‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 61 sur 454 · Vue d’'Accaron · texte numérisé non relu

Vue d’'Accaron

porte à croire que c'était la moins considérable des cinq satrapies philistines.

Accaron fut assignée d’abord par Josué, xv, 45, à la tribu de Juda; bientôt après elle fut concédée à la tribu de Dan. Jos., χιχ, 43. En réalité, elle ne fut possédée longtemps ni par la tribu de Juda ni par celle de Dan; car, conquise d'abord par les Hébreux, elle fut ensuite reprise par les Philistins. Josèphe, Ant. jud., V, 11, 1. C£. T'Reg. v, 10; ΧΙ 52; IV Reg., 1, 2, 16; Jer., xxv, 20; Amos, 1, 8. Sur la fin de la judicature d'Héli, l'arche d'alliance, étant tombée au pouvoir des Philistins, fut transportée par eux à Azot, à Geth et à Accaron, et comme elle causait partout d'effroyables maladies, on la renvoya à Bethsamès, la ville de Juda la plus voisine d'Accaron. I Reg. vi, 12, 16. On peut voir encore, entre deux collines pittoresques, le chemin qu'elle dut suivre pour se diriger à travers les hautes montagnes, vers la cité des Bethsamites, à 15 kilomètres vers le levant, Un passage du quatrième livre des tois, 1, 2, 3, 6, 16, nous apprend que Béelzébub (voir ce mot) avait un oracle à Accaron, et par conséquent un temple, qui attirait, même d'assez loin, soit des adorateurs, soit des visiteurs, qui venaient le consulter, puisque Ochozias, roi d'Israël, blessé d'une chute grave qu'il avait faite à Samarie, en tombant de l'étage supérieur de son palais, s'adressa à celle divinité pour savoir d'elle s’il cuérirait.

Les destinées d’Acc:

avec celles des autres cités philistines, et elle dut être plu-

ron se confondirent nécessairement

sieurs fois prise et reprise dans les nombreuses guerres qui eurent lieu entre les Philistins et les Juifs. Voir Pxi- LISTINS. Le nom d’Accaron se lit dans les inscriptions de Sennachérib, d’Asaraddon et d’Assurbanipal. E. Schrader, Die Keilinschriften und das alte Testament , 1872, p. 71. Plusieurs prophètes avaient prédit l'humiliation et la ruine de cette ville. Jer., xxv, 17, 20; Amos, 1,8; Soph., 11, 4; Zach., 1x, 5, 7. Le livre premier des Machabées, x, 89, nous apprend qu'Alexandre Balas, qui se disait fils d’Antiochus Épiphane, et qui, favorisé par le sénat de Rome, s'était fait proclamer roi de Syrie et avait conclu une alliance avec Jonathas Machabée, lui céda, l'an 147 avant J.-C., la ville d’Accaron et toutes ses dépendances. Du

ACCARON — ACCHO

Thécua, père de Hira, l'un des guerriers renommés de l'armée de David. IT Reg., ΧΧΠῚ, 26; 1 Par., χι, 28; XXVII, 9.

ACCHO (hébreu : ‘Akkô; Septante : ᾿Αχχώ, Jud., 1,91; Πτολεμαΐς, 1 Mach., v, 15, 22, 55; x, 1, 39, 56-60; ΧΙ, 22, 24; x11, 45, 48; χπι, 12; II Mach., χπὶ, 24, 25; Act., ΧΧΙ, 7), aujourd'hui ‘Akka ou Saint-Jean-d’Acre, ville maritime, située à 12 kilomètres au nord-est du Carmel, et à 41 kilomètres sud-sud-ouest de Tyr.

1. Noms. — Gesenius, Thesaurus linguæ heb. et chald., p. 1020, et, à sa suite, plusieurs auteurs rattachent le mot ‘AkkG à la racine ‘ékak, qui, d’après l'arabe, signifie

15, — Accho (Saint-Jean-d’Acre),

temps d'Eusèbe et de saint Jérôme, Accaron était encore un grand village habité par des Juifs. A l'époque des croisades, elle est mentionnée par plusieurs écrivains. Depuis le xive siècle jusqu'à nos jours, l’histoire d'Accaron est demeurée complètement inconnue, et cet ancien chef-lieu des Philistins était tombé dans une telle obscurité, que, Jusqu'au savant voyageur anglais Robinson, qui l’a retrouvé en 1838 dans le village d'Aker, les voyageurs modernes ne savaient pas où le chercher, V. GUÉRIN.

ACCARONITES (hébreu : ‘Égrôni), habitants d'Accaron, nommés dans Josué, XIII, 3, comme formant l'une des cinq principautés des Philistins, et I Reg., v, 10, lorsqu'ils se plaignent que les autres Philistins leur ont envoyé l'arche du Dieu d'Israël afin de les faire périr.

ACCENTS HÉBRAÏQUES. Voir PONCTUATION HË- BRAÏQUE.

ACCEPTION DE PERSONNES. Voir PERSONNE.

ACCÈS (hébreu : ‘Iqgé, « pervers, tortueux; » Septante : Ἴσχα, ’Exxlc, ’Exxñc), originaire ou habitant de

« être brülé par l’ardeur du soleil ». Les Arabes, en effet, appellent ‘akkat ou ‘akka « le sable brülant ». Cf. G. W. Freytas, Lexicon arabico-latinum, Halle, 1835, ἀν 111, p. 199. On peut voir ici une allusion à la côte sablonneuse sur laquelle est bâtie la ville. A. P. Stanley, Sinai and Palestine, Londres, 1866, p. 264. Les monuments égyptiens transcrivent exactement ce nom par ‘Aka ou ‘Ako, cf. P. Pierret, Vocabulaire hiéroglyphique, Paris, 1876, p. 81, d’après Brugsch, Geog., 11, 40, 44; et les inscriptions assyriennes le donnent sous la forme Akku-u, pour Akku. Ἐς Schrader, Die Keilinschriften und das Alte Testament, Giessen, 1883, p. 173. On le retrouve chez les écrivains grecs : "Axn, Strabon, XVI, 758 ; Diodore de Sicile, xix, 93; et chez les auteurs latins : Ace. Corn. Nepos, XIV, 5.

Cependant c'est sous le nom de Ptolémaide que la ville est désignée dans les livres des Machabées, dans le Nouveau Testament (voir les passages indiqués plus haut), et dans Josèphe, Ant. jud., XIII, 11, 1; 1v, 1, 9; vi, 2; XII, 2; XII, 1, 2, XVI, 4; XIV, x, 8; Bell. jud., I, xx1, 11. Elle le doit évidemment à l'un des Ptolémées d'Égypte, qui, ayant compris l'importance de cette place au point de vae militaire, s'en empara, et remplaça par

son nom propre l’ancienne dénomination. Mais à quelle époque et dans quelle occasion eut lieu ce changement, l'histoire ne le dit pas. Plusieurs critiques l’attribuent à Ptolémée Soter, sans avoir toutefois de renseignements positifs à ce sujet. V. Guérin, Description de la Palestine, Galilée, t. 1, p. 510. Accho-Ptolémaïde fut aussi appelée Colonia Claudii Cæsaris après avoir reçu de l’empereur Claude le privilège de cité romaine. Pline, H. N., v, 17; XxxvI, 65. Ces noms néanmoins ne parvinrent Jamais à supplanter auprès des Orientaux l'appellation primitive; et nous trouvons ici un remarquable exemple de la ténacité avec laquelle un nom sémitique peut survivre à une dénomination étrangère. Pendant que Grecs et Latins continuent à appeler notre ville Ptolémaiïde, les Arabes restent attachés à la désignation originale, que rappelle encore exactement aujourd'hui le mot ‘Akka, et qui, à l'époque des croisades, devint, dans la bouche des Européens, Acon, peu à peu défiguré en Acre. Enfin, quand les chevaliers de l'hôpital Saint-Jean se furent établis dans cette place célèbre, le monde chrétien l’appela Saint-Jeand’Acre.

I. Description. — Parmi les auteurs anciens, un de ceux qui ont le mieux décrit notre ville, c'est assurément l'historien Josèphe. Bell. jud., Il, x, 2. « Située sur la mer, dit-il, bâtie dans une grande plaine, elle est entourée de montagnes: vers l’est, à la distance de 60 stades (11 kilom.), par les monts de Galilée; au midi, par le Carmel, éloigné de 120 stades (22 kilom.), et au septentrion, par une montagne très élevée, que les indigènes appellent l'Échelle des Tyriens. A deux stades coule un petit fleuve, qu'on nomme le Bélus. » En suivant des yeux, sur une carte, la côte palestinienne, on aperçoit

2 Mosquec cé Tombeau de Dyexrar -Fachka.

3 Citadelle

k Villa du Facha

5 Etang.

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