ARMÉNIENNE (VERSION) DE LA BIBLE — ARM9ON
Leipzig, 1827, t. 11, p. 99. La ponctuation massorétique, d'après laquelle le verbe n1n35vn, hislakténäh, est à la
forme hiphil, par conséquent active, semblerait favoriser cette opinion; mais une double difficulté se rencontre. D'abord on ne comprend pas comment, pour une chose si souvent mentionnée dans l'Ancien Testament, le pro= phète eùt employé ici un mot qui ne se retrouve pas dans l'ancien hébreu; c’est la remarque de Keil, Die zwôülf kleinen Propheten, Leipzig, 1888, p. 193, n. 1. Ajoutons ensuite avec Rosenmüller, loc. cit., que, si haharmônah était un nom féminin, l'accent serait sur la dernière svllabe, tandis qu'il est placé sur la pénultième; le hé final est donc local; à moins qu'on en fasse un hé paragogique. Kimchi, pensant que 52277, larmônäh, est mis pour
πεῖϑον, ‘armônäh (avec permutation entre hé et aleph),
adopte ce sens : « Vous vous précipiterez vous-mêmes dans le palais » ou la citadelle royale, pour fuir de là par une porte dérobée, comme fit Sédécias. IV Reg. XXV, 4; Jer., xxxIX, 4. C'est également, avec une légère variante, l'opinion de Gesenius, Thesaurus linguæ heb., p. 390. Rattachant harmônäh à la racine inusitée 577,
häram, identique à 2°N, ‘éram, (être élevé, » il assimile
harmôn à ‘armôn, « palais, citadelle, » et traduit ainsi le passage d'Amos : « Vous serez jetées, » c'est-à-dire captives, vous serez honteusement emmenées, « dans la citadelle ennemie. » Afin que ce sens füt acceptable, il faudrait au mot « palais » ou « citadelle » un déterminatif quelconque.
Pour les exégètes qui admettent ici un nom propre, c'est un nom de lieu; pour quelques-uns seulement, un nom de déesse. Bochart, Phaleg., Caen, 1646, p. 22, 93, se demande si πε, mônûäh, ne serait pas identique à
20, Minni, dont parle Jérémie, Lr, 27, contrée qui, jointe
à ‘Ardratet'A$kendäz, doit correspondre à Minyas, partie de l'Arménie. En effet, dit-il, au lieu de Minni, le chaldéen ἃ Harméni, « Arménie; » ce qui n'est probablement pas inexact, car le mot « Arménie » semble venir de 23-73, Har-Mini, c'est-à-dire « montagne de Mini » ou de Minyas, dénomination qui s'étendit plus tard à toute la province. Vater, adoptant la leçon 53595, haharmônäh, avec un
heth, traduit ainsi : « Vous serez chassés vers l'Hermon, » c'est-à-dire que, pour être transportés en Assyrie, les Israélites devaient passer au delà du grand Hermon, frontière septentrionale du royaume d'Israël. Reuss, Les Prophètes, Paris, 1876, t. p. 106, ne trouvant au texte imprimé aucun sens plausible, admet cette traduction, tout en la regardant comme purement conjecturale. Il ne lui manque, pour être acceptable, que d’être appuyée par un plus grand nombre de manuscrits.
Malgré leurs défauts, ces opinions sont encore plus admissibles que certaines conjectures des commentateurs modernes, rapportées et justement combattues par Keil, Die kleinen Propheten, p. 193. Hitzig veut décomposer 29977 en ἼΠΠ, hähär, et 559, mnmôndh, mis pour ny,
me‘ônäh : « vous vous précipiterez dans la montagne comme dans une place de refuge. » A ce sens s'oppose cette triple raison : 1° que le verbe hislik ne signifie pas «se précipiter »; 2% que la contraction de »r7e‘ôndh en mônäh est invraisemblable, puisque Amos, au chapitre précédent, 11, #4, emploie τοὶ παι; 3° enfin que me‘ônäh signifie « habitation », et non pas « place de refuge ». Ewald lit comme les Septante Hähär Rimmônäh, et traduit: « Vous jetterez dans la montagne la Rimmona, » qu'il tient pour une déesse des Syriens. Mais de cette divinité l'antiquité ne sait rien, et de l'existence du dieu Rimmon, mentionné IV Reg., v, 18, ne suit pas celle d'une déesse Riminona. Encore plus faible est l'explication donnée par Schlottmann, ÆHiob, p. 132, et Paul Bôtticher, Rudimenta mythologiæ semilicæ, in-8°, Berlin,
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1848, p. 10, d’après laquelle Harmôndh serait la déesse phénicienne Chusarthis, appelée par les Grecs ‘Apuovia. Ce dernier nom vientaussi peu du talmudique Harmän que celui-ci du sanscrit pramäna (Bôtticher, p.40); bien plus, Harmân signifie «hauteur », de la racine sémitique häram, et l'on ne connait pas de divinité Harman ou Harmonia dans la religion phénicienne.
Le contexte n'apporte que peu de lumière pour lasolution de la difficulté. S'adressant aux femmes de Samarie, qui, pour satisfaire leur amour du luxeet des plaisirs, ont poussé leurs maris aux plus injustesexactions contre les petits et les pauvres, le prophète leur annonce le châtiment divin :
Ÿ. 2. Le Seigneur Dieu l'a juré par sa sainteté:
Voici venir sur vous des jours Où l'on vous enlèvera avec des hamecons, Et vos enfants (ou celles qui resteront), avec des harpons
ÿ. 3. Et par les brèches vous sortirez, [de pêcheurs;
Chacune devant soi,
Et vous serez chassées vers l'Harmon.
Le texte massorétique, nous l'avons dit, met à la forme hiphille verbe qui précède Haharmônäh, dont il semble par là même faire un nom commun. Mais aux raisons que nous avons données pour éloigner ce sens, ajoutons que les anciennes versions ont lu ce verbe à la forme
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hophal, et l'ont traduit par le passif ou l'équivalent du passif. De Rossi cite un manuscrit qui porte cette leçon, etla plupartdescommentateurslatrouventplusconforme ay contexte. Enfin uneremarquetiréede la division même dela prophétie peut, par une certaine analogie, montrer qu'il s’agit ici d'un nom propre de lieu. ἃ. Hoffman, Versuche zu Amos, dans la Zeitschrift für die alltestamentliche Wissenschaft, Giessen, 1883, p. 102, voit dans notre verset la fin du premier oracle contre Israël, le second comprenant 1v, 4-v, 27, et le troisième, vi, 1-15. Or les deux derniers se terminent par l’annonce des événements politiques quiseront le châtiment de l’injustice etde l’impiété d'Israël: 1° l’exilau delà de Damas, V, 27; %l'arrivée d'un peuple (les Assyriens) qui brisera la nation infidèle, «depuis l'entrée d'Émath jusqu’au torrent du désert, » vi, 15.11 est donc vraisemblable qu'ici, IV, 3, Armon indique unlieu d'exil. Quel est-il au juste ? Peut-être l'Arménie; mais les moyens nous font défaut pour en préciser la siluation. A. LEGENDRE.
ARMONI (hébreu :’Armôni, Cpalalin », de ‘armôn, « palais »: Septante : ‘Epuwvot), fils aîné de Saül et de Respha. David le livra aux Gabaonites, qui le crucifièrent avec ses frères sur la montagne près de Gabaon.IIReg.,
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