‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 396 sur 454 · X. Jai, estaf'al; — sl, estaghrfar, demander pardon, de · texte numérisé non relu

X. Jai, estaf'al; — sl, estaghrfar, demander pardon, de

ghrafar, pardon-

ner.

Nous ne pouvons faire ici de philologie comparée : il nous suffit d'indiquer le rapprochement entre la 11° forme etle Piél hébreu, le Paël araméen et assyrien; entre la IVe οἱ l'Aphel araméen, l'Hiphil hébreu; entre la xe et lEschtaphal araméen, l'staphal assyrien. On peut aussi rapprocher là vire de l'Hitpaël hébreu dans les verbes qui commencent par une sifflante : nanwn, hislabbêt, de nav, $äbat.

ARABE (LANGUE

On voit en somme que « l'arabe est à beaucoup d’égards le résumé des langues sémitiques. On dirait que toutes les ressources lexicographiques et grammaticales de la famille se sont donné rendez-vous pour composer ce vaste ensemble. L'hébreu, le syriaque, l’éthiopien, n’ont guère de procédés que l’arabe ne renferme pareillement, tandis que l'arabe possède en propre une série de mécanismes précieux. Il est vrai que plusieurs des propriétés caractéristiques de l'arabe se trouvent d'une façon rudimentaire dans les autres langues sémitiques : ainsi les formes modales du futur sont en germe dans le futur apocopé des Hébreux; les flexions finales, dans les terminaisons paragogiques ou emphatiques de l’hébreu et de l’araméen ; presque toutes les formes du verbe réguliérement employées en arabe existent en hébreu ou en syriaque à l’état de formes rares et anormales; mais ce ne sont là que des germes à peine indiqués, tandis qu'en arabe ces mécanismes sont arrivés à l’état de procédés réguliers, et constituent un des ensembles grammaticaux les plus imposants que jamais langue soit arrivée à revêtir ». E. Renan, Histoire des langues sémitiques, p. 384.

2 Vocabulaire. — La richesse lexicographique de l'arabe est prodigieuse, mais elle fait du dictionnaire une espèce de chaos où l'étendue est au détriment de la clarté. Jamais lexique n’a mieux mérité ce nom de Qämous, «océan, » que les Arabes donnent au leur, et, en voyant les sens divers et presque contradictoires qui s'y pressent sous chaque mot, on éprouve une sorte de vertige. Ouvrons le dictionnaire de Freytag, Lexicon arabico-lati-

num, Halle, 1830, t. 111, p.112, au mot 653] «vieillard, » ΡΞ

nous y trouverons bien près d'une centaine d'expressions comme celles-ci : Tremor, agmen, vilium, vicus, claudicatio, viator, cœlum, terra, febris, etc. Les difficultés réelles de la langue ont été ainsi exagérées par les lexicographes orientaux, suivis par les Européens, qui ont mentionné plus volontiers les significations rares que les significations ordinaires des mots, les métaphores, les épithètes, les explications parfois erronées des commentateurs, et souvent aussi ont admis dans leurs recueils des expressions provinciales, étrangères ou spéciales, excessivement rares. Il n’est donc pas étonnant qu’un lexicographe arabe ait prétendu avoir trouvé dans sa langue 12 305 412 mots. Un autre nous dit qu'il existe au moins mille mots pour signifier l'épée, Dans un mémoire spécial, Das Kamel, extrait des Mémoires de l’Académie de Vienne, classe de phil. et d’hist., t. vII, un savant, M. de Hammer, a énuméré les mots relatifs au chameau, et en a trouvé 5 744. En faisant la part des exagérations, l'arabe n'en reste pas moins un phénomène entre toutes les langues pour l'abondance des synonymes. Il faut dire cependant que cette abondance se trouve plus ou moins chez chaque peuple pour les choses qui lui sont naturelles. L'hébreu lui-même, pourtant fort pauvre, possède une ample moisson de synonymes, qui offrent au poète de grandes ressources pour le parallélisme : voir le psaume CXVI, où la loi divine est désignée par dix synonymes divers.

Entre l'arabe et l’hébreu, il existe, au point de vue du vocabulaire, une ressemblance frappante, qu'il est facile de constater en ouvrant un dictionnaire comme le Thesaurus de Gesenius. Suivant certains auteurs, les deux tiers des racines hébraïques se retrouvent dans l'arabe avec les mêmes lettres et le même sens ou un sens approchant. En tenant compte de la correspondance des lettres dans les deux langues ou de leur permutation naturelle, quand elles appartiennent au même organe, on peut arriver même, dit-on, à retrouver les neuf dixièmes des racines. Il faut cependant, sous ce rapport, une critique sévère ; car, depuis Schultens jusqu'à nos jours, l'abus du dictionnaire arabe pour l'éclaircissement des mots sémitiques obscurs ἃ eu de grands inconvénients. La philologie com-

parée, avec ses progrès, a fourni des exemples, posé des lois, en un mot tracé une route dont l'homme de science ne doit plus s’écarter pour se lancer dans des rapprochements plus spécieux que fondés. Sur les rapports de l'arabe et de l’hébreu, voir Fr. Delitzsch, Jesurun, Grimma, 1838, p. 76-89.

3° Style — L'arabe, en absorbant les autres langues sémitiques par sa domination universelle en Orient, opéra dans la littérature et le style une révolution capitale. Aux récits historiques, aux sentences morales, à la poésie libre ou versifiée, qui constituent en particulier Ic fond de la littérature biblique, viennent s'ajouter les domaines nouveaux et variés de la pensée abstraite : grammaire, jurisprudence, philosophie, théologie, sciences physiques et mathématiques, écrits techniques, bibliographie. Alors verset, qui, jusqu'au Coran inclusivement, est la loi du style sémitique, est remplacé par des formes compliquées et des délicatesses de syntaxe inconnues à l'hébreu et à l'araméen. Cette ampleur néanmoins et ces progrès ne vont pas sans quelques défauts. Au lieu des formes sobres et harmonieuses de l'hébreu, on sent une raideur monotone et pédante; au lieu des faciles allures des vieux idiomes, c’est une culture artificielle et savante; au lieu de la grave beauté du style antique, ce sont des ornements de rhéteurs et des finesses de grammairiens. Enfin, quoique aussi continu que celui des langues indo-européennes les plus développées, le style arabe n'arrive pas à la netteté, à la limpide précision qui semble le partage <xclusif des idiomes aryens.

40 Métrique. — La poésie est aussi plus compliquée en arabe qu'en hébreu. Si le parallélisme, auquel 1] faut joindre parfois l’assonance et l’allitération, forme le caractère particulier de la poésie hébraïque et lui donne sa physionomie propre, on sait maintenant que ce n'est pas son unique élément. Elle comprend des strophes dont chaque vers est constitué par la quantité prosodique, selon certains auteurs, par le nombre des syllabes, suivant les autres. Voir POÉSIE HÉBRAÏQUE. On trouve les caractères généraux du rythme hébraïque dans les parties poétiques du Coran; mais déjà les poèmes antéislamiques étaient basés sur une prosodie des plus savantes. Quelle fut l'origine de cette métrique, et quelle en est la véritable nature? C'est une question qui n'est pas encore absolument élucidée. Les auteurs arabes ont exposé en détail les règles de cette prosodie, d'après les exemples qu'ils avaient sous 165 yeux dans les Moallakät ou les Kasida; mais ils n’ont pas considéré l'essence même de la poésie, Nos orientalistes modernes, reprenant les matériaux laissés par les grammairiens indigènes, ont établi diverses théories fondées, comme pour nos langues classiques, sur la combinaison des longues et des brèves. Cf. H. A. Ewald, De metris carminum arabicorum libri II, in-8°, Brunswick, 1825; Freytag, Darstellung der arabischen Verskunst, in-8°, Bonn, 1830; Silvestre de Sacy, Traité élémentaire de la prosodie et de l'art métrique des Arabes, in-8, Paris, 1831; H. Coupry, Traité de la versification arabe, in-80, Leipzig, 1874. En 1876, la question a été reprise par Stanislas Guyard à un point de vue tres intéressant. Se fondant sur les rapports de la musique et de la prosodie, il applique à la métrique arabe les règles du ryfhme naturel du langage, dont les éléments constitutifs sont l'arsis et la thesis, le temps frappé et le temps levé. Cf. Journal asiatique, mai-juin 1876, p. 413-579; août-septembre 1876, p. 101-252; octobre, 1876, p. 285-315. 1] y aurait peut-être profit à tirer de ces études pour la métrique hébraïque.

Le vers arabe se compose de pieds, qui ont chacun leur individualité et leur nom technique. Ils sont au nombre de sept, ayant trois, quatre ou cinq syllabes. De leurs combinaisons résultent seize mètres, dont les noms sont des adjectifs destinés à caractériser le vers: e{-taouil, & le long; » el-madid, « le prolongé, » etc. Chaque mètre comprend deux hémistiches. La même rime est

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quelquefois conservée dans toute l'étendue de la pièce de vers; quelquefois elle est alternée, suivant le genre et la nature de la composition.

IIT. DIvISIONS ET CARACTÈRES. — 10 Arabe littéral et arabe vulgaire ; dialectes. — Ce que nous venons de dire s'applique principalement à l'arabe littéral, c’est-à-dire à la langue des monuments écrits. Mais dans la bouche du peuple le langage ἃ revêtu une forme plus simple, qu'on appelle l'arabe vulgaire. Cependant il faut bien se garder de faire des deux idiomes deux langues séparées, en comparant l’une au latin, l'autre aux langues néolatines.

L'arabe vulgaire n’est au fond que Parabc littéral dépouillé de sa grammaire savante et de son riche entourage de voyelles. Il supprime les désinences casuelles et les inflexions finales qui expriment les modes des verbes. Aux mécanismes délicats de la syntaxe littérale, il en substitue d'autres plus analytiques. Des préfixes et des mots isolés marquent les nuances que l'arabe littéral exprime par le jeu des voyelles finales; les temps du verbe sont déterminés par des mots que l'on joint aux aoristes pour en préciser la signification. Ainsi, dans le dialecte de Syrie, on ajoute souvent la lettre ba à toutes les personnes de l'indicatif présent, imparfait, futur simple et antérieur, et du conditionnel présent, excepté à 15 première personne du pluriel, exemple : ‘ana b'aktob, € j'écris, » au lieu de ’aktob. A la première personne du pluriel, le ba se remplace par un mim; exemple : manktob, « nous écrivons, » au lieu de naktob. Le futur peut être précédé de sa, 511 est prochain, ou de la particule saouf, s’il est éloigné, etc.

Au point de vue du vocabulaire, l'arabe vulgaire ἃ laissé tomber également cette surabondance de mots qui encombrent l'arabe littéral. À part quelques mots étrangers, différents selon les provinces, il ne connaît que Île fonds courant des vocables sémitiques, parfois légèrement détournés de leur signification ancienne. Ainsi, des remarques que nous venons de faire, se dégage un fait notable, c'est que l'arabe vulgaire est bien plus repproché que l'arabe littéral de l'hébreu et du type essentiel des langues sémitiques.

En somme, l'arabe littéral n’est pac plus un idiome factice ou une invention des grammairiens que l'arabe vulgaire n’est une corruption de l'idiome littéral. Il a existé une langue ancienne, plus riche ei plus synthétique que l'idiome vulgaire, moins réglée que l’idiome savant, et dont les deux sont sortis par des voies opposées, « On peut comparer l'arabe primitif à ce que devait être la langue latine avant le travail grammatical qui la régularisa, vers l’époque des Scipions ; l'arabe littéral, à la langue latine telle que nous la trouvons dans les monuments du siècle d'Auguste; l'arabe vulgaire, au latin simplifié que l’on parlait vers le vie siècle, et qui, à bien des égards, ressemblait plus au latin archaïque qu'à celui de Virgile ou de Cicéron. » E. Renan, Histoire des langucos sémitiques, p. 406.

L'arabe littéral, comme toutes les langues savantes, n'a pas de dialectes ; mais l'arabe vulgaire en possède, comme toutes les langues parlées. On en compte quatre : ceux d'Arabie, de Syrie, d'Égypte, et le maghreby où dialecte de l'Afrique septentrionale. Les trois premiers sont fort peu distincts l'un de l’autre : une certaine quantité de locutions propres, des termes particuliers et la prononciation différente de quelques lettres, en constituent toute la diversité. Le dialecte d'Arabie est le plus pur de tous. Le maghreby offre plusieurs divergences. grammaticales et des particularités plus caractérisées, mais qui ne vont pas jusqu'à le rendre inintelligible pour les habitants des autres contrees.

2° Caractères. — Les deux principaux caractères de l'arabe sont l'universalité et l'invariabilité. Universel dans les genres de littérature qu'il a embrassés, il ne l'est pas moins das l’étenduc des pays qu'il ἃ envahis, dans l'action

qu'il a exercée, comme organe d’une pensée politique ou religieuse supérieure aux diversités de races. Le grec et le latin, dont le domaine et l'influence ont été si considérables, lui sont inférieurs sous ce rapport. Le grec ἃ été parlé de la Sicile au Tigre, de la mer Noire à l'Abyssinie; le latin, de la Campanie aux iles Britanniques, du Fhin à l'Atlas; tandis que l'empire de la langue arabe embrasse l'Espagne, l'Afrique jusqu'à l'équateur, l'Asie méridionale jusqu'à Java, la Russie jusqu'à Kazan. En s'imposant comme langue des livres dans les pays conquis par l'islamisme, il exerça la plus grande influence sur presque tous les idiomes de ces régions. Le persan et le turc lui empruntérent son alphabet, et de l'Inde jusqu’à l'Europe des mots arabes s’infiltrèrent dans le langage. Cf. Dozy et W. H. Engelmann, Glossaire des mots espagnols et portugais dérivés de l'arabe, in-80, Leyde, 1869; pour le français, voir E. Littré, Dictionnaire de la langue française, Paris, 1882, Supplément; Dictionnaire étymologique des mots d'origine orientale, par Marcel Devic.

Malgré cette extension, la langue arabe conserva partout et toujours une merveilleuse unité. D'un bout à l'autre de ce vaste cordon formé par la conquête musulmane, on voit un même style chez les écrivains, les mêmes études, le même enseignement grammatical. Chaque auteur apporte dans sa manière de dire plus ou moins d'élégance ou de correction; mais il est impossible de classer ces diversités par âge et par pays. Sur les lèvres des Bédouins qui dressent leurs tentes dans les déserts de l'Arabie, on retrouve encore un grand nombre de formes antiques, et la langue écrite de nos jours ne diffère pas de la langue de Mahomet. Cf. W. G. Palgrave, Narrative of a year's journey through central and eastern Arabia, Londres, 1865, t. 1, p. 463 et suiv. Cette espèce d'immutabilité, qui forme un des caractères des idiomes sémitiques, se remarque également dans l'assyrien, resté sensiblement le même pendant une période de plus de deux mille ans. C’est pour cela qu’on ne saurait la refuser à l'hébreu, qui ἃ pu aussi sc conserver durant des siècles sans changement : il n’est pas plus étonnant de retrouver la langue du Pentateuque dans les Psaumes et les Prophètes que la langue du Coran dans l'arabe moderne.

À ce double caractère de l'arabe nous ajouterons celui d'une réelle utilité pour les études bibliques, ce qui ressort d'ailleurs des rapprochements que nous avons établis entre cette langue et l'hébreu. Comme langue parlée, elle fait revivre pour nous l'idiome sacré avec sa phonétique, ses expressions usuelles, depuis l’essaläm ‘aleik, « paix sur toi », qui rappelle le $älôm lekä, de l'Écriture, Jud., vi, 23, etc., jusqu'aux tournures de phrases les plus poétiques. On retrouve aujourd’hui sur les lèvres du fellah de Palestine, et en termes identiques, les proverbes usilés parmi les Juifs au temps des prophètes, Ezech., xvI, ἀξ; xvI1, 2; Jer., xxx1, 29. Cf. Palestine Exploration Fund, Quarter ly Statement, 1889, p. 141. Impossible d'entendre parler un Arabe sans qu'à chaque instant un mot hébreu ne vous revienne à la mémoire, et ainsi le peuple ismaélite nous instruit autant par son langage que par ses mœurs. Comme langue écrite, l'arabe offre à l'exégète de nombreux et riches monuments où il peut, à l’aide de la critique, chercher l'explication des mots obscurs en hébreu ou des ἄπαξ λεγόμενα; ainsi 052, bôlés, Amos, vi, 14, s'explique par l'arabe ne

balas, « figuier »; w3, gälaë, Cant., 1v, 1, par -1- ᾿Ξ Le

« s'asseoir », ete. Cf. Fr. Delitzsch, Jesurun, p. 87-89. Voir un exemple de l'usage de Farabe dans la abnah d'Is., vit, 44, dans Le Hir, Les trois grands prophètes, Paris, 4877, p. 78-80. La géographie sacrée n'est pas moins intéressée à cette étude. Les noms bibliques se sont conservés sous la forme arabe ou sans altération ou avec de légers changements : noms communs

djalas,

discussion sur l

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tels que ‘ain, « source ; » nahr, « fleuve » ; ‘arabah, « désert, » etc. Ct. Palestine Exploration Fund, 1876, p. 132-140 ; noms propres, comme on peut s’en convaincre par les articles géographiques de ce Dictionnaire ; hébreu : ‘AkRk6, arabe : Akkä, Accho; hébreu : Yàf6, arabe : Yäfä, Jaffa, etc. Les géographes, comme Aboulféda, Edrisi, etc., et les historiens arabes rendent d'éminents services pour l'orthographe des noms, la position respective des diflérentes villes et leur état à certaines époques de l'histoire. On sait quels emprunts le Coran a faits à la Bible. I] y ἃ donc dans la connaissance de cette langue un intérêt continuel pour la philologie sacrée, aussi l'Église l’a-t-elle souvent recommandée, Clément V, en particulier, voulut que des maîtres spéciaux fussent chargés de l'enseigner dans les grandes universités de: Paris, d'Oxford, de Bologne et de Salamanque. Clement., lib. v, tit. 1, de Magistris.

IV. ÉCRITURE. — On peut voir à l’article ALPHABET comment l'écriture arabe se rattache à l'alphabet phénicien, et quels sont ses points de ressemblance avec les. autres caractères sémitiques ; nous avons déjà parlé de ses éléments au point de vue des consonnes et des voyelles. Il nous suffit d'indiquer en deux mots ses formes et son. origine. L'écriture cursive habituelle est appelée neskhi. L'écriture hiératique, aux formes carrées, lapidaires, employée dans les inscriptions monumentales et sur les. monnaies, et, pendant plusieurs siècles, usitée dans les. copies du Coran, ἃ recu le nom de koufique, de la ville de Koufa, dans l'Iräk-Arabi, où l’on croit qu'elle tut inventée. On pense généralement que l'écriture n’a pas été connue des Arabes de l'Hedjaz et du Nedjed plus d’un siècle avant l'hégire, et qu’elle leur fut apportée par les. Syriens. Les formes de l’alphabet koufique se rapprochent, en effet, beaucoup de celles de l’alphabet syriaque estranghelo, et l'ordre primitif des lettres de l'alphabet arabe est identique à celui des alphabets hébreu et syriaque. Cependant, à la suite de Fr. Lenormant, Inscriptions sinaîitiques, dans le Journal asiatique, janvier 1859, p. 53 et suiv., M. Renan, Hist. des langues sémitiques, p. 353, admet volontiers une double origine pour l'écriture arabe : l’une syrienne (le koufique sorti de l'estranghelo), l'autre sinaïtique pour le neskhi.

De formes très ornementales, comme on peut le voir dans certaines inscriptions où les lettres composent de gracieuses arabesques, l'écriture arabe est d'une lecture difficile. On n'écrit souvent.les voyelles que par exception, on oublie les points diacritiques, et le déchiffrement des noms propres serait presque impossible si les écrivains ne prenaient la précaution d'épeler en toutes lettres les mots rares et importants : tel est l'usage dans les dictionnaires de géographie. Le neskhi s’est un peu transformé avec les siècles et selon les pays : l'écriture maghrébine: (Algérie, Maroc) diffère sur certains points de l'écriture orientale ou de Syrie. Voir sur cette question de l'écriture arabe le travail de M. de Sacy, dans les Mémoires de l'Académie des inscriptions, t. L, et dans le Journal des savants, août 1895, et dans le Journal asiatique, avril 1827. Voir aussi Carsten Niebuhr, Beschreibung von Arabien, in-4°, Copenhague, 1772, p. 94-10%.

V. BiBnioGrapHie. — Nous indiquons ici les ouvrages les plus importants pour l'étude de la langue arabe. 19 Grammaires : arabe littéral, Th. Erpenius, Rudimenta linguæ arabicæ, 1re édit., in-4, Leyde, 1613; édit. Schultens, 1733, 1748; Silvestre de Sacy, Grammaire arabe,

2 in-8, Paris, 1810; 2% édit., 2 in-8v, Paris, 1831; HA: Ewald Grammatica crilica linquæ arabicæ, 2 in-8, Leipzig, 1831; C. P. Caspari, Grammatik der

arabischen Sprache, in-8°, Leipzig, 1859; traduite en français sur la ἀκ édition allemande, et en partie remaniée par Uricæchea, in-8, Paris, 4881, une des meilleures ; H. Zschokke, Jnstitutiones fundamentales linguæ arabicæ, in-8°, Vienne, 1869; arabe vulgaire: Abougit, Principes de iu grammaire arabe à l'usage des écoles de

français en Orient, in-12, Beyrouth, 1862; Caussin de Perceval, Grammaire arabe vulgaire pour les dialectes d'Orient et de Barbarie, in-4°, Paris, 1824; in-8°, 1833; in-80, 1858; in-80, 1880; A. Bellemare, Grammaire arabe (idiome d'Algérie), Paris, Alger, 1850. — 2% Dictionnares : J. Golius, Lexæicon arabico-latinum, in-fv, Leyde, 1653; Freytag, Leæicon arabico-latinum, 4 in-%, Halle, 1830-1837; édition abrégée, in-4°, Halle, 1857; A. Handjéri, Dictionnaire français, arabe, persan et turc, 3 in-4°, Moscou, 1840-18%1; Kazimirski, Dictionnaire arabe-français, 2 gr. in-8°, Paris, 1860; Lane, Arabic-English Dictionary, 5 in-4°, Londres, 1863-1875 ; Cuche (R. P.), Dicéionnaire arabe- français, gr. in-8v, Beyrouth, 1862; nouv. édit., 1883, pratique; Vocabulaire français- arabe, par un missionnaire de la compagnie de Jésus en Syrie, in-8°, Beyrouth, 1867; A. Cherbonneau, Dictionnaire français-arabe pour la conversation en Algérie, in-12, Paris, 1872. — 39 Chrestomathies : Silvestre de Sacy, Chrestomathie arabe, Paris, 1806; 2e édit., 3 in-8°, Paris, 1826; G. L. Kosegarten, Chrestomathia arabica, in-8, Leipzig, 1828; A. Oberleitner, Chrestomathia arabica una cum glossario arabico-latino , 2 in-8, Vienne; Chrestomathie arabe, publiée par les PP. Jésuites, 2 in-8°, Beyrouth, 1879-1881.

À. LEGENDRE

3. ARABES (VERSIONS) des Ecritures. Il est difficile d'établir à quelle époque la Bible fut traduite pour la première fois en langue arabe. On rapporte qu'un certain Warka Ibn-Naufel avait traduit l'Écriture en arabe dès le commencement du vie siècle, et que c'est dans cette version que Mahomet puisa sa connaissance de la Bible. Cela est assez problématique. En tout cas, il ne reste rien de cette prétendue version, non plus que de celle que Jean, évêque de Séville, avait fait exécuter en 717. Les versions arabes que nous possédons sont toutes de date relativement récente. De fait, le besoin de ces versions ne dut se faire sentir que lorsque les différentes contrées soumises à l'islamisme eurent abandonné leurs langues respectives pour adopter celle de leurs conquérants, c'est-à-dire entre le vire et le xe siècle de notre ère. Les versions arabes furent alors entreprises par les juifs et par les chrétiens. Les manuscrits sur lesquels elles furent faites étaient ceux dont on se servait dans les synagogues et dans les églises. Ils représentaient les recensions les plus diverses, et, comme on peut le supposer, ils n'étaient pas toujours des meilleurs. Les traducteurs se préoccupèrent moins de reproduire le texte le plus pur que de mettre la Bible à la portée des fidèles, en la débarrassant de toutes ses obscurités. Le cardinal Wiseman, dans ses Essays (t. 1, Miracles of the New Testament), a décrit d'une manière fort ingénieuse la façon dont ces traducteurs ont dù procéder. Tous les livres de l'Écriture Sainte n'étaient pas également lus dans les synagogues ni dans les églises. Les Juifs lisaient surtout la Loi, c'est-à-dire le Pentateuque. Les chrétiens, en dehors du Nouveau Testament, qui était leur principale Écriture, ne lisaient guère, dans leur entier, que le Psautier et les Prophètes. On se borna, tout d'abord, à traduire ces livres; quant aux autres, on n'en traduisit que les parties qui étaient disséminées dans les livres liturgiques. C'est ainsi qu'aucune des versions arabes les plus anciennes ne s'étend à toute la Bible. Plus tard, quand on voulut avoir l'ensemble des Saintes Écritures, pour l'usage du clergé, qui lui-même n’entendait plus suffisamment les langues anciennes, on se contenta de réunir les versions déjà faites des différents livres ou portions de livres, et on combla les nombreuses lacunes par de nouvelles traductions faites sur les exemplaires complets des anciennes versions coptes ou syriaques. Il en résulta de véritables mosaïques, dont le fameux manuscrit de Brèves est un exemple frappant, comme on le verra plus bas. Les versions arabes n'ont donc pas beaucoup d'autorité. Cependant la critique y trouve parfois

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ARABES (VERSIONS) 846 des variantes qui jettent une lumière inespérée sur la version syriaque, et surtout sur la version alexandrine. En tout cas, elles occupent une place importante dans l'histoire de la Bible.

I. VERSIONS ARABES DE L'ANCIEN TESTAMENT. — Nous les grouperons en cinq catégories. Les quatre premières comprendront celles qui sont basées sur l'hébreu, sur les versions syriaques, sur les Septante, ou sur d’autres textes; dans la cinquième, nous traiterons de quelques éditions que l’on ne peut pas encore classer avec certitude.

10 Versions arabes basées sur le texte hébreu. A) La plus célèbre est celle de Saadias Haggäon (891-941), juif originaire du Fayoum, en Egypte, directeur de l'école talmudique de Sora. Elle se rapproche beaucoup des Paraphrases Targumiques, en sorte qu'elle est plus utile pour l'exégèse que pour la critique du texte. L'examen des différents manuscrits que nous en avons montre qu'elle ἃ subi de nombreuses et importantes interpolations. La question de savoir si cette version s'étendait à toute la Bible est encore fort débattue. Il est certain qu'elle comprenait le Pentateuque et Isaie; on admet généralement que Job, les petits Prophètes et les Psaumes avaient aussi été traduits par Saadias.

a) Manuscrits, — Parmi les manuscrits qui contiennent des parties de la version de Suadias, on peut nommer les suivants : 4. Le manuscrit arabe de la Bibliothèque nationale. Ce manuscrit avait appartenu au célèbre Savari de Brèves; il est d'origine égyptienne et date du xive siècle; Pentateuque. — 2. Un manuscrit de la bibliothèque Bodléienne à Oxford ; il ἃ été écrit à Hamath, sur l'Oronte, en Syrie, et date aussi du x1v® siècle; Pentateuque.— 3. Le manuscrit oriental xx1 de la bibliothèque Palatine Médicis, à Florence, xiHe siècle; Pentateuque. — 4. Manuscrit arabe 377, de la bibliothèque de Leyde; écrit à Mardin, au xIve siècle; Genèse et Exode. — 5. Un manuscrit (Cod. Bodl., ΧΙ.) de la bibliothèque Bodléienne contient le livre de Job et les petits Prophètes. — 6. Deux autres manuscrits de la même bibliothèque contiennent les Psaumes. Cf. Bleek, Einleitung in das alle Testament, édit. de 1800, p. 795. — 7. Le Codex Bodl. CLvVI (Pococke, 92) de la même bibliothèque, écrit en caractères hébreux et daté de 124%, contient Isaiïe.

b) Éditions. — Les principales éditions sont les suivantes : 1. Le Pentateuque tétraglotte de Constantinople, 1546. Cette édition contient, en outre du texte original et du Targum d'Onkelos, la version arabe de Saadias et la version persane de Jacob Tüsi, le tout en caractères hébreux. — 2, La seconde édition fut faite à Paris, par Gabriel Sionite, dans la Polyglotte de Le Jay, d'après le manuscrit arabe 1 de la Bibliothèque nationale, dont nous avons parlé plus haut. — 3. Pococke réimprima cette deuxième édition dans le premier volume de la Polyglotte de Walton, et il publia ensuite, dans le cinquième volume du même ouvrage, les variantes de l’édilion de Constantinople et du manuscrit d'Oxford (voir plus haut: Manuscrits 2). — 4. P. de Lagarde ἃ publié la Genése et l'Exode, d'après le manuscrit de la bibliothèque de Leyde, Materialien zur Kritik und Geschichte des Pentateuchs, Leipzig, 1867. — 5. Les prophéties d'Isaie avaient été publiées dès 1790, par Paulus, d'après le manuscrit d'Oxford, R. Saadiæ Phiumensis versio Isaiæ arabica cum aliis speciminibus, in-80, Jéna, 1790-1791. — G. Ewald, dans ses Beiträge zur Geschichte der ält. Auslequng und Spracherklärung des A. T., Stuttgart, 18%#%, ἃ donné des extraits du livre de Job d'après le manuscrit d'Oxford. — 7. Schnurrer ἃ publié des fragments de la version des Psaumes, d'après le manuscrit d'Oxford, Pococke 281, dans

l'Allgemeine Bibliothek der biblischen Literatur d'Eichhorn, t. ΠΙ, p. 425. — 8. Osée et Joël ont été édités, d'après le manuserit d'Oxford, par R. Schrôter dans Archiv für wissensch. Erforschung des À. T., 1 etr1. — 9. Enfin, Adler ἃ donné dans l'£inleitung in das A. und N. Tes- | tament, d'Eichhorn, des variantes du manuscrit de Flo-

rence. P. de Lagarde ἃ aussi publié dans ses Materialien, 11, une version paraphrastique de la Genèse, d’après le manuscrit arabe 230, de la Bibliothèque de Leyde; le manuscrit est écrit en caractères syriaques, et date de l'an 1528. Cette version, dit simplement M. de Lagarde, est à peu près la même que celle d'un manuscrit d'Oxford dont Paulus s’est occupé dans ses Specimina versionum Pentateuchi seplem arabicarum, $ 7 et 12.

Quelques savants, entre autres Tychsen dans le Repertorium d'Eichhorn, t. ΧΙ, p. 82 et suiv., avaient contesté l'identité de la version de Constantinople et de la version imprimée dans les Polyglottes de Paris et de Londres. Pococke, dans la préface à son Arabica versio, démontra que cette identité est certaine, et Silv. de Sacy, Mémoire sur la version arabe des Livres de Moise (dans les Mémoires de l'académie des Inscriptions , t. xLIx, 1808, p.67), s'est rallié à Pococke.

B) Les Juifs possèdent encore une autre version arabe du Pentateuque, faite par un Juif de Mauritanie, au x siècle. Elle suit l'hébreu massorétique de très près, servilement quelquefois. On ne lui reconnait presque aucune valeur exégétique ni critique. Walton, Proleg., $ 1%, 16, dit pourtant qu’elle offre « des exemples d’une rare habileté, d’un esprit judicieux et d'un grand respect de la divine Majesté ». On n'en connaît qu'un manuscrit, qui appartint à Jos. Scaliger et qui est maintenant à la bibliothèque de Leyde (Cod. arab., 33). Il est en caractères hébreux. Erpenius l'a publié, assez imparfaitement, en caracteres arabes, Pentateuchus Mosis arabice, in-4°, Liège, 1622. On appelle pour cela cette version Arabs Erpenii.

Il faut encore citer parmi les versions arabes faites sur l'hébreu : — C) Celle du livre de Josué qui ἃ été imprimée, d'après le manuscrit arabe 1 de la Bibliothèque nationale, dans la Polyglotte de Paris, et réimprimée dans celle de Londres. Nous n'en connaissons ni l’auteur ni la date. — D) La version de III Reg., xu-IV Reg., ΧΙ, 16, qui, d'après Rôüdiger, De origine et indole arabicæ librorum V. T. historicorum interpretationis libri IT, Halle, 1829, serait d'un Juif de Damas du x1e siècle. Elle a été publiée, d'après le méme manuscrit que la précédente, dans les Polyglottes de Paris et de Londres. — E) La version du passage IT Esdr., 1-1Xx, 27; imprimée aussi dans les deux mêmes Polyglottes, d’après le même manuscrit que les deux précédentes, ressemble beaucoup à la version du livre de Josué ; mais on croit qu'elle ἃ été interpolée par un chrétien de Syrie. — F) Nous avons aussi des portions importantes d'une version arabe faite sur l'hébreu au xt siècle par un juif Karaïte, Yapheth ben-Heli. Les Psaumes ont été publiés en entier par l'abbé Bargés, d'après le manuscrit de la Bibliothèque nationale, Libri Psalmorum David, Regis et Prophetæ versio a R.Yapheth ben-Heli, Paris, 1861. — ΑἹ Une version (Genèse, Psaumes et Daniel) contenue dans le manuscrit Harl. 5505 du Musée Britannique. Voir Dôderlein, dans le Repertorium d'Eichhorn, t. 11, p. 153.

H) Muis, de toutes les versions arabes faites sur l'hébreu, la plus célèbre, après celle de Saadias, est celle du Pentateuque par un Samaritain, Abou Saïd. I la fit pour l'usage de ses coreligionnaires, qui en étaient réduits à se servir d'exemplaires plus ou moins corrompus de Ja version de Saadias. L'auteur n’a pas travaillé sur la version samaritaine, comme on pourrait le supposer, mais bien sur le texte hébreu original, écrit en caractères samaritains. Il montre pourtant que la version de Saadias lui était familière ; il s’en est servi plusieurs fois. Il ἃ aussi fait usage de la version samaritaine, telle qu'elle a été imprimée plus tard dans la Polyglotte de Paris. La date précise de cette version est incertaine. Tout ce que l'on peut dire, c’est qu'elle est postérieure au xt siècle et antérieure au xt. D'aprés Silv. de Sacy, Mémoire sur la version arabe, p. 10%, cette version serait fort utile pour Ja critique du texte samarilain. Voir ABOU-SaiD.

ARABES (VERSIONS

a) Manuscrits. — Voici les principaux : 1. Celui de la bibliothèque Barberini, à Rome. C'est un manuscrit tritaple (hébreu, version samaritaine et version arabe), écrit tout entier en caractères samaritains. Il est daté de l’hégire 62%. — 9. Le manuscrit Usher à la bibliothèque Bodléienne d'Oxford ; il est bilingue (version samaritaine et version arabe), et fut écrit en l’an 1595 de notre ère. — 3. Le manuscrit Taylor, à la même bibliothèque; il est en caractères arabes. — 4. Le manuscrit arabe 5 (ancien fonds 2) de la Bibliothèque nationale, xve siècle. — 5. Le manuscrit arabe 6 (ancien fonds 4), même Bibliothèque et même date.— 6. Le manuscrit arabe 8 (ancien fonds 12), même Bibliothèque, xvre siècle. Ce manuscrit, qui a appartenu à Melchisédech Thévenot, a cela de particulier que le copiste ayant un exemplaire de Saadias sous les yeux l’a complété par cette version. — 7. La Bibliothèque de Leyde possède aussi un manuscrit de cette version, que Sacy appelle Codex Damascenus. Avant d'entrer à la Bibliothèque de Leyde, il avait appartenu successivement à Van Tyl et à Schultens. — 8. Un autre manuscrit est mentionné dans la Bibliotheca Wittiana, 1701 ; on ignore ce qu'il est devenu. — Tous ces manuscrits représentent une seule et même version, malgré des variantes assez nombreuses surtout dans les passages obscurs. Ils ont été décrits par Silv. de Sacy, Mémoire sur la version arabe, p. 105 et suiv.

δὴ Editions. — La version d'Abou Saïd n’a jamais été publiée en entier. Voici ce que nous en avons. — 1. Hottiuger, dans son Promptuarium, sive bibliotheca orientulis, Heidelberg, 1658, a publié Gen., ΧΙ, 1-23, d’après un fragment qui lui appartenait. — 2. Blanchini, dans le t. 1 de son Evangeliarium quadruplex latinæ versionis antiquæ, 1749, fit graver une page du manuscrit Barberini contenant Num., v, 80-vI, 9. — 3. Durell, The Hebrew text; of the parallel prophecies of Jacob and Moses relating to the twelve tribes to which are added Athe Samaritan Arabic version, ete., 1763, publia Gen., XLIX, 6, 28; Deutér., xxx111, 1-29, d'après le manuscrit d'Usher; et Gen., xLix, 1-4, d'après le manuscrit de Taylor. — 4. Ch. Hwiid publia à Rome, en 1780, Gen., XLIX, d’après le manuscrit Barberini, dans son Specünen ineditæ versionis arabico-samaritanæ Pentateuchi e codice samaritano bibliothecæ Barberinæ, in-80. — 5. Adler, Biblisch-kritische Reise, a publié Num., xxIv, 7-9, d'après le manuscrit Barberini et le manuscrit arabe 6 de la Bibliothèque nationale. Il ἃ aussi fait connaître d'autres passages du manuscrit Barberini dans le Liter. Briefwechsel, de 1. D. Michaëlis. — 6. Paulus, dans sa Commentatio critica exhibens e biblioth. oxon. Bodlejana specimina verss. Pentateuchi septem arabicarum nondum editarumm, Iéna, 1789, a donné divers extraits du livre de la Genèse, d’après le manuscrit de Taylor. — 7. Van Vloten publia en 1803 quelques fragments, d'après le manuscrit de Leyde, dans son Specimen philologicum continens descriptionem codicis MS. Bibliothecæ Lugdun. Batavorum partemque inde excerptam versionis samaritano-arabicæ Pentateuchi, Leyde, 1803. — ὃ. Silv. de Sacy, dans son Mémoire, p. 150-190, en a publié plusieurs fragments. Ils sont pris de différents manuscrits, quoique plus généralement du manuscrit arabe 6 de la Bibliothèque nationale; les variantes de tous les manuscrits ont été soigneusement recueillies pour chaque passage. — 9. En 1851, Abr. Kuenen publia la Genèse d'après trois manuscrits et, en 1854, l'Exode et le Lévitique. Cf. Keil, Manual of historico-critical Introduction, Edimbourg, 1870, t. 11, p. 279 - 80.

90 Versions arabes basées sur la version syriaque. — A moins d'indication contraire, il s'agira de la version Simple ou Peschito.

A) Rüdiger, De origine et indole arabicæ interpretationis, donne comme faites sur la Peschito les versions arabes des livres suivants : Juges, Ruth, 1 et IT Rois; 1 IX Rois, 1-x1; IV Rois, χα, 17-xxv; Paralipomènes,

Job, qui ont été imprimées dans les Polygloites de Paris et de Londres, d'après le manuscrit arabe 1 de la Bibliothèque nationale. Ces versions ont été faites par des chrétiens au xt ou au xive siècle. Elles ont peu de valeur. P. de Lagarde a publié une nouvelle édition du livre de Job d'après la Polyglotte de Paris, ainsi qu'une autre version du même livre, mais de recension égyptienne, d'après un manuscrit de Berlin, dans son ouvrage intitulé : Psalteriun, Job, Proverbia arabice, Gættingue, 1876.

B) Deux versions des Psaumes faites par des chrétiens du mont Liban. L'une ἃ été éditée en 1585 et en 1610, au monastère maronite de Saint-Antoine, à Kouzheyya (au nord d'Ehden), dans le Bescherréh, mont Liban. Cette édition, dont les exemplaires sont très rares en Europe, est en carschouni. P. de Lagarde a réimprimé l'édition de 1610 d’après l'exemplaire de la bibliothèque de Nuremberg, Psalter., Job, Prov. L'autre est contenue dans le manuscrit 5469, in-12, du Musée Britannique (Cureton, Catalogue, n° vi). Cf. Düderlein, dans le Repertorium d'Eichhorn, t. 11, p. 156 et suiv.

C) P. de Lagarde ἃ publié, dans le même ouvrage, les Nombres, le Lévitique et le Deutéronome, d'après le manuscrit arabe 377 de la Bibliothèque de Leyde, dont nous avons déjà parlé à propos de la version de Saadias.

D) Enfin plusieurs manuscrits contenant des versions arabes faites sur la Peschito se trouvent dans les différentes bibliothèques d'Europe, pour la plupart inconnus, ou tout au moins inédits, comme on peut s'en assurer en parcourant les catalogues de ces bibliothèques. Tels sont, par exemple, les manuscrits arabes 17-21 de la Bibliothèque nationale. Paulus, dans sa Conunentatio critica, a donné quelques spécimens de versions du Pentateuque d’après des manuscrits de la bibliothèque Bodléienne,

E) Il existe aussi une version arabe faite au xv° siècle par Häreth ben-Sinän sur la version syro-hexaplaire. Cette dernière ayant été faite sur le grec des Hexaples d'Origène, on pourrait compter cette version arabe avec celles qui sont basées sur les Septante. On en connait plusieurs manuscrits : deux à la Bibliothèque nationale, manuscrits arabes 13 et 14; deux à la bibliothèque Bodléienne, à Oxford ; un à la bibliothèque Vaticane (Cod. arab., 1); un à la bibliothèque Palatine Médicis, à Florence (Cod. palat., or. xvi1). Les cinq premiers manuscrits contiennent le Pentateuque, le sixième contient la Sagesse, l'Ecclésiaste, les Proverbes, l'Ecclésiastique, et le Cantique des cantiques. D’après Et. Ἐν. Assemani, Catalog. codd. arabic. biblioth. Vatic., p. 2, dans la Scriptorum veterum nova Collectio, de Mai, t. 1v, le manuscrit du Vatican serait de l'an 1329 de notre ère, L'auteur de la version serait donc antérieur au xv® siécle, comme Assemani le déclare lui-même, ouvr. cité, bien que dans son Catalogue de la bibliothèque Laurent. et Palat. Médicis, p. 61, il eùt positivement dit que les deux Häreth (car il en distingue deux) avaient vécu vers la fin du xve siècle. De Slane, Catalogue des manuscrits arabes de la Bibliothèque nationale, p. 4, dit aussi que l’auteur de notre version vivait vers la fin du xv° siècle, — Quelques fragments de cette version ont été seuls publiés dans le t, vi de la Polyglotte de Londres et dans White : Letter to the bishop of London, Oxford, 1779. — Plusieurs savants comptent la version de Häreth avec celles qui ont été traduites directement sur les Septante des Hexaples.

F) Assemani, Bibliotheca orientalis, t. 11, p. 309, cite un texte de Bar-Hébræus d’où il ressort qu'un nestorien nommé Aboul-Faradj ben at-Tayyib avait traduit toute la Bible en arabe. Cette version, qui jusqu'ici n'a pas été retrouvée, pour l'Ancien Testarnent au moins, était sans doute faite sur le syriaque.

30 Versions arabes basées sur les Septante. — Parmi les principales on peut citer :

A) La version des Prophètes (Daniel excepté, qui est raduit sur Théodotion), imprimée dans la Polyglotte de Paris, d'après le manuscrit arabe 1 de la Bibliothèque

ARABES (VERSIONS

nationale, et réimprimée dans la Polyglotte de Londres. Elle ἃ été faite par un prêtre d'Alexandrie, comme l’indique une note du copiste placée à la fin des petits Prophètes. Cornill, qui, dans son Buch des Proph. Ezechiel, Leipzig, 1886, p. 49-57, a étudié en détail cette version pour le livre d'Ezéchiel, dit qu’elle a été faite directement sur le grec. Le manuscrit dont s’est servi le traducteur était en lettres onciales, sans esprits ni accents, et les mots n'étaient pas séparés. Comme le Codex Alexandrinus, ce manuscrit contenait la recension égyptienne des Septante; on y voit des traces de l'influence des Hexaples, mais moins que dans le Codex Alexandrinus. Le manuscrit de Paris offrait quelques lacunes auxquelles les éditeurs de la Polyglotte de Londres ont suppléé par les passages correspondants d'un manuscrit d'Oxford de recension syrienne.

B) Les versions des livres de Tobie, Judith, Esther, Proverbes, Ecclésiaste, Cantique des cantiques, Sagesse, Ecclésiastique, et des deux livres des Machabées, imprimées dans la Polyglotte de Paris (excepté les deux premiers et l’avant-dernier) et dans celle de Londres.

C) La version des Psaumes, imprimée dans les deux Polyglottes. Elle est aussi faite sur une recension égyptienne des Septante. P. de Lagarde l’a réimprimée, ainsi que la version des Proverbes dont nous venons de parler, Psalterium, Job, Proverbia, etc. Mais nous avons deux autres versions des Psaumes :

D) L'une est basée sur une recension syrienne des Septante. Il y en a deux éditions. La première ἃ été publiée en 1516 par Giustiniani, évêque de Nebbio, August. Justiniani Psalterium Octaplum, in-f0, Gênes, 1516; la seconde ἃ été publiée une première fois, en arabe seulement, par Gabriel Sionite et Victor Scialak, à Rome, en 161%, Psalmi arabici ex græco ; une deuxième fois, avec la traduction latine, même année, Liber Psalmorum Davidis regis, et une troisième fois en arabe et en latin, en 1619, Davidis regis et Prophetæ Psalmi. Ces deux dernières réimpressions (si tant est que ce soient des réimpressions) ne diffèrent que par le titre. P. de Lagarde a réimprimé cette version dans son Psalterium, Job, Proverbia. Le manuserit de Gabriel Sionite, qui a servi aux éditions de 1614, est conservé à la bibliothèque Laurentienne à Florence, Biblioth. Palat. Méd., cod. x; ἢ] fut terminé en 1612. Voir le catalogue d'Assemani, p. 56.

E) L'autre est d'après une recension spéciale qui est en usage chez les grecs Melchites. Son auteur, ‘Abdallah ’Ibn-’El-Fadl, vivait au ΧΙ siécle environ. Elle a été publiée à Padoue, en 1709, in-8; et aussi à Alep, en 1706, in-4° ; au monastère melchite de Saint-Jean-Baptiste (Mär yôchanna e$-Souair), dans le Chesrouan, mont Liban, en 1755, 1739, 1753 et 176%, in-80. La Society for promoting Christian knowledge fit imprimer la même version à Londres, en 1725, in-8, d'après un manuscrit envoyé d'Alep; l'impression fut surveillée par Salomon Negri de Damas. P. de Lagarde, Psalter., Job, Prov., ἃ fait réimprimer l'édition de 1706 sur l’exemplaire de la bibliothèque de Dresde. La même version avait encore été publiée à Vienne avec un commentaire arabe.

4 Les catholiques ont publié, à l'usage des chrétiens d'Orient, quelques versions qui sont fondées principalement sur la Vulgate. Voici les plus remarquables :

A) L'édition de la Propagande, 3 in-fv, 1671. Lee et Mac Bride (aux frais de la société Biblique) l'ont réimprimée à Londres en 1822, in-8°, après avoir retranché la Préface, les Livres deutérocanoniques et la traduction latine. — B) L'édition de Mgr Tuki, vicaire apostolique de l'Église copte. Une partie seulement ἃ paru : le Pentateuque, Josué, les Juges, Ruth, les Rois, les Paralipoménes, Esdras et Tobie. — C) L'édition des PP. Dominicains de Mossoul, #4 gr. in-8°, 1875-78. — D) L'édition des PP. Jésuites de Beyrouth, 3 gr. in-8°, 1876-78. — E) Les protestants ont aussi une version particulière, En 1856, la Sociely for promoting Christian knowledge publat,

par les soins de MM. Lee, Fares et Jarrett, une édition de la Bible d’après la Version anglaise autorisée ; mais leur manuscrit fut ensuite revisé sur les textes originaux.

50 Voici enfin quelques éditions qui ne peuvent pas encore être classées avec certitude :

A) Edition de toute la Bible faite à Bucharest, 1700, par les soins du patriarche melchite d'Antioche. — B) Le premier Psaume en copte et en arabe, avec traduction latine par Petræus, Leyde, 1663. — C) Le Cantique des cantiques en éthiopien et en arabe, avec traduction latine par Nisselius, à Leyde, 1656. — D) Deux éditions des Psaumes, par la Propagande, Rome, 1744 et 1749, in-#°. — E) L'édition faite par Carlyle pour la société Biblique, Newcastle, 1811, in-%0. — 1) L'édition protestante de Londres, 1831, in-80. — G) L'édition protestante de Van Dyck, Beyrouth, 1865, in-80. (Cf. Journal of the American oriental Society, t. XI, p. 276-806.)

Voir Rüdiger, De origine et indole arabicæ librorum V. T. historicorwum interpretationis libri IT, Halle, 1829; Pococke, Arabica versio Pentateuchi cum R. Saadiæ versione tam quæ in codd. mss. quam quæ in PBibliis constantinopolitanis extat, collata. Præfatio (dans la Polygl. de Walton, t. v); Hottinger, Dissertatio historicotheologica de Heptaplis parisiensibus ex Pentateucho institula, in-#, Zurich, 1649; Schnurrer, De Pentateucho arabico polyglotto, Tubingue, 1780; Dissertationes philologico-criticæ, Tubingue, 1790; Paulus, Com- Mentatio critica exhibens e biblioth. Oxon. Bodlejana specimina verss, Pentateuchi septem arabicarum nondum editarum, Iéna, 1789; Durell, The Hebrew text of the parallel prophecies of Jacob and Moses relating to the twelre tribes,.… to which are added 4° the Samaruüan Arabic version, etc., 1763 ; Hwiid, Specimen inedilæ versionis arabico-samaritanæ Pentateuchi e cod. samaritano biblioth. Barberinæ, in-80, Rome, 1780; Van Vloten, Specimen philologicum continens descriplionem codicis ms. Lugduno-Batavæ, partemque inde excerptam versionis samaritano-arabicæ Pentateuchi mosaici, in-4°, Liège, 1803; Silv. de Sacy, Mémoire sur la version arabe des livres de Moïse, à l'usage ces Saimaritains, et sur les manuscrits de cette version, dans les Mémoires de l'Académie des inscriptions, t. xLIX, 1810 ; White, Letter lo the bishop of London, Oxford, 1779 {spécialement pour les versions faites sur la version syrohexaplaire); Dôderlein, sur les versions des Psaumes, dans Eichhorn, Repertorium, n° part., p. 151 et suiv.; ve part., p. 57 et suiv.

IT. VERSIONS ARABES DU NOUVEAU TESTAMENT. — Les versions arabes des Évangiles nous étant (depuis quelques années surtout) beaucoup mieux connues que celles des autres livres du Nouveau Testament, nous devrons traiter séparément : 1° des versions des Évangiles; ® des versions-des Actes, des Épitres et de l’'Apocalypse.

40 Versions arabes des Évangiles. — Ce sujet ἃ été traité tout récemment dans un mémoire de la Reale Accademia dei Lincei, 1888, par M. Ignace Guidi, Le traduzioni degli Evangeli in arabo e in etiopico. En voici le résumé. Les Évangiles furent peut-être traduits en arabe avant Mahomet. Sprenger, Das Leben und die Lehre des Mohammad, 3 in-89°, Berlin, 1861-1865, t. 1, p. 131-132; cf. Gildermeister, De Evang. in arabic., p. 35. D'après un texte de Bar-Hébræus, une autre traduction aurait été faite entre 631 et 649 de notre ère. Bar-Hébræus, Chronic. eccles., édit, Abbeloos et Lamy, ἵν 1, p. 275; Assemani, Biblioth. orient.,t. 11, p.835; ef. Gildemeister, De Evang. in arabic., p. 30, note 1. Mais ces premières traductions ne constituent que des faits isolés et discutables, En revanche, les manuscrits sont là pour nous attester que dès le vire siècle les versions arabes des Évangiles étaient déjà assez communes chez les chrétiens de la Syrie. M. Guidi divise les textes des nombreux manuscrits des Evangiles en arabe en cinq classes. — A) Textes traduits directement du grec. — B) Textes traduits sur la Peschito,

ARABES (VERSIONS

ou tout au moins retouchés sur cette version. — C) Textes traduits sur la version copte-memphitique, ou modifiés d'après elle. — D) Textes de recensions éclectiques faites au ΧΠῚ" siècle dans le patriarcat d'Alexandrie. — E) Textes se distinguant par leur forme plus spécialement littéraire. — À ces cinq elasses nous en ajouterons une sixième, qui comprendra F) les versions arabes d'origine occidentale.

ΑἹ Textes traduits directement du grec. — C'est au couvent de Saint-Sabas ou dans ses environs qu'il faut chercher les origines de la littérature arabo-chrétienne, car c’est là qu'ont été trouvés les plus anciens 1aanuscrits se rapportant à cette littérature. On voit par leur contenu que la traduction des Évangiles fut un des premiers soucis de l'école littéraire de Saint-Sabas; on la trouve dans un grand nombre de manuscrits, dont quelques-uns sont les plus anciens représentants de la littérature arabochrétienne. La plupart de ces manuscrits sont encore au couvent de Saint-Sabas, ou à celui de Sainte-Croix, à Jérusalem. Plusieurs ont été transportés en Europe, notamment à Leipzig (mss. Tischendorf). Rome en possède quelques-uns, dont deux (Vatic. arab., 13, vire siècle, et mus. Borg., k. 11, 31, vire ou 1x° siècle) sont les plus anciens que nous connaissions. On n’a pas de données positives sur l’origine de ces deux manuscrits, mais l’examen de leur texte ne laisse aucun doute sur leur provenance. Le manuscrit du musée gorgia contient absolument le même texte qu'un fragment (Matth., x, 19-x1, 4; xIv, 43-xv, 2) de lectionnaire de Leipzig, qui a été apporté de Saint-Sabas (cod. Tischendorf, xxx1, A ; cf. Tischendorf, Anecdota, ete., p. 70, et Fleischer, dans la Zeitschrift der deutschen morgentändischen Gesellschaft, t. vin, p. 586); et le manuscrit du Vatican, pour être paraphrastique, ne laisse pas que de se rattacher à la même famille. On a dit que ce dernier manuscrit venait d'Émése, en se fondant sans doute sur une certaine note en vers grecs, inscrite au verso du dernier folio; mais cette note n'est pas du même copiste que le manuscrit. — La version contenue dans les manuscrits provenant de Saint-Sabas ἃ été faite sur une version grecque de recension syro-antiochienne ou mixte. Elle est due à l'initiative privée, et n’a jamais été canoniquement approuvée. Le manuscrit Borgia, k. 11, 31, dont nous avons déjà parlé, la contient dans sa forme primitive. On la retrouve corrigée au point de vue de la grammaire dans les manuscrits Borgia, k. 11, 6, x1° ou ΧΙ siècle; Leyd., 2376, A. D., 1179, et Leyd., 2377, A. D., 1331 ; et, sous le rapport du style, dans les manuscrits Bodl., xXv (catal. Nicoll), A. D:, 156%, et xxIx (catal. Uri), A. D., 1256.

B) D’autres manuscrits assez anciens offrent des versions qui suivent assez bien la Peschilo; elles sont d'époques différentes. 1. La plus ancienne est celle d’un manuscrit Tischendorf, de Leipzig, que Gildemeister place entre 750 et 850. Mais on ne saurait dire si cette version a été faite directement sur la Peschito, ou si elle ἃ été simplement revisée sur elle. — 2, Le Codex Vaticanus 13, contient aussi quelques feuillets (1-15, 47-55) dont le texte suit également la Peschito. — 3. La version du Diatessaron de Tatien, publiée par le P. Ciasca, ἃ été faite au xIe siècle par Ibn-at-Tayvib, dont nous avons parlé, col. 849, à propos des versions de l'Ancien Testament basées sur le syriaque ; elle est fort différente de la version du manuscrit de Leipzig. — 4. Le même Ibn-at-Tayyib, dans ses commentaires sur saint Matthieu, suit une traduction différente des deux premières, et de celle même de son Diatessaron, comme on peut le voir par l'examen des deux manuscrits, qui se trouvent l'un au musée Borgia (Diatessaron), l'autre à Leyde (Comment., 2375). — Enfin quelques manuscrits, par exemple, Vatic. syr., 19 (A. D., 1426; cf. Guidi, ouvr. cit., p. 15, n. 2) et 197 (A. D., 1488), contiennent des versions syriennes d'originc, mais forlement influencées par la recension alexandrine.

C) De même que les Syriens accommodèrent plusieurs fois le texte grec à leur version nationale, ainsi les Coples

l’adaptérent à la version indigène, qui était regardée comme oflicielle dans le patriarcat d'Alexandrie, celle qui était en dialecte memphitique. Le magnifique Codex Vaticanus copt., 9, est un représentant de cette version coptoarabe.

D) Toutes ces versions étaient privées, aucune n'était canoniquement reconnue; ce qui se comprend quand on réfléchit qu'à l'époque à laquelle elles remontent, les langues anciennes étant encore suffisamment comprises des gens instruits, on ne voyait pas la nécessité de sanctionner aucune des traductions que des personnes privées avaient entreprises. Mais bientôt ces traductions devinrent nécessaires; on pensa alors à établir canoniquement un texte qui devait être la base de la liturgie et de toute la littérature ecclésiastique. Ce travail commença d’abord en Égypte, où l'arabe se répandit plus rapidement à cause de la disposition topographique du pays. On se basa pour cela non seulement sur la version copte, mais encore sur les versions canoniques grecques et syriaques, l'influence des Melchites et des Nestoriens étant alors considérable dans le patriarcat d'Alexandrie. Ce travail fut entrepris par Al-As'ad Abül-Faradj Ibn-al-‘Assäl, vers 1250. On le trouve dans un manuscrit de Milan (Ambros., C. 47. Inf.) daté de 1280, et avec de légères variantes dans le Vatic. ar., 610, le Vatic. copt., 10, le Leyd., 2374 (Scalig., 223) et les deux Bodl. (Uri) xxIv et xxv; mais, tandis que quelques-uns ont conservé l’apparatus criticus d'el-‘Assàl (Ambros ; et Bodl., xx1v), les autres n'ont que le texte. Tous sont du ΧΠΠῸ où du xive siècle. — Cette recension cessa bientôt d'être en vogue, sans doute parce qu'elle était trop compliquée. Elle {αι remplacée par une autre recension alexandrine, que l’on peut nommer la Vulgate. Celle-ci est basée sur l’ancienne version canonique copte, telle que nous l’avons dans le Cod. vatic. ar., 9, dont nous avons déjà parlé, sinon sur ce manuscrit lui-même. Cependant le grec et le syriaque furent aussi mis à profit, tant pour compléter la version copte, ans laquelle des mots avaient été omis, que pour l'éclaireir ou même la corriger. Pour le travail de revision sur le syriaque, on se servit des commentaires d'Ibn-at-Tayyib. Il en résulta un texte clair, coulant, tenant suffisamment compte des trois versions canoniques en usage, et suffisamment correct, Cette édition est la seule qui ait été imprimée.

a) Manuscrits. — Les manuscrits en sont nombreux et de deux différentes origines : les uns, les plus nombreux, venant d'Égypte, et les autres venant de Syrie. Ces derniers ont naturellement de temps en temps quelquesunes des variantes caractéristiques des versions d'origine syrienne. Voici l'indication des principaux manuscrits d'origine égyptienne. Oxford, biblioth. Bodl. (catalogue d'Uri), codd. 23 [de 1326]; 22; 31 (?); 32 [de 1478]. — Brit. Museum, arab., 12 [de 1937]. — Vatic. arab., 15 [de 1398 |; copte, 11 et 8. — Vienne, 15#4 et 1545. — Saint- Pétersbourg, Mus. asiat., 3. — Leyde, 2370, 2571, 9373, 2379. — Paris, Bibliothèque nationale, manuscrit arabe, 51. — Ce dernier manuscrit avait été, semble-t-il, copié sur un autre manuscrit dont un folio ἃ été conservé dans la copie ; ce folio porte la date 1037 des martyrs. Le manuscrit auquel il appartenait serait donc de 1321, ce qui est important à noter pour déterminer la date de la seconde recension alexandrine. Parmi les manuscrits d'origine syrienne, M. Guidi mentionne le Vatic. syr., 407 [ de 1476 |; le mus. Borg., k. vi, 2; le n° 49 du collège des Maronites.

b) Editions. — On les divise en deux classes, suivant qu'elles ont été faites sur des manuscrits d'origine égyptienne ou sur des manuscrits de provenance syrienne. D'après M. Guidi, il faut compter parmi les éditions de la recension alexandrine, origine égyptienne, celle d'Erpenius: Novun Testamentum arabice,cura Thomæ Erpeni, Leyde, 1616, in-#%° (d'après un manuscrit qu'il tenait de Scaliger, et qui est maintenant à l'université de Cambridge, Gg. v, 33), et celle de P. de Lagarde (d’après le

ARABES (VERSIONS

manuscrit de Vienne, 154%). Erpenius croyait que ses EÉvangiles avaient été traduits du grec ; là n’est pourtant pas la difficulté, car le jugement d'Erpenius sur cette matière est loin de valoir celui de M. Guidi. Mais il faut observer que, d'après Richard Simon, Histoire critique des versions du Nouveau Testament, ch. ΧΥΠῚ, Erpenius transcrit, dans sa préface, une note de son manuserit ainsi conçue : (Absoluta est hujus libri descriptio die 16 mensis Baunæ anni 988 martyrum justorum. Descriptus autem est ex emendatissimo exemplari cujus descriptor ait se id descripsisse ex alio exemplari emendato exarato manu Joannis, episcopi cophtitæ, qui Joannes dicit se suum descripsisse ex exemplari emendatissimo quod ediderat D. Nesiulaman, F. Azalkefati. » Si cette note est authentique , il s'ensuit clairement que le manuscrit Scaliger, qu'a publié Erpenius, est de l'an 1272; que la version qu’il contient est plus ancienne encore (beaucoup plus que ne le serait la deuxième recension alexandrine, suivant M. Guidi), et enfin que le nom de l’auteur de la recension vulgate d'Alexandrie est connu. Ces conclusions sont acceptées par Assemani, dans son Catalogue de la Biblioth. Laurent. Palat. Médicis, p. 62, sur la foi de la préface d'Erpenius. Scrivener, qui semble avoir été mieux informé encore, non seulement sur le livre d'Erpenius, mais aussi sur le manuscrit lui-même, adopte les mêmes conclusions. A plain introduction to the Criticism of the New Testament, 1883, p. 414. Il est vrai que dans le même ouvrage de R. Simon, et précisément au même endroit, on lit une note qui recule presque d'un siècle la date de notre manuscrit; cette note, tirée du Catal. Biblioth. Lugd. Batav., p.279, est ainsi conçue : € Novum Testamentum integrum scriptum in deserto sancto in monaster. D. Joannis, anno Diocl. 1059, 1. 6. Christi 1342. In Act., Epist. et Apoc., accuratissime annotatæ sunt (par Raphelenge, comme le dit Simon) variæ lectiones in alio codice ms. atque ex hoc exemplari suam Nov. Testam. editionem expressit Erpenius. » — Cette note me parait bien suspecte; elle est d’ailleurs en désaccord avec tout ce que

J'ai pu recueillir de renseignements sur le manuscrit

d'Erpenius. Est-elle réellement de Rich. Simon? Nous nous en remettons à M. Guidi pour une réponse satisfaisante. Cf. Michaelis, Introduction to the New Testam., édit. Marsch, notes to chapt. vir, sect. Xvr.

A côté de l'édition de 1616, il faut citer celle de Londres, 1829, qui n’en est qu'une réimpression, et les deux éditions de Rome, 1671, et de Londres, 1820, dont nous avons déjà parlé à propos des versions de l'Ancien Testament. À la même classe appartient aussi l'édition faite par P. de Lagarde, en 1864, d’après le manuscrit 15## de Vienne. — Parmi les éditions de la même version faites sur des exemplaires d’origine syrienne, il faut nommer au premier rang : 1, L'édition de Rome de 1591, reproduite plusieurs fois sans modifications dans le texte. — 2, Celle de 1645, dans la Polyglotte de Le Jay, par Gabr. Sionite. L'éditeur s'est servi d'un exemplaire de l'édition de Rome, en se contentant d'en purifier le style. Cct exemplaire appartint d'abord à Séguier, puis à Picques. — 3. Celle de Londres, simple réimpression de celle de Le Jay. — 4. Celle de Rome, 1703, en carchouni, d'après un manuscrit de Chypre (collège des Maronites, à Rome, n° 49), et celle de 182%, Paris, réimpression de celle de 1703. — L'édition melchite d'Alep, 1706, a dû être faite sur des exemplaires de la même version ; mais Je ne saurais dire si elle ἃ été influencée par les exemplaires ordinaires de Syrie.

E) Parmi les manuscrits qui se distinguent par leur forme plus spécialement littéraire, 11 faut citer celui de Leyde, 2348, et ceux du Vatican, codd. arab., 17 et 18. Ces deux derniers sont de la fin du x° siècle. Tous les trois contiennent le même texte. C’est une version en prose rimée, M. Guidi croit que son auteur était un des médecins ou philosophes syriens qui fleurirent sous les Califes,

| au 1x° ou x° siècle, — Une autre version du même genre

fut faite en Syrie par ‘Abhdiô, métropolitain de Nisibe (+ 1318). Cette version est mentionnée dans le manuscrit arabe 58 de la Bibliothèque nationale. (Voir de Slane, Catalogue, p. 13.) Elle ἃ servi de base à une autre version littéraire faite par un Maronite, Ja‘qüb ad-Dibsi, en 1691. Elle se trouve dans le manuscrit arabe 58, dont nous venons de parler, et, dit-on, aussi dans un manuscrit qui est à Alep. Cette dernière version n'est pas rimée. Une autre version littéraire se trouve dans trois manuscrits, deux d'Oxford, Bodl., xv et xxix, et un de Milan, Ambros. E. sup. Elle se rapproche de la version des mss. Borg.

k. ; Leyde, 2376 et 2377; Vatic. ar., 467, dont nous avons déjà parlé plus haut (A.). Cette version remonte au moins au ΧΙΠΠῸ siècle, le Cod. bodl. xxix étant de l'an 1956.

F) Nous traiterons ici de deux versions très différentes de toutes les autres, qui se trouvent dans deux manuscrits, Londres, Brit. Museum, ΧΙ, et Munich, 238. Ce dernier ἃ été copié sur un manuscrit de lan 1145. La version qu'il contient se trouve aussi dans un manuscrit des archives de la cathédrale de Léon. Une note qui se lit dans le manuscrit de Londres et dans celui de Munich dit que cette traduction fut faite, en 946, par Isaac Velasquez de Cordoue. Ces manuscrits sont écrits en caractères maugrébins; ils contiennent l'introduction aux Évangiles dite de saint Jérôme, les chapitres sont divisés plus à l'occidentale qu’à l’orientale. Comme le remarque M. Guidi, ce groupe de manuscrits fait penser à la version de Jean de Séville, dont nous avons déjà parlé, et qui était, dit-on, traduite de la Vulgate. M. Guidi observe que Ja version des trois manuscrits en question semble se rapprocher plus de l'Italique que de notre Vulgate.

Nous devons ici dire un mot des différentes hypothèses que l'on ἃ émises sur l'origine de l'édition princeps des Évangiles, publiée à Rome en 1591. Richard Simon, sans la critiquer aussi vivement que l'édition de 1671, obser ve qu'elle ἃ « été retouchée en quelques endroits sur notre édition latine ». Davidson, À treatise on biblical criticism, t.11, p. 222, bannit avec dédain du domaine de la critique celte édition « faite sur la Vulgate ». Il ne fait d'ailleurs pas plus de cas de l'édition d'Erpenius, qui n'est, dit-il, que la réimpression de la même version d’après un manuscrit de Leyde (!). D'un autre côté, Juynboll, dans sa description d'un manuscrit arabe de Franeker (publiée en 1838), ἃ remarqué que ce manuscrit suit l'édition de 1591, et que l’un et l'autre étaient conformes à la Vulgate, en sorte qu'on ne saurait accuser l'éditeur Raimondi d’avoir retouché la version arabe sur la Vulgate, le manuscrit dont il s’est servi pouvant être du même genre que celui de Franeker. — Juynboll identifie ensuite son manuscril et l'édition princeps avec la version de Jean de Séville, Ce dernier point fut contesté par Gildemeister, dans ses communications à Tischendorf. (Tischendorf, Novum Testamentum græce, édit. de 1859, Proleg., P. GCXXXIX.) Quoi qu'il en soit, il ne serait pas impossible que le manuscrit de Franeker appartint à la même famille que ceux de Londres, de Munich et de Léon; et ces trois derniers prouvent bien qu'il Υ ἃ eu au moins une version arabe faite en Espagne sur un texte latin.

20 Versions arabes des Actes, des Epitres et de l'Apocalypse. — On n'a pas encore suffisamment étudié l'histoire des versions de cette partie du Nouveau Testament, on se contente de dire d’une manière un peu vague qu'elles sont dérivées du syriaque. Mais il est bien probable qu'une étude judicieuse des manuscrits conservés dans les différentes bibliothèques d'Europe conduirait à des résultats analogues à ceux auxquels M. Guidi est arrivé pour les Évangiles. Les Actes des Apôtres et les Épitres,

celles de saint Paul surtout, étaient trop lues dans les Eglises d'Égypte et de Syrie pour que des traduclions privées où canoniques n'en aient pas élé faites à plusieurs On trouvera l'indication des manuscrits à uüliser dans les catalogues des grandes bibliothèques.

reprises,

ARABES (VERSIONS) — ARABIE

Je mc contenterai de citer ainsi un manuscrit du 1xe siècle, conservé à Leipzig. Cf. Tischendorf, Arecdota, Leipzig, 1861, p. 13. — Les Actes, les Épiîtres et l'Apocalypse se trouvent : 1. dans l'édition d'Erpenius, Leyde, 1616, que nous avons déjà citée plusieurs fois, et dans la réimpression de Londres, 1829 ; — 2. dans les Polyglottes de Paris et de Londres; — 3. dans l'édition carchouni de Rome. 1703, et dans sa réimpression, Paris, 1824; — #4. dans l'édition complète de Rome, 1671, et sa réimpression à Londres, 1820. — Ont été publiés séparément les livres suivants : 1. Les Actes des Apôtres, par D.-J.-H. Callenberg, Halle, 1742. — 2. L'Épitre aux Romains, par Erpenius, Leyde, 1616. — 3. La même, par Callenberg, Halle, 1741. — 4. L'Épitre aux Hébreux, par le même, Halle, 1742. (Les éditions de Callenberg ne sont que des réimpressions de la Polyglotte de Londres. ) — 5. L'Épitre aux Galates, d'après un manuscrit d'Heidelberg, Heidelberg, 1583. — 6. L'Épitre à Tite, avec traduction latine interlinéaire par Jean Antonidas, 1612. — 7. Les Épitres des saints Jacques, Jean et Jude, en arabe, éthiopien et latin, par Nisselius et Petræus, Leyde, 1654. — 8. Les pt de saint Jean, par Raphelenge, Leyde, 1612. — 9. L'Épitre de saint Jacques, avec traduction latine par Nicolas Panecius, Wittenberg, 169%. — 10. Les Épitres de saint Jean, par Jonas Hambræus, in-16, Paris, 1630. — 11. L'Épitre de saint Jude, d’après un ancien manuscrit d'Heidelberg, in-f, Breslau, 1630.

Voici enfin quelques autres éditions faites par les soins des sociétés bibliques protestantes. 1. Tout le Nouveau Testament, traduit par Sabat, revu par Thomason, Calcutta, 1816. Réimprimé à Londres en 1895, sous la direction de Lee, et à Calcutta, 1826, sous celle de Thomason. — 2. Le Nouveau Testament publié par Salomon Negri, aux frais de la Society for promoting Christian knowledge. C'est une réimpression de la Polyglotte de Londres, avec modifications par l'éditeur; Londres, 1827. — Enfin on trouvera encore le Nouveau Testament dans les éditions complètes de la Bible, catholiques ou protestantes, dont nous avons parlé à propos de l'Ancien Testament.

Voir Storr, De Evangeliis arabicis, Tubingue, 1775: Gildemeister, De Evangeliis in arabicum e simplici syriaca translatis, Bonn, 1865 ; Richard Simon, Histoire critique des versions du Nouveau Testament, chap. XVIII; Holzmann, Lehrbuch der histor. kritischen Einleit. in das Neue Testament, Fribourg-en-Brisgau, 1886.

H. HYVERNAT.

ARABIE (hébreu : ‘ärab , ‘äräb), pays situé

à l'est et au sud-est de la Palestine, et composé en grande partie de déserts parsemés de petites oasis plus ou moins fertiles. L'étymologie de ce nom est incertaine. On ne saurait guère penser à 277, ‘réb, « doux, agréable; » mais

23% On;

plutôt à 739%, ‘ärâbäh, (pays plat, plaine déserte. » Ce

nom géographique ne figure dans aucun livre biblique antérieur au vint siècle avant J.-C. La première mention en est faite dans Isaïie, xx1, 13; celle de l'adjectif 535},

« Arabe, » se trouve pour la première fois dans Isaie, ΠῚ, 20, avec le sens d'Chabitant du désert » et de « nomade ». Dans les annales assyriennes, on constate le même sens pour Aribi ou Aribäa ; un chef arabe du nom de Gindibi à combattu avec beaucoup d'autres rois syriens contre Théglathphalasar IT à la bataille de Qarqar, dans l'Hamathene.

I. GéoGRAPHIE. — L'Arabie de l'époque biblique et assyro-babylonienne ne comprenait ni la péninsule sinaitique, appelée plus tard Arabie Pétrée, ni la plus grande partie de la péninsule arabique que les géographes grecs ont nommée Arabie heureuse. Cette dernière contrée por te dans la Genèse le nom général de € pays de Kousch »,

c’est-à-dire d'Éthiopie, nom qui s'est transmis aux Grecs, lesquels appliquent également à l'Arabie heureuse la dénomination d'Éthiopie orientale. L'Arabie biblique, au sens

le plus vaste, était donc limitée au sud par le Hedjàz actuel, à l'ouest par la Palestine transjordanique, la Damascène et l'Hamathène, à l'est par les solitudes du désert syrien, l'Arabie déserte des géographes classiques; mais il est impossible d’en fixer les limites du côté du nord et de l’est, et de décider d'une part, si elles dépassaient l'Euphrate, de l’autre, si elles englobaient le ternitoire de Palmyre.

Sata x No T4, Conatha, βέπαινάε Les ur Late Ÿ Moths, Intam

ES y

Désert de Wefoud

1 Thgma, Teima À) LD EE LAsor, CERF <

Nota: Les noms modernes sont ecrtls en caracteres, fliformes Ex: Médine Zèvma, etc

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