moins bien bâtie que la forteresse antique, à laquelle elle semble avoir été ajoutée à une époque postérieure. Quelques-unes des maisons du village, intérieurement voütées, paraissent très anciennes, On rencontre en beaucoup d'endroits des citernes et des silos, creusés dans le roc vif, qui datent très certainement de l'antiquité, et prouvent avec les débris de la citadelle l'importance primitive de cette localité. Cf. V. Guérin, Description de la Palestine, Judée, τ. 1, p. 45-46, Voir la carte de la tribu de BENJAMIN. A. LEGENDRE.
APHRAATE, surnommé le « Sage Perse », est chronologiquement le premier des écrivains de l'Église syriaque dont les œuvres nous soient parvenues. Elles comprennent vingt-trois Démonstrations où Traités, écrits entre 336 et 345. On possédait d'une partie de ces Démonstrations une version arménienne, œuvre du ve ou du vie siècle, éditée sous le nom de saint Jacques de Nisibe, et accompagnée d'une traduction latine, inexacte et fautive. La découverte de l'original syriaque parmi les manuscrits du monastère de Scété a permis de restituer l'ouvrage à son véritable auteur.
La vie d'Aphraate ne nous est pas connue. Il ressort seulement de la lecture de ses écrits qu'il fut moine, constitué en dignité dans l'Eglise, et vraisemblablement revêtu du caractère épiscopal. Les auteurs syriaques postérieurs nous le représentent comme un docteur versé dans la connaissance des divines Écritures, et ayant joui d'un renom de sainteté et de science parmi ses contemporains. Aphraate habita, selon ces auteurs, le monastère de Mar
Matthai, situé dans la partie syrienne de la Perse, sur la rive gauche du Tigre, à cinq lieues à l'est de Mossoul.
Les Démonstrations traitent de divers sujets de morale et de controverse, et fournissent de précieux témoignages sur la foi et la discipline de l'Église syriaque au 1v° siècle. Le dogme de la Trinité, la divinité de Jésus-Christ, la maternité divine de la sainte Vierge, l'établissement de l'Église, fondée sur Pierre, les sacrements, et en particulier la pénitence et la confession des péchés, y sont exposés et défendus dans un sens orthodoxe. Mais c'est spécialement au point de vue scripturaire qu'Aphraate doit être ici examiné. Or, bien qu'il n'ait pas directement commenté FÉcriture, ses Démonstralions sont néanmoins précieuses pour l'exésèse, à cause des très nombreuses citations qu'elles contiennent. Aphraate, en effet, possédait à fond l'Écriture Sainte ; il la met perpétuellement à contribution, soit qu'il la reproduise textuellement, soit qu'il en prenne seulement la pensée, ou bien encore quelques expressions choisies. Nous allons donc rechercher les livres dont il a fait usage etle texte qu'il a suivi, puis examiner sa méthode d'exégèse.
I. Canon et texte des Livres Saints. — Aphraate cite fréquemment le Pentateuque, qu'il appelle la « Loi » üraitä (la Genèse est spécialement dénommée le « Livre des Générations » ou des « Origines » Sfar tauldätà, Déin., XXI, ἀξ); tous les livres historiques, excepté Néhémie et Judith ; tous les prophètes, sauf Abdias ; une grande partie des Psaumes, pour lesquels il paraît suivre la division du psautier syriaque : « David écrit au psaume ΧΟ: € Mille ans aux yeux du Seigneur sont comme le jour d'hier qui est passé. » Dém., 11, 14 (la numérotation des psaumes dans la Bible syriaque est jusqu'au exe celle du psautier hébraïque); les Proverbes, qu'il attribue à Salomon, Démm., vi, 1%; les Lamentations, üwliätä, de Jérémie, Démn., ν, 8, et les Machabées, Dém., ν, 15. Il allègue plusieurs passages d'Esther, Dém., 11, 10 et suiv.; un verset du livre de Tobie, Déin., xx, 2; il fait aussi allusion à quelques versets de l'Ecclésiastique, et peutêtre de la Sagesse, Démn., xx, 2; ΧΠΙ, 5; ΧΙΝ, 45. Le Cantique des cantiques n'est pas explicitement cité. Enfin les parties deutérocanoniques de Daniel et d'Esther, non plus que la prophétie de Baruch, ne sont pas représentées dans les Démonstrations. Mais comme Aphraate n’a pas prétendu dresser le catalogue complet des Écritures, son silence relativement aux livres qu'il n'a pas eu occasion de citer ne prouve rien contre eux. — Un passage de la Démonstration, V1, ὃ 6, offre quelque analogie avec le quatrième livre d'Esdras, vir, 32 et suiv.; vit, 52 et suiv.; mais la ressemblance n'existe que dans l'idée, et n'autorise pas à affirmer que notre auteur se soit servi de cet apocryphe.
La plupart des livres du Nouveau Testament sont cités par Aphraute : les Evangiles, et en particulier les versets 17 et 18 du dernier chapitre de saint Mare, Dém., 1, 17; les Actes, qu'il appelle « la Prédication des Apôtres », Dém., xx, 6; douze des Épitres de saint Paul, spécialement l'Epitre aux Hébreux, qu'il attribue expressément à l'Apôtre, Dém., 1, 16, ete. ; il omet l'Épitre à Philémon et la seconde aux Thessaloniciens. Parmi les Épiîtres catholiques, la première de saint Jean est seule alléguée, Dém., IV, 11; un passage est cité, il est vrai, de la premiére de saint Pierre, 1V, 18, mais sous le nom de Salomon, et par conséquent d'après les Proverbes, Dém., ΝΠ, 16. Les cinq autres Épitres font défaut, ainsi que l'Apocalypse, à laquelle pourtant l'auteur fait une allusion douteuse en parlant à deux reprises de la « seconde mort ». Dém., vit, 2%; VIN, 17. On sait que cette expression n'est pas particulière à l'Apocalypse, et qu'elle se trouve dans les targums d'Onkelos et de Jonathan.
Les citations de l'Ancien Testament données par Aphraate sont généralement conformes à la Peschito, même en des passages où la version syriaque diffère soit de l'hébreu, 1S., LxXVI, 16; Dém.,1, 12, soit de la version des Septante,
APHRAATE
Is., XI, 12; Dém., 1, 9. Cependant Aphraate s'éloigne de temps en temps du texte de la Peschito, et la divergence, si elle provient quelquefois de ce que l'écrivain cite de mémoire, [s., Lvir, 6; Dém., ΠΙ, ὃ; Ps. LXXXVIIT (LxXxXXVI), 11-192 ; Dém., vins, 10, représente en d’autres cas une meilleure leçon que celle de la Vulgate syriaque, de telle sorte que les variantes fournies par notre auteur pourraient servir à améliorer le texte de la Peschito, par exemple dans les endroits suivants : Deut., ΧΠῚ, 9; Dém., ut, ἐς; Jud., vi, 33; Dém., χι, 9; Nahum, 11, 14 (13); Déin., xXIX, 4; Malach., 11, 7; Dém., XxxI1, 16.
Il est remarquable que l'auteur, qui emploie si souvent les textes de l'Écriture, n'ait fait erreur que rarement, Nous n'avons à signaler que de légères fautes, telles que les suivantes : Aphraate attribue à Zacharie le passage d'Amos, vin, 9; Dém., 1, 11, et à Jérémie le texte d'Ézéchiel, xxI1, 30 ; Dém., χιν, 2, 15. Dans l’énumération des fils de Jacob, Gen., xxxv, 26, il donne Gad et Aser comme les fils de Bala, et Dan et Nephthali comme ceux de Zelpha, Dém., ΧΧΠῚ, 40.
Quant au Nouveau Testament, on voit par l'ordre et l’enchainement des textes de l'Évangile (ef. par exemple Dém., 11, 12,13 et 17; χχπι, 20), qu'Aphraate se servait du Diatessaron de Tatien, ouvrage qui jouissait dans les églises syriennes d'une plus grande popularité que les « Evangiles séparés ». Toutefois il semble avoir employé aussi ces derniers, car il cite sous le nom de saint Jean un passage du quatrième Évangile, Joa., 11, 34; Dém., vi, 12. Le texte d'Aphraate reproduit le plus souvent celui de l’ancienne version dite de Cureton, dont les fragments, malheureusement très incomplets, représentent un texte plus ancien que celui de la Peschito. Cependant Aphraate s'éloigne parfois du texte des fragments susdits pour suivre la Peschito, ou encore il donne un texte différent à la fois de la Peschito et de Cureton, et peut-être plus ancien que ce dernier. C’est ainsi qu'il traduit constamment par « prier » le verbe grec rapaxal®, dont le sens biblique est « consoler », Matth., v, 4; Luc., vi, 24: XVI, 25, ainsi que l’expriment les deux versions de Cureton et de la Peschito. Enfin, dans les parties de l'Évangile où le texte de Cureton fait défaut, comme aussi dans les autres livres du Nouveau Testament, Aphraate s'écarte de nouveau de la Peschito, et semble suivre pareillement une plus ancienne version.
Aphraate fournit quelques citations en dehors des livres canoniques : « Il leur dit : Ne doutez pas, de peur que vous ne soyez submergés dans le monde, comme Simon, qui, ayant douté, commença à être sabmergé dans la mer. » Dém., 1, 17. CI est écrit : Le bien doit arriver ; heureux celui par qui il viendra! Le mal doit se faire aussi; et malheur à celui par qui il viendra! » Dém., v, 1. Cf. Resch, Agrapha (Aussercanonische Evangelienfragmente), dans les Texte und Untersuchungen de Gebhardt et Harnack, t. v, fascic. 4, p. 279, 380. « Comme il est écrit : Il demeurera toujours des justes sous les yeux du Seigneur, et les bons ne cesseront pas d'exister en ce monde. » XXII, 8.
Il. Exégèse d'Aphraale. — Aphraate reconnait l'Éeriture comme divinement inspirée, écrite ou dictée par Dieu : « Sa bouche très sainte atteste (par ces passages, Ezech., xx, 11; xxv, 26) que les préceptes de la Loi sont abolis. » « Parlant par la bouche du prophète Jérémie, il a dit : Si je prononce contre un peuple et contre un royaume... » Jér., XVII, 7; Dém., V1, 10. « Le Sauveur a dit : L'heure viendra où les morts entendront la voix du Fils de l'homme, » Joa., ΧΧν ; Dém., VII, 3. — L'étude des Écritures, et des livres « qui se lisent dans l'Église de Dieu », Dém., x, 9, est pour lui le fonds de l’enseignement chrétien : « Celui qui lit les Écritures sacrées, anciennes et nouvelles, de l'un et l'autre Testament, celui-là s'instruira lui-même et pourra enseigner les autres. » Dém., xx, 26. Quoique l'Écriture Sainte puisse être interprétée de diverses manières, «semblable à une perle qui
réjouit la vue de quelque côté qu'on la considère, » xx11, 26, on doit cependant rechercher la tradition des anciens, et soumettre à cette épreuve les diverses interprétations du texte sacré, comme on fait des pièces de monnaie, lesquelles sont reçues partout si elles portent l'effigie royale ; autrement elles sont rejetées comme fausses. Dém., xx11, 26.
Vivant au milieu des Juifs, répandus en grand nombre à cette époque en Mésopotamie et en Perse, Aphraate applique dans sa polémique leur méthode d’'exégèse, pour leur prouver l'accomplissement des prophéties concernant le Messie, la réprobation du peuple juif, l'élection des Gentils, et démontrer que les figures contenues dans J'Ancienne Loi ont été réalisées dans la Nouvelle. Quoiquil s'applique surtout au sens historique ou littéral, 1] expose aussi le sens mystique de l'Écriture, et recherche l'allégorie, en suivant la méthode des premiers écrivains ecclésiastiques. La femme qui a perdu une de ses dix drachmes, Luc., XV, 8, est la Synagogue, qui a perdu le premier des dix commandements en adorant les idoles (Barnabé, 1V, 8); et avec ce premier préccpte elle a perdu les neuf autres qui en dépendent. Déin., 1, 11. Israël réprouvé est la vigne de Sodome, qui ne donne que des fruits amers. Deut., xxxI1, 32; Dém., xIX, 4. L'échelle de Jacob est le Christ, € par qui les justes montent du bas jusqu'au sommet. » Elle représente aussi « la croix du Sauveur, qui fut dressée comme une échelle, et au sommet de laquelle le Seigneur se tenait, selon la parole de l'Apôtre : La tête du Christ, c'est Dieu ». 1 Cor., x1, 3; Déin., 1v, Ὁ. Les pierres que Jacob oïignit d'huile figuraient les nations qui devaieut croire en Jésus-Christ, selon la parole de Jean-Baptiste : De ces pierres Dieu peut faire des fils d'Abraham. Matth., 111, 9. Le bàäton que portait Jacob représente encore la Croix du Grand Prophète. Lorsque Jacob leva la pierre qui fermait le puits, et que plusieurs pasteurs réunis n'avaient pu soulever, il figurait le Christ, qui ouvrit seul la fontaine baptismale, que tous les prophètes n'avaient pu découvrir. Dén., IV, Ὁ. — Il faut remarquer qu'un même texte est interprété par l'auteur tantôt au sens historique, tantôt au sens spirituel. Ainsi ce passage de la Genèse : « Le Jour où tu mangeras de ce fruit tu mourras de mort, » 11, 17, entendu au sens littéral de la peine de la mort corporelle portée par Dieu contre Adam et toute sa postérité, Dém., ΧΧΠ, 2, est expliqué figurativement de l'état de mort spirituelle de l'âme pécheresse, Dérn., VHI, 17.
Certaines interprétations d'Aphraate, conformes aux traditions consignées dans les Targums, le Talmud et les auteurs juifs, témoignent clairement que notre auteur subit l'influence des doctrines rabbiniques. Par exemple, il désigne les Romains sous le nom de « fils d'Édom » ou €Ésaü ». Voir Le Hir, Le quatrième livre d'Esdras, dans les Études bibliques, t.1, Ὁ. 201; Dérn., ν, 22. Il rapporte que Cain fut maudit pendant sept géné: rations, Démn., ΙΧ, &, et que le serpent, condamné à ramper et à manger la poussière, perdit les membres qu'il avait possédés jusque-là. Dérn., ΧΙ, 9. Il fixe à six mille ans la durée du monde, et donne cette opinion comme une tradition reçue de ses « maitres », rabbanin. Dém., τι, 14. Un même roi de Tyr régna depuis David jusqu'à Sédécias, soit pendant #40 ans; et Phinées exerça le sacerdoce durant 960 ans, de l'exode à la fin du temps des Juges, Jud., xx, 27,28 ; Dém., χιν, 27; mais on sait que les événements racontés dans les derniers chapitres du livre des Juges se rapportent aux temps qui suivirent la mort de He Vigouroux, Manuel biblique, Te édit., 1. 11, n° #46, p.45, note. L'auteur se conforme dans ses supputations chronologiques aux chiffres reçus par les Juifs, et compte comme eux les jours par « 501} et matin ». 1] cite enfin un célèbre passage de l'Écriture d'après le Targum : « Le sceptre ne sortira point de Juda... jusqu'à ce que vienne celui à qui appartient le royaume. » Gen., XLIX, 10; Dém., 11, G; XVI, 1, Dans le récit de la Cène, il établit que l'Eucharistie
APHRAATE — APION
fut instituée non pas le soir, mais bien avant dans la nuit du 14 nisan, à l'heure correspondant à celle de la résurrection, qui eut lieu le surlendemain, c’est-à-dire la nuit entre le sabbat et le dimanche, de très grand matin, Luc., XXIV, 1; mais lorsque les ténèbres régnaient encore. Joa., xx, 1. D'après lui aussi, le Seigneur se communia luimême, et Judas ne participa point à la réception du sacrement. Dém.,x11,6. Aphraate émet une interprétation fausse relativement à la manière de compter les trois jours que le Sauveur passa € parmi les morts » ; il compte trois jours entiers à partir de la Cène : « Du moment où il donna son corps et son sang à ses disciples, il devait être compté parmi les morts. » De fait il ne parla point devant ses juges : « À celui qui était réputé pour mort, il était impossible de parler. » Dém., xt, 6, 7. En somme, réserve faite pour un très petit nombre de passages analogues à celui que nous venons de signaler, nous croyons que la connaissance de ces Démonstrations sera d'une haute importance et d’un grand profit pour l’exégèse chrétienne, et que l’auteur doit prendre rang parmi les interprètes autorisés de l'Écriture Sainte.
Le texte syriaque des œuvres d'Aphraate ἃ été publié par le D' W. Wright, sous ce titre : The Homilies of Apluraates, the Persian Sage, edited from Syriac manuscripts of the fifth and sixth centuries, in the British museum, with an English translation, by W. Wright, τι 1, the Syriac text, Londres, 1869. Le second volume, qui devait contenir la traduction anglaise, n'a pas été édité. Une traduction allemande en ἃ été donnée dans ies Texte und Untersuchungen der altchristlichen Literatur de Gebhardt et Harnack, t. 111, fasc. 3 : Aphrahal’s des persischen Weisen Hornilien, aus dem Syrischen übersetzt und erläutert,von G. Bert, Leipzig, 1888. Huit des traités d’Aphraate avaient été traduits en allemand et publiés avec une Introduction par le D' Bickell dans la Bibliothek der Kirchenväter de Thalhofer, t. ΟΠ τ πα : Ausgewählte Abhandlungen des Bischofs Aphraates von Mar Mathäus. — Eïinteitung über Leben und Schriften des Aphraates, Kempten, 1874. On peut utilement consulter aussi les ouvrages suivants : Prolegomena in Aphraatis Saprentis Persæ sermones homileticos scripsit G. I. Fr. Sasse, Leipzig, 1879; De vita et scriptis Aphraatis Sæpientis Persæ Dissertatio theologico-historica, quam ad gradum doctoris theologiæ in universilate Lovaniensi consequendum conscripsit 4. Forget, Louvain, 1882. δ, PARISOT.
APHSÈS (hébreu : Happissés, nom avec l’article, «dispersion; » Septante : °A#:5%), chef de la dix-huitième famille sacerdotale parmi les ue quatre choisies par David pour le service du temple. 1 Par., XXIV, 15.
APHUTÉENS (hébreu : Happüti), une des famiiles établies dans le pays de Cariathiarim. 1 Par., 11, 53.
APION (rer siècle), né à Oasis, en Égypte, était venu de bonne heure s'établir à Alexandrie, où, après avoir été disciple des grammairiens Didyme et Apollonius, il avait fondé lui-même une école et reçu le droit de cité. Nous le retrouvons, à l’époque de Jules César, parcourant la Grèce et y obtenant un tel succès par ses leçons sur Homère, que, au dire de Sénèque, toutes les villes le décoraient du droit de cité. Il vint enseigner à Rome sous Tibère, et s’y rendit célèbre par son talent et par sa fatuité : « Apion quidem grammaticus, dit Pline l'Ancien, hic quem Tiberius Cæsar cymbalum mundi de cum PeRZ famæ tympanum potius videri posset. » Ἢ. N. præf., 25. Revenu à Alexandrie, il fut envoyé à Roms en ambassade auprès de l'empereur Caligula, pour lui demander de sévir contre les Juifs, qui étaient fort nombreux à Alexandrie, pendant que de leur côté les Juifs d'Alexandrie envoyaient leur illustre coreligionnaire Philon, pour les défendre auprès de l'empereur. Sous Claude (qui régna de 41 à 54 de notre ère), Apion tenait école à
contre l'impiété judaïque que soutient Clément. —
Rome, où Pline l'Ancien, tout jeune alors puisqu'il était né en ἴδ %3, rapporte avoir suivi ses leçons. Les succès oratoires d'Apion lui avaient valu le surnom de πλειστονίχης. — La réputation d'Apion était surtout fondée sur ses commentaires d'Homère et d’Aristophane, commentaires d'une remarquable valeur, au jugement des critiques anciens. Mais il nous intéresse surtout pour ses polémiques retentissantes contre les Juifs. Apion avait composé une Histoire d'Egypte (Αἰγυπτιαχά) en cinq livres, dont il
ne nous reste que quelques courts fragments (l'un, entre
autres, fourni par Aulu-Gelle, et qui n’est autre que l'histoire du lion d'Androclès). De ces cinq livres, le troisième ‘et le quatrième étaient consacrés aux origines des Juifs et à leur sortie d'Égypte. Apion avait en outre composé un traité spécial Adversus Judæos. Josèphe, qui en écrivit une réfutation en règle, Adversus Apionem, nous en fait connaitre les principales idées. Selon Apion, les Juifs étaient d'origine égyptienne, et ils avaient été ignominieusement expulsés d'Égypte; les Juifs troublaient la paix d'Alexandrie; les Juifs avaient des rites sanglants et absurdes, au nombre desquels le culte de la tête d’äne. ‘Ce dernier trait est particulièrement curieux : on sait que Tacite croyait à la réalité de ce culte de la tête d'âne, Hist., v, 4, et que ce fut une accusation soulevée aussi contre les chrétiens. Minutius Félix, Octavius, IX, t ΠΙ, col. 261. — Apion figure dans les Homnélies clémentines comme faisant partie de la suite de Simon le Magicien : «Apion Plistonice, d'Alexandrie, grammairien » ( Homil., 1V, 6. Patr. gr., t. 11, col. 161) : c’estle personnage chargé de défendre la philosophie et la mythologie helléniques Les fragments qui nous restent d'Apion ont été réunis par C. Müller, Fragnenta historicorum græcorum, 1819, t. 1, col. 506-516. Voir Lightfoot, art. Apion, 1877, dans le Dictionary of christian biography.
P. BATIFFOL.
APIS, taureau sacré de Memphis, adoré par les anciens Égyptiens, qui le regardaient comme un symbole d'Osiris (fig. 184). L'adoration du veau d'or dans le désert du
Νὴ ELRE
. — Bœuf Apis. Bronze. Musée du Louvre,
‘Sinaï, Exod., xx, 4-35, et l'érection des deux veaux d’or à Béthel et à Dan par Jéroboam Ier, roi d'Israël, III Reg, ΧΙ. 28, sont, d'aprés l'opinion commune, un souvenir du culte rendu au bœuf Apis. Voir VEAU D'OR.
APOCALYPSE, ᾿Αποχάλυψις, ne οἐκᾷ
I Nom. — Dans les manuscrits les plus anciens, le Aivre prophétique du Nouveau Testament porte le nom de ᾿Αποχάλυψις Ἰωάννου; dans les plus récents, ᾿Αποχάλ' υψις “Ιωάννον τοῦ θεολόγον, ou bien ᾿Αποχάλυψις ᾿Ιωάννου τοῦ