‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 435 sur 454 · ARGOB — ARIAS MONTANUS · texte numérisé non relu

ARGOB — ARIAS MONTANUS

4. ARIAS MONTANO Benito, orientaliste espagnol, né, en 1527, dans le diocèse de Badajoz, à Frejenal de la Sierra, c'est-à-dire de la montagne, d'où son surnom de Montano ou Montanus, mort à Séville le 6 juillet 1598, l'un des hommes les plus éminents de l'Espagne au xvre siècle. Après ävoir fréquenté les écoles de Séville et étudié la théologie et les langues orientales à Alcala, il voyagea dans diverses contrées de l'Europe, en s'appliquant aux langues vivantes. Ensuite il entra dans l'ordre de Saint-Jacques en qualité de cierc; en 1562, Martin Perez d’Aiala, évêque de Ségovie, se fit accompagner par lui au concile de Trente, et Arias s'acquit une grande réputation au sein de cette assemblée. Philippe II le tira de son ermitage d'Aracena, où il s'était fixé au retour de Trente, pour le charger de l'édition d’une nouvelle Bible polyglotte. Montanus eut pour collaborateurs dans cette entreprise des hommes de haut mérite, tels qu'André Maes, François Lucas de Bruges, docteur de Louvain, Lefèvre de la Boderie et son frère Nicolas, Fr. Rapheling, gendre de Plantin, Guill. Canter. L'ouvrage entier fut imprimé en trois ans (1569-1572), chez Christophe Plantin, à Anvers, et parut en huit volumes in-folio, sous le titre de Biblia sacra hebraice, chaldaice, græce et latine, Philippi IT regis catholici pielale et studio ad sacrosanctæ Ecclesiæ usum. Cette Polyglotte, bien supérieure à celle d'Alcala par le nombre de ses versions, et surtout à cause de la richesse de son Apparatus biblicus, est plus ordinairement connue sous le nom de Bible royale, ou Polyglotte d'Anvers. Elle renferme, outre ce qui se trouve dans la Bible d’'Alcala, des paraphrases chaldaiques, une version syriaque du Nouveau Testament en caractères syriaques et hébraïques, accompagnée d’une traduction latine. Outre la direction générale des travaux, Montanus ἃ contribué pour une large part à cette œuvre. Il ἃ corrigé la version latine de l'Ancien Testament donnée par. Sante Pagnini, et son interprétation latine du texte grec du Nouveau Testament a élé souvent reproduite par les éditeurs qui vinrent plus tard. Il ἃ composé encore plusieurs dissertations sur les antiquités hébraïques. Ce bel ouvrage fit honneur à Arias, mais lui suscita un ennemi dans la personne de Léon de Castro, professeur de langues orientales à Salamanque. Castro dénonca Arias d'abord à l'Inquisition de Rome, puis à celle d'Espagne, pour avoir altéré le texte de la Bible, et confirmé les Juifs dans leur croyance par ses paraphrases chaldaïques. Arias dut faire plusieurs voyages à Rome pour se justifier, Il fut absous en 1580, et c'est alors que Philippe IT lui offrit un évêché comme récompense de ses travaux; mais la modestie de ce savant se contenta d’une pension et d'une place de chapelain royal. Il s'était fixé de nouveau dans sa solitude d'Aracena ; Philippe IT l'en tira une seconde fois pour lui confier la bibliothèque de l'Escurial, récemment construit, et le soin d'enseigner les langues orientales aux Hiéronymites de ce monastère. Arias Montanus mourut à Séville, dans la maison des chevaliers de Saint-Jacques, en 1598. Les contemporains et les écrivains postérieurs s'accordent à louer la science et les vastes connaissances de cet homme vraiment éminent. Ses ouvrages roulent presque tous sur l'Écriture Sainte. Sa traduction latine de la Bible, qui forme le t. vir de la Polyglotte, ἃ été tirée à part et plusieurs fois réimprimée. Elle a pour titre : Hebraicorum Bibliorum Veteris Testumenti latina interpretalio, opera olim Xahtis Pagnini Lucensis : nunc vero Benedicti Ariæ Montani, etc., ad hebraicam diclionem diligentissime expensa ; Novum Testamentum græce cum Vulgata inlterpretatione latina græci contextus lineis inserta: quæ quiden inlterpreta- Lio, cum α græcarum diclionum proprielate discedit, sensum, videlicel magis quam verba exprimens, in marqine libri est collocata, atque alia B. Ariæ Montani hispalensis opera e verbo reddita ac diverso generum charactere distincta; 2 tomes en 1 in-f°, Anvers, 1572. Onze ans plus tard, Plantin en publia une nouvelle édi-

| tion avec les livres deutérocanoniques ; Biblia hebraica.

Eorumdem latina interpretatio Xantis Pagnini, recenter B. Ariæ Montani et quorumdam aliorum collato studio, ad hebraicam dichionem diligentissime expensa. Accesserunt et huic editioni libri qræce scripti, qui vocantur apocryphi, cum interlineari interpretalione latina ex Bibliis Complutensibus petita, in-fo, Anvers, 1583. La traduction de l'Ancien Testament, d’une littéralité absolue, n'est pas toujours exacte, mais elle est très commode pour ceux qui sont peu familiarisés avec l'hébreu, parce qu'elle donne au-dessus de chaque mot hébreu sa signification en latin et qu'elle indique en marge les racines, aussi a-t-elle été très répandue. Pierre de la Rovière la réimprima in-f°, à Genève, sous la date de 1609 et 1619. Une autre édition in-f fut publiée à Leipzig en 1657 avec une préface des théologiens de cette ville. Il existe aussi une édition de Rapheling en 9 in-8, Liège, 1599 ou 1610-1613.

Arias Montano ἃ laissé aussi toute une série de commentaires, imprimés pour la plupart chez Plantin, à Anvers. Les principaux sont: Commentaria in XII prophetas, in-8°, Anvers, 1571 ; in-%0, 1582; Elucidationes in quatuor Evangelia, ἴῃ - ἴδ, Anvers, 1575; Elucidationes in Acta Apostolorum, dans le même volume; De varia republica sive commentarius in librum Judicum, in -%0, Anvers, 1592; De optimo imperio sive in librum Josue commentarius, in-4°, Anvers, 1583; Antiquitatum judaicarum libri IX, in-%, Liège, 1593; Commentarius in Esaie prophelæ sermones, n- Lo, Anvers, 1599; Commentaria in XXX priores Davidis psalmos, in-%°, Anvers, 1605. Plusieurs de ses commentaires ont été mis à l'index. Richard Simon, Histoire critique du Vieux Testament, t. 11, ch. X, ἃ jugé sévèrement ses traductions de l'Écriture, auxquelles onu peut reprocher, en effet, une littéralité excessive. Ses explications du texte sacré ne sont pas non plus toujours heureuses, mais on ne peut lui contester un grand savoir, et il est certain qu'il a contribué efficacement au progrès des études orientales. Voir Chr. Saxe, Onomasticon literar., part. πὶ, p. 440; Ellies Dupin, Biblioth. des auteurs s ecclésiastiques, xvie siècle, t. v, p. 900-564; Rich. Simon, Critique de la Biblioth de Du Pin, 1730, τ. 11, p. 213 ; Mohnike, dans l'Allgemeine Encyklopädie, 1820, t. v, p. 288 - FT. G. Carvajal, Elogio historico del D. B. Arias Montano, dans les Memorias de la real Academia de la Historia, Madrid, 1832, {. vir, p. 14-199; Chapel Gorris, Vie d’Arias Montano, Bruxelles, 1842, in-8° ; C. Ruelens et A. de Backer, Annales Plantiniennes, Paris, 1866, p. 128, 108, 157, 958,

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