ARCHÉOLOGIE BIBLIQUE — ARCHIPPE
les renvois aux nombreux travaux de toute espèce qui intéressent les points particuliers de l'archéologie biblique. H. LESÈTRE.
ARCHER, celui qui tire de l'arc. Le premier archer mentionné dans l'Écriture est Ismaël, Gen., xx1, 20; le second est Ésaü, Gen., XXVII, 3. Mais l'usage de l'arc était connu avant eux. Quoique nous ignorions à quelle époque on commença de s'en servir, les monuments égyptiens, sur lesquels les archers figurent en si grand nombre dès la plus haute antiquité (fig. 223, 295, col. 902 et 903), montrent que cette arme est extrêmement ancienne. Déjà, à la fin du récit du déluge, dans la Genèse, 1x, 14, elle donne son nom hébreu, gését, à l'arc-en-ciel. Cependant les archers ne paraissent être devenus nombreux en Israël qu'à l’époque des rois. Ceux de la tribu de Benjamin sont alors les plus renommés. I Par., vu, 40; χα, 2; IT Par., xiv, 8; xvir, 17. Après eux viennent ceux des tribus transjordaniques, Ruben, Gad et Manassé, [I Par., v, 18, et ceux d'Éphraim. Ps. LxxvI1 (hébreu, LxXvIH), 9. Voir ARC.
ARCHI (hébreu : Hä’arki, avec l'article; Septante : ᾿Αχαταρωθί, forme altérée des deux noms Archi οἱ Ataroth, qui ont été à tort confondus en un seul), localité située sur la RER de la tribu d'Éphraim et de Benjamin, Jos., XVI, 2, et d'où était originaire Chusaï, ami de David, appelé pour cette raison l'Arkite, ou, selon l'orthographe de la Vulgate, l'Arachite. II Reg., xv, 32; xvi, 16; xvir, 5, 14; I Par. ΧΧΥΠ, 33. La forme hébraïque hd'arki signifie proprement Arkite ou Arachite, et ne semble pas désigner directement un nom de ville; celle-ci devait
s'appeler ’Érek (ou Arach), comme la ville de la plaine de Sennaar, mentionnée Gen., x, 10, et de là avait été tirée la dénomination ethnique : Arachite, « nai era » où « habitant d'Arach ». Le passage de Josué, XVI, 2, qui ἃ embarrassé beaucoup de traducteurs anciens et modernes, doit se traduire : «| La frontière d'Éphraïmn |] passe par le pays des Arachites [ pour aller] vers Ataroth. » Plusieurs commentateurs ont supposé que les Arachites étaient une tribu chananéenne ; mais ce n'est qu'une hypothèse.
D'après les savants du Palestine Exploration Fund, Archi ou Érech n'est pas autre que l'Aïn Arik actuel. Conder, Tentwork in Palestine, 1878, t. 11, p. 104; Id,, Palestine, 1889, p. 253; The Survey of Western Palestine, Memoirs of the topography, 1885, t. 111, p. 7. Cette identification, sans être certaine, peut être considérée comme probable. Ain Arik est un petit village complètement chrétien. G. Ebers et H. Guthe, Palästina, t. 1. p. 28. Il est situé entre Béthel et Béthoron, au fond d’une vallée. A l’ouest est une source d’eau excellente (Aïn Arik, « source d'Arik »), qui forme un petit ruisseau. Tout à l’entour sont des oliviers. Sur les bords de l’eau, des citronniers et d’autres arbres forment un épais bosquet. Marino Sanuto ἃ marqué sur sa carte, en 1321, Aïn Arik sous le nom d'Arécha.
ARCHIPPE (’Apyimro:), chrétien du premier siècle. Dans son épiître aux Colossiens, ιν, 17, saint Paul fait dire à Archippe de considérer le ministère qu'il ἃ reçu dans le Seigneur afin de le remplir ; dans la lettre à Philémon, 2, il l'appelle son compagnon d'armes, συστρατιώτης. Archippe était probablement de la famille de Philémon, peut-être son fils. Quel était le ministère qu'il avait à remplir? On ne peut là-dessus qu'émettre des conjectures. Saint Jérôme, Théodoret et Œcuménius ont cru qu'il avait été évèque de Colosses ; d'autres, es apost., vi, 46, 1.1, col. 1053; Théodoret, In Gol., , 1% t. LxxxII, col. 628, ont supposé qu'il était docteur, "ἢ qu ‘il enseignait à Laodicée, D'après la tradition, Archippe aurait été un des soixante-dix disciples, et aurait souffert le martyre à Chones, près de Laodicée. Les Grecs célèbrent
sa fête le 22 novembre, et les Latins, le 20 mars. Voir Dietelmair, De Archippo, in-4%, Altorf, 1750. E. JACQUIER.
ARCHISYNAGOGUS (᾿Αρχισυνάγωγος ; Vulgate :
archisynagogus), mot inconnu aux auteurs profanes et inventé par les Juifs hellénistes qui rendirent ainsi l'expression "08 hakkenését, usitée en Palestine pour désigner le chef de la synagogue. Marc., v, 22, 35, etc.; Luc., VIT, 49 ; χπὶ, 14; Act., χιπι, 15; χυπι, 8, 17. Voir SYNAGOGUE.
ARCHITECTE. Les Hébreux ne s'étant pas adonnés aux arts, il y eut chez eux des maçons et des constructeurs, mais non des architectes proprement dits. Hiram, l'architecte qui construisit le temple de Salomon, était Phénicien. ΠῚ Reg., vi, 13. Il n'y avait même pas, dans l’ancien hébreu, de nom spécial pour désigner l’architecte. (Le mot architectus, qu'on lit dans la Vulgate, Is., ΠῚ, 3, est la traduction de hära$, « ouvrier. ») Il n'est nommé que dans les livres deutérocanoniques de l'Ancien Testament, Eccli., ΧΧΧΥΠΙ, 27 (98) ; II Mach., 11, 29 (30), et dans le Nouveau Testament, 1 Cor., πὶ, 10 {ἀρχιτέχτων). L'Ecclésiastique en parle d’une manière peu précise; l’auteur du second livre des Machabées dit que l'architecte édifie une maison nouvelle et prend soin de tout ce qui se rapporte à sa construction; saint Paul, se comparant à un architecte sage, dit qu'il a commencé par poser solidement les fondements de l'édifice de la conversion des Corinthiens, et qu'un autre ἃ continué son œuvre en hbâtissant sur ses fondements. Voir ARCHITEC- TURE HÉBRAÏQUE.
ARCHITECTURE HÉBRAÏQUE. — L'architecture est l’art de bâtir suivant des règles déterminées par la destination des édifices. Cet art, quand il s’agit des monuments du passé, fait partie de l'archéologie, dont il est une des branches les plus importantes. Les monuments, en effet, forment une histoire très expressive des croyances, des mœurs, de la civilisation des peuples anciens. Leur étude est donc trés utile ; sans elle, pour la Sainte Écriture en particulier, il est bien des scènes et des expressions dont on ne peut se faire une idée très exacte.
Si l’on considère l'architecture par rapport à la destination des monuments, on peut la diviser en religieuse, civile et funéraire. L'architecture religieuse comprend les édifices destinés au culte : temple, synagogues; l'architecture civile : les maisons, les palais, les piscines et aqueducs, les forteresses ; l'architecture funéraire : les tombeaux. Voir, pour les détails, ces différents mots.
De même que tous les arts, l'architecture ἃ débuté d’une façon rudimentaire. Les grottes naturelles, les cabanes de feuillage ou les tentes furent les habitations primitives. Les hauts lieux ou les clairières des forêts servaient de temple ; un tertre en terre ou quelques pierres assemblées formaient un autel. Ce n'est pas à dire que les premiers hommes fussent des sauvages : une civilisation matérielle peu développée s'allie très bien avec un état intellectuel et moral élevé. Ce que les exigences de la vie et la simplicité des goùts avaient commencé, le progrès de la civilisation, le sentiment du beau, la recherche du bien-être et du luxe, l'achevèrent. Les édifices prirent des formes plus correctes, plus agréables, plus savantes. C'est alors seulement que l'architecture constitua un art.
La première mention d'une construction qui soit faite dans la Bible se trouve dans l’histoire de Caïn. Ce fut lui qui bâtit la première ville, Gen., 1v, 17; ce qui sans doute ne désigne encore qu’un ensemble de constructions assez rudimentaires, protégées par quelque fossé ou retranchement (voir col. 661). À l'époque du déluge, les hommes, habiles à travailler le bois et le fer, devaient bâtir avec plus d'art; mais nous n'avons aucune donnée sur leur architecture. Après le déluge, les races issues de Noé se dispersent par le monde ; chaque peuple se développa suivant son génie particulier, qu'il traduisit par une archi-
ARCHIPPE — ARCHITECTURE HÉBRAIQUE
tecture spéciale en rapport avec le climat où il avait fixé sa demeure, et avec les matériaux qu'il avait sous la main, La tour de Babel, élevée probablement par des peuples de la race de Sem, semble se rattacher au système des édifices à étages de la Chaldée. Gen., x1, 4. Les ancêtres du peuple hébreu, Abraham, Isaac et Jacob, menérent la vie pastorale dans la terre de Chanaan et habitérent sous la tente. En Égypte, les nombreux descendants des patriarches échangèrent leurs habitudes nomades contre une vie plus sédentaire et s'initièrent aux arts d’une civilisation déja avancée. Obligés de bâtir pour le Pharaon les importantes villes de Pithom et de Ramseés, ils durent aussi se construire pour eux des maisons semblables à celles qu'ils avaient sous les yeux dans les villages égyptiens : petites huttes de terre, entourées d’un enclos de verdure, le «mm si cher à l'habitant de la chaude vallée du Nil. Après la conquête de la Palestine, les Hébreux s’établirent dans les maisons des Chananéens qu'ils avaient dépossédés, Deut., νι, 10, 11, et au besoin en élevérent d’autres de même genre : c'étaient de simples maisons en argile, en brique ou même en pierre, bâties sans style. Un monument, qui au dire de plusieurs savants date de cette époque, sans être bien remarquable au point de vue de l’art, ἃ cependant un certain cachet architectural : c'est le tombeau de Josué à Tibnéh; il paraît étre de style chananéen. Pendant la période agitée des Juges et des commencements de la royauté, les enfants d'Israël ne purent cultiver les arts. Aussi, quand David voulut se construire in palais à Jérusalem, dut-il recourir aux habiles ouvriers que lui envoya Hiram, roi de Tyr. Il Reg., v, 11. De même, pour diriger les travaux pendant la construction du temple et des palais royaux, Salomon employa des architectes et des ouvriers phéniciens. C'est ce qui ἃ fait penser à plusieurs auteurs que le style de ces édifices devait être phénicien. Mais, on le sait, ce peuple commerçant ne fut pas original dans les arts ; il emprunta beaucoup à l'Égypte et à l'Assyrie. I ne faut pas oublier d'ailleurs que le temple de Salomon fut bäti d’après le plan du tabernacle mosaique. Par ses dispositions générales, il rappelle certains temples de l'Égypte, comme celui de Khons à Karnak, ceux de Lougsor et de Dendérah. Dans quelle mesure l’art égyptien et assyrien, modifié déjà par les Phéniciens, adopta-t-il en Judée des éléments ou changements nouveaux de façon à présenter une certaine originalité ? La question ne peut être élucidée que par une étude approfondie des édifices salomomiens. Voir TEemrLe de Jérusalem. Il suffit de remarquer iei, comme on peut le constater par ce qui reste des murs de soutènement du temple et par quelques parties des souterrains dits de Salomon, que les constructions de cette époque se distinguent par la grande dimension des matériaux et par l'appareil à refends. Le grand roi constructeur fit faire anssi des piscines. Eccl., 11, 6. Voir AQUEpuc. De plus, il fortifia Jérusalem et quelques autres places. Ses successeurs achevèrent les parvis du temple, II Par., xx, 5, et embellirent la ville. De leur côté, les rois d’Isruël se bâtirent une capitale, Samarie, « la couronne d'orgueil d'Éphraïm; ils y élevèrent des palais : palais d'hiver, palais d'été, palais d'ivoire. » Amos, 111, 15. Mais de toutes ces constructions il ne reste plus aucune trace. Au retour de la captivité de Babylone, les Juifs, sous la conduite de Zorobabel, relevèrent de ses ruines le temple de Salomon ; il ne fut pas rétabli avec la même magnificence, et en plus d’un point le souvenir de l’art babylonien et persépolilain dut se faire jour, A partir des Machabées, surtout sous Hérode, l'art grec et romain exerça son influence en Judée. Les synagogues se bätissent toutes à peu près dans le même style : la synagogue de Kefr-Birim, avec ses trois portes sculptées, les restes de sa colonnade intérieure et son style dorique romain, permet de se faire une idée du plan et de l'ornementation de ces édifices. Voir SYNAGOGUE. Plusieurs des belles tombes de la vallée de Josaphat et de la vallée d'Hinnom
présentent la même architecture gréco-romaine, modifiée d'après les principes judaïques, qui en particulier n'admettent pas dans les décors des figures d'animaux, mais empruntent de préférence l’ornementation au règne végétal. On sait qu'Hérode le Grand entreprit la reconstruction du second temple sur un plan plus vaste et plus riche, et qu'il embellit la ville de nombreux et splendides monuments, comme son palais en marbre blanc et la forteresse Antonia agrandie ; le temps et les révolutions ont tout détruit, sauf quelques murailles de l'enceinte du temple.
1] ressort de ce rapide exposé que les Hébreux n’ont pas eu un art national, un style particulier nettement caractérisé, mais des imitations plus ou moins modifiées des architectures égyptienne, assyrienne, phénicienne, grecque et romaine. Il est donc utile d'étudier l'architecture de ces différents peuples pour se rendre un compte plus exact de l’art judaïque, qui leur ἃ fait des emprunts si considérables. Il l’est encore pour la pleine intelligence des Livres Saints, composés dans ces divers pays ; ainsi Ézéchiel et Daniel nous font vivre à Babylone, Esther au palais de Suse. Les scènes décrites, les expressions employées ont une couleur locale qu'on ne peut bien saisir sans être initié à la civilisation de ces peuples étrangers, et en particulier à leur architecture.
Cf. E. Bosc, Dictionnaire raisonné d'architecture, ἀ χη-ἀς, Paris, 1877, aux mots Architecture et Assyrienne, Babylonienne, Persépolitaine (architecture); Phénicien (arr); Perrot et Chipiez, Histoire de l'art dans l’antiquilé, t. αν, Judée, Paris, 1887; de Saulcy, Histoire de l'art juduique, in-8, Paris, 1858; Batissier, Histoire de Vart monumental, in-4°, Paris, 1860 ; 4. Fergusson, History of architecture in all countries, 2 in-8, Londres, 1865-1867; 1. Fergusson, The palaces of Nineveh and Persepolis restored, an essay on ancient Assyrian and Persian Architectures, in-8°, Londres, 1851 ; W. Lübke, Geschichte der Architekture, in-8, Leipzig, 1865 ; The Dictionary of Architecture, in-fo, τ, 1v, Londres, 1868, p. 33-99. E. LEVESQUE.
ARCHITRICLINUS, en vieux français, Architriclin. Le mot grec ᾿αρχιτρίχλινος, Joa., 11, 8, signifie « le chef du τρίχλινον, triclinium ». Le triclinium est proprement la réunion de trois lits de table, disposés de manière à former trois côtés d’un carré, comme le montre un bas-relief
trouvé à Padoue (fig. 248). Il y a, au miheu, un espace vide pour la table, Un côté reste ouvert, pour faciliter le service aux esclaves. Le chef du triclinium ou architricn est l'intendant du festin. Plusieurs commentateurs ont pensé que l'architriclin était un tütre équivalent à celui de symposiarque (συμποσίαρχης) chez les Grecs, #agister où rex convivii chez les Latins. Le symposiarque ou maitre du festin était un des convives choisi pour diriger la marche du repas et la manière dont on devait boire, Xénophon, Anab., vi, 1, 30; Horace, Ou., 1, 4, 18;
ARCHITECTURE HÉBRAIQUE — ARCONS
1, 7, 25; Sat., 11, 2, 193. L'Ecclésiastique parle de ce personnage, qu’il appelle ἡγούμενος : « Si tu es établi chef [du festin], ne t'enorgueillis pas. Sois au milieu [des convives] comme l'un d’entre eux; prends soin d’eux et assieds-to1 ensuite; quand tu as fait tout ce que tu dois faire, prends ta place, afin que tu puisses te réjouir avec eux et recevoir la couronne pour la bonne ordonnance du festin. » Eccli., xxv, 1-2 (texte grec); Vulgate, ΧΧΧΙΙ, 1-3. Il est probable que l’architriclin des noces de Cana dont parle saint Jean, n’est pas, d’après le contexte, Joa., 11, 8-9, le symposiarque, mais une sorte de maitre d'hôtel chargé de préparer les tables et les lits où l’on s’étendait pour manger, de disposer les plats, de goûter les viandes. et le vin, pour s'assurer qu'ils sont bons ou bien préparés. Héliodore, vir, 27. Ce n'est que par une méprise grossière que quelques auteurs ont pu penser qu’Architriclin était le nom de l’époux de Cana, comme on le lit dans le roman de Garin le Lorrain :
Par cil Dame Deu, qui de l’iau fit vin, Au jor des noces de saint Architriclin.
Saint Jean, 11, 9, distingue expressément l'époux de l’architriclinus. Voir Walch, De architriclino, Iéna, 1753.
ARCHIVES. Lorsque la royauté eut été établie en Israël, les rois eurent des archives dont la garde fut confiée au grand officier appelé en hébreu mazkir, (l'historiographe.» (Vulgate : a commentariis.) Ces archives renfermaient les annales des rois, dont il est souvent question dans l'Écriture, III Reg., x1, 41; χιν, 29; xv, 7, οἷοι, et sans doute, de plus, tout ce qui servait à l’administration du royaume. Les rois perses avaient aussi des archives. Elles sont mentionnées expressément Esth., vi, 1, 61 Esdr., 1v, 15. Elles sont appelées, dans Esther, séfér hazzikrônôt ; et dans Esdras, sefar däkränayä' di ‘’abähätäk, « le livre des souvenirs (de tes pères). »
ARCHIVISTE. Le mazkir (Vulgate : a commentariis) ou historiographe officiel, chargé à la cour des rois de Juda et d'Israël d'écrire les annales des rois (Voir ANNA- LISTE, col. 626), devait aussi les conserver et remplir les fonctions que nous désignons aujourd'hui sous le nom d'archiviste. II Reg., vu, 16; xx, 24; III Reg., IV, 3; IV Reg., xvint, 18, 37; 1 Par., xvur, 15; IT Par., ΧΧΧΙΥ, ὃ; Is., xxxvI, 3, 22. C'était un des emplois les plus importants des cours orientales, parce que celui qui le remplissait était toujours un des principaux ministres et que son office était un poste de confiance qui mettait entre ses mains les secrets d'État. Voir ARCHIVES.
ARCONES (André Luc de), commentateur espagnol, né à Grenade en 1592, entra au noviciat des Jésuites en 1610, professa l'Écriture Sainte pendant trente ans, et mourut à Grenade, le 26 août 1658. 1] ἃ laissé un long commentaire d'Isaie : 1saiæ prophetæ dilucidatio literalis, mystica et moralis, exornata discursuum varietate, 2 in-fo, Lyon, 1642-1652. C. SOMMERVOGEL.
ARCONS (César d’), physicien français, originaire de Viviers en Gascogne, mort en 1681. Il était avocat au parlement de Bordeaux et s'occupa de physique et de théologie comme de droit. On ἃ de lui, relativement à l'Écriture Sainte, trois dissertations : Sur la dispute entre saint Pierre et saint Paul; Sur l'endroit où Jésus-Christ élablit saint Pierre pour son vicaire en terre; Sur ἰὰ généalogie de Jésus-Christ, in-4°, Bruxelles, 1680; Eschantillon sur le premier des trois tomes d'un ouvrage qui fera voir dans l’Apocalypse les traditions apostoliques ou les mystères de l’Église, passés, présents et à venir, in-4°, Paris, 1658. L'auteur avait le projet de découvrir dans l'Apocalypse les sept sacrements, les sept ordres de la hiérarchie, οἷο; mais 1] s'en tint à son Eschantillon, qui contient ce qu'il avait à dire de l'ancienne
loi, de la Trinité et de l'histoire de Jésus-Christ. Voir Moréri, Dictionnaire historique, 1759, t. 1, p. 276.
ARCTURUS, étoile de première grandeur, la plus belle de notre hémisphère boréal avec Véga; elle se trouve dans la constellation du Bouvier; mais comme on la rencontre sur la prolongation de la ligne courbe tracée par les trois étoiles qui forment la queue de la grande Ourse, les Grecs lui donnèrent le nom de ᾿Αρχτοῦρος; « la queue de l'ourse » (ἄρχτος; « ourse, » et οὖρα, « queue »). En fait, elle ne parait être nulle part spécialement mentionnée dans la Bible, quoique les Septante au moins une fois, la Vulgate quatre fois, se soient servis de son nom pour désigner d’autres constellations ou phénomènes célestes. Ainsi : 19 dans Job, 1x, 9, Arcturus rend le nom hébreu “ἀξ; d’après le contexte et l’autre passage de Job, XXXvVIN, 32, où “ἀξ (’ayis) se rencontre, et où la Vulgate le traduit par Vesperum, ce mot désigne une constellation plutôt qu'une étoile en particulier, et, selon toute probabilité, la grande Ourse elle même. La relation étroite dans laquelle, par sa position et par son nom, Arcturus se trouve avec la grande Ourse, explique comment saint dérôme a été amené dans ce cas à cette traduction. De plus, dans ce même passage, Job, 1x, 9, les Septante s'étaient servis du nom d’Arcturus pour rendre une des trois constellations nommées. — 2 Dans Job, xxxvir, 9, l'hébreu mezärim, « ceux qui dispersent, » désigne sans doute les vents du nord; ce qui cadre exactement avec le contexte : « Du midi vient l'ouragan, et des vents du nord le froid. » Dans la traduction de la Vulgate, et ab Arcturo frigus, Arcturus ἃ été choisi peut-être pour désigner d’une façon générale la région boréale. — 3° Il est plus difficile d'expliquer comment Arcturus se trouve pour kesil dans Job, xxxvi1, 31, alors que la Vulgate ἃ bien traduit ailleurs ce même mot par Orion. Job, 1x, 9; Amos, ν, 8. — 4% Dans Amos, v, 8, saint Jérôme ἃ rendu par Arcturus l'hébreu künäh, tandis qu'il y avait vu avec plus de raison les Pléiades dans Job, ΧΧΧΥΠΙ, 81, et à tort les Hyades dans Job, 1x, 9. On voit par cet exemple qu'il n’a pas été en ces matières très constant dans ses traductions, malgré la note intéressante sur kimäh et kesil que nous fournit son commentaire d'Amos, v, 8, Patrol. lat.,t. xxv, col. 1042: «Arcturus se dit en hébreu chima; Symmaque οἱ Théodotion le rendent par πλειάδα (Pléiade); on l'appelle vulgairement le bouvier (bootem). Orion, qui suit dans le texte, se dit en hébreu chasil; Sÿmmaque le traduit simplement : les étoiles; Théodotion : Vesperus. Le Juif qui nous ἃ instruit dans les Saintes Écritures pensait que chasil peut s'interpréter éclat, splendeur, et signifier d'une façon générale astres brillants. »
Ces incertitudes expliquent les variations de notre traducteur latin; et comme d'Homère et Hésiode à Virgile et Horace, Arcturus est une des étoiles souvent célébrées par les poètes grecs et latins, son nom se présentait aussitôt à la pensée de saint Jérôme, si accessible aux réminiscences classiques, quand il se trouvait en présence de mots hébreux rares et obscurs, là où le contexte laissait conjecturer le nom de quelque astre. Et voilà pourquoi, dans la Vulgate, le même Arcturus a été employé pour les trois constellations nommées dans l'hébreu ‘a$, kimäh, kesil (probablement la grande Ourse, les Pléiades et Orion), et, de plus, pour traduire le nom obscur de mezärim.
J. THomas.
ARCULFE, évêque français de la seconde moitié du vue siècle, On ignore le siège qu'il occupait; ce serait Périgueux, selon quelques critiques. (Alexis de Gourgues, Le saint Suaire, Périgueux, 1868, p. 16.) I1 semble plutôt avoir été ordonné seulement pour le service d'un monastère. Bède, Hist. eccles. Angloruin, v, 15, t. xCv, col. 256, nous rapporte qu'au retour de son pélerinage en Terre Sainte, vers 670 , Arculfe fut jeté par la tempéte sur les côtes des iles Britanniques : ce qui est difficile à croire, quand on songe que notre pélerin se rendait de Rome en
ARCONS — AREBPA
France. N'est-il pas plus probable qu'après être rentré dans sa patrie, il entreprit bientôt un nouveau voyage pour aller visiter lona, appelée alors l'Ile des saints? Après avoir échoué sur les côtes occidentales de la Grande- Bretagne, il aurait atteint le but de son pèlerinage. Reçu par Adamnan, abbé du monastère de Columb-Hill, il lui raconta son voyage aux Lieux Saints, accompagnant son récit du dessin des sanctuaires qu'il décrivait. Adamnan recueillit cette précieuse relation par écrit, et en la rédigeant fit quelques additions tirées de différents auteurs. Cet ouvrage est divisé en trois livres : 1° Jérusalem ; 20 Bethléem et les villes principales de la Palestine; 3° Constantinople. Outre les éditions de Gretzer et de Mabillon (voir ADAMNAN, col. 210), nous en avons d’autres plus récentes : l'édition de Migne en 1850, réimpression de celle de Mabillon, Patr. lat.,t. ΤΙΧΧΧΠΙ, col. 779 ; celle de Delpit en 1870, Essai sur les anciens pèlerinages à Jérusalem, suivi du texte du pèlerinage d'Arculfe ; c'est le texte de Mabillon avec quelques variantes tirées d’autres manuscrits ; enfin l'édition de Tobler, Arculfi relatio de Locis Sanctis, dans Itinera Terræ Sanctæ, t. 1, in-&e, Genève, 1877. Cf. Itinera hierosolhymitana, de Tobler et Molinier, préface, p. XxXX-XXXHI, in-80, Genève, 1880, et M. Delpit, ouvr. cité ; D. Ceillier, Histoire générale des auteurs ecclésiastiques, édit. Bauzon, t. x1, p. 800-801. E. LEVESQUE.
ARDON (hébreu :’Ardon, «fugitif; » Septante :’A ρδών), fils de Caleb et d’Azuba, de la famille d'Hesron de Juda. MPa ΤΠ 19:
ARÉA (hébreu : "Ârah, « émigrant ; » Septante : ’Agec, Ἕραξ, ‘Hpox), chef de la famille dont les descendants revinrent de Babylone au nombre de sept cent soixantequinze, d'après 1 Esdr., 11,5; de six cent cinquante-deux, d’après Π Esdr., vir, 10. Le premier dénombrement fut peut-être fait à Babylone, et le second seulement après le retour en Judée. Un de ses descendants est appelé Séchénias, IL Esdr., vi, 18, et était gendre de Tobie l'Ammonite.
AREBBA (hébreu : Hürabbäh, avec l'article, « la grande ; » Septante : Σωθηδᾶ; Codex Alexandrinus : *Apc664), ville de Juda, nommée seulement dans Josué, xv, 60. Beaucoup de commentateurs modernes l’appellent « Rabba », en supprimant Particle. Elle est énumérée, avee Cariathiarim, dans le groupe des villes situées à l'ouest de Jérusalem, sur la frontière septentrionale de la tribu de Juda. Quelques commentateurs ont supposé qu'Arebba n'était qu'une épithète désignant Jérusalem comme «la grande » ville, parce que Jérusalem n'est pas nommée par son nom dans la liste de Josué, xv, 48-60 ; mais c'est là une hypothèse peu vraisemblable : Jérusalem étant appelée de son vrai nom dans le reste du livre de Josué, v, 1, 3, 5, etc., pourquoi ne le serait-elle pas également ici? Cf. Jos., xv, 63. De plus cette ville fut donnée à la tribu de Benjamin, non à celle de Juda. Jos., xv17, 28.
La situation d'Arebba est douteuse. Plusieurs géographes modernes l'identifient avec Rebba, au sud-ouest de Jérusalem, au nord-est d'Éleuthéropolis (Beit-Djibrin). On peut objecter contre cette identification qu'Arebba est nommée avec Cariathiarim (Kiriet el-Enab), dans le texte de Josué, χν, 60, et que Rebba est bien éloignée de Kiriet el-Énab, puisque cette dernière est à quatre heures de marche environ au nord-est. Cependant cet éloignement n'est pas suffisant pour rejeter l'identification, qui a pour elle la similitude du nom, Rebba étant Ja même chose que hà-Rabbäh et étant certainement comprise dans la tribu de Juda. — Rebba n'est plus aujourd'hui qu'un monceau de ruines « d'une assez grande étendue, dit M. V. Guérin, Judée, t. 111, p. 336; ces ruines couvrent le sommet et les pentes d'une colline De nombreuses citernes et des caveaux pratiqués dans le roc attestent une haute antiquité, Les maisons, de dimensions très restreintes, étaient pour la plupart construites
avec des pierres de taille d'appareil moyen et généralement bien équarries; elles jonchent partout le sol de leurs débris. Un édifice renversé également de fond en comble paraît avoir été une église, ce qui prouve que, à l'époque chrétienne, cette localité était encore habitée. »
ARECON (hébreu: Häragqôn, avec l’article), ville de la tribu de Dan, Jos., xx, 46. Le texte original porte ici pont pp 2, mé hayyarqôn vehäraqqôn, «les eaux
du Yarqon, » ou aquæ flavedinis, « eaux de couleur jaune, » ce que la Vulgate rend littéralement par Meiarcon et Arecon. Mais les Septante traduisent ainsi : ἀπὸ θάλασσης Ἴεράκων. Ils ont done lu pat 52, miyyäm Yeraqôn,
« ἃ partir de la mer, Yeraqgon, » ne voyant dans le second mot, käragqôn, que la répétition du premier, ou bien ce mot lui-même n'existant pas dans leurs manuscrits. Les autres versions anciennes suivent l'hébreu.
Arecon, auparavant inconnue, ἃ êté identifiée par Conder et les explorateurs anglais avec Tell er-Rakkeit, localité située sur les bords de la mer, au nord de Jaffa. Meiarcon se retrouverait ainsi dans le Nahr el-Audjéh, qui coule un peu plus au sud. Cf. Conder, Handbook to the Bible, Londres, 1887, p. 262; G. Armstrong, W. Wilson, Conder, Nues and places in the Old and New Testament, Londres, 1889, p. 147, au mot Rakkon. Cette identification semble conforme à l'énumération de Josué, χιχ, 45, 46, et la frontière septentrionale de Dan se trouve par là même bien déterminée. Voir la carte de la tribu de DAN.
᾿ A. LEGENDRE
ARED (hébreu : ’Ard, « fugitif (?); » Septante : ᾿Αράδ),
dixième fils de Benjamin. Gen., XLvI, 21.
ARÉE (hébreu : Ârah, cémigrant ; » Septante : ᾽Αρά), un des fils d'Olla, de la tribu d’'Aser. I Par., vit, 99.
ARÉLI (hébreu : ’Ar’éli; Septante : ᾿Αρεηλείς, Gen., XLVI, 16; ᾿Αριήλ, Num., xxv1, 17), septième fils de Gad, chef de la famille des Ariélites (hébreu : Ad’ar'’éli). Gen., xLvi, 16. La Vulgate le nomme Ariel dans les Nombres, xxvI, 17. Voir ARIEL 1.
AREM (hébreu : Hürim, € camus ; » Septante Ἠράμ), chef de famille dont les descendants revinrent de la captivité de Babylone au nombre de mille dix-sept. 1 Esdr., vi, 42. Il est appelé Harim, 1 Esdr., 11, 39; x, 21, et Harem, Il Esdr., x, 5, probablement, dans les deux derniers cas, comme désignant la famille. Voir Harem et HARIM 3.
ARÉOPAGE, nom d’une colline d'Athènes sur laquelle on supposait, d’après la tradition mythologique, que Mars avait dù se justifier du meurtre d'Hallirrhotius, fils de Neptune (de là son nom ὁ "Ἄρειος πάγος, « colline de Mars »), et plus tard Oreste de celui de sa mère (fig. 249). Un tribunal y siégea de très bonne heure, ἢ ἐν Ἀρείῳ πάγῳ βουλή. ou encore à ἄνω βουλή, « 16 conseil d'en haut». On supposait le tribunal de l’aréopage fondé par Minerve elle-méme par opposition à l'autre conseil, qui tenait ses séances dans un palais situé en bas, sur l'Agora. Voir ARÉOPAGITE. D'abord les Eupatrides seuls en firent partie. Dans la suite il suffit d’avoir été archonte, et de s'être honoré en remplissant dignement cette charge, pour y siéger. Au reste, les attributions de l'Aréopage s’étendirent bientôt considérablement. Solon lui confia le soin de surveiller les mœurs publiques et de maintenir la consüitution de l'État. L'influence de cette assemblée devint si grande, qu'après avoir longtemps siégé rien que les trois derniers jours de chaque mois, elle se vit contrainte par la mulliplicité des affaires à tenir des séances quotidiennes. Sous Périclès, chef du parti démocratique, une loi reslretgnit sa juridiction; mais, après l'expulsion des Trente, On lui rendit la plupart de ses anciennes attributions, en
AREBBA — ARÉOPAGE
sorte que même à l’époque de la décadence d’Athènes, jusque sous les empereurs romains, l’Aréopage jouait encore un rôle important.
Le livre des Actes, xvir, 19-22, raconte comment saint Paul, prêchant dans l'Agora Jésus et la résurrec-" tion, se vit prié par les philosophes épicuriens et stoïciens de monter à l’Aréopage pour y exposer devant un auditoire plus compétent les doctrines dont il se faisait le propagateur. De tout temps, les Athéniens se montrérent avides de nouveautés en philosophie comme en politique. Bien que 16 tribunal de l’Aréopage eût spécialement qualité pour connaître des questions religieuses touchant de près ou de loin à la morale publique, comme dans le procès de Socrate, rien n'indique que Paul ait été traduit devant l’auguste assemblée comme devant des juges. Le contexte, au contraire, semble dire, qu'il fut poliment conduit (ἐπιλαδόμενοι, cf. 1x, 27; xxII, 19) devant des curieux. De plus, il commence par ces mots : (”Avôpec ᾿Αθηναῖοι, « Athéniens, » qui ne peuvent s'adresser au tribunal, mais à la foule des auditeurs. Aussi le discours qu'il prononce ne ressemble-t-il pas à une apologie. Dans le récit que saint Luc nous fait de l'incident, on ne trouve trace ni d'accusation, ni de défense, ni de jugement; la séance se lève sans attendre que Paul ait fini d'exposer ce qu'il ἃ à dire, au milieu des plaisanteries de moqueurs et de sceptiques qui le prient de remettre la suite à une autre fois. En réalité les Athéniens pouvaient bien être sévères envers quiconque semblait tendre à supprimer les dieux de la patrie; ils se montraient très accueillants pour les nouveaux cultes importés du dehors, surtout quand ces cultes leur venaient de l'Orient. Strabon, x, p. 474; Philostrate, Vie d’Apollonius, νι, 7.
Il est aisé de retrouver aujourd'hui, à Athènes, le site où Paul parla si éloquemment du Dieu Inconnu. On sait, d’après Hérodote, vir1, 52, que la colline de l’Aréopage était en face de l'extrémité sud-ouest de l’Acropole, et que les Perses s'y établirent pour lancer des projectiles enflammés contre les fortifications de bois protégeant la citadelle vers ce point, où elle était plus accessible à l'ennemi. Pausanias, qui, 1, 28, nous ἃ décrit le site de l'Aréopage, donne la même indication topographique, et la tradition actuelle est absolument autorisée quand elle nous le montre au couchant de l'antique Acropole et séparé d'elle par une inflexion de terrain. Le lieu où se tenait l'assemblée est encore marqué par un rectangle creusé dans le rocher de la colline, où nous sommes monté par seize degrés également taillés dans la pierre et usés par le temps. C’est au point où le renflement de terrain, après s'être élevé insensiblement de l’ouest à l'est, se termine tout à coup d'une facon abrupte, que se trouve cet étroit carré où siégeaient, debout, les Aréopagites. On sait qu'ils jugeaient en plein air, ὑπαίθριοι ἐδιχάζοντο. Pollux, vin, 118. À l’époque où Pausanias visita l’Aréopage, il y avait dans le lieu même de l'audience deux gradins de pierre blanche ou de pierre non polie, ἀργοὺς λίθους, servant de sièges, l'un à l’accusateur et l’autre à laccusé. Le siège de laccusateur s'appelait «la pierre de l'implacabilité », Δίθος ᾿Δναιδείας, et celui de l'accusé, « la pierre de linjure », "Y'épsws. Pausanias, 1, 98, 5. Quoi qu'il en soit de détails impossibles à reconstituer aujourd'hui dans l’étroit carré des trois bancs rectangulaires qui s'ouvrent vers le midi (voir notre Voyage aux pays bibliques, t. 111, p. 251), la vue sur l’Agora et l'Acropole, où se dressait un monde de statues, témoignage moins éloquent peut-être, si prodigieux qu'il fût, du génie artistique de la Grèce que de sa honteuse idolâtrie, durent inspirer saint Paul. Il y exposa les plus grandes vérités, le Dieu créateur du ciel et de la terre, l'origine commune de tous les hommes, leur fraternité et leur solidarité, Jésus ressuscité. Après son discours, quelque insignifiants qu'en parussent les résultats, la cause du vrai Dieu fut gagnée contre les idoles. Un des juges de l'Aréopage, Denys, se convertit, ainsi qu'une femme
nommée Damaris. Au pied de la colline, vers le nord, se voient les ruines d'une église dédiée à l’illustre Aréopagite. D'immenses blocs de pierre, en se détachant de la colline, y ont comblé une cavité profonde. Là avait été jadis le temple et la grotte sacrée des Euménides. Oreste, poursuivi par les Furies, s'y était réfugié demandant son salut à Minerve, dont il embrassa la statue. Depuis les esclaves y trouvèrent un asile où nulle main ne pouvait les atteindre. Pour d’autres détails, voir l'article ATHÈNES. Cf. Vigouroux, Le Nouveau Testament et les découvertes modernes, p. 246-953. E. LE Canus.
ARÉOPAGITE, ᾿Αρειοπαγίτης. Dans les Actes des Apôtres, XVII, 3%, parmi les Athéniens convertis par la prédication de saint Paul est cité un Aréopagite du nom
ARÉOPAGE — ARESI
par conséquent tous les anciens archontes n'en firent pas toujours partie. L’Aréopage était présidé par un ἐπιστάτης. Plutarque : An seni sit gerenda respubl., xx, 1, D. 970. Un autre dignitaire nommé dans les inscriptions porte le nom de χήρυξ τῆς ἐξ ᾿Αρείου πάγου βουλῆς. Corp. Inscr. attic., 111, 10, 680, 714, 1005, 1006, etc. Il figure dans les listes de magistrats après les archontes thesmothètes, c’est dire l'importance de ses fonctions. — Voir Caillemer, Dictionnaire des antiquités grecques et romaines de Saglio, t. 1, p. 403, au mot Aréopage; E. Dugit, Étude sur l’'Aréopage athénien, in-8, Paris, 1867; D. 1. van Lennep, De varia variis temporibus Areopagi potestate , in-8, Amsterdam, 1834; W. van Swinderen, Quæ fuit senalus areopagitici auctoritas variis Reipublicæ atticæ temporibus, Groningue, in-80, 1848. E. BEURLIER.
249, — Rocher de l’Aréopage, à Athènes,
de Denys. A l'époque où l'Apôtre vint précher à Athènes, le conseil de l'Aréopage occupait encore une place importante dans la cité. Les Romains, en effet, avaient laissé à Athènes le titre et les prérogatives de ville libre, c'est-à-dire son ancienne constitution. L'Aréopage continua donc à être le premier et le plus respectable corps de la république (τὸ σεμνότατον συνέδριον, Corpus In- Scriptionum atlicarum, 111, 97, 714, etc.). Dans les décrets rendus au nom de l'État, il est placé avant le conseil des Six-Cents. D'après Cicéron, c'était vraiment lui qui gouvernait la république. De Nat. deor., 11, 29, 74. Il avait conservé en particulier d'importantes attributions judiciaires, et les Romains avaient recours aux Aréopagites ut ad Judices graviores exercilatioresque. Aulu-Gelle, χα, 7. Son consentement était nécessaire pour l'érection des statues élevées par les particuliers et les corporations à leurs bienfaiteurs. Corp. Inscript. attic., 1, 131, 734, etc. Il s'occupait aussi de l'instruction de la jeunesse et de la police de la ville. Les décrets de l'Aréopage portaient les noms de δόγμα, Ψηφίσμα, ἐπερωτήυνα où ὑπομνηματισμιός. Corp. Inscript. attic., 11, 331, 087, 824 a, 924, etc. Il est probable qu'un changement se produisit à l'époque romaine dans le recrutement des Aréopagites, qu'ils furent élus par un mode d'élection que nous ignorons, et que
ARÉOPOL, ARÉPOL, ARIPOL Samuel, rabbin de Palestine, fils de R. Isaac, fils de Jom. Tob. Arépol, vivait au xvI° siècle, à Safed, dans la haute Galilée. On ἃ de lui: ’Imrat *Élôha, « Parole de Dieu, » commentaire homilétique sur le Pentateuque, in-4°, Venise, 157. (sic) ; Mizmôr letôdüh, « Psaume de louange, » exposition du psaume alphabétique ΟΧΨΤῚ (ΟΧΙΧῚ et des quinze psaumes graduels, in-4°, Venise, 1576; Prague, 1610; Léb μακάρι, Prov., xvi, 23; « Cœur du sage, » commentaire de l'Ecclésiaste, in-4°, Constantinople, 1591; Lublin, 1604; Sar δα δ), « Le prince de la paix, » Is., 1x, 5, commentaire sur le Cantique des cantiques, in-4e, Safed, 1579; Venise, 1596, etc. L. GUILLEREAU.
ARESI Paul, théologien italien, né à Crémone, vers l'an 1574, mort à Tortone, le 10 juin 164%. Il prit le nom de Paul en entrant chez les Théatins, à l'âge de seize ans. Il ensergna la philosophie et la théologie à Naples, puis à Rome. Il s'acquit aussi un grand renom comme prédicateur, Choisi pour confesseur, à Turin, par Isabelle de Savoie, il fut nommé à l'évêché de Tortone. Outre divers ouvrages philosophiques et des traités sur l'éloquence de la chaire, on ἃ de lui: Novæ quædam velituliones de vero sacri Cantici Salomonis cum historico
hum spirituali sensu, im-4%, Milan, 1640; Velitationes seæ in Apocalypsim, in-f, Milan, 1647, ouvrage posthume édité par le P. Paul Sfondrati, qui y joignit une Vie de l’auteur. L. GUILLEREAU.
ARÉTAS (grec: ᾿Αρέτας ; nabatéen : Hartat), nom de plusieurs rois des Nabatéens ou d'Arabie Pétrée. L'Ecriture n'en mentionne que deux :
1. ARÉTAS 1°, contemporain du grand prêtre Jason et d’Antiochus Épiphane, vers 170 avant J.-C., le plus ancien roi connu de ce nom. Ce fut lui qui empêcha Jason, poursuivi par Antiochus IV, de trouver un refuge dans le pays des Ammonites, qui devait être par conséquent sous la domination du roi des Arabes. L'Écriture donne à Arétas le titre de τύραννος. II Mach., v, 8.
2. ARÉTAS IV PHILODÈME, contemporain de saint Paul (7 avant J.-C. - 40 après J.-C.) II Cor., x1, 32 (fig. 250). Arétas porta d'abord le nom d’Ænéas. A la mort d'ObodasIl,
250, — Monnaie d'Arétas IV Philodème,
Tête imberbe et laurée à droite. — À. Femme debout à gauche, levant la main droite. 19233 752 nn1[n]. — μῶν (Arétas,
roi de Nabat. Année... ).
roi des Nabatéens, il changea son nom en celui d'Arétas et prit possession du trône. Josèphe, Ant. jud., XVI, IV, ἄς I trouva un compétiteur en la personne de Syllæus, qui l'accusa auprès d'Auguste d'avoir pris le titre de roi sans la permission impériale. Arétas écrivit à l'empereur pour se justifier, et accusa Syllæus d'avoir fait empoisonner Obodas. 1] joignit à sa lettre l'envoi d'une couronne d'or du poids de plusieurs talents. Auguste renvoya le présent; mais, bientôt après, Nicolas de Damas, venu à Rome pour plaider la cause d'Hérode Ier, démasqua Syllæus, qui fut condamné à mort. Josèphe, Ant. jud., XV, IX, 4; x, 8 et 9. Auguste, toujours mal disposé pour Arétas, veulait donner ses États à Hérode Ier, mais il
changea d'avis en apprenant la manière indigne dont ce :
dernier traitait ses fils; il se contenta de blämer Arétas d’avoir pris le titre de roi sans son ordre, accepta ses présents et le confirma dans sa royauté. Josèphe, Ant. jud., XVI, 1x, 9; Strabon, xvi, p. 782; Nicolas de Damas, dans C. Müller, Fragm. hist. græc., t. 11, p. 351. Devenu l’allié des Romains, en haine d'Hérode, Arétas fournit des troupes auxiliaires au légat de Syrie Varus, dans la guerre qu'il fit, l'an 4 après J.-C., aux Juifs révoltés. Josèphe, Ant.jud., XVII, x, 9; Bell. jud., I, v, 1. Plus tard cependant il donna sa fille en mariage au tétrarque Hérode Antipas; mais celui-ci la répudia pour épouser Hérodiade, femme de son frère Philippe. La fille d'Arétas se réfugia auprès de son père, qui déclara la guerre au tétrarque et le vainquit. Hérode invoqua le secours des Romains. Sur l'ordre de Tibère, Vitellius, légat de Syrie, marcha contre Ârétas; mais, à la nouvelle de la mort de l’empereur, il abandonna la campagne. Josèphe, Ant. jud., XVIII, v, 1-3. Ce fut probablement alors que le roi des Nabatéens reprit possession de Damas, qui avait appartenu à son prédécesseur. Deux faits appuient cette hypothèse: 10 Caligula apporta de grands changements dans les royaumes vassaux de Rome; 29 Ja série des monnaies de Damas portant l'effigie impériale s'interrompt pendant les règnes de Caligula et de Claude. Mionnet, Description des monnaics, ἴον, p. 286; Supplément, t. vit, p.193; De Saulcy,
ARESI — ARETIUS
Numismatique de la Terre Sainte, p. 36. Saint Paul, qui venait de se convertir au Christianisme, fut obligé de se faire descendre, pendant la nuit, dans une corbeille, le long des remparts, pour échapper aux poursuites de l'ethnarque ou gouverneur qu'Arétas avait placé à la tête de la ville. 11 Cor., χι, 32-33. Quelques auteurs ont pensé que cet événement avait eu lieu pendant une occupation antérieure et temporaire de Damas par Arétas; mais cette explication est moins probable. On possède un certain nombre d'inscriptions nabatéennes datées des diverses années du règne d'Arétas IV. Euting, Nabatäische Inschriften, p. 24-61, n. 1 à 20; de Vogüé, Syrie centrale, inscript. sémit., p. 113; E. Renan, Journal asiatique, 1873, p. 373; Zeitschrift der deutschen morgenländischen Gesellschaft, 1869, p. 150; 1871, p. 429; R. P. Lagrange, Zeitschrift fur Assyriologie, 1890, p. 290. Sur les inscriptions et sur les monnaies, Arétas IV est appelé Rähem amiméh, d'où son surnom grec de Philodème qui en est la traduction, € qui aime son peuple. » Ses deux femmes, Halda et Seqailat, sont souvent représentées au revers. Voir Joh. Gottlob Heyne, De ethnarcha Aretæ Arabum regis, 1755; Wieseler, Chronologie des Apostolischen Zeitallers, 1848 ; E. Schürer, Geschichte des jüdischen Volkes im Zeitalter Jesu Christi, t. 1, p. 617-619 ; duc de Luynes, Revue numismatique, 1858, p. 294-296; de Vogüé, ibid., 1868, p. 162; Babelon, ibid., 1887, p. 374-377; de Saulcy, Annuaire de numismatique, 1873, p. 13-17; 1878, p. 461-464; de Vogüé, Syrie centrale, inscriptions sémitiques, 1868, p. 103-106 ; Levy, dans la Numismatische Zeitschrift, de Huber de Karabacek, t. 111, 1871, p. 445-448; Euting, Nabatäische Inschriften, in-4°, Berlin, 1885, p. 81-87.
E. BEURLIER.
3. ARÉTAS, commentateur grec, évêque de Césarée en Cappadoce. On trouve dans les éditions anciennes d'Œcuménius, et comme complément de ses commentaires des Actes des Apôtres et des Épitres, un commentaire ou édition glosée de l'Apocalypse qui porte le nom d'Arétas. Ainsi dans l'édition d'Œcuménius par J. Henten, Paris, 1630-1631, t. 11: Arethæ explanationes in Apocalypsin. Cette édition laisse à désirer. Un texte meilleur du commentaire d'Arétas ἃ été donné par Cramer, dans ses Catenæ græcorum Patrum in N. T., Oxford, 1840. (Le texte de Cramer est reproduit par Migne, Patr. gr., t. cvi, col. 493-786.) Le titre exact de l'œuvre d’Arétas est: Brève explication, lirée des commentaires sur l’Apocalypse du bienheureux André, archevêque de Césarée de Cappadoce, mise en ordre par Arélas, indigne évêque de Césarée de Cappadoce. Par ailleurs on possède un commentaire sur l'Apocalypse qui porte le nom d’André, archevêque de Césarée de Cappadoce; il ἃ été publié en grec pour la première fois par Sylburg, en 1596, et il est reproduit d'après Sylburg par Migne, Patr. Gr, ἵν CvI, col. 215-458. Voir ANDRÉ 4, col. 564. Cet Arétas a été considéré sans fondement suffisant, par quelques critiques, comme ayant été évêque de Césarée au ve siècle : en réalité il est à identifier avec l'évêque de ce nom que la liste épiscopale dé Césarée compte au commencement du xe siècle, et dont on ἃ récemment mis en lumière l’activité littéraire et philosophique. Voyez Ὁ, von Gebhardt, Der Erzbischof Arethas von Cüsarea, seine Studien und seine Bibliothek, dans les Texte und Untersuchungen de Gebhardt et Harnack, t. 1, Leipzig, 1883, p. 36-46. Le commentaire de lApocalypse a dù être composé entre 895 et 914. Le commentaire d'Arétas n'est pas une simple reproduction du texte d'André; il l'abrège, l'améliore et le complète de son propre fonds en maint endroit. Toutefois la science de Écriture ἃ peu à y prendre. Voir Fabricius, édit. Harless, Bibliotheca græca, t. vur, p. 696-699,
P. BATIFFOL.
ARETIUS Benedict, théologien et botaniste suisse, né à Berne vers 1505, mort le 22 avril 1574. Son véritable nom était Marti, Aretius est la traduction grecque
de ce nom (de "Ἄρης, « Mars »). Choisi, en 1548, comme professeur de logique à l'université de Marbourg, il devint ensuite professeur de langues à Berne, et enseigna plus tard la théologie d'après les doctrines de Calvin, qu'il avait embrassées avec ardeur. Il explique le sens avec bonheur dans ses commentaires, mais il faut tenir compte de ses tendances. Il ἃ composé : Commentarii breves in Mosis Pentateuchum , in-8, Berne, 1602 et 1611 (ouvrage posthume) ; Commentarii in Domini NostriJesu Christi Novum Testamentum, in-f° et 11 in-8°, Morsée, 1580-1584 ; in-fv, Paris, 1607. Les éditions partielles en sontnombreuses : Commentarii in quatuor Evangelia, in-8, Lausanne, 15717; Commentarii in Actuum Apostolorum historiam, 1590; Commentarii in ommnes Epistolas Pauli et canonicas, itemque in Apocalypsim Joannis, 1589, ete. Voir Chr. Saxi, Onomastic. literar., part. 117, p. 399; Biblioth. instit. a Gesnero in Epitom. redact. per J. Simlerum et Joh. Frisium, Zurich, 1693, p. 111; ἃ. Walch, Biblioth. theol. critic., t. IV, passim. Le nom d’Aretius se trouve parmi ceux des auteurs condamnés par le concile de Trente. L. GUILLEREAU.
AREUNA. La Vulgate écrit ainsi, dans le second livre des Rois, χχιν, 16-23, le nom du propriétaire de l'aire sur laquelle fut bâti le temple de Jérusalem (voir AIRE D'ORNAN, col. 328). Ailleurs, elle l'appelle Ornan. Voir ORXAN.
1. ARGENT. Hébreu : késéf, de la racine käsaf. Késéf signifie « ce qui est blanc » et « ce qui est désirable ». Le nom donné à l'argent dans les autres langues montre, par analogie, que la première étymologie doit être préférée. Égyptien : nub het, «or blanc; » grec : ἄργυρος, ἀ᾽ ἀργός; « blanc. » D'après une autre étymologie, késéf signifie « coupure, » segmentum.
I. Son origine. — L'argent ne se trouvait pas en Palestine, et la découverte de quelques filons argentifères dans les montagnes du Liban parait être relativement moderne. Cf. Kitto, Physical History of Palestine, p. 73. Ce métal précieux était, au contraire, commun en Chaldée avant Abraham ; il était appelé, dans ce pays, kaspu, qui est le même mot que késéf. Les Égyptiens avaient dans l’île de Méroé, territoire de la Nubie, des mines d'argent assez productives, mais bien moins riches que les mines d'or qui donnaient leur nom au pays. Diodore de Sicile, 1, 33, 49. Abraham rapporta d'Égypte une grande quantité d'argent. Gen., ΧΠῚ, 2. Les Égyptiens en faisaient des coupes, Gen., xLIV, 2, de la vaisselle, Exod., x1, 2; ΧΙ, 80, des miroirs et toutes sortes d'objets (fig. 251). «Is émaillaient l'argent, de manière à y reproduire l’image d’Anubis, ils le coloraient, mais ils ne le ciselaient pas. Ils se servirent ensuite de ce métal pour leurs statues triomphales, et quand l'argent était mat, le prix en était très grand, » Pline, H. N., xxx, 131, édit. Teubner, t. v, p. 27.
Les anciens tiraient encore l'argent de la Colchide, de YAtüque, du pays des Chalybes ou Chaldéens du Pont, de la Bretagne. Strabon, I, 11, 39; IX, 1,23; XII, πὶ, 19; IV, v,2. Mais les mines d'argent de beaucoup les plus riches et les plus facilement exploitables étaient celles d'Ibérie ou Espagne, le pays appelé Tharsis dans la Bible. Voir Tuarsis. Les écrivains de l'antiquité célèbrent à l'envi ces fameuses mines. L'argent s'y trouvait à l’état natif et à une faible profondeur, de sorte que son exploitation ne présentait aucune difficulté. Aussi le voit-on aux mains des indigènes dès le début de l'âge du bronze. Cf. 1,. et H. Siret, Les premiers âges du métal en Espagne, dans la Revue des questions scientifiques, avril 1888, p. 50, 319-384. D'autres fois, il était enveloppé dans une gangue qui rendait le quart de son poids de métal pur. Diodore, v, 90. On exploita ensuite la galène (plomb sulfuré) argentifère. Pour en tirer l'argent, on pilait et on lavait à cinq reprises la pépite argentifére, on faisait fondre le sédiment, et «le plomb s'échappait sous l'action du feu, tandis que
ARETIUS — ARGENT
l'argent surnageait, comme l'huile sur l’eau ». Pline, ΧΧΧΙῚ, 95, 96. Au rapport de Strabon, HI, 11, 8, telle mine rapportait en trois Jours à son propriétaire la valeur d’un talent euboïque (environ 4 400 fr.). Plus tard les Romains s'emparèrent du pays ibérien et de ses riches gisements. I Mach., vil, 3. Polyhbe, d'après Strabon, loc. cit., rapporte que quarante mille ouvriers étaient employés à l'exploitation, près de Carthage la Neuve, et que le rendement quotidien était de vingt-cinq mille drachmes (24250 franes).
Mais bien auparavant, les Phéniciens, dont les vaisseaux longeaient sans cesse toutes les côtes de la Méditerranée, s'étaient aperçus de l'abondance de l'argent en Ibérie. Comme les indigènes n’en appréciaient pas la