‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 391 sur 454 · ARABAH · texte numérisé non relu

ARABAH

Echelle

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201, — Carte de l’'Ouadi el-Arabah.

mètres la vallée d'Arabah, donne passage à un systéme d'ouadis incliné au nord-est, avec deux issues principales, l'Ouaci Fikréh et lOuadi Djéraféh. Ces torrents sont à sec la plus grande partie de l’année; mais les pluies d'hiver, quand elles sont fortes et prolongées, donnent par eux une fertilité passagère à quelques coins du désert.

La muraille orientale est formée par les monts de l'Idumée ou de Séir, lisière longue et étroite, dont le développement du nord au sud égale et suit le cours de lArabah, et dont la plus grande largeur ne dépasse guère trente-cinq kilomètres. C'est une chaîne de grès, de granit et de porphyre, où l’action des feux volcaniques ἃ laissé de nombreuses traces, et que sillonnent d'innombrables ravins descendant vers l'Arabah, gorges sinueuses que la

saison des pluies change en fougueux torrents. Outre ces courants temporaires, des sources entretiennent dans beaucoup d’endroits une fraicheur permanente, et y permettent un peu de culture : de là le contraste qui existe avec l’aridité des déserts entre lesquels cette contrée montagneuse est interposée. À peu près vers le milieu, cette chaîne d'Édom est couronnée par la cime du mont Hor ou Djébel Haroun, qui, pareil à un cylindre terminé par un cône surbaissé, commande l'Ouadi Arabah comme le créneau isolé d’une immense muraille. En nous plaçant sur son sommet, qui domine la mer d'environ 1328 mètres, rien n’est plus facile que de comprendre la structure géologique de l'Arabah. Au premier plan s'étend la terrasse de grès de Nubie qui forme le sommet du mont Hor; puis, à droite, les porphyres avec les filons de diverses variétés qui en sillonnent la masse. Sur ces porphyres viennent s’adosser les grès de Nubie, composés en grande partie de leurs éléments désagrégés. Au centre, la petite chaine déchiquetée des poudingues tertiaires, supportée par les grès de Nubie; puis des îlots de porphyre disséminés à travers les terrains crétacés, et reconnaissables à leurs formes aiguës, ainsi qu’à leur ton sombre; à gauche, une montagne crétacée. Enfin, dans le fond, les alluvions et les sables de l'Ouadi Arabah forment une bande horizontale, à laquelle viennent se réunir celles des divers oùuadis tributaires, et qui sépare le massif iduméen des collines crétacées qu'on voit former, à l'horizon, les plateaux du Tih. Cf. duc de Luynes, Voyage d'exploration à la mer Morte, 3 in-4, Paris, tit, p. 323, planche 1v; voir aussi une belle carte géologique de l'Ouadiel-Arabah, dans Edward Hull, Memoir of the Geology and Geography of Arabia Petræa, Palestine and adjoining districts, Londres, 1889, p. 138. Voir Ipu- MÉE.

Entre ce double encaissement, la vallée d’Arabah se déroule ainsi comme un vaste sillon, dont la largeur, en moyenne de neuf à dix kilomètres, atteint presque le double vers le centre. Montant peu à peu, nous l'avons dit, depuis l'hémicycle qui ferme la Sebkah, jusqu'à la hauteur de 240 mètres, elle descend ensuite au niveau de la mer, en se rétrécissant d'une manière continue ; à partir de la ligne de partage des eaux, la chaîne occidentale se rapproche sensiblement des montagnes d'Édom. Le fond de cette immense tranchée n’est, aux deux extrémités, septentrionale et méridionale, que l’ancien dépôt des deux mers qu'elles touchent, de formation récente, post-pliocène ou pliocène. Dans l'intervalle se trouvent des bancs de sable, de gravier, de cailloux roulés et de marne, à travers lesquels émergent, de distance en distance, certaines roches calcaires. Tout le versant nord est occupé par l'Ouadi el-Djeib, qui contourne la lisière occidentale, et reçoit les nombreux affluents dont les lits, descendant des monts de l'Idumée, sillonnent la plaine dans la direction du sud-est au nord-ouest. Près de son débouché dans le Ghôr, l'Ouadi el-Djeib est bordé de falaises hautes de dix à quinze mètres, laissant entre elles un lit très uni d'environ cinq cents mètres, où les courants qui l'ont formé ont laissé la trace de leur passage et leur boue desséchée. Il conserve pendant plusieurs kilomètres cet escarpement, résultat de l’excavation des eaux; puis, au delà de l'Ouadi Haseb, les falaises s'abaissent de plus en plus pour disparaître complètement. A partir de l'Ouadi Gharundel, Yun des plus importants du massif oriental, les torrents, moins étendus, se dirigent vers le sud, amas-sant dans la plaine, en forme d'éventail, des dépôts de cailloux roulés.

En somme, l'Ouadi el-Arabah contraste singulièrement avec le Ghôr. Au lieu d'un fleuve dont les eaux abondantes et perpétuelles entretiennent une belle ligne de verdure, la vallée méridionale ne possède que des courants temporaires, insuffisants pour féconder le sol. Quelques chétives sources, espacées à d'assez grandes distances, nourrissent à peine quelques arbres, et n'oflrent:

même pas au voyageur les ressources dont il a besoin. En allant du nord au sud, on trouve l'Ain Ghuwiréh, d'un demi-mètre de diamètre; son eau, fraiche et sensiblement sulfureuse, sort, au milieu des roseaux, d'un terrain sablonneux, parsemé de mimosas. Plus bas, l'Ain Gharundel, à deux cents mètres environ de l'Ouadi du même nom, perd ses eaux dans le sable : néanmoins deux grands palmiers et quatre ou cinq petits qui l’'ombragent, aussi bien que les joncs qui croissent à l’entour, semblent prouver qu'elle ne tarit jamais absolument. Enfin, plus bas encore, en amont d'un groupe de palmiers, de roseaux et de tamaris, et au pied d’un gradin calcaire de la chaîne iduméenne, est une fontaine dont l'ouverture est carrée, d’un mètre à peu près; elle entretient la fraicheur et la végétation d'un fourré de verdure, et s'appelle Ain Thaabéh ou Täbä. L'hiver, quelques bas-fonds sont transformés en lacs par l'eau des torrents.

3° L'Arabah et le lit du Jourdain. La formation de la mer Morte et le cours du Jourdain ont été longtemps

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