ABIA
la grande similitude de quelques lettres hébraïques; car les Hébreux, comme les Grecs, exprimaient les nombres par les lettres de l'alphabet.
Or, avec son armée, quel qu'en ait été le nombre, Abia vint prendre position sur le mont Séméron (hébreu : Semärayim), dont la position est douteuse (voir SÉMÉ- RON), mais qui était certainement en Éphraïm. IT Par., XII, 4. Suivant un usage commun à cette époque, le roi de Juda, avant d'engager la bataille, harangua son ennemi. Le discours est élevé et si religieux, que la critique moderne ἃ voulu y voir une contradiction avec ce qui est dit, ΠῚ Reg., xv, 3, de l’impiété d'Abia. En effet, il déclare n'engager le combat que pour soutenir ses droits inaliénables sur le royaume d'Israël. Jéhovah, dit-il, a donné pour toujours (hébreu : par le pacte du sel, c'est-à-dire d'une manière irrévocable, voir SEL) la royauté en Israël à David et à ses fils. Il a confiance en son droit, qui est le droit de Dieu. Aussi bien les dix tribus se sont adonnées à l'idolàtrie, substituant le culte des veaux d'or à celui de Jéhovah ; elles ont chassé les prêtres et les lévites, elles commettent tous les jours l'iniquité; tandis que lui, roi de Juda, ἃ gardé le principe constitutif de la monarchie chez les Hébreux, qui est d'être une théocratie dans laquelle le roi estle ministre de Dieu. Il le proclame : le Seigneur (hébreu : hd’élohim, avec l’article) est le chef de l'armée de Juda ; qu'Israël redoute donc de se lever contre sa puissance. IT Par., ΧΠῚ, 4. Comme on le voit, ce passage n'est point inconciliable avec II Reg., xv, 3. Abia y montre seulement que sa doctrine vaut mieux que sa conduite, S'il se vante ici d’avoir fidèlement gardé le culte de Dieu, le passage du troisième livre des Rois ne dit pas qu'il ait lui-même pratiqué l'idolâtrie ; il ἃ pu pécher seulement en la tolérant.
Pendant ce discours, féroboam avait tourné la montagne avec quelques bataillons, et l'armée d’Abia allait être enveloppée par ses ennemis. Le roi sentit le danger, fit sonner les trompettes sacerdotales; les guerriers poussèrent leur cri de guerre, et soudain Dieu jeta l'épouvante dans les rangs d'Israël. Dans cette confusion, Abia n'eut qu’à lancer son armée en bon ordre; il s’ensuivit un immense carnage : 500 000 Israélites hors de combat, dit le texte. Abia, poursuivant sa marche, s'empara des villes de Béthel, Jésana et Ephron, avec leurs dépendances. C'est alors sans doute qu’Abia, rempli de gratitude, fit le vœu dont il est question vaguement au troisième livre des Rois, xv, 15, et qui avait probablement pour objet de consacrer au Seigneur le butin fait sur Jéroboam. 1 Par., ΧΠΙ, 16-19. La mort empêcha Abia d'accomplir lui-même cette pieuse promesse, que son fils Asa se fit un devoir d'exécuter en son nom. III Reg., xv, 15.
C’est tout ce que l'Écriture nous apprend de ce roi, renvoyant pour le reste à des livres perdus : le livre des Annales des rois de Juda ( Dibrê hayyämiün), HT Reg., χν, 7, et le livre (Midras) du prophète Addo, I Par., xu, 22. L'écyptologie, qui fournit un si précieux document sur Roboam et ses relations avec Sésac, et l'assyriologie, qui en donne de si intéressants pour les règnes de plusieurs rois de Juda, sont restées muettes sur Abia, qui d’ailleurs ne parait avoir eu aucune relation politique de quelque importance avec les souverains étrangers. Sans sa victoire sur Jéroboam, ce roi serait demeuré bien effacé dans l’histoire de Juda. Cet épisode ἃ révélé en lui un caractère droit, élevé, énergique même, et capable de grandes choses, si son éducation et son temps n'avaient empêché l’épanouissement de ces précieuses qualités. P. RENARD.
G. ABIA (hébreu : ’Abiyäh}; Septante : ’AGia), fils de Jéroboam Ier, roi d'Israël (975-954), n'apparait dans la Bible que pour justifier la parole du Saint-Esprit : que Dieu se venge sur les enfants des iniquités de leurs pères, der, xxx11, 18. Quand Jéroboam eut mis le comble à son aposlasie en établissant le culte des veaux d'or, le moment du Seigneur arriva : Abia tomba malade. IT Reg.,
x1V, 1. Quelle était sa maladie ?. La Sainte Écriture n’en dit rien, mais il est manifeste qu’elle était surnaturelle dans son origine comme elle 16 fut dans son dénouement. Elle arrive au moment voulu par Dieu, dure ce que Dieu veut, se termine par la mort à l'heure marquée par Dieu. On employa sûrement, pour la combattre, toutes les ressources qu'offrait la science médicale d'alors; mais en même temps Jéroboam se souvint que naguère, quand il exerçait à la cour de Salomon la fonction de percepteur des tributs, 1] avait rencontré un prophète de Silo, nommé Ahia, qui lui avait prédit l’heureux événement de son élévation à la royauté. Superstitieux autant qu'il était impie, 1l conçut le dessein d'obtenir par ruse, du même voyant, une réponse favorable à la guérison d’Abia. Car, pensait-il, si le prophète savait qu'on vient le consulter pour le fils du roi d'Israël, il se garderait de prédire son retour à la santé. D'après ce singulier calcul, Jéroboam fit travestir sa propre épouse et l’envoya à Silo consulter Ahia, sans dire ni qui elle était, ni pour qui elle venait. La santé du malade devait d’ailleurs, dans le plan de Jéroboam, être achetée par des présents offerts au voyant; mais comme la prudence exigeait que la messagère, vêtue comme une pauvre, ne présentàt que des dons modestes, elle offrit dix pains, un vase de miel et un gâteau commun (hébreu : nigqudim, de näqad, qui signifie «marquer de petits points », ce qui donne lieu de penser que ces gàteaux étaient troués, ou marqués d’une sorte de pointillé difficile à spécifier. Les Septante ont traduit par χολλυρίς; « gâteau ordinaire »). Les prophètes, conduits en cela par l'inspiration d'en haut, accueillaient volontiers ces solliciteurs, et y répondaient soit en prédisant l'issue de la maladie, soit en indiquant le remède au mal. ΠΠ Reg, XII, 6; xXvir, 17; IV Res, 1, 4: xx, ἢ; 15:; xXXVII ΟἿΣ Nous voyons, IT Par., xvi, 2, Asa blämé par l'écrivain sacré, parce qu'il avait cherché le secours des médecins au lieu de recourir à Dieu. Le rationalisme, pour échapper au miracle, ἃ voulu voir dans les indications des voyants des procédés ou moyens purement naturels; mais aucune explication n'est plausible en dehors de la vertu surnaturelle qui était dans les prophètes, ou dont ils étaient les dispensateurs. La chose est manifeste pour le cas d’Abia. Le prophète, presque aveugle, est éclairé d'en haut sur la qualité de celle qui l’interroge, comme aussi sur la cause de la maladie et son issue. Il prédit de la part de Dieu qu'en punition des crimes de Jéroboam, la famille du roi disparaîtra ignominieusement, et que dès ce jour Abia mourra. Le moment de sa mort est déterminé : il expirera au moment où sa mère mettra le pied sur le seuil du palais de Jéroboam, HT Reg., χιν, 17; le ÿ. 12 porte: « quand elle entrera dans la ville. » Toutes choses qui s’accomplissent à la lettre et en dehors de toute prévision humaine. C'est à Thersa (grec: Σαριρά) qu'Abia mourut. Cette ville était une des grandes cités d'Israël. Voir THERSA. Abia y reçut la sépulture au milieu des lamentations du peuple, dont il était aimé à cause de son bon naturel. Son âge n'est pas indiqué dans la Bible. ΠῚ Reg., x1v, 12. T1 faut remarquer que tout le passage qui contient cet épisode, III Reg., x1v, 1-20, fait défaut dans le Textus receptus des Septante; dans le Codex Alexandrinus, il est inséré au chapitre ΧΙ du même livre, après le verset 2%. Tous les manuscrits du texte hébreu le contiennent à la place qu'il occupe dans la Vulgate. Il n'y ἃ donc aucune raison de mettre en doute son authenücité, P. RENARD.
7. ABIA, un des descendants d'Éléazar, fils d'Aaron ; il se trouva chef de la huitième des vingt-quatre classes ou familles sacerdotales, lorsque David les établit. 1 Par., xxIV, 10. Zacharie, père de saint Jean-Baptiste, était de la famille d'Abia, Luc, 1, 5.
8. ABIA, un des prêtres qui signérent avec Néhémie le renouvellement de l'alliance. 11 Esdr., x, 7.
45 ABIALBON — ABIDA 46
ABIALBON (hébreu : ’Abialbôn, « mon père est fort; » Septante : Παδαδίηλ), un des trente-sept héros ou vaillants guerriers de l’armée de David, IT Reg., XxHT, 91. Il est nommé Abiel dans 1 Par., xt, 82. Voir ABIEL 2.
ABIAM (hébreu : ’Abiyäm), Abia, roi de Juda, fils et successeur de Roboam. Son nom, qui est écrit sous la forme Abia dans les Paralipomènes, est constamment écrit Abiam dans le troisième livre des Rois, χιν, 31; xv, 1, 7, 8. Voir ABIA 5.
ABIASAPH (hébreu : ’Abi'äsäf, « mon pére ἃ rassemblé ; » Septante : ᾿Αδιάσαρ, ᾿Αδισάφ, ᾿Αδιάσαφ), Lévite, un des fils de Coré. Exod., vi, 2%; I Par., vi, 37. Il est appelé Ébiasaph (en hébreu : ’Ebeyäsäf), I Par. VI, 24; IX, 19. La généalogie donnée 1 Par., vi, 23-37, re en contradiction avec les deux endroits parallèles, Exod., vi, 2%, et I Par., vr, 37, et crée une difficulté. Ou bien il y à erreur de transcription; ou bien Asir et Elcana, qui paraissent en ce passage donnés comme les ascendants d'Abiasaph, doivent être plutôt regardés comme ses frères et fils de Coré comme lui, conformément à Exod., vi, 24.
ABIATHAR (hébreu: "Ébeyätär), grand prêtre, arrièrepetit-fils d'Héli par Phinées et Achitob; fils du grand prêtre Achimélech, qui fut mis à mort par Saül, pour avoir donné l'hospitalité à David fugitif. Abiathar, voué à la mort avec tous les habitants de Nob, échappa comme par miracle au massacre, 1 Reg., xx, 20, et s'enfuit auprès de David, qui s'était abrité à Maspha, dans les montagnes de Moab. Il s'attacha à lui comme un serviteur fidèle, et partagea les privations de sa retraite. Or il avait emporté avec lui l'éphod, I ; XXI, 6, dont il se servait pour consulter Jéhovah dans les circonstances difficiles. C’est ainsi que, par l'ordre du Seigneur, il détermina David à quitter Moab, à repasser le Jourdain, et à tenter, tout près de l’armée de Saül, le coup le plus audacieux : la délivrance de Céïla, assiégée par les Philistins. I à encore Abiathar sauva le roi des projets hostiles de Saül; car, ayant consulté Dieu par l'éphod sur les dispositions des habitants de Céïla, il connut qu'elles étaient mauvaises, ce qui amena David à s'enfuir dans la montagne du désert de Ziph, aujourd'hui Tell-Zif, 1 Reg., χχπι, 14-15, où Abiathar le suivit encore. Nous retrouvons ce grand prêtre à Jérusalem, lors de la translation solennelle de l'arche à Sion. Il portait le dépôt sacré avec Sadoc, grand prêtre comme lui, et quelques lévites choisis par David. 1 Par., xv, 41-12. À cetie époque, par une exception difficile à expliquer, il y avait deux grands prêtres simultanément en RSS Cf. II Reg., vint, 17; XV, 24, 29, 35; ΧΙΣ, 11: x, 95. 1NPaT., XV, 11: XVIII, 10.
Abiathar était encore près de David lorsque celui-ci, poursuivi par Absalom révolté, quitta Jérusalem. 1] marchait en avant de l'arche du Seigneur, que transportaient Sadoc et les lévites, II Reg., xv, 24, dirigeant l'ordre de cette Lee translation. Mais, arrivé au pied de la montagne
s Oliviers, il fut forcé d'obéir à David, qui refusait de fe partager ses humiliations à l'arche sacrée, et rentra dans la ville, se privant cette fois de suivre son roi, pour monter une sainte garde près de l'arche du Seigneur. De Jérusalem, il continua à veiller avec Sadoc au salut du fugitif. C'est par eux que David, instruit des projets d'Absalom et de son conseiller Achitophel, passa de nouveau le Jourdain.
Abiathar, dont la fidélité ne s'était pas démentie dans l'épreuve, trahit David aux jours de sa prospérité. Il est po que l'autorité accordée dans la suite à son collègue Sadoc lui porta ombrage. Quand donc Adonias mécontent organisa un plan de révolte pour usurper le trône, 1] trouva Abiathar prêt à le soutenir. III Reg., 1, 7. Sur ces entrefaites, le saint roi mourut; ce fut Salomon qui eut la mission de punir les coupables ; Adonias fut mis ἃ mort, et Abiathar eût partagé le même sort, si un sentiment de piété filiale, qui fait honneur à Salomon, n'eùt
arrêté la sentence. Le roi se souvint qu'aux jours de ses malheurs, David avait trouvé en lui un serviteur fidèle, C'en fut assez pour mitiger la peine. Le traître fut seulement déchu du souverain pontificat et relégué à Anathoth, ville sacerdotale, au nord-est de Jérusalem. C'était laccomplissement de la malédiction prononcée naguère par Dieu sur la maison d'Héli, son aïeul. 1 Reg., 11, 30-36;
. 10-14. Il n’est plus désormais question de ce personnage. Par sa déchéance, le souverain poutificat fut transféré de la famille d'Ithamar à celle d'Éléazar, 1 Par., χχιν, 2-3. Celte triste fin contredit tout le reste de la vie d'Abiathar. Jusque-là il s'était montré homme d'un grand caractère, actif, intrépide, dévoué jusqu’à la mort à Dieu et à son roi. La jalousie ou quelque autre passion le perdit à l'heure où il pouvait, dans une sécurité parfaite, partager la gloire et la puissance de David victorieux.
Le verset 17 du chapitre viir, au second livre des Rois, présente relativement à Abiathar une difficulté : «Et
Sadoc, fils d'Achitob, et Achimélech, fils d'Abiathar, étaient prêtres, » Car il est indubitable qu'à cette époque les deux grands prêtres étaient Sadoc et Abiathar. Faut-il donc voir dans ce verset une interversion de noms introduite par quelque copiste, en sorte qu'il faudrait lire (et de même aux passages parallèles I Par., XvHT, 16 et χχιν, 6): « Abiathar, fils d'Achimélech? » Ou bien appelait-on indifféremment le même personnage Abiathar et Achimélech, comme on peut l'inférer d'après saint Marc, 11, 25-96 ἡ Ou enfin
s'agit-il réellement d'un fils d'Abiathar, qui aurait rempli les fonctions sacerdotales transitoirement en l'absence de son père ? Toutes ces hypothèses sont soutenables, sans qu'aucune d'elles donne le dernier mot de la difficulté.
P. RENARD
ABIB (hébreu : ’abib), le premier mois de l'année hébraïque, appelé depuis nisan. Ce mot signifie épi, Exod., ΙΧ, 31; Lev., 11, 14; cf. Cant., 11, 18, et il désigne, dans le Pentateuque, Exod., ΧΠΙ, #4; XXII, 15; XXXIV, 18; Deut., xvi, 1, le mois où le blé monte en épis. Il était de trente jours, et commençait, d'après les rabbins, ἃ la nouvelle lune de mars. Ce fut en souvenir de la délivrance des Hébreux de la servitude d'Égypte que ce mois fut le premier de l'année. Exod., xi1, 2. La fête de Päques se célébrait le quinze d'’abib. Exod., χα, 6, 18. Voir Mots.
ABICHT Johann Georg, orientaliste et théologien allemand, luthérien, né le 21 mars 1672 à Kônigsee, dans la principauté de Schwarzbourg- Rudolstadt, mort à Witlemberg le 5 juin 1740. Il fit ses études à Iéna et à Leipzig en 1702, il devint professeur de langues orientales dans l'université de cette dernière ville; puis, en 1707, recteur du Gymnase et pasteur de l'église de la καὶ Sainte - Trinité à Dantzig; enfin, en 1729, surintendant général, premier professeur de théologie et pasteur de l'église de la ville de Wittemberg. Il jouit de la réputation d'un savant très versé dans la connaissance des langues orientales et de l'archéologie hébraïque. Son ouvrage le plus connu est sa Brevis Methodus linquæ sanctæ, in-8, Leipzig, 1718. Π eut des discussions qui firent grand bruit avec {. Franke sur l'usage grammatical, prosodique et musical des accents hébreux, Accentus Hebræorum, in-8&, Leipzig, 1715. Parmi ses autres nombreuses publications, on remarque ses Annotationes ad vaticinia Habacuc prophetæ, in-%, Wittemberg, 1752. Il fut un des collaborateurs des Acta erudilorum de Leipzig. Ses écrits les plus intéressants ont été insérés dans le Thesaurus novus theologico-philologicus dissertalionum exegeticarum ex Musæo Th. Hasæi et Conr. Ikenii, 2 in-fv, Leyde, 1732, — Sur Abicht, voir E. Chr. Schroeder, Programmu academicumm in exequias J. G. Abichti, Wittemberg, 1740 ; J. W. Berger, Oratio funebris in exequiis J. ἃ. Abichti, Wittemberg, 1740 ; M. Rauft, Leben Süächsischer Gottesgelehrten, t. 1, p. 1.
F. VIGOUROUX
ABIDA (hébreu : ’Abidä, « mon père sait ou est
savant; » Seplante : ’A6::24), un des fils de Madian, des-
47 ABIDA -cendant d'Abraham et de Céthura. Gen., xxv, 4; I Par, 1, 99.
ABIDAN (hébreu: ’Abidän, « mon père est juge ; » Septante: ᾿Αδιδάν), chef de la tribu de Benjamin, au temps de la sortie d'Égypte. Il fit ses présents, comme les autres princes d'Israël, pour la dédicace de l'autel. Num, 1, 11; τι, 22; vir, 60, 65; x, 24.
ABIEL , hébreu : ’Abiel, « mon père est Dieu ou fort; » Septante : ᾿Αδιήλ.
1. ABIEL, pére de Cis, de la tribu de Benjamin, et grand-père de Saül, 1 Reg., 1x, 1, et d’Abner, 1 Reg, χιν, 51. On ne doit pas identifier Abiel avec Jéhiel ou Abigabaon. Celui-ci était son père. Mais Abiel est le même personnage que le premier Ner, 1 Par., ὙΠ|, 33 et 30 (Septante); 1 Par.,1x, 36, 39. Voici la table généalogique :
Jéhiel ou Abigabaon | Abiel ou Ner | | Cis
| Saul
Ner Abner
2. ABIEL, le même qu'Abialbon (même signification). Voir ABIALBON.
ABIÈZER, hébreu : ’Abi‘ézer, « mon père est un secours. » Dans les Nombres, XxvI, 80, par contraction, lézer; hébreu : ’Zézer ; Septante : ᾿Αὐιέζερ, Ἶεζί.
1. ABIÉZER, fils aîné de Galaad, d'après Num., xx vi, 30, et Jos., XVII, 2, ou fils de la sœur de Galaad, selon le texte actuel des Paralipomènes, 1 Par., vi, 18. Il fut le chef d'une des plus importantes familles de la tribu de Manassé, qui semble avoir eu d'abord ses possessions à l'est du Jourdain, avant de se fixer à Ephra, où naquit Gédéon, descendant d’Abiézer. Jos., xvn1, 2; Jud., vi, 11, 2%, 84; vx, 2, 32.
2. ABIÉZER, d'Anathoth, de la tribu de Benjamin, était un des guerriers renommés de l'armée de David. Pendant le neuvième mois, il commandait les troupes de la garde du roi. Il Reg., xx, 27; I Par., ΧΙ, 28; xxvII, 12.
ABIGABAON (hébreu: ’Abi-gib'ôn, « père ou possesseur de Gabaon, » Septante : πατὴρ Γαδαών), surnom donné à Jéhiel, possesseur de Gabaon et ancêtre de Saül, 1 Par., var, 29. Voir JÉHIEL et ABIEL 1.
ABIGAÏL, hébreu : ’Abigayil, «mon père est joyeux ; » Septante : ᾿Αδιγαία.
1. ABIGAÏL, femme de Nabal, et plus tard épouse de David, à la suite de l'incident rapporté au premier livre des Rois, xxv, 3-42. Elle habitait avec Nabal à Maon, sur la lisière du désert de Pharan, vivant dans l'abondance, car son mari était fort riche en troupeaux de brebis et de chèvres, qu'il entretenait près de là, dans son domaine de Carmel, au milieu d'un pays montagneux et très fertile en pâturages. Voir CARMEL 2. Ils étaient de ces Israélites, devenus rares alors, auxquels là vie agricole ne faisait pas oublier la vie pastorale de leurs ancêtres. Le caractère d'Abigail contrastait d’ailleurs étrangement avec celui de son mari. Celui-ci était un homme dur, violent, ami de la bonne chère, et facilement entrainé à lintempérance. 1 Reg., xxv, 36. Elle, au contraire, possédait toutes les qualités d'une femme accomplie. À une rare beauté, elle joignait une grande maturité de jugement, une étonnante décision, méme dans les situations les plus déli-
ABIGAIL 48 cates, enfin une admirable énergie dans l'emploi des moyens. Or chaque année, à l'occasion de la tondaison des brebis, la famille de Nabal, suivant un usage universel, se mettait en fête : on le savait dans le voisinage, et les propriétaires voisins, les amis, n'oubliaient pas que la fête comportait un grand festin auquel ils étaient conviés, ou bien l'envoi de présents offerts par le maître des troupeaux tondus. Cf. II Reg., χπι, 24-97. David, ayant été informé de ce qui se passait chez Nabal, crut l'occasion favorable pour faire valoir ses services rendus, le succès de ses armes contre les Arabes maraudeurs, l'efficace protection exercée sur les troupeaux de Carmel; et il pensait obtenir facilement une part dans les largesses de Nabal, d'autant plus que le désert de Pharan fournissait si peu pour sa subsistance! Malheureusement Abigaïl était absente quand se présentèrent les envoyés de David. Elle ignorait même la démarche du royal fugitif et la réponse impertinente de son mari, quand un de ses serviteurs vint la prévenir que David, justement irrité, avait juré la ruine de Nabal, et qu'il se préparait à l'heure même à marcher sur lui avec tous ses gens. 1 Reg., xxv, 14. Prudente autant qu’elle était ferme, Abigail trouve à l'instant le remède au mal. Elle fait apporter deux cents pains, emplir de vin deux outres, cuire cinq moutons; elle y Joint cinq boisseaux de farine d'orge, cent ligatures de raisin et deux cents gàteaux de figues : tout cela est destiné à David, dont le ressentiment, pense-t-elle, s'apaisera en face de cette libéralité. C'était, en effet, une offrande considérable. Siba crut se montrer très généreux envers David en lui offrant plus tard une outre de vin, Il Reg., xvI1, 1; Abigaïl en offre deux, et elles étaient sans doute de grande capacité, comme celles qu’on apprétait avec la peau entière d'un bouc; cf. Gen., xx1, 14; Jos., 1x, 4, 13; Jud., 1v, 19 (voir OUTRE); cf. Fillion, Atlas archéolog., p. 10 et pl. xv. Les cinq boisseaux (se’yim) de farine d'orge (hébreu : qgäli, « blé grillé, » 1 Reg., xxv, 18; cf. ΧΙ, 17) représentaient une quantité notable, car le se’äh était le tiers de l'éphäh, et contenait environ treize litres. Les Septante ont traduit cinq éphah, peut-être parce que les cinq se’im paraissaient trop peu. Le présent appelé ligatures de raisin (hébreu : simmuqgîim) se composait de raisins desséchés, pressés, et mis en masses ou gàteaux. C’étaient un des meilleurs produits de la contrée, car les alentours d'Hébron étaient plantés de vignes produisant un raisin excellent.
Précédée de ses serviteurs et suivie de ce convoi, Abigail, à l'insu de Nabal, se dirigea vers la retraite de David, qui était, d’après l'hébreu et la Vulgate, le désert de Pharan ; d’après les Septante, le désert de Maon. 1 Reg., xxv, 1. Cette divergence peut se résoudre par la proximité de la partie septentrionale du désert de Pharan avec la partie méridionale de celui de Maon, au sud de Juda. Voir M40NX, PHarax. Elle rencontra David au pied de la montagne (hébreu: beséter hähär, « dans la cachette de la montagne »), probablement dans une retraite formée par une dépression de terrain, et, selon la coutume des Orientaux, descendant de sa monture, elle se prosterna deux fois en inclinant la tête jusqu’à terre. Elle se félicita bientôt du parti qu'elle avait pris de venir au-devant de lui; car David, après s'être répandu en reproches contre Nabal, l'écouta sans l'interrompre. Le discours d’Abigail est aussi habile qu'élevé. 1 Reg., xxv, 24-31. Bien qu'elle n'ait été pour rien dans la réponse insolente de Nabal, elle prend sur elle-même toute la faute, et cependant elle se présente avec confiance, car elle vient envoyée par Jéhovah pour empêcher David de commettre un crime, et lui offrir des présents qu'elle appelle du nom sacré de bénédiction, Ι Reg., xxv, 27 (hébreu : berdkäh, qui a le sens de présent offert avec bienveillance, benedicendo ei cui offertur, ou de celui de choses résultant de la bénédiction de Dieu ; Septante : εὐλογίαν; οἵ, Gen., xxn1, 11 ; I Cor., 1x, 5). Après quoi elle se concilie, sans flatterie, l'esprit du héros irrité, en affirmant de lui, ce qu'elle a sans doute appris de Samuel
49 ABIGAÏL — ABILA 50
ou d'un autre prophète, à savoir qu'il est l'élu, le protégé de Jéhovah; que sa gloire sera grande; qu'il consommera la ruine de ses ennemis, et enfin qu'il deviendra le chef (hébreu : nâgid, præstans, eæimius, dux) d'Israël. Il faut signaler, dans la péroraison de ce discours, la belle image du ÿ. 29. S'il s'élevait jamais quelqu'un qui cherchât à tuer David : « Que votre vie, dit Abigail, par la protection de Dieu, soit liée dans le faisceau des vivants! » Cette expression : « soit liée dans le faisceau des vivants, » demeure encore aujourd'hui la conclusion de toutes les épitaphes qu'on lit sur les tombeaux des Juifs, en Orient; avec cette seule différence qu'on l'écrit en abrégé, avec les initiales n.23.3.3.5n., £.n.s. ὃ. h., comme chez les chrétiens : R. 1. P. Voir Fillion, Essais d’exegèse, p. 296. Le faisceau des vivants désigne en général la société des bons : dans la bouche d’Abigail, c'est cette société encore sur la terre; dans les épitaphes, c’est cette société dans le ciel. I] faut aussi remarquer l'image expressive par laquelle Abigail représente l'instabilité et la ruine des ennemis de David : « Ils seront comme une pierre tournoyant dans la cavité d’une fronde. » I Reg., xxv, 29.
David, apaisé par ce discours, reconnait et admire l’action divine qui, par le moyen de cette messagère, l'empêche de répandre le sang. Les présents offerts et acceptés, l'épouse de Nabal revient à Maon, où elle trouve son farouche mari en pleine orgie, et dans un tel état d'ivresse, qu'elle ne peut l’entretenir de ce qu'elle vient de faire. Elle le lui déclare le lendemain; mais, soit par l'effet de son intempérance, soit par l'impression du danger qu'il a couru, Nabal demeure inerte et insensible; il est frappé d'apoplexie et meurt dix jours après. C'est alors que David, encore sous le charme des brillantes qualités d’Abigail, la fait demander en mariage. Avec une affectation tout orientale, celle-ci répond qu’elle n’a d'autre ambition que de remplir les plus bas offices près de son seigneur. Fort honorée en réalité, elle accepte la proposition, se lève, et, montée sur un àne, elle suit, avec cinq jeunes filles qui l'accompagnent, les messagers chargés de la conduire vers son nouvel époux.
Ce gracieux épisode se passait vers 1055 avant J.-C., d'après la chronologie ordinaire. Il met en relief le caracière sage, doux et ferme d'Abigail, et fait de cette femme la véritable héroïne d'un petit drame où l'action de Dieu apparait toujours dominant les démarches des hommes et conduisant leur cœur. Les interprètes ont vu, dans Abigail épousant David après la mort de son premier mari, l'image de l'Église des gentils recevant pour époux Jésus-Christ après la ruine du paganisme ; ou encore l’image de la très sainte Vierge, professant qu'elle ne veut être que la servante du Seigneur, comme Abigaïl professait elle-même ne vouloir être que la très humble servante de David.
P. RENARD
2. ABIGAÏL, sœur de David et de Sarvia. La Bible ne la mentionne que comme un élément généalogique. Il Reg., xvI1, 2 (hébreu : ’Abigal) ; 1 Par., 11, 16-17. Elle était fille d'Isai, d'après 1 Par., 11, 13, 16; de Naas, d’après Π Reg., xvir, 20; difficulté communément résolue par l'identification de Naas avec Isaïi. Quelques interprètes cependant regardent Naas comme un nom de femme, et en font la mère d'Abigail. Elle avait par son père huit frères, I Reg., xvi, 5-11, bien que l'auteur des Paralipomeènes, 1 Par., 11, 13-15, n'en mentionne que sept, peut-être parce que le huitième n'eut pas de descendants. Voir Isaïi. L'un d'eux était David, qui serait frère utérin d'Abigail, si l'on fait de Naas un nom féminin et si l’on refuse d'identifier ce personnage avec [σα]. Abigaïl épousa Jétra, 1 Reg., xvn, 25; I Par., 11, 17; voir JÉTRA, dont elle eut un fils, Amasa, celui qui prit parti pour Absalom contre David, II Reg., xvur, 25, et devint chef de l'armée des révoltés. P. RENARD.
3. ABIGAÏL, femme d'Abisur. I Par., 11, 29. Dans l'hébreu, on lit ’Abihäyil. Voir ABIHAïL 2.
ABIHAÏEL. Voir ABrHaAiL 1.
ABIHAÏL, hébreu: ’Abihäyil, « mon père est puissant; » Septante : ᾿Αδιχαίλ.
1. ABIHAÏL (Vulgate : Abihaïel), père de Suriel, qui, au temps de Moïse, était chef de la famille lévitique de Mérari. Num., 111, 90.
2. ABIHAÏL, femme d'Abisur. I Par., 11, 29. (Quelques manuscrits hébreux ont ’Abihäyil avec un hé au lieu d'un μοί}; Septante : ’Aë&ryata). Dans la Vulgate, on lit Abigaïl. Voir ABIGAÏL 3.