‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 384 sur 454 · AQUILON — AR, AR-MOAB · texte numérisé non relu

AQUILON — AR, AR-MOAB

plus savants et anciens auteurs hébreux : avec un discours du camp des Israélites, et la description des pierreries du rational du grand prestre, ajoutés à la fin pour la seconde édition, revue par l'auteur. 5° 1] composa aussi une version en hébreu du Nouveau Testament avec des notes sur les Epitres de saint Paul, propres, dit-il, à éclairer les Juifs. Voir Lelong, Dissertation historique sur les Bibles polyglottes ; Bourgerel, Mémoires pour servir à l’histoire des Juifs de Provence, dans les Mémoires de littér.et d'hist., τ. 11, p.11. E. LEVESQUE.

AR, AR-MOAB (hébreu : ‘#r, Num, xx1, 15; Deut., 11, 9, 18, 29; ‘Ar M6'@b, Num., xx1, 28; Is., xv, l ; Septante : Ἤρ, Num., ΧΧΙ, 15 ; ᾿Αροήρ, Deut.,11, 9, 18, 29; ἡ Μωαθῖτις, Is., XV, 1), capitale du pays de Moab, située à la partie septentrionale, au sud de l’Arnon. Is., χν, 1; Num., xx1, 28. ᾿

I Noms. — On regarde généralement ‘Ar comme la forme moabite de l'hébreu ‘Jr, « ville, » de même que, dans l'inscription de Mésa, Qar répond à Qiryäh avec la même signification. C’est pour cela que plusieurs auteurs veulent reconnaître la cité dont nous parlons dans ‘Ir Mô'äb de Num., xx11, 30, quoique toutes les versions aient rendu ces deux mots d'une manière indéfinie par πόλιν Mwzx6, oppido Moabitarum, « une ville de Moab. » C'est à tort que les Septante ont, dans trois endroits, Deut., 1, 9, 18, 29, traduit ‘Ar par ’A ροήρ, Aroer : ce sont deux villes distinctes ; la première, en effet, fut donnée en héritage « aux fils de Loth », c’est-à-dire aux Moabites, dont les Israélites devaient, par ordre de Dieu, respecter le territoire, Deut., 11, 9, tandis que la seconde, située au delà de l’Arnon, faisait partie de la tribu de Ruben. Jos., xt, 9, 16 ; Deut., 11, 36.

Au temps d'Eusébe et de saint Jérôme, Ar était connue sous le nom α᾽ ᾿Αρεόπολις ou de Rabbath- Moab, c'est-àdire « Moab la grande ». Onomasticon, Gættingue , 1870, p. 276, au mot Mwaé ; S. Jérôme, Liber de situ et nominibus locorum heb., t. ΧΧΠῚ, col. 909; Comment. in Isaiam, XV, 1, t. xxIV, col. 167. Dans ce dernier passage, le saint docteur explique ’Apeérokc par l'hébreu ‘Ar et le grec πόλις, rejetant l'étymologie adoptée par la plupart de ses contemporains, [Άρεος πόλις, « ville de Mars. » Sans parler de la philologie, qui pourrait trouver à redire à cette explication, M. de Saulcy prétend que la numismatique lui donne tort; car, sur différentes monnaies romaines appartenant à cette ville (fig. 199), on voit l’image d'une « divinité guerrière, casquée et cuirassée, tenant une épée de la main droite, et, de la gauche, une lance et un bouclier rond; c’est évidemment Mars ou Arès ». Numismatique de la Terre Sainte, Paris, 187%, p. 355. Étienne de Byzance, dans ses Ethniques, Leyde, 169%, p. 651, nous apprend également qu'Aréopolis n'est autre chose que Ῥασάθμωμα, probablement ἱΡ αδαθμωόα, comme sur les monnaies, c'est-à-dire Rabbath-Moab.

Théodoret, dans son Commentaire sur Isaïe, XV et ΧΧΙΧ, t. Lxxx1, col. 341 et 376, dit qu'Ariel, ᾿Αριήλ, aurait été aussi le nom d’Aréopolis. Eusèbe, Onomasticon, p. 228, rapportant cette même opinion, ajoute que, de son temps, les habitants de la ville appelaient encore leur divinité Ariel, et c'est peut-être pour défendre son temple qu'ils montrèrent ce furieux acharnement dont parle Sozomène. H. E., vu, 15, t. Lxvn1, col. 1457. Enfin Reland, Palæstina ex monumentis veteribus illustrata, Utrecht, 171%, t. 11, p. 977, pense que de là vient le nom de la contrée appelée ᾿Αρηιλίτις, Aréilitide ou Ariélitide par saint Épiphane, Adv. hær., 1, t. XLI, col. 261.

IL. Identification. — Une tradition, remontant au moins jusqu'au “ siècle, regarde done comme identiques Ar- Moab, Arcopolis et Rabbath-Moab. C'est pour cela qu'un grand nombre d'auteurs ont reconnu cette antique cité dans les ruines actuelles d'Er-Rabbah, à l'est de la mer Morte, à peu près à moitié route entre Kérak et l'Arnon, Cf. Seetzen, Reisen durch Syrien, Palästina, etc., Ber-

lin, 185%, t. 1, p. 411 ; Robinson, Biblical Researches in Palestine, Londres , 1856, t. 11, p. 166; Van de Velde, Memoir to accompany the Map of the Holy Land, 1859, p. 287; G. Armstrong, W. Wilson et Conder, Names and places in the Old and New Testament, Londres, 1889, p. 12, etc. Suivant Aboulféda, Géographie, texte arabe publié par MM. Reinaud et le baron Mac Guckin de Slane, Paris, 1840, p. 247, Er-Rabbah ἃ succédé à « une ville capitale très ancienne », qu'il nomme Mb, et dont « la mention est célèbre dans l’histoire des Israélites ». Mäb rappelle évidemment l'hébreu 2K12 et la Mw46 de l'Onomasticon, p. 276, « ville de l'Arabie, qui est maintenant Aréopolis ; le pays s'appelle aussi Moab, mais la ville a comme nom propre Rabbath-Moab. »

Plusieurs exégètes cependant n’admettent pas l'identité d'A ou Aréopolis et d'£r-Rabbah. Dietrich l’a combattue dans Merx, Archiv für wissenschaftliche Erforschung des À. T.,t.1, p. 320 et suiv. Ses arguments sont ainsi résumés par Franz Delitzsch, Biblischer Commentar über das Alte Testament, das Buch Jesaia, Leipzig, 1889, p. 220 : «19 L’Ancien Testament et les versions ne connaissent aucune Rabbah moabite; c'est Eusèbe qui la mentionne le premier, et elle semble, après la ruine d’Ar par le tremblement de terre dont parle saint Jérôme, être devenue la capitale du pays et avoir reçu, avec le nor de Rabbath Moab, celui d’’Apséroke. — 20 Ar était située sur les bords de l’Arnon, tandis que les ruines de Πα Δ ἢ se trouvent à six heures au sud du torrent, non pas à la frontière nord, mais au milieu même de Moab. Le récit de Num., xx1, 2%, rend vraisemblable la position d'Ar au confluent du Ledjoum et du Modjib, peutêtre (au moins les fortifications placées « sur les hauteurs de l’Arnon ») aux ruines actuelles d'Oumm er-Reçüs, au sud-est (?) du même confluent, »

Ilest vrai que l'Ancien Testamentetles versionsne parlent

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