Carte du pays d’Argob
paraît aussi plate que la mer; mais la croûte de laves, épaisse de deux cents mètres en moyenne, est sillonnée d'innombrables crevasses plus ou moins profondes, qui se coupent dans toutes les directions et forment un inextricable labyrinthe de ravins et de précipices. De nombreuses boursouflures formées par la matière en ébullition, de larges fosses naturelles et une multitude de cavernes achèvent de faire de cette région un pays à peu près impraticable, surtout pour des étrangers. Aussi, à toutes les époques, les populations poursuivies ou persécutées ont-elles cherché un asile dans ce canton, qui ἃ pris de là son nom de Ledjah, c'est-à-dire, en arabe, (refuge. » En raison de ces nombreuses cavernes qui à chaque pas recèlent un danger pour l’assaillant, de ce terrain anguleux qui rend la marche difficile, de ces murs ou enceintes de pierres qui autrefois abritaient les plantations et maintenant forment une série de remparts, le Ledjah ἃ une importance stratégique que fait bien ressortir J. G. Wetzstein, Reisebericht über Hauran und die Trachonen, Berlin, 1860, p. 29.
Il y a dans le pourtour occidental de cette contrée environ huit villes et vingt-cinq bourgs, et dans l'intérieur quatre villes et quatorze bourgs qui ont encore de hautes murailles composées de fortes pierres de taille. Quelques-unes de ces villes ont une étendue considérable,
et la beauté de leurs monuments d'architecture témoigne de leur importance et de leur richesse primitives. Il suffit de nommer El-Musmiyéh, Buràk, Nedjràn, Ezra. Au sud et au sud-ouest du Ledjah s'étend une immense plaine formée d'une terre volcanique de couleur rougeâtre, au-dessus de laquelle s'élèvent des affleurements de basalte; elle porte le nom d'En-Nougrat el-Haurän, « la pente du Hauran. » Très riche et très fertile, quelquefois légèrement ondulée, quelquefois absolument plate, elle renferme çà et là des monticules de forme arrondie, que l’on aperçoit à de grandes distances. Elle est couverte dans toutes les directions de villes construites en basalte noir, dont quelques-unes ne sont plus que des monceaux de débris; d’autres sont dans un état de conservation presque parfaite. Leurs rues et leurs murs sont bien conservés, et, chose plus étonnante, les portes en pierre tiennent encore sur leurs gonds. Malgré des remaniements postérieurs, quelques-unes des constructions, de l'avis des voyageurs, remontent à une haute antiquité et doivent leur origine à une nation puissante, à un peuple d'une force et d'une taille supérieures à celles d'aujourd'hui. Pour plus de détails, voir AMORRHÉENS, col. 508, et AURA- NITIDE. Outre les ouvrages cités dans cet article, on peut consulter aussi, sur les pays que nous venons de décrire : J. L. Burckhardt, Travels in Syria and the Holy Land, in-4°, Londres, 1829, p.51 et suiv., 211 et suiv.; U.J. Seetzen, Reisen durch Syrien, Palästina, etc., Berlin, 1854, t.T, p. 34-134; E. G. Rey, Voyage dans le Haouran, Paris, 1860, avec un atlas in-fol. A. LEGENDRE.
ARIARATHE (᾿Δριχράθης), nom porté par un grand nombre de rois de Cappadoce. Les Romains, du teraps du gouvernement de Simon Machabée, écrivirent en faveur des Juifs à un prince de ce nom, Ariarathe V Eusèbe Philopator, qui régna de 163 à 130 avant J.-C.