ARIAS MONTANUS — AMIEL
ARIDAI (hébreu : ’Aridäi ; Septante : ᾿Αρσαΐος), neuvième fils d'Aman, pendu avec son père et ses frères. Esth., 1x, 9.
ARIDATHA (hébreu : ’Aridätà ; Septante : Σαρθαχά), sixième fils d'’Aman. Esth., 1x, 8.
ARIÉ (hébreu : H&'aryêh, «16 lion ; » Septante : ᾿Αρία), officier du roi d'Israël Phacéia, tué avec Argob, près de son maitre, dans la conspiration de Phacée, fils de Romélie. IV Reg., xv, 25. Voir ARGOB 1.
ARIEL, hébreu : ’Aiél, «lion de Dieu, » c’est -àdire héros; Septante : ᾿Αριήλ. Nom d'homme, nom commun et nom symbolique.
1. ARIEL, fils de Gad. Num., xxvi, 17. Il est appelé Aréli dans la Genèse, xLv1, 16. Voir ARÉLI.
2. ARIEL, nom propre ou nom symbolique donné à de vaillants hommes de Moab. Le nom se décompose en ‘äri, « lion, » et ’êl, « Dieu. » Le lion désigne métaphoriquement un héros, un puissant guerrier, et l'expression «lion de Dieu », analogue à d’autres bien connues, « cèdres de Dieu, montagnes de Dieu, etc., » s'emploie comme superlatif pour marquer des héros extraordinaires. En arabe et en persan, un « lion de Dieu » est aussi un héros. Voir Gesenius, Thesaurus linqguæ hebrææ, p.147. — ἢ] est raconté de Banaïas, l'un des compagnons d'armes de David, qu'il « frappa les deux Ariels de Moab ». I Par., χι, 22; ITReg., xxur, 20. — 19 Dans les Paralipomènes, les Septante et la Vulgate traduisent : «les deux Ariel de Moab. »
— 20 Dans le passage des Rois, les Septante traduisent : « les deux fils d'Ariel de Moab, » etla Vulgate : «les deux lions de Moab. » — Quelques commentateurs suivent les Septante, et traduisent les deux passages : «il frappa les deux fils d'Ariel de Moab, » ou « les deux Ariel de Moab ». Il est difficile de savoir si Ariel est ici un nom propre ou un terme métaphorique. H. LESÈTRE.
3. ARIEL, un des chefs qu'Esdras envoya d'Ahara à Asphia, afin d'engager des lévites et des Nathinéens à le suivre de Babylone à Jérusalem, pour le service du temple. 1 Esdr., vx, 16.
4. ARIEL ou AREL, héros. — Isaie se sert dans ce dernier sens du mot ’ér’él, qui parait n'être qu'une contraction de ‘àri'êl : « Voici que leurs héros (’ér’élâm, Vulgate : videntes) crieront dehors.» Is., ΧΧΧΠΙΙ, 7. L’ariel serait donc un gébér, un homme de grand courage et de grande force musculaire, un de ces géants qui, comme le Goliath philistin, faisaient merveille dans les combats corps à corps, et au besoin défiaient orgueilleusement les adversaires à venir se mesurer avec eux. Dans la suite du verset d’Isaïe, il y a que «les messagers (màl'ähké) de la paix pleureront amèérement ». Comme mül'äké veut aussi dire « anges », la tradition rabbinique ἃ pris le mot parallèle de la première partie du verset, pour en faire le nom de la troisième des dix espèces d'anges qu'elle reconnait, les ’ar’élim, les « puissants ». Moses PRE ἢ Des fondements de la loi, n; Petau, De Angelis, 11,
14. Par la suite, on ἃ fait d’Ariel le nom d'un mauvais ange. La Vulgate ἃ traduit «voyant », comme Aquila, Symmaque, Théodotion, le Targum et la version syriaque, parce que ces traducteurs ont considéré ‘ér’êl comme une contraction de ’érd‘éh läm, « je serai vu, je me manifesterai à eux. » H. LESÈTRE.
5. ARIEL, nom symbolique de Jérusalem. — Le mot ’ürt'él est encore employé par Isaie, dans sa prophétie contre Jérusalem : «Malheur ! Ariel, Ariel, ville qu'habita David ! Qu'on ajoute une année à une année, que le cycle des fêtes se complète, et je ferai tomber la détresse sur Ariel :
elle sera triste et désolée, et elle sera pour moi commé Ariel.» ΧΧΙΧ, 1, 2. Ariel désigne ici Jérusalem, ainsi qu'au ÿ. 7, tous en conviennent. Mais faut-il entendre le mot dans le sens α᾽ « autel de Dieu » (voir ARIEL 6), comme l'ont fait les anciens commentateurs juifs et d’autres à leur suite, ou dans le sens de « lion de Dieu », comme le font d’autres interprètes ? Il est certain qu'au début de loracle le sens de « lion de Dieu » est appelé par le contexte. Jérusalem est pour le prophète, non «lautel de Dieu », mais la « ville qu'habita David ». Or David était alors le plus illustre descendant de celui dont il avait été dit : « Juda est le petit du lion; il s'est courbé, il s'est couché comme un lion et comme une lionne : qui le fera lever ? » Gen., xLIX, 9. La cité de David peut donc à bon droit être appelée Ariel, la ville au lion de Dieu. À la fin de l'oracle, Ariel est en antithèse évidente avec l'Ariel du commencement. Jérusalem dévastée et châtiée sera pour Dieu « comme Ariel », nécessairement comme un Ariel différent de l’Ariel, cité de David et «lion de Dieu ». Quel sera cet autre Ariel? Le prophète l'indique au Ÿ. 6 du même chapitre : (Le Seigneur des armées la châtiera par le tonnerre et le tremblement de terre, par la grande voix de l'ouragan et de la tempête et par la flamme du feu dévorant. » Il s’agit donc à présent d'un Ariel « foyer de Dieu ». Ce sens est justifié par cet autre passage d'Isaie, ΧΧΧΙ, 9: « Parole de Jéhovah, qui ἃ son feu (’ür) à Sion et son foyer ({annür) à Jérusalem. » Si l'on traduit dans les deux cas Ariel par « lion de Dieu », l'antithèse disparaît et l’oracle se termine d'une manière inintelligible. Si l'on prend dans les deux cas Ariel comme « foyer de Dieu », on aboutit à une tautologie. Il reste donc à traduire ainsi l'oracle d’Isaïe : Malheur à toi, Ariel, «lion dé Dieu », ville qu'habita David; le châtiment va t'accabler, et tu seras vraiment pour moi Ariel, le « foyer de Dieu », car le feu de ma colère te consumera. Le prophète joue ainsi sur les deux sens du mot ’&rt'él, comme plus loin sur ‘’ür et fannür, et très souvent sur d’autres mots qui ont des similitudes radicales ou phonétiques. H. LESÊTRE,
6. ARIEL, nom symbolique donné à un autel. Dans sa description du sanctuaire, Ezéchiel écrit : « Quant à πα» 6], il avait quatre coudées, et de μα)" Οἱ, s'élevaient en l'air quatre cornes, et ’üri δὶ avait douze coudées de long et douze coudées de large. » ΧΓΠῚ, 15, 16. Il s’agit ici de l'autel des sacrifices. Les versions traduisent par le même mot, ἀριήλ, ariel, les deux termes du texte hébreu qui, à la vérité, désignent un même objet, mais sous des rapports différents. Πα» δ᾽, (montagne de Dieu, » c'est l'autel considéré au point de vue de sa masse et de sa hauteur. Quant à ’&rt'él, il ne peut vouloir dire iei « lion de Dieu », ce qui n'aurait aucun sens. On fait done venir le mot du radical ’éräh, « brüler, être en feu, » d'ou le sens de «foyer de Dieu », qui convient très bien à la table de l'autel, sur lequel étaient consumées les victimes. Le jeu de mots entre μα) δὲ et ἄγ᾽ δὶ n'a rien qui doive étonner dans Ézéchiel. De semblables paronomases sont familières aux auteurs hébreux, etméme recherchées volontiers par les prophètes. Le nom d'ariel donné à un autel était d'ailleurs d'un usage bien antérieur à Ezéchiel. On le trouve dans l'inscription de la stèle de Mésa. Ce roi se vante d'avoir pris à Israël la ville d'Ataroth, et il ajoute : « J'emportai de là l’ariel de dudh (daoudoh), et je le trainai à terre devant la face de Chamos » (ligne 12). Le sens d'autel est admis par tous, et c'est celui qui convient le mieux au contexte. Quant à dvdh, ce serait, d'après Smend et Socin, Die Inschrift des Künigs Mesa, in-8&, l'ribourgen-Brisgau, 1886, p. 4-5, une divinité du nom de Daoudoh, divinité parfaitement inconnue d'ailleurs, tant en Israël que chez les autres peuples. Il est probable que dudh n'est autre chose que le nom de David, et que l'autel en question rappelait le souvenir de David à Ataroth, soit par son érection, soit par quelque autre circonstance à nous inconnue, Cinq lignes plus bas, Mésa raconte qu'il a pris